Afin de déterminer qui avait droit à une indemnité pour les pertes subies pendant la guerre, la Grande-Bretagne définissait clairement qui étaient les Loyalistes : ceux qui étaient nés ou qui vivaient dans les colonies américaines lorsque la guerre a éclaté, qui avaient grandement servi la cause royale et qui avaient quitté les États-Unis à la fin de la guerre ou peu après. Ceux qui sont partis beaucoup plus tard, surtout pour obtenir des terres et pour fuir l'intolérance grandissante des Américains envers les minorités, sont souvent appelés les Loyalistes « tardifs ».
Les raisons des Loyalistes pour demeurer fidèles à la Grande-Bretagne sont nombreuses et fort variées. D'aucuns manifestaient ainsi leur loyauté à la Couronne ou craignaient que la révolution n'entraîne le chaos en Amérique. De nombreux autres étaient d'accord avec les rebelles pour dire que la Grande-Bretagne avait des torts envers l'Amérique, mais croyaient qu'il fallait chercher une solution à l'intérieur de l'Empire.
D'autres enfin, dont des membres de minorités linguistiques et religieuses, de nouveaux immigrants pas encore intégrés à leur nouvel environnement, des Noirs et des Amérindiens, se voyaient faibles ou menacés par la société américaine et cherchaient un allié à l'extérieur. À l'époque, il était dangereux d'exprimer sa loyauté envers la Couronne et ceux qui défiaient les révolutionnaires pouvaient se voir privés de leurs droits fondamentaux, se faire attaquer par la foule ou se faire jeter en prison. Tous les États en sont venus à taxer ou à confisquer les biens des Loyalistes.
Pendant la guerre, plus de 19 000 Loyalistes, auxquels se sont joints plusieurs milliers d'Amérindiens, ont servi la Grande-Bretagne au sein de corps provinciaux spécialement créés pour eux. D'autres se sont réfugiés dans des bastions comme New York ou dans des camps de réfugiés comme ceux de Sorel et de Machiche, au Québec. Entre 80 000 et 100 000 Loyalistes ont fini par s'enfuir, dont à peu près la moitié au Canada. La majorité de ces Loyalistes était des fermiers. Ils n'étaient ni fortunés, ni de rang social élevé. Leurs origines ethniques étaient très variées et bon nombre étaient de nouveaux immigrants. Les Loyalistes de race blanche amenaient avec eux d'importants contingents d'esclaves noirs. Des Noirs libres et des esclaves qui s'étaient échappés et avaient combattu avec les troupes loyalistes sont venus s'établir au Canada tout comme au moins 2000 alliés amérindiens, surtout des Iroquois des Six-Nations de l'État de NewYork.
La plus grande vague de Loyalistes est arrivée dans ce qu'on appelle aujourd'hui le Canada en 1783 et en 1784. Quelque 30 000 Loyalistes se sont établis dans les PROVINCES MARITIMES. On en retrouvait presque partout le long des côtes de la Nouvelle-Écosse de même qu'au Cap-Breton et à l'île Saint-Jean (Î.-P.-É.). Les deux principaux peuplements étaient installés dans la vallée du fleuve Saint-Jean et temporairement à SHELBURNE, en Nouvelle-Écosse. Les Loyalistes ont submergé les 20 000 Américains et Français qui étaient là avant eux, ce qui a donné lieu à la création du Nouveau-Brunswick et du Cap-Breton en 1784.
Des 2000 Loyalistes venus dans le territoire qui est aujourd'hui le Québec, certains ont choisi la Gaspésie, le long de la baie des Chaleurs, et d'autres ont opté pour la seigneurie de Sorel, à l'embouchure de la rivière Richelieu. Environ 7500 sont allés vers ce qui allait devenir l'Ontario, s'installant principalement le long du fleuve Saint-Laurent jusqu'à la baie de Quinte. Il y avait aussi d'importants établissements dans la péninsule de Niagara et le long de la rivière Détroit, avec des ramifications plus tardives le long de la rivière Thames et à Long Point. Les Loyalistes Iroquois se sont pour leur part installés à proximité de la rivière Grand. Les Loyalistes ont pour ainsi dire peuplé la région, ce qui a mené à la création d'une nouvelle province, le HAUT-CANADA, en 1791. Ils ont en outre joué un rôle important dans l'établissement d'institutions éducatives, religieuses, sociales et gouvernementales.
Bien qu'ils aient été plus tard considérablement dépassés en nombre par d'autres immigrants, les Loyalistes et leurs descendants, tels qu'Egerton RYERSON ont exercé une influence forte et durable. Le Canada moderne a hérité d'eux, entre autres, un certain conservatisme, une préférence pour l'« évolution » plutôt que la « révolution » en matière gouvernementale et un penchant pour une société pluraliste et hétérogène.
Voir aussi UNITED EMPIRE LOYALISTS' ASSOCIATION OF CANADA.

Auteur BRUCE G. WILSON
Bibliographie
W. Brown, The Good Americans (1969); M.B. Fryer, King's Men (1980); B. Graymont, The Iroquois in the American Revolution (1972); Bruce G. Wilson, As She Began (1981); E.C. Wright, The Loyalists of New Brunswick (1955).
Liens supplémentaires
Les Canadiens et les débuts de la domination Britannique (1760 - 1791)
Information sur les débuts de la domination Britannique et l'Acte de Québec. Par le site Web de Bibliothèque et Archives Canada.
Documents sur d'anciens soldats révolutionnaires et leurs veuves
Les Archives provinciales du Nouveau-Brunswick abritent dans son fonds documentaire de nombreux documents historiques précieux d'un très grand intérêt. Figurent parmi ces documents des dossiers portant sur les soldats qui ont combattu à titre de loyalistes lors de la Révolution américaine.
L'arrivée dans le Haut-Canada
Ce site, produit par le musée des civilisations, nous décrit l'arrivée des loyalistes dans le Haut-Canada.
John Butler
Une biographie de John Butler. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.
Révolution refusée : Le Canada et la révolution américaine
Ce site illustré du Musée canadien de la guerre raconte l’histoire de l’invasion ratée du Canada par les Américains en 1775-1776 et la migration des Loyalistes américains vers le Canada après 1783.
Une question de loyauté
Ce site de Radio-Canada, Le Canada : Une histoire populaire, aborde en profondeur le thème des Loyalistes à travers l'épisode qui leur est consacré.
Lieu historique national de la Maison-de-Sir-John-Johnson
Ce site offert par Parcs Canada nous présente un profil de sir John Johnson, ainsi qu'un tour illustré du site national situé à Williamstown (Ont).
John Graves Simcoe
Ce site provient des Archives publiques de l'Ontario et offre un portrait de John Graves Simcoe, chef des Queen's Rangers durant la révolution américaine et premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada.
L’histoire des Noirs en Ontario
Une sélection de documents d'archives relatifs à différents aspects de l'histoire des Noirs en Ontario. Un site des Archives publiques de l'Ontario.
Lieu historique national du Fort-Wellington
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Les Archives virtuelles du Canada atlantique (AVCA) ont été conçues afin de mettre en vedette des fonds riches des archives du Canada atlantique. Université du Nouveau-Brunswick.
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