Jean Charest demeure l'un des favoris du Premier Ministre Mulroney qui, en 1990, le nomme président d'un comité spécial chargé d'étudier une résolution devant accompagner l'Accord du Lac Meech. Le rapport Charest, avec ses amendements à l'entente de Meech, sert de prétexte à Lucien BOUCHARD pour quitter le Cabinet Mulroney. Bien que Jean Charest et Lucien Bouchard aient été proches jusqu'à ce jour, ils se sont rarement parlé depuis.
J. Charest revient au Cabinet en tant que ministre de l'Environnement le 21 avril 1991 et dirige la délégation canadienne au Sommet de la Terre, qui a lieu au Brésil. Il siège aussi au Comité du Cabinet chargé des priorités et de la planification, et à celui chargé de l'unité canadienne et des négociations constitutionnelles.
Il se retrouve dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur fédéral en 1993 et finit bon deuxième derrière Kim Campbell lors du congrès d'investiture de juin à Ottawa. Il est vice-premier ministre et ministre de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie pendant le court règne du gouvernement Campbell. Il est alors l'un des deux seuls conservateurs élus au Parlement au terme de la désastreuse campagne perdue par Campbell en 1993.
Jean Charest devient chef intérimaire du Parti le 14 décembre 1993, puis chef officiel en 1995 (le premier Canadien français à la tête des conservateurs). Il passe les deux années suivantes à reconstruire le Parti, menant une campagne de souscription et ralliant un consensus autour d'une nouvelle plateforme qui repose largement sur des thèmes économiques conservateurs. Lors des élections de 1997, Jean Charest, plus mince et en pleine forme, est le chef de parti qui fait meilleure figure lors du débat des chefs, tant en anglais qu'en français, qu'il remporte haut la main. Les conservateurs de J.Charest obtiennent 18 p. 100 du vote du pays et 20 sièges en tout. Le Parti réformiste, qui obtient une même part du vote concentrée dans l'Ouest, détient trois fois plus de sièges.
Jean Charest joue un rôle important, voire décisif lors du référendum de 1995 au Québec. Sa popularité dans la province grandit par la suite et les sondages effectués au cours de l'été de 1997 le placent même devant le premier ministre Lucien Bouchard. Quand Daniel Johnson quitte la direction du Parti libéral du Québec au début de 1998, Jean Charest est pressenti pour lui succéder. Il démissionne de son poste de chef conservateur le 3 avril et devient chef du Parti libéral du Québec le 30 avril. Il est élu député de Sherbrooke aux élections générales du 30 novembre 1998.
Jean Charest, qui voit un Québec nationaliste avec un programme qui écarte souveraineté ou indépendance du Québec, vers une revendication des intérêts du Québec à l'intérieur du Canada, a vaincu le Parti Québecois dirigé par Bernard LANDRY le 14 avril 2003. Pendant son règne au gouvernement, il cherche à mettre à exécution des changements radicaux aux prestations de services par la privatisation dans quelques domaines. Lors des élections générales du 21 février 2007, les libéraux, qui firent de la santé, de la réforme scolaire et de la réduction d'impôt les enjeux principaux de leur plateforme, sont réélus minoritairement. Jean Charest est élu de justesse dans sa propre circonscription de Sherbrooke, contre son adversaire péquiste. En 2008, a lieu de nouvelles élections qui voient le retour des libéraux et de leur chef mais cette fois-ci en position majoritaire. Leur slogan, L'économie d'abord, Oui, résume bien l'idée majeure de leur vision, qui fait de la stabilité économique, sa priorité et ce durant une période économique plus que turbulente.
Avec ce nouveau mandat, Jean Charest, à l'exemple et depuis MAURICE DUPLESSIS devient le premier, premier ministre a avoir cumulé trois mandats consécutifs. Le 2 février 2009, Jean Charest est décoré par le président Sarkozy, commandeur de la Légion d'honneur de la république française.
Auteur NORMAN HILLMER
Liens supplémentaires
L'hon. Jean Charest
Une biographie du premier ministre Jean Charest. Par le site Web du gouvernement du Québec.

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