Son enquête couvre trois principaux aspects : l'étendue du bilinguisme dans l'administration fédérale, le rôle des organismes publics et privés dans la promotion de meilleures relations culturelles et les perspectives offertes aux Canadiens de devenir bilingues en français et en anglais. Les commissaires sont guidés par le principe directeur d'un « partenariat égal », c'est-à-dire l'égalité des chances, pour les francophones et les anglophones, de se joindre aux institutions qui affectent leur vie individuelle et collective. Ils doivent aussi faire rapport sur l'apport culturel des autres groupes ethniques et sur les moyens de conserver cet apport.
À un rapport préliminaire (1965) s'ajoute un rapport final en six volumes publié sous les titres de : Les langues officielles (1967), L'Éducation (1968), Le monde du travail (statut socio-économique, administration fédérale, secteur privé, 1969), L'apport culturel des autres groupes ethniques (1969), La capitale fédérale (1970) et Associations bénévoles (1970).
Dix commissaires représentant la mosaïque linguistique et culturelle du Canada sont choisis. Ils sont tous bilingues et la Commission conduit ses travaux dans les deux langues. Puisque l'éducation est de compétence provinciale, les coprésidents font appel à la collaboration de tous les premiers ministres provinciaux dans cette partie de l'enquête.
À l'origine, le rédacteur en chef du Devoir, André LAURENDEAU, propose la création d'une commission royale afin d'étudier l'insatisfaction du Québec; cette commission est mise sur pied plus tard, au cours du mandat du premier ministre Lester B. Pearson. Laurendeau et A. Davidson DUNTON en sont nommés coprésidents. Laurendeau meurt en 1968 et Jean-Louis Gagnon le remplace à ce poste.
Pour plusieurs Québécois, cette commission est une manoeuvre pour masquer les problèmes politiques. Pour plusieurs anglophones, ceux de l'Ouest en particulier, elle tente d'imposer la langue française à une population qui n'en veut pas. Toutefois, l'enquête révèle que les francophones n'occupent pas, ni dans l'économie ni dans les rangs des décideurs au gouvernement, la place justifiée par leur nombre; que, pour les minorités francophones, les possibilités de s'instruire ne sont pas proportionnées à celles de la minorité anglophone du Québec; que les Canadiens d'expression française ne peuvent trouver un emploi, ni bien se faire servir dans leur langue par les organismes du gouvernement fédéral.
La mise en oeuvre de recommandations pour solutionner ces problèmes sérieux et d'autres problèmes se fait avec un empressement inhabituel. Les autorités scolaires des neuf provinces anglophones apportent des réformes aux règlements touchant à l'éducation de la minorité française et s'efforcent d'améliorer l'enseignement du français comme langue seconde, avec l'aide financière du gouvernement fédéral. Le Nouveau-Brunswick se déclare officiellement bilingue; l'Ontario ne le fait pas, mais elle augmente ses services en français de façon marquée. Les droits du français à l'Assemblée législative et devant les tribunaux du Manitoba, révoqués par des lois manitobaines votées en 1890, sont rétablis par une décision de la Cour suprême du Canada en 1979.
Un ministère fédéral du Multiculturalisme est créé. Le bilinguisme institutionnel devient réalité au gouvernement fédéral, avec l'adoption de la LOI SUR LES LANGUES OFFICIELLES (1969) et la nomination d'un commissaire aux langues officielles. À court de temps, la Commission ne se penche pas sur les questions constitutionnelles, comme c'était prévu dans l'introduction au rapport final, et le mouvement vers l'indépendance du Québec se poursuit. Cependant, elle jette les bases d'un bilinguisme fonctionnel à la grandeur du pays et d'une plus grande acceptation de la diversité culturelle.Voir aussi LOI SUR LES LANGUES OFFICIELLES (1988).
Auteur G. LAING
Liens supplémentaires
Commissariat aux langues officielles
Le site Web du Commissariat aux langues officielles.

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