L'érosion est l'ensemble des résultats de tous les processus qui ramassent et transportent des matériaux sur la surface terrestre. Les principaux agents d'érosion sont l'eau, le vent, la glace et la gravité, et chacun agit de plusieurs façons.


L'érosion hydrique
Il s'agit de la forme d'érosion la plus complexe. Elle agit par l'impact des gouttes de pluie sur le sol, par l'écoulement en nappe continue ou en rigoles, par le déplacement du chenal des rivières ou l'érosion de ravins par les fortes pluies, par l'écoulement des eaux dans les matériaux de surface et par les marées, les courants et les vagues dans les zones peu profondes des lacs et des océans. L'impact des gouttes de pluie est plutôt spécialisé et n'agit que sur les terres de culture et les sols meubles dénudés. L'action érosive de l'eau est soit chimique, soit mécanique.

L'érosion chimique se produit principalement quand l'eau dissout et transporte les matériaux. Elle s'explique par les facteurs suivants : la composition chimique de l'eau, la nature des matériaux de surface et la température. En général, ses effets sont invisibles, mais plus de 70 p. 100 des matériaux transportés par plusieurs cours d'eau y sont en dissolution. Les RELIEFS KARSTIQUES se développent en terrains formés de roche soluble comme le calcaire. On en trouve d'excellents exemples au Canada dans la région de la Nahanni, au Yukon, et dans plusieurs parties des Rocheuses.

D'autre part, on parle d'érosion mécanique lorsque l'eau en mouvement atteint une vitesse suffisante pour soulever et transporter des particules meubles ou pour arracher des fragments du SOIL ou de la roche en place. Dans certains cours d'eau, cette action est constante, mais dans de nombreux cours d'eau permanent ou dans les cas d'érosion par ravinement, par écoulement en nappe continue ou en rigoles, l'eau n'atteint une telle vitesse qu'au cours de tempêtes de pluie où à la fonte des neiges. L'érosion mécanique est donc étroitement associée à l'action des orages. Il en va de même dans les lacs et les océans, mais cette fois le facteur premier est la force du vent qui déclenche une forte action des vagues.

Les taux d'érosion hydrique diffèrent selon le lieu, les divers processus en cause et la nature des matériaux de surface. Les données touchant la charge de sédiments dans les cours d'eau au Canada révèlent que celle-ci varie de moins de 2 à plus de 400 t/km2/an. Répartie également, la charge maximale (que l'on trouve dans le centre Nord de la Colombie-Britannique) correspondrait à un abaissement de la surface d'environ 0,1 mm/an. Le taux actuel de l'abaissement de la surface dans la plupart des régions du Canada est beaucoup plus faible, mais dans certaines régions où le sol est très érodable, comme dans les BADLANDS de l'Alberta, les mesures ont révélé des taux d'érosion aussi élevés que 4 mm/an.

Sol, érosion du
Sol, érosion du
L'érosion provoquée dans ce cas-ci par un grain d'orage intense soulève le sol des champs (photo de Arjen Verkaik, Skyart Productions).
Dinosaur, parc provincial
Dinosaur, parc provincial
Cette photo montre l'érosion des badlands et leurs couches superposées de grès et d'argile litée (photo de Cliff Wallis; avec la permission de Cottonwood Consultants Ltd.).


L'érosion éolienne
Elle se manifeste aussi essentiellement par érosion mécanique, mais, l'air étant moins dense que l'eau, le vent doit atteindre une plus grande vélocité pour éroder. En principe, presque tous les matériaux sont vulnérables, mais, en réalité, le vent est rarement assez fort pour déplacer autre chose que des grains de sable et seulement si celui-ci est sec et non retenu par la végétation. L'érosion éolienne se limite donc presque entièrement aux zones côtières, aux plaines d'épandage fluvio-glaciaire et aux terres cultivées, où il y a très peu de végétation.

Tempête de poussière
Tempête de poussière
Dans les années 20, la zone sèche des prairies a été imprudemment ouverte à la colonisation et ensuite frappée par des périodes successives de sécheresse, ce qui n'a fait qu'accentuer les terribles difficultés de la Crise des années 30 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta).
La pire érosion éolienne a été enregistrée au Canada dans le Sud des Prairies lors de la SÉCHERESSE prolongée des années 30. Le sol nu et remué par le labour a été soulevé en nuages immenses, créant une trombe de poussière (le « Dust Bowl »). L'érosion a été inégale et variée, mais une seule tempête pouvait entraîner un abaissement de la surface de 0,5 m.


L'érosion glaciaire
En avançant dans une vallée, un GLACIER arrache les aspérités rocheuses et les matériaux meubles et les entraîne en son intérieur ou à sa surface. Ces matériaux s'ajoutent à ceux qui tombent sur le glacier et dans les crevasses pour former une MORAINE intraglaciaire, qui fait de la glace un agent abrasif extrêmement efficace, capable d'aplanir de grandes surfaces et de surcreuser des vallées. Les glaciers alpins ou de vallée tendent à élever le relief local en surcreusant les vallées alors que les pics, dominant les glaciers, demeurent intouchés.

Les glaciers continentaux, eux, couvrent toute la surface et émoussent le relief. Le Canada fut presque entièrement couvert de glace au cours du Pléistocène (il y a de 2,5 millions d'années à 10 000 ans) et on trouve d'excellents exemples de ces deux effets dans de nombreux endroits. L'érosion glaciaire ne se manifeste plus aujourd'hui que dans la Cordillère et dans l'Arctique, mais des reliefs résiduels du Pléistocène dominent encore la plupart des paysages.


La gravité
Elle est un agent d'érosion important parce qu'elle se manifeste continuellement sur toute surface inclinée. La tension gravitationnelle est partout la même, mais la résistance des matériaux varie, particulièrement en réaction à l'humidité. Les plus grands déplacements de matériaux ont donc tendance à survenir à la suite de longues périodes de pluie. Par définition, les matériaux ne peuvent être déplacés que sur des distances relativement courtes, soit jusqu'au pied de la pente, mais de grandes quantités de matériaux peuvent être déplacées en quelques minutes.

Frank, avalanche de pierres de
Frank, avalanche de pierres de
Un exemple classique et désastreux d'érosion gravitationnelle (photo de Ken A. Meisner/Take Stock Inc).
Comme exemples classiques d'érosion gravitationnelle importante au Canada, on peut citer l'AVALANCHE DE PIERRES DE FRANK en Alberta (1903), celui d'Hope en Colombie-Britannique (1965) et de nombreux glissements d'argile dans les vieux dépôts marins de la MER DE CHAMPLAIN, dans la vallée du Saint-Laurent (voir GLISSEMENT DE TERRAIN).

Auteur R.B. BRYAN

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