Les membres de l'industrie de la construction mettent en oeuvre la plus grande part des investissements en capitaux de toutes les autres industries, des gouvernements, des entreprises et des particuliers. La construction est donc à la fois une industrie de production, fournissant les moyens physiques de logement et de développement industriel, et uneINDUSTRIE DE SERVICE, puisqu'une grande partie du travail s'effectue pour répondre aux commandes et aux décisions d'investissement des autres.
La construction est l'activité industrielle la plus importante au Canada en termes de valeur et d'emplois. En 1996, la valeur des projets de construction au pays est estimée à 104,5 milliards de dollars. L'industrie emploie directement plus de 750 000 personnes, c'est-à-dire qu'elle fournit plus de 5 p. 100 de tous les emplois au Canada. Un plus grand nombre encore travaille dans la production, le transport et la mise en marché des matériaux de construction et du matériel.
Les activités de la construction font appel à diverses fonctions depuis la conception jusqu'à la mise en service. Dans la majorité des cas, les propriétaires lancent les projets de construction, acquièrent les emplacements nécessaires et organisent le financement. Une équipe de conception, composée de l'architecte ou de l'ingénieur-conseil et de leurs consultants spécialisés, prépare une description détaillée et les plans de la conception du projet.
Les entrepreneurs généraux ou maîtres d'oeuvre assument la responsabilité de la coordination des activités de construction et de l'achèvement du projet. Des entrepreneurs spécialisés ou sous-traitants effectuent les travaux relevant de leurs domaines de spécialité respectifs, comme la mécanique, l'électricité, la menuiserie, etc. Les fabricants et les fournisseurs regroupent les importateurs, les grossistes et les détaillants qui se consacrent à la production et à la mise en marché de milliers d'articles de construction.
Industrie moderne
Après la baisse de la construction pendant la Crise des années 30, la Deuxième Guerre mondiale provoque une reprise de l'activité au Canada. Les réalisations notables pendant cette période sont la construction d'une usine de caoutchouc synthétique àSARNIA, en Ontario, et de nombreux aérodromes nécessaires au Programme d'entraînement aérien du Commonwealth. Cette expansion rapide de la construction en temps de guerre et la capacité de l'industrie d'exécuter des projets rapidement et efficacement marquent les débuts de l'industrie moderne de la construction au Canada.
La construction continue de progresser durant l'après-guerre et connaît alors une augmentation remarquable de l'ampleur et de la complexité de nombreux projets individuels. Par exemple, le boom du logement de l'après-guerre voit le développement de projets domiciliaires comprenant des centaines d'unités dans des complexes de grands immeubles d'appartements et des cités entières.
Un nouveau marché de la construction se développe dans le Nord du Canada grâce à la construction des installations de défense de laLIGNE DE RADARS AVANCÉS, à l'EXPLOITATION MINIÈREet d'autres ressources et au développement des transports. Dans le Sud du Canada, laROUTE TRANSCANADIENNE et laVOIE MARITIME DU SAINT-LAURENTsont finalement achevées.
Le Canada est renommé depuis longtemps pour ses projets hydroélectriques de grande envergure (comme celui desCHUTES CHURCHILLet lePROJET DE LA BAIE JAMES), à ces projets s'ajoutent des centrales nucléaires et thermiques. Toutefois, le changement le plus marquant attribuable à l'industrie de la construction à cette époque est probablement l'apparition de nouveaux gratte-ciel dans les cités et les villes du Canada.
Pendant de nombreuses années après la guerre, la répartition des activités de construction selon les régions demeure constante : un tiers ou plus se situent en Ontario, un quart au Québec et un dixième en Colombie-Britannique. Toronto et Montréal, alors les principaux centres des activités de construction, représentent environ 25 p. 100 du total. De la même façon, la répartition par secteur ne change pas : résidentiel, 30 p. 100 ; autres bâtiment, 30 p. 100 ; grands travaux, 40 p. 100.
Dans les années 70, on assiste à un déplacement significatif vers l'Ouest du Canada et vers le secteur des grands travaux. En 1981, la valeur de la construction en Alberta équivaut à celle de l'Ontario (25 p. 100), la part de la construction résidentielle tombe à 25 p. 100 et celle des grands travaux passe à près de 50 p. 100.
La valeur totale des activités de construction au pays s'élève à un chiffre record de 100 milliards de dollars en 1990. En raison de la récession prolongée, on atteint à nouveau cette valeur seulement en 1996. Cette année-là, on dépense 104,5 milliards de dollars dans la construction au Canada : 85,6 p. 100, soit 89,5 milliards, en nouvelles constructions et 14,4 p. 100, soit 15 milliards, en rénovations. Dans les nouvelles constructions, 45,1 p. 100, soit 40,3 milliards, sont résidentielles ; 20,5 p. 100, soit 18,4 milliards, non résidentielles ; et 34,4 p. 100, soit 30,7 milliards, en grands travaux.
En 1995, en raison de compressions budgétaires à la grandeur du pays, seulement un cinquième de la valeur de la construction au Canada est financé directement par les ministères ou les agences des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux. En plus du marché canadien, les promoteurs, les entrepreneurs et les concepteurs canadiens développent un marché d'exportation considérable, particulièrement aux États-Unis. Le bois d'oeuvre, les panneaux de gypse et les maisons préfabriquées viennent en tête des produits d'exportation de l'industrie de la construction.
Associations
Les organisations volontaires dans l'industrie de la construction se constituent d'après leur spécialité définie selon un métier, un produit, le genre de projet, le type de service ou un intérêt, et leur coordination s'étend à toute l'industrie ou à l'intérieur d'un secteur. Les associations d'employeurs, les sociétés professionnelles et les syndicats ouvriers sont organisés et opèrent à l'échelle locale, régionale, provinciale et nationale.
Le regroupement d'employeurs le plus important est l'Association canadienne de la construction (ACC), qui a conservé son siège social à Ottawa depuis sa constitution en 1919. L'ACC représente les entrepreneurs généraux en bâtiment et en travaux d'ingénierie, les entrepreneurs spécialisés, les entrepreneurs industriels, les fabricants et les fournisseurs de matériaux de construction et de matériel divers, les sociétés professionnelles et les entreprises de services reliées à l'industrie.
En pratique, chaque composante importante de l'industrie possède son propre organisme national qui veille sur ses intérêts particuliers. Le secteur de la construction domiciliaire est représenté par l'Association canadienne des constructeurs d'habitations, l'Institut canadien d'aménagement urbain et l'Institut canadien des compagnies immobilières publiques. Les regroupements d'entrepreneurs spécialisés comprennent l'Institut canadien de la construction en acier, la Pipe Line Contractors Association, l'Association des entrepreneurs en mécanique et l'Association canadienne des entrepreneurs électriciens. Parmi les associations reliées aux produits, on trouve l'Association canadienne du ciment Portland, le Conseil canadien du bois, la Société des industries du plastique du Canada et l'Institut canadien du chauffage, de la climatisation et de la réfrigération. Le Comité canadien des documents de construction, représentant cinq organismes nationaux importants, établit les formulaires normalisés pour divers contrats de construction et les appels d'offres qui y sont reliés ainsi que des guides administratifs.
Le caractère traditionnel de nombreux métiers de la construction et la connaissance du système de guildes européen ont mené aux premières créations de syndicats ouvriers dans l'industrie canadienne de la construction. À certaines exceptions notables près, les syndicats des métiers de la construction se sont organisés d'après le type d'activité et se sont affiliés à des syndicats américains ou britanniques. Actuellement, les syndicats locaux des employés de la construction fonctionnent surtout sur la base de statuts délivrés par des syndicats internationaux ayant leur siège social aux États-Unis.
Ils sont affiliés au Département des métiers de la construction de l'American Federation of Labour-Congress of Industrial Organizations (AFL-CIO) et à la Fédération canadienne du travail ou au Congrès du Travail du Canada. Le Département des métiers de la construction a un conseil de direction canadien et un bureau d'administration au Canada. Les conseils des métiers de la construction, représentant certains de ces syndicats internationaux, fonctionnent sur des bases régionales ou provinciales dans tout le pays.
Au Québec, les syndicats internationaux appartiennent au Conseil provincial du Québec des métiers de la construction. Parmi les autres regroupements québécois, on note la Confédération des syndicats nationaux (CSN-construction) et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD). Les syndicats représentent les divers métiers de la construction. La Christian Labour Association of Canada représente un certain nombre de regroupements locaux d'employés de la construction en Ontario et dans l'Ouest du Canada.
Formation et éducation
La formation professionnelle organisée pour les métiers de la construction s'inscrit dans le cadre de programmes de formation enAPPRENTISSAGE. L'enseignement des métiers se donne aussi dans les écoles techniques et dans des cours par correspondance. Les cours de technicien en construction sont couramment offerts par des instituts de technologie, et des cours spéciaux sont dispensés pour le personnel surveillant.
La complexité croissante des activités de construction conduit à une augmentation substantielle du nombre de personnes formées professionnellement pour des fonctions de gestion et de surveillance. Des universités ont des centres spéciaux d'études en bâtiments et de génie en bâtiments. Au Canada, en 1998, 16 chaires universitaires se consacrent à des sujets reliés à la construction.
Auteur S.D.C. CHUTTER
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