L'exportation des produits manufacturés permet aux Canadiens d'obtenir des devises étrangères pour leurs voyages et leurs vacances et pour acheter des produits importés. En 1987, près d'un tiers de la production totale des usines canadiennes est exporté. La fabrication industrielle est un acheteur important de matières premières et de services. Les données de Statistique Canada démontrent que toutes les fois que trois emplois sont créés dans le secteur de la fabrication industrielle, trois autres le sont également, un dans le secteur des services, un dans le secteur des matières premières et un troisième dans une industrie manufacturière connexe. Ainsi, l'acier est produit à partir de minerai de fer, de charbon et d'autres matériaux extraits des mines et transportés par chemin de fer, par bateau, par camion et par convoyeur (tous des biens fabriqués). Les dirigeants, le personnel de vente, les ingénieurs et les autres membres du personnel des aciéries utilisent tous les modes de transport et différents types d'hébergement et achètent beaucoup de services (par exemple, traitement de données, communications, services juridiques et comptables).
Au Canada, la fabrication industrielle débute avec les moulins à farine. Les premiers moulins à broyer le grain sont construits en Nouvelle-France au XVIIe siècle et, en 1840, on en compte 400 dans le HAUT-CANADA et le BAS-CANADA qui produisent de la farine pour les besoins domestiques et la vente à l'étranger (voir MEUNERIE). Le processus de fusion du fer existe depuis les années 1730 et s'effectue alors aux FORGES SAINT-MAURICE près de Trois-Rivières au Québec. Au milieu des années 1740, cette forge comble certains besoins : l'armement en Nouvelle-France, les poêles et certains articles d'usage domestique. L'ACCOMMODATION, le premier bateau à vapeur canadien, est construit en 1809 par la Eagle Foundry de Montréal, qui fabrique toutes les pièces pour ses moteurs, soit au-delà d'une centaine. Les moteurs du ROYAL WILLIAM, qui est en 1833 le premier bateau à traverser l'Atlantique presque uniquement au moyen de la vapeur, sort des chantiers de la St. Mary's Foundry de Montréal.
Dans la dernière moitié du XIXe siècle, plusieurs événements stimulent fortement la croissance de l'industrie manufacturière au Canada. Le premier est la CONFÉDÉRATION en 1867. L'unification politique et l'autonomie gouvernementale amènent l'expansion géographique, la construction du chemin de fer du CANADIEN PACIFIQUE et une nouvelle colonisation entraînant un accroissement de la population, des compétences et du capital. En 1871, un groupe d'hommes d'affaires fonde L'ASSOCIATION DES MANUFACTURIERS CANADIENS (AMC), qui se consacre à la promotion de la croissance du secteur de la fabrication industrielle. Huit ans plus tard, grâce à la POLITIQUE NATIONALE de John A. Macdonald, le Canada instaure des droits de douane protectionnistes pour favoriser la transformation des matières premières canadiennes à l'intérieur du pays. De nouvelles usines de transformation de produits de consommation intérieure (par exemple, bois d'oeuvre, céréales, produits d'origine animale) survivent et prospèrent même pendant la crise économique de la fin des années 1870 et du début des années 1880. Pendant cette période, la découverte de l'électricité et l'aménagement ultérieur de certaines grandes ressources hydrauliques du Canada fournit à l'industrie une énergie électrique efficace et à bon marché (voir HYDROÉLECTRICITÉ). En même temps, on commence à constater l'ampleur des richesses minérales du Bouclier canadien, ce qui suscite un grand intérêt pour le potentiel de croissance du Canada. La Première Guerre mondiale stimule le développement industriel et la diversification, particulièrement dans des secteurs comme l'acier, la construction navale, les métaux non ferreux et les pâtes et papiers.
En 1920, le secteur de la fabrication industrielle emploie directement 600 000 travailleurs, soit près de 17 p. 100 de la population active à cette époque. La crise économique mondiale des années 30 ralentit l'activité économique et étouffe le progrès industriel au Canada et dans les autres pays, mais l'industrie canadienne croît et se diversifie de façon importante pendant la Deuxième Guerre mondiale. On assiste à une croissance rapide dans les industries lourdes (automobile, aéronautique, armement, construction navale et acier) et des développements impressionnants dans l'aluminium, l'appareillage électrique, l'équipement de communication, la fabrication d'outils et de produits chimiques. À la fin de la guerre, le secteur de la fabrication industrielle emploie plus d'un million de travailleurs, soit plus de 25 p. 100 de la population active.
Croissance d'après-guerre
Entre 1945 et les années 80, le secteur de la fabrication industrielle représente 22 à 24 p. 100 de la production totale réelle de biens et de services au Canada. Le nombre d'emplois double presque, passant de 1 à 2 millions, mais cela représente une diminution par rapport à la proportion de l'emploi total, car la production par travailleur dans le secteur de la fabrication industrielle augmente d'environ deux tiers plus vite que la productivité nationale. En fait, les gains de productivité dans ce secteur assurent environ un tiers des gains du revenu réel par habitant à partir de la Deuxième Guerre mondiale. À cette période, l'industrie de la fabrication canadienne est sérieusement touchée par les progrès en électronique (voir ÉLECTRONIQUE, INDUSTRIE DE L'), l'escalade des prix de l'énergie (surtout au milieu des années 70), la libéralisation du commerce à la suite de nouvelles négociations des membres signataires de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) et enfin, par des changements importants en matière de concurrence internationale.
Électronique
Le premier ordinateur industriel est installé au Canada en 1957. Depuis, l'utilisation de la TECHNOLOGIE d'informatique s'est généralisée dans le secteur de la fabrication : pour la production et la planification des ventes, le contrôle des stocks, la comptabilité et les salaires, les dossiers personnels, l'analyse des marchés, la planification d'entreprise, les stratégies d'évaluation, etc. L'emploi des technologies de conception assistée par ordinateur (CAO), de fabrication assistée par ordinateur (FAO) et de ROBOTIQUE augmente rapidement. L'électronique stimule la croissance de l'industrie des TÉLÉCOMMUNICATIONS du Canada, qui devient un joueur de niveau international dans les années 80. Les fabricants canadiens travaillent pour l'INDUSTRIE AÉROSPATIALE en concevant et en produisant des satellites de communication et des éléments pour engins spatiaux et aéronefs (voir TECHNOLOGIE SPATIALE).
Énergie
Dans les années 70, la hausse rapide des prix mondiaux du pétrole a un effet stimulant sur la mise en valeur des riches ressources énergétiques du Canada, c'est-à-dire pétrole, bitume, gaz naturel, charbon, électricité et uranium. La demande augmente pour l'outillage et l'équipement d'exploration et de mise en valeur des ressources énergétiques, pour produire de l'énergie sous forme utilisable et la distribuer. L'augmentation permet aux fabricants canadiens d'atteindre le niveau d'activité des concurrents internationaux, et l'outillage ainsi que l'équipement fabriqués au Canada sont utilisés pour le développement et la production d'énergie partout dans le monde.
Commerce
Quatre nouveaux éléments du domaine politique et des pratiques commerciales de cette période ont un impact sérieux sur les fabricants canadiens : le Pacte de l'automobile entre le Canada et les États-Unis, l'ACCORD GÉNÉRAL SUR LES TARIFS DOUANIERS ET LE COMMERCE (GATT), l'environnement concurrentiel international, particulièrement l'émergence des pays en développement et l'accord de LIBRE-ÉCHANGE conclu entre les États-Unis et le Canada à la fin de 1987. L'ACCORD CANADO-AMÉRICAIN SUR LES PRODUITS DE L'INDUSTRIE AUTOMOBILE, en 1965 (connu comme le Pacte de l'automobile), crée une zone en franchise de droits, bien qu'avec certaines conditions, qui permettent aux industries canadiennes et américaines de rationaliser leurs opérations en fonction des économies d'échelle adéquates, ce qui rentabilise les entreprises qui desservent ce marché canado-américain. Le Pacte de l'automobile profite aux deux pays à différents moments. Le Canada en sort gagnant grâce à une production plus importante, une croissance du commerce et un accroissement de la productivité, une plus grande part de l'emploi dans l'automobile en Amérique du Nord et des prix à la consommation plus faibles.
Le Canada est l'un des 23 principaux pays signataires de l'accord originel du GATT en 1947. Cet accord multilatéral, signé par 85 pays et 30 signataires provisoires, prévoit l'élimination des traitements discriminatoires en commerce international afin de maximiser l'utilisation des ressources mondiales et d'élever ainsi les niveaux de vie. L'adhésion au GATT est un engagement national au principe de libéralisation des échanges commerciaux. Huit séries de négociation du GATT ont eu lieu (1947, 1949, 1951, 1956, 1961, 1967, 1979 et 1986). De 1966 à 1986, la part de la production canadienne exportée passe de 18,8 à 39 p. 100, et des augmentations ont lieu dans presque toutes les catégories de produits. En 1986, la valeur des expéditions de biens manufacturés pour l'exportation s'élève à 98 milliards de dollars.
Avec la libéralisation des échanges commerciaux, le volume de biens fabriqués importés au Canada augmente. Le Canada est très dépendant du commerce international, selon les normes internationales, bien que cette dépendance varie d'un secteur à l'autre. Par exemple, des groupes d'industries qui mènent des activités sur une base locale (comme une partie des produits alimentaires et des boissons, des produits de minéraux non métalliques et de fabrication métallique) ont bien sûr une faible dépendance. Pour eux, l'activité économique intérieure est plus importante. Les secteurs axés sur les ressources naturelles, comme ceux des métaux primaires et des produits du bois et du papier sont très orientés vers l'exportation et ont un faible niveau de pénétration du marché intérieur. Les secteurs tendanciellement plus rationalisés à l'échelle nord-américaine (par exemple INDUSTRIE DE LA MACHINERIE LOURDE ET DE L'OUTILLAGE) compensent le niveau élevé de pénétration des importations par leurs succès sur les marchés d'exportation. Des secteurs comme le textile, les produits du cuir et les appareils électriques (voir APPAREILS ÉLECTRIQUES, INDUSTRIE DES ) font face à une forte pénétration des importations sans compensation suffisante du côté de leurs exportations, malgré l'augmentation des exportations dans beaucoup de catégories.
Les données de la concurrence internationale changent sérieusement depuis la fin des années 50 et le début des années 60. La reconstruction de l'après-guerre et le développement des marchés intérieurs préoccupent alors beaucoup l'Europe et le Japon. La part du Canada des exportations internationales de produits manufacturés monte de 4,5 p. 100 à 6 p. 100. L'émergence du Japon et de l'Europe comme puissances industrielles signifie une concurrence générale plus forte pour les fabricants canadiens. Toutefois, comme ces économies progressent et que les coûts augmentent, la concurrence se fait de plus en plus sur la qualité des produits et la technologie plutôt que sur les prix (voir CONTRÔLE DE LA QUALITÉ DANS L'INDUSTRIE). Cette priorité mène à une concurrence accrue sur les marchés internationaux et intérieurs dans des secteurs comme les équipements de transport (y compris les automobiles), les machines et l'équipement électronique. En même temps, dans les pays moins développés, l'industrialisation est axée sur les secteurs à forte concentration de main-d'oeuvre et technologie rudimentaire qui produisent des biens facilement transportables. Ainsi, l'augmentation de la pénétration des importations des pays en développement crée des problèmes importants au Canada dans des secteurs comme le vêtement, certains textiles, le bas de gamme du marché de la chaussure et les produits électriques de consommation.
Structure de la fabrication industrielle au Canada
En 1986, la valeurs des biens expédiés par les 47 000 établissements manufacturiers du Canada atteint presque 250 milliards de dollars. Pour produire ces biens, il en coûte 7,3 milliards de dollars pour le combustible et l'électricité, 136 milliards pour les matériaux et fournitures et 43 milliards en salaires et traitements. Malgré une expansion remarquable de la fabrication industrielle dans les provinces de l'Ouest, l'Ontario et le Québec dominent encore la majorité des industries avec respectivement plus de la moitié et un rien moins que le quart de la production totale de ce secteur au Canada. Beaucoup d'industries de biens de consommation sont concentrées dans ces deux provinces qui comptent plus de la moitié de la population du pays.
Dans ces industries, on trouve les aliments et les boissons, le TABAC, la chaussure et les produits du cuir, l'habillement, les meubles et les accessoires d'ameublement (voir MEUBLES ET ACCESSOIRES D'AMEUBLEMENT, INDUSTRIE DES), l'équipement de transport, les produits électriques et scientifiques ainsi que les produits de loisirs (voir SPORT, INDUSTRIE DES ARTICLES DE). Les industries de transformation des ressources naturelles sont réparties plus uniformément dans tout le pays, qu'il s'agisse de l'industrie du bois, du papier journal, des pâtes et papiers, de l'acier et des métaux primaires, des minéraux non métalliques, du raffinage du pétrole et enfin, des produits chimiques. Comme la mise en valeur des ressources se poursuit dans les années 80, la fabrication industrielle reposant sur les ressources naturelles prendra de l'expansion dans les provinces de l'Ouest et de l'Atlantique. Les provinces de l'Ouest représentent maintenant une forte proportion, en croissance, de la fabrication métallique et de la production de machines. L'AMC soutenait fortement l'Accord de libre-échange proposé par le gouvernement Mulroney en affirmant qu'il créerait des investissements importants et des occasions d'emploi pour les fabricants canadiens.
Auteur LAURENT J. THIBAULT
Liens supplémentaires
Groupe TMX
Le site Web de Groupe TMX.
Musée des Deux-Rives
Représentant quelque 24 000 photographies d’archives et artefacts, la collection du Musée des Deux-Rives témoigne de la vie sociale et industrielle du territoire couvert aujourd’hui par la MRC Beauharnois-Salaberry.

La victoire de la Coupe Stanley en 1967, remportée par les Maple Leafs de Toronto a été un événement fort singulier. Qui aurait pu prédire cependant qu’il resterait unique ?
Contenu de LEC

