Les Assiniboines (aussi appelés Nakoda Oyadebi) sont un peuple autochtone canadien qui habitait traditionnellement les Plaines. À l’époque des contacts soutenus avec les Européens, le peuple assiniboine participait activement à la chasse au bison et à la traite des fourrures, et contrôlait de vastes territoires qui font aujourd’hui partie du Manitoba et de la Saskatchewan. Les communautés assiniboines contemporaines du Canada sont surtout situées en Saskatchewan, bien que des communautés mixtes existent en Alberta. Ces communautés ont plusieurs réserves, qui sont souvent partagées avec les peuples cris, saulteaux (ojibwés) et nakota, mais bon nombre d’Assiniboines habitent hors réserve.

Territoire traditionnel assiniboine.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Vie traditionnelle

Les missionnaires jésuites sont les premiers à décrire les Assiniboines comme un peuple s’étant divisé des Yanktonai Sioux (aussi appelés Nakota) quelque temps avant 1640. Les Assiniboines sont apparentés à d’autres peuples d’expression siouenne comme les Dakotas, les Lakotas et les Stoneys-Nakodas. Du point de vue linguistique, ils appartiennent à la famille siouenne et parlent un dialecte appelé nakota. Bien qu’ils vivent parfois parmi les Cris et partagent les techniques de chasse de ceux-ci et des Pieds-Noirs, les Assiniboines se considèrent comme culturellement distincts.

Depuis leur pays d’origine autour des eaux d’amont du Mississippi, ils se déplacent vers le nord-ouest en direction du lac des Bois et du lac Winnipeg. Au sommet de leur pouvoir, leur territoire s’étend des vallées des rivières Saskatchewan et Assiniboine, au Canada, jusqu’à la région au nord des rivières Milk et Missouri, aux États-Unis.

La culture assiniboine présente la plupart des caractéristiques classiques des peuples des Plaines. Ils sont connus pour leur expertise en matière de la construction d’enclos de bisons, dont on se sert pour les attraper et les tuer. De plus, ils attellent des chiens pour tirer des travois chargés de perches de tipi, de peaux et de biens personnels pendant qu’ils suivent les troupeaux de bisons pendant la chasse saisonnière. Les peuples assiniboines qui habitent les forêts et les forêts-parcs chassent aussi le gros gibier (chevreuil, wapiti et orignal) et se servent de pièges pour attraper les petits animaux à fourrure pour leur chair et leur peau. Ils cueillent également des légumes sauvages selon le lieu et la saison; l’amélanche (Saskatoon) et les autres fruits sont mélangés à la viande séchée et à la bannique.

Leur cérémonie la plus sacrée est la danse du soleil, qui a lieu en début d’été, après la chasse au bison du printemps. Les hommes et les femmes honorent le Grand Esprit par des cérémonies sacrées incluant la prière, le chant, le tambour, la danse et le jeûne, et finissant avec un festin. Les jeunes hommes se consacrent à des quêtes de vision en terres sacrées afin de communiquer avec leurs esprits gardiens et pratiquer des chansons et des rituels sacrés (voir Religion des Autochtones).

Vie politique et sociale

Les structures politiques et sociales des Assiniboines sont basées sur un système de familles élargies vivant en camps nomades, dont les populations auraient atteint les milliers de personnes. En général, les hommes occupent les positions des dirigeants et prennent les décisions importantes. Le représentant du chef, ou le chef, est un « homme bon » choisi pour traiter avec les étrangers, mais ses actions sont guidées par un conseil. Ce dernier est composé de membres représentant chaque groupe de famille élargie qui forme une bande, ou une nation. Le leadership se mérite grâce à des compétences en chasse supérieures, à l’accomplissement personnel sur le champ de bataille ou lors d’attaques contre l’ennemi, et en faisant preuve de bonté et de générosité envers les autres.

On élit à l’occasion des leaders pour des fonctions spéciales; par exemple, le chef de guerre pour mener à la bataille, le chef pour diriger la grande chasse au bison, ou le chef de l’habitation des guerriers. On écoute les personnes dont on reconnaît la sagesse ou le talent lors de rencontres du conseil où les anciens, les chamans, les gardiens du calumet, les femmes et les chefs de famille se rassemblent régulièrement pour arriver à un consensus par rapport à certaines questions. Répartis dans les prairies, les différents groupes ont développé, au cours des siècles, des variations de langues et des histoires différentes, et ont par la suite formé des groupes autonomes au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans le nord des États-Unis. Leur réputation auprès des commerçants européens et des colons est en général positive, avec de nombreuses mentions de leur hospitalité.

Contact avec les Européens

Henry Kelsey décrit d’abord ses rencontres avec les Assiniboines, pendant les années 1690. Le jeune employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson accompagne les Assiniboines pour faire la traite depuis les postes sur la baie James en suivant la voie canotable vers l’ouest jusque dans ce qui est aujourd’hui la Saskatchewan, assurant que les peaux soient livrées à la Compagnie. Les Autochtones reçoivent en échange des biens européens comme des ustensiles de métal, des armes à feu et de la poudre noire, des perles, du tissu, du tabac, de l’eau-de-vie et d’autres biens manufacturés.

Plus tard, les commerçants de fourrures et les explorateurs comme La Vérendrye et ses fils (années 1930), Anthony Henday (1754-1755) et Alexander Henry, Jr. (années 1800) confirment l’étendue des Assiniboines à travers les Prairies de l’ouest et jusque dans le Dakota du Nord et le Montana. Leur mode de vie est inscrit dans les journaux de ces premiers voyageurs, qui les estiment pour leur contribution économique à la traite des fourrures.

En raison de leurs liens avec les commerçants européens, les sentiers traditionnels des Assiniboines deviennent de grandes routes vers le sud. Les lieux de campement traditionnels le long des rivières qui coulent des Rocheuses jusqu’à la baie d’Hudson deviennent des postes de traite et des lieux de distribution des biens.

Impact de la traite des fourrures

Les Assibinoines traitent avec la Compagnie de la Baie d’Hudson à partir de la fin du XVIIe siècle et sont connus pour leur pemmican et leur rôle majeur d’intermédiaires dans la traite entre les Européens et les bandes éloignées des Plaines. L’acquisition de chevaux, des dizaines d’années avant l’arrivée d’Anthony Henday dans ce qui est aujourd’hui l’Alberta (1754), en plus de leur accès précoce aux armes à feu et aux biens en métal, accroît leur rôle dans l’économie de la traite des fourrures avec la Compagnie de la Baie d’Hudson et, plus tard, avec la Compagnie du Nord-Ouest. Leur nouvelle richesse, attribuable au commerce, à leurs habiletés de cavaliers et à leur réputation de guerriers et de fournisseurs de viande fraîche aux nombreux postes de traite, est à son apogée entre les années 1780 et le début des années 1800.

Pendant le XIXe siècle, ils sont étroitement alliés aux Cris, tandis qu’ils ont des conflits intermittents avec les Pieds-Noirs, les Gros Ventres et leurs relations siouennes au Sud. Ils souffrent beaucoup de maladies européennes, surtout de la variole. D’une