L'Union nationale, issue d'une coalition du Parti conservateur et de l'
ACTION LIBÉRALE NATIONALE, est constituée à l'occasion des élections provinciales québécoises de 1935. Maurice
DUPLESSIS, du Parti conservateur, et Paul Gouin, de l'ALN, en sont les dirigeants. Défaite par une faible majorité en 1935, l'Union nationale réalise son unité sous la direction de Duplessis et gagne facilement les élections de 1936. Née durant la Crise des années 30, l'Union nationale préconise d'abord des réformes sociales, économiques et politiques. Elle est battue par le Parti libéral en 1939, après une campagne au cours de laquelle les libéraux fédéraux prétendent qu'ils éviteront la
CONSCRIPTION aux Canadiens français. Dirigée par Duplessis, l'Union nationale est réélue en 1944, ayant accusé les libéraux, provinciaux et fédéraux, de trahir les droits du Québec. Cet accent nationaliste devient la particularité du parti. L'Union nationale demeure sous la domination totale de Duplessis jusqu'à sa mort en septembre 1959. Elle passe alors sous la direction de Paul
SAUVÉ jusqu'à sa mort moins de quatre mois plus tard. Elle perd les élections de 1960 et elle ne reprendra le pouvoir qu'une seule fois (1966-1970). La mort en 1968 de son chef Daniel
JOHNSON lui porte un dur coup et le gouvernement du nouveau leader J.-Jacques
BERTRAND est défait en 1970 par un Parti libéral renaissant dirigé par Robert
BOURASSA. Supplantée par le
PARTI QUÉBÉCOIS comme parti nationaliste, l'Union nationale n'obtiendra jamais plus de 20 p. 100 des voix dans les élections ultérieures. Bien que ce parti existe toujours en 1988, il n'est plus une force politique au Québec : il obtient moins de 1 p. 100 des voix aux élections de 1985.
Les principaux appuis de L'Union nationale provenaient du milieu rural, d'hommes d'affaires plus ou moins influents et de travailleurs non syndiqués. Elle n'a pas gagné la confiance des anglophones et a connu plus de succès à Québec qu'à Montréal. Durant les années 40 et 50, son financement électoral considérable, dont la plus grande partie provient du monde des affaires, lui donne un avantage important sur l'opposition libérale. Ce n'est plus le cas après la défaite de 1960 et la réforme des pratiques électorales au Québec. Voir aussi NATIONALISME CANADIEN-FRANÇAIS.
Maurice DuplessisBien que controversée, l'autorité de Duplessis l'a fait reconnaître comme « le Chef » au Québec (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-9338).
Auteur
VINCENT LEMIEUX
Bibliographie
Herbert F. Quinn, The Union Nationale (1970).