Thomas John Thomson, peintre (Claremont, Ont., 5 août 1877; Canoe Lake, Ont., 8 juill. 1917). En 1915, bien que son talent innovateur soit relativement peu connu en dehors du cercle de ses collègues peintres, Thompson réalise des croquis et des toiles à l'huile qui représentent le Canada tel que l'imaginent la plupart des Canadiens. À l'âge de 37 ans, Thomson vit au parc Algonquin du printemps à l'automne et à Toronto l'hiver. Il partage tout d'abord l'atelier Studio One du Studio Building de Toronto avec A. Y. JACKSON (le Studio Building ouvre ses portes en 1914) puis, au départ de Jackson, avec Franklin CARMICHAEL. En 1915, il travaille déjà dans une baraque attenante au bâtiment, où il peint de grandes toiles et reçoit ses amis, notamment le Dr James MacCallum, ophtalmologue et mécène de Thomson, et Lawren HARRIS. Artiste intense, désabusé, mais sensible et attentionné, il est un des premiers peintres à donner une forme visuelle précise au paysage canadien tel qu'il le découvre dans le parc Algonquin, région du nord de l'Ontario désignée zone de conservation en 1893. De façon fort acceptable, ses tableaux résument une période de transition dans l'art, période qui deviendra par la suite les prémisses de base du GROUPE DES SEPT.

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La peinture au Canada
D'origine canadienne-écossaise, Thomson est né à Claremont, dans le canton de PICKERING (Ont.). Sixième d'une famille de 10 enfants, il grandit dans une ferme de Leith, près d'Owen Sound. Son père est une sorte de naturaliste, et un cousin, le Dr William Brodie, de neuf ans l'aîné de son père, un des plus grands naturalistes de l'époque (de 1903 à sa mort, en 1909, il est directeur du département de biologie du futur MUSÉE ROYAL DE L'ONTARIO). Thomson recueille des spécimens avec le Dr Brodie, qui lui enseigne les rudiments des sciences naturelles. Par Brodie, Thomson apprend à observer la nature avec attention et enthousiasme, en respectant son côté mystérieux.

Issu d'une famille créative, Thomson apprend à jouer de plusieurs instruments, notamment de la mandoline. Il apprend aussi à dessiner et à peindre. N'ayant pu fréquenter l'école secondaire pour des raisons de santé, il s'inscrit au Canada Business College de CHATHAM (son nom figure dans le bottin de la ville de 1902). À partir de 1903, il étudie au Acme Business College de Seattle, une école dirigée par son frère aîné George et un ami, F.R. McLaren. Dans ces deux écoles, il excelle à la calligraphie.

À Seattle, Thomson obtient son premier emploi. Il est graveur dans une agence d'art publicitaire dirigée par C.C. Maring, diplômé du Chatham Business College. Il travaille brièvement pour Maring & Ladd (qui deviendra Maring & Blake peu après son arrivée en raison d'un changement de propriétaire), puis décroche un emploi chez leur plus gros compétiteur, la Seattle Engraving Company, avec une augmentation de 10 $ par semaine. Thomson cherche indubitablement à faire carrière à Seattle, souhaitant probablement s'établir, progresser dans sa profession et se marier, tout comme l'a fait son frère Ralph en 1906. Le sort en décide autrement. Lorsque Thomson demande en mariage Alice Elinor Lambert, jeune femme huit ou neuf ans plus jeune que lui, elle se met à rire nerveusement. Thomson, très sensible, abandonne ses ambitions matrimoniales et part pour Toronto. C'est alors qu'il décide de devenir artiste.

L'expérience artistique de Thomson à cette époque est principalement de type amateur et traditionnel. Pour devenir artiste professionnel, il doit surmonter plusieurs obstacles, notamment son ignorance de l'aspect technique de l'art. Le vent tourne en 1906, lorsqu'il s'inscrit aux cours du soir de la Central Ontario School of Art and Design et, encore en 1908, alors qu'il fréquente un joyeux groupe de camarades chez Grip Ltd., une agence d'art publicitaire réputée.

Lorsque Thomson entre chez Grip, l'entreprise en est à une étape ambitieuse de son développement. Elle possède un bon directeur artistique, A.H. Robson, et un peintre, J.E.H. MACDONALD, qui est le pilier de l'équipe de conception. Thomson travaille sous la direction de MacDonald et, avec ses encouragements, son génie s'épanouit. À l'agence, il soumet son travail à MacDonald pour qu'il le critique. De même, il montre à MacDonald et à d'autres personnes de l'agence les croquis qu'il peint les fins de semaine. MacDonald et des hommes tels que Robson, membre du Toronto Art Students' League (voir ASSOCIATIONS D'ARTISTES) font l'éloge du réalisme de Thomson.

