Parizeau fait partie de l'équipe de bâtisseurs associés à la RÉVOLUTION TRANQUILLE du début des années 60 au cours de laquelle il participe notamment à la nationalisation du réseau électrique, à la mise en place du RÉGIME DE RENTES DU QUÉBEC et à l'instauration d'un nouveau régime de négociations dans la fonction publique québécoise. Il est également le parrain de la CAISSE DE DÉPÔT ET PLACEMENT DU QUÉBEC, un instrument capital de la modernisation de l'économie québécoise.
Parizeau adhère officiellement au PARTI QUÉBÉCOIS (PQ) en 1969, une décision qu'il explique par sa conviction qu'il ne peut y avoir deux gouvernements forts dans le même pays. Par la suite, Parizeau n'accepte jamais de dévier de son objectif indépendantiste. Ministre des Finances des gouvernements successifs de René LÉVESQUE, de 1976 à 1984, il quitte ses fonctions en répudiant le virage fédéraliste de son chef, qui prône, sous le vocable de « beau risque », une tentative de réaménagement des rapports Québec-Canada dans le cadre canadien.
En 1988, les vues de Parizeau triomphent au sein du Parti québécois avec son élection comme chef en remplacement de Pierre-Marc JOHNSON. Il remet l'indépendance à l'ordre du jour des priorités du PQ. Ce faisant, il entame avec son parti une traversée du désert dans l'opposition. L'année précédente, Robert BOURASSA et Brian MULRONEY ont réussi la négociation d'une nouvelle entente constitutionnelle Canada-Québec. Au moment de l'arrivée de Parizeau à la tête du PQ, les Accords du lac Meech filent vers leur ratification finale, des partisans influents du « beau risque », comme Lucien BOUCHARD, ont rejoint le gouvernement conservateur à Ottawa et le fédéralisme semble avoir le vent dans les voiles au Québec.
Aux élections provinciales de 1989, le PQ est de nouveau cantonné dans l'opposition, ne remportant que 29 sièges. Parizeau réussit néanmoins à obtenir 40 p. 100 des suffrages.
En juin 1990, l'alliance entre partisans du « beau risque » et fédéralistes canadiens éclate avec l'échec de l'ACCORD DU LAC MEECH. Bouchard quitte le gouvernement Mulroney pour fonder un parti indépendantiste fédéral. Une grande fièvre nationaliste s'empare du Québec, forçant Robert Bourassa lui-même à envisager brièvement l'indépendance de la province. En 1992, Parizeau mène le camp du Non à la victoire dans le cadre du référendum qui se déroule au Québec sur une nouvelle proposition constitutionnelle canadienne, l'ACCORD DE CHARLOTTETOWN.
En 1994, Parizeau est élu premier ministre du Québec, avec 45 p. 100 des suffrages, aux dépens du successeur de Bourassa, Daniel JOHNSON. Malgré un score électoral serré, le PQ détient 77 des 125 sièges de l'Assemblée nationale. L'année précédente, le BLOC QUÉBÉCOIS, sous la direction de Bouchard, a fait élire des députés souverainistes fédéraux dans plus des deux tiers des circonscriptions du Québec. Parizeau décrète que tout est en place pour la réalisation de sa promesse de tenir, dans l'année, un RÉFÉRENDUM sur la souveraineté. Mais l'élan donné à la souveraineté par l'échec du lac Meech commence à s'estomper. Au déclenchement de la campagne référendaire, le Oui accuse plus de 10 points de retard sur le Non. À mi-campagne, dans un ultime effort pour renverser la tendance, Parizeau accepte de se mettre en retrait de la direction du camp du Oui au profit de son populaire équivalent fédéral, Lucien Bouchard, chef du Bloc québécois.
Le 30 octobre 1995, le Oui rallie 49 p. 100 des suffrages, passant ainsi à quelques dizaines de milliers de votes de la victoire. Au soir du référendum, Parizeau, visiblement amer, laisse entendre qu'il a été vaincu par le pouvoir financier du camp adverse et la forte mobilisation contre le Oui des communautés culturelles, déclaration qui lui sera largement reprochée. Il démissionne le lendemain. Par la suite, Parizeau se donne le rôle d'animateur du mouvement souverainiste, tentant de donner un nouveau souffle à sa cause, en dirigeant notamment un chantier de réflexion sur la question au sein du Bloc québécois.
Auteur Chantal Hébert

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