Deux ans plus tard, le PQ est au pouvoir et Bouchard devient négociateur en chef du gouvernement auprès des 300 000 fonctionnaires de la province. En 1980, il est président de la campagne du camp du "oui" (proindépendantiste) lors du RÉFÉRENDUM. On lui attribue généralement d'avoir influencé son ami Mulroney, qui, d'un fédéralisme centralisateur à la TRUDEAU, est passé à un fédéralisme décentralisateur.
En 1988, Mulroney nomme Bouchard ambassadeur du Canada en France et lui fait une place au sein du Cabinet fédéral à titre de secrétaire d'État puis, plus tard, en tant que ministre de l'Environnement (1988-1990). Cependant, Bouchard devient de plus en plus exaspéré par la résistance croissante opposée par certains fédéralistes à l'ACCORD DU LAC MEECH et à ce qu'il croit être la volonté de Mulroney de faire des compromis sur l'accord pour en faciliter l'adoption.
Formation du Bloc québécois
Le 21 mai 1990, Bouchard démissionne donc du Cabinet et du Parti conservateur. En quelques semaines, il réunit un groupe de députés du Québec partageant ses idées et forme le BLOC QUÉBÉCOIS. Dans l'atmosphère de trahison et de méfiance qui suit le rejet de l'Accord du lac Meech, il devient très populaire au Québec. Lors des élections de 1993, il gagne facilement la circonscription du Lac-Saint-Jean qu'il avait gagnée en tant que conservateur en 1988. Il conduit le Bloc à un résultat extraordinaire de 50 p. 100 des suffrages populaires au Québec, et les 54 sièges obtenus donnent au parti le statut d'Opposition officielle à Ottawa.
Référendum de 1995
Bouchard promet de placer les intérêts immédiats du Québec à l'avant-plan dans ce nouveau Parlement fédéral, laissant de côté les objectifs de souveraineté jusqu'aux élections provinciales et la tenue d'un éventuel référendum. Entre-temps, il lutte pour la création d'emplois et la reprise économique au Québec. La victoire du Parti québécois en 1994 laisse à nouveau planer la possibilité de la souveraineté et Bouchard entraîne le Bloc québécois contre la position du gouvernement fédéral sur la question référendaire. La campagne commence à battre sérieusement de l'aile quand Bouchard, encore porté par une étonnante vague de popularité, est appelé à prendre les commandes de la campagne aux côtés d'un Jacques PARIZEAU plus radical et moins populaire. Le 30 octobre 1995, les indépendantistes sont défaits par un vote très serré et déchirant. Parizeau démissionne le jour suivant et Bouchard doit choisir entre le poste de premier ministre à Québec ou de chef du Bloc québécois à Ottawa.
Nouvelles orientations
Bouchard opte finalement pour la responsabilité de premier ministre du gouvernement du Québec et, en janvier 1996, il abandonne son siège à la Chambre des communes. Élu sans opposition chef du PQ le 27 janvier 1996, il est assermenté premier ministre deux jours plus tard et entre à l'Assemblée nationale après s'être fait élire dans une élection partielle en février. Il donne la priorité à l'économie, reléguant pour le moment la question de l'indépendance au second plan. Ce renversement des priorités s'explique par des choix politiques et par le souci de donner un nouvel essor économique au Québec. Bien que les réductions budgétaires apportées aux soins de santé et aux dépenses relatives aux programmes sociaux soient impopulaires auprès de certains Québécois, les politiques budgétaires du PQ réussissent quelque peu à remettre sur pied l'économie chancelante du Québec et les Québécois accordent un nouveau mandat au PQ en 1998. Lucien Bouchard exerce son mandat de premier ministre pendant trois ans, mais il est découragé par le manque de faveur de la cause séparatiste au Québec au cours de son mandat. Il démissionne en 2001.
Bernard Landry, ancien ministre des Finances du cabinet Bouchard, succède à Lucien Bouchard le 8 mars 2001. À visage découvert, les mémoires de Lucien Bouchard, paraît en 1992.
Auteur JAMES MARSH

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