En 1911, Thomson décide de faire du camping dans la réserve indienne de Mississagi. À son retour, un de ses amis chez Grip lui dit que les croquis qu'il a réalisés pendant son voyage expriment réellement le caractère nordique. L'année suivante, il retourne chez Rous & Mann Ltd. (agence où Robson, suivi de tous les autres, commence à travailler en 1912) et montre à Robson les peintures qu'il a faites cette même année au cours d'un voyage de pêche au parc Algonquin. Les croquis de 1912 révèlent des progrès remarquables et marquent les véritables débuts de Thomson en tant qu'artiste. Leur intérêt réside dans la vision qu'ils donnent d'un vaste espace naturel, un monde où l'homme ne semble avoir jamais mis le pied. Ils révèlent une sensibilité particulière, une façon de représenter le monde naturel comme une synthèse poétique éclairée par une connaissance directe du paysage. Pour sa première grande toile, A Northern Lake (1913), qui appartient aujourd'hui à la collection du MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE L'ONTARIO, Thomson choisit un des croquis réalisés lors d'un voyage et en fait un tableau avec davantage de profondeur en arrière-plan. Thomson adopte cette méthode de travail à partir de croquis réalisés sur place et finalisés en atelier. Dans son uvre, ces deux modes de travail révèlent des aspects opposés de sa personnalité artistique : d'une part le croquis, dont la vivacité et la création sur place rappellent la spontanéité d'un poème lyrique, d'autre part la toile peinte en atelier, qui devient un poème épique dont les effets sont choisis selon les styles à la mode, notamment l'art nouveau et le postimpressionnisme.

À l'automne 1914, Thomson et ses amis A.Y. Jackson, Arthur LISMER et Frederick VARLEY campent au parc Algonquin. À cette époque, l'artiste transpose, élimine, applique des techniques de dessin à son travail pour faire évoluer sa conception d'un type particulier d'art du paysage. Cette pratique finira par devenir la base d'un style qui rendra célèbre le Groupe des sept dans tout le pays (le nom désigne le groupe mis sur pied par Lismer en 1920), mouvement qui applique une conscience canadienne croissante au thème du paysage dans la peinture. À l'occasion, Thomson discute de ses idées sur cette nouvelle approche du paysage avec MacDonald, de même qu'avec Lawren Harris qui devient son mentor en 1916. Sa contribution sera plus tard reconnue par les membres du Groupe des sept. Toutefois, il n'a toujours pas reçu toute la reconnaissance que lui mérite son rôle dans la formation du Groupe.

Thomson disparaît en 1917, laissant derrière lui quelque 50 toiles et 300 croquis. Les circonstances entourant sa mort inspirent de nombreux écrivains, détectives amateurs et recherchistes sérieux. Dans un article rédigé en 1977 pour le Toronto Star, Roy MacGregor suggère que Thomson aurait été assassiné par Shannon Fraser et qu'Annie Fraser, épouse du meurtrier, aurait raconté l'histoire à des amis. Les preuves sont contradictoires et confuses. Il s'agissait sans doute d'un accident, mais on n'en connaîtra jamais les circonstances exactes.

Un examen de l'uvre de Thomson révèle à quelle vitesse celui-ci a réalise sa destinée. Artiste amateur, il trouve sa propre voie en 1914. De façon évidente, la nature est sa pierre de touche, et, pendant toute sa carrière, il en a fait sa muse. Sa méthode consiste à saisir des moments furtifs de lumière et d'atmosphère en en faisant un croquis à l'huile sur place, transformant parfois ces croquis en des éloges exaltés de la terre. Il évolue vers une maîtrise plus détendue et plus brillante de la peinture. Au meilleur de son art, il dispose arbres et buissons dans ses tableaux comme des notes dans une chanson finement exprimée, créant des motifs qui s'entremêlent en un contrepoint recherché.

Pour lui, la musique est reliée à la peinture (il déclare un jour à un ami que « les notes imparfaites détruisent l'esprit de la musique tout comme les couleurs imparfaites détruisent l'esprit de la toile »). Il est aisé de dégager dans son travail une corrélation avec les intervalles de musique, apportant une sorte de rythme, de touche et de tonalité à ses peintures. L'aspect le plus attirant pour le public est la généreuse utilisation que fait Thomson des couleurs et son sens du spectacle canalisé par sa connaissance de la nature nordique. Bien que ses tableaux montrent peu de personnages, les paysages qu'il peint, parfois semblables à des abris et sanctuaires, évoquent des endroits où l'on peut méditer en paix.

Les toiles The West Wind et Jack Pine présentent un motif semblable, un ou plusieurs arbres sur un rivage rocheux évoquant une magnificence iconique. La richesse de couleurs des tableaux de Thomson donne souvent une impression de mouvement, de dynamisme et d'impulsion. Pour le public contemporain, ses plus belles réalisations sont les croquis vivants aux formes puissantes. Exécutés dans une palette de rouge, de rose, de brun, de bleu foncé et de bleu clair et avec la finesse digne d'un naturaliste, les tableaux de Thomson incarnent une véritable vision nationale.

« Cranberry Marsh »
« Cranberry Marsh »
Tom Thomson, huile sur panneau, 1916 (avec la permission du Musée des beaux-arts du Canada).
« Pin, Le » (peinture)
« Pin, Le » (peinture)
Tom Thomson, huile sur toile, 1916-1917 (avec la permission du Musée des beaux-arts du Canada).
Tom Thomson
Tom Thomson
Doté d'habiletés naturelles sur le plan technique et grâce à son amour profond du Nord, Thomson possédait tous les éléments nécessaires pour devenir un grand peintre (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-17399).

Auteur JOAN MURRAY


Bibliographie
Joan Murray, Tom Thomspon: Design for a Canadian Hero (1998).

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Articles de fond
William Neilson Hall

« Pour honorer un acte de courage très évident ou pour rendre hommage à des actes de bravoure exceptionnels ou d'extrême attachement au devoir face à l'ennemi... »

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