Terme utilisé par les Européens pour désigner les peuples autochtones de l'Amérique du Nord, centrale et du Sud. Son origine remonterait à Christophe Colomb, qui pensait être arrivé en Asie alors qu'en fait il se trouvait dans les Caraïbes. Ce terme a survécu et est utilisé sans distinction pour parler de tous les Autochtones des Amériques, sauf des INUITS de l'Arctique canadien et du Groenland et des Esquimaux de l'Alaska. Les Indiens, de même que les Inuits et les MÉTIS, sont définis au paragraphe 35(2) de la Loi constitutionnelle de 1982 comme étant les peuples autochtones du Canada.

Le gouvernement du Canada définit dans la Constitution trois groupes d'Autochtones : les Indiens, les Inuits et les Métis. Les Indiens se répartissent dans trois classes : les Indiens inscrits, les Indiens non inscrits et les Indiens visés par un traité. Selon la LOI SUR LES INDIENS, ceux qui sont inscrits le sont aux termes de la Loi, tandis que les Indiens non inscrits ne le sont pas. Les Indiens visés par un traité appartiennent à une Première Nation ayant signé un traité avec la Couronne. En 2010, on compte 615 collectivités de Premières Nations comprenant plus de 50 nations.

Bien des Indiens du Canada s'identifient à l'aide de termes traditionnels de leur langue. Par exemple, le nom Siksika remplace PIED-NOIR, Anishnabek remplace OJIBWÉ, Chippewa et Saulteux, et INNU remplace Naskapi. Pour certaines personnes, le mot « Indien » est quelque peu péjoratif et nombre d'Indiens se sentent plus à l'aise avec les termes suivants : peuples autochtones, Autochtones ou PREMIÈRES NATIONS. Il n'y a pas de terme unique qui fasse l'unanimité pour désigner les premiers habitants du Canada.

Au Canada, la définition légale d'Indien se trouve dans la Loi sur les Indiens, une loi adoptée pour la première fois en 1876, mais qui découle de lois similaires datant d'avant la Confédération. Les gens correspondant à cette définition légale sont désignés Indiens inscrits. Les Indiens inscrits sont assujettis aux prescriptions de la Loi sur les Indiens et ce n'est qu'à ce titre qu'ils peuvent « être propriétaires » de terres dans une réserve. Les Indiens non inscrits sont d'origine indienne, mais n'ont pas le droit de s'inscrire ou ont perdu leur statut légal, tout en conservant leur identité d'Indien.

L'émancipation est le terme utilisé pour décrire un Indien qui a perdu son statut par choix ou en raison de circonstances. Il existe plusieurs processus par lesquels les Indiens peuvent perdre leur statut. Avant 1985, une Indienne inscrite perd son statut si elle se marie à un homme qui n'a pas le statut d'Indien, et les enfants issus de ces unions « perdent » aussi leur statut. Jusqu'en 1955, la Loi sur les Indiens oblige beaucoup d'Indiens inscrits à s'émanciper ou à abandonner volontairement leur statut juridique. Par exemple, les Indiens inscrits qui terminent leurs études dans un collège ou une université doivent, aux termes de la Loi, être émancipés, tout comme tout Indien inscrit vivant à l'extérieur du Canada pendant cinq ans ou plus.

Tous les Indiens inscrits figurent dans un registre géré par le gouvernement fédéral. Ils sont divisés en deux groupes : les Indiens visés par un traité et les Indiens vivant en dehors des régions assujetties aux traités. Les Indiens visés par un traité sont des gens qui ont « signé » un traité. Il s'agit d'ententes passées entre la Couronne et un groupe d'Indiens en particulier réputés avoir cédé leurs droits fonciers en retour d'avantages spécifiques (voir TRAITÉS INDIENS). Le registre contient les noms, les dates de naissance, les dates de décès, les détails des mariages et des divorces ainsi que les dossiers des personnes transférées d'une bande à une autre, pour tous les Indiens inscrits. Les Indiens non visés par un traité sont des personnes qui habitent dans des régions du Canada où des traités n'ont jamais été conclus, ou encore des Indiens inscrits résidant dans une région visée par un traité mais qui, pour diverses raisons, n'ont pas signé de traité. À l'exception de promesses particulières contenues dans les traités, les Indiens visés par un traité et les Indiens non visés reçoivent des avantages et des privilèges identiques du gouvernement fédéral. Par exemple, tous les Indiens inscrits sont exemptés de payer des impôts sur les revenus gagnés dans une réserve, et les biens personnels d'un Indien inscrit ne peuvent être saisis s'ils se trouvent dans une réserve. On trouve des Indiens inscrits et des Indiens non inscrits partout au Canada, dans chaque province et territoire. En 2005, environ 53 p. 100 des Autochtones vivent dans des réserves, 3 p. 100 vivent sur des terres publiques, et 44 p. 100 vivent en dehors des réserves, mais beaucoup d'Indiens migrent vers des centres urbains et, en 2006, le recensement indique que plus de la moitié des populations autochtones vivent en dehors des réserves.

À partir des années 1860, beaucoup de gens perdent leur statut d'Indien en raison des termes injustes de la Loi sur les Indiens. En 1985, le gouvernement fédéral dépose le projet de loi C-31 qui permet aux femmes indiennes ayant perdu leur statut à cause d'un mariage avec un non-Indien de reprendre leur statut. Le projet de loi C-31 permet aussi à tous les enfants de première génération issus de ces mariages et aux Indiens émancipés de reprendre leur statut d'Indien. Pour beaucoup de Premières Nations, les personnes admissibles à faire partie d'une bande peuvent différer de celles pouvant être inscrites au registre des Indiens.

En 2003, on compte plus de 719 000 Indiens inscrits, dont environ 114 000 sont devenus des Indiens inscrits grâce au projet de loi C-31 modifiant la Loi sur les Indiens. Selon le recensement de 2006, environ un million de personnes, soit 4 p. 100 de la population canadienne, se disent autochtones, et sur celles-ci, 53 p. 100 sont des Indiens inscrits, 30 p. 100 sont des Métis, 11 p. 100 sont des Indiens non inscrits, et 4 p. 100 sont des Inuits. En 2010, le registre comprend 800 000 Indiens inscrits, et ce chiffre devrait s'élever à 920 100 d'ici 2026.

Auteur HARVEY MCCUE


Bibliographie
J. Frideres et R. Gadacz, Aboriginal Peoples in Canada (septième édition, 2005); P. Cumming et N. Mickenberg, Native Rights in Canada (deuxième édition, 1972); B. McCardle, Indian History and Claims: A Research Handbook (1982).


Liens supplémentaires
Affaires autochtones et du développement du Nord canadien
Le site officiel du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien. AADNC est l'un des ministères fédéraux chargés de s'acquitter des obligations et des engagements du gouvernement du Canada à l'égard des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Le Concours canadien de rédaction pour Autochtones
Site Web du Concours canadien de rédaction & d’arts pour Autochtones. Par l'Institut Historica-Dominion.

La mise en place du traité 8 dans le Nord-Ouest du Canada
Ce site interactif du Musée virtuel commémore la signature du Traité 8 au 19e siècle, histoires orales et images passionnantes à l’appui, et s’intéresse aux répercussions passées, présentes et futures de ce traité avec les Premières Nations.

Four Directions Teachings
Les aînés et les enseignants de la culture et de la tradition représentant différents peuples des Premières-Nations, soit les Pieds-Noirs, Cris, Ojibwés, Mohawks et Mi'kmaqs partagent leurs connaissances à propos de leur culture. Des graphiques virtuels donnent vie à la tradition orale. Ce site offre de plus les biographies des participants, leurs transcrits et des ressources exhaustives d'apprentissage pour les enseignants et les élèves. En anglais, avec sous-titres français.

ONF : Chefs amérindiens
Dans cette série relatant l'épopée amérindienne en Amérique du Nord, les descendants de Sitting Bull, Pontiac, Joseph Brant, Black Hawk et Poundmaker racontent comment ces cinq grands chefs ont contribué à façonner l'histoire du continent nord-américain. Par l'ONF.

Connaissance des langues non officielles
Cette annexe présente les classifications des langues non officielles utilisées aux recensements de 2006, de 2001 et de 1996. Ces classifications, à l’exception de l’anglais, du français et des langues non verbales, sont identiques à celles utilisées pour la langue maternelle, la langue parlée à la maison et la langue de travail.

Fondation autochtone de guérison
Notre mission est d'appuyer les peuples autochtones et de les encourager à concevoir, développer et renforcer des démarches de guérison durables qui s'attaquent aux effets des abus sexuels et physiques subis dans les pensionnats, y compris les répercussions intergénérationnelles.

Visions autochtones
Un site Web destiné aux élèves du secondaire et de la fin du primaire ainsi qu’à leurs enseignants et enseignantes. Ce site contient plusieurs documentaires de l’Office national du film du Canada réalisés par des Autochtones sur des sujets qui concernent les peuples autochtones au Canada.

Autochtones au Québec
Site d'information sur les autochtones au Québec. Par le site web du ministère des Affaires autochtones et du développement du Nord canadien.

0
0
Avec plus de 40 000 articles en français et en anglais, l'Encyclopédie canadienne est l'ultime ressource en ligne, entièrement gratuite. Vous y retrouverez tous les thèmes couvrant l'histoire du Canada, sports, arts, sciences, technologie et plus encore. Venez nous découvrir à: www.TheCanadianEncyclopedia.com
Articles de fond
Shawnadithit : « La dernière des Béothuks »

Shawnadithit est de plus en plus anxieuse alors qu’elle attend le retour de son oncle, Longnon, au camp dressé, au fin fond de Terre-Neuve, à l’embranchement du ruisseau Badger et de la rivière des Exploits...

Contenu de LEC

Galeries
Consultez les innombrables ressources visuelles de L'Encyclopédie canadienne en vous promenant dans les galeries thématiques : peinture, histoire, nature, population, sciences et techniques du Canada.
Ressources interactives
Des illustrations, des textes motivants, des animations, des extraits sonores et des jeux permettent au lecteur d'approfondir ses connaissances de l'histoire, de la peinture, de la géographie, de l'architecture du Canada, et d'une foule d'autres sujets tous aussi amusants qu'instructifs.
Jeu de canecdotes
Le jeu idéal pour vérifier vos connaissances anecdotiques ou non du Canada. Vous pouvez choisir un des 60 questionnaires rangés par niveau de difficulté. Votre résultat dépendra de la vitesse à laquelle vous répondez et du nombre d'indices demandés. Vous recevrez vos résultats par courriel et les meilleurs seront affichés sur le site.
Chronologie de l'histoire canadienne
Cette ressource exceptionnelle couvre plus de 6000 faits et événements qui ont marqué l'histoire du Canada et du monde. La recherche peut s'effectuer selon l'époque, le sujet, un mot clé ou une date. Voulez-vous savoir ce qui s'est passé le jour de votre anniversaire? Entrez l'année, le mois et le jour de votre naissance.
Cent événements marquants
James H. Marsh, rédacteur en chef, a choisi les cent événements les plus marquants de l'histoire du Canada parmi ceux qui ont eu des répercussions importantes sur les générations qui les ont suivis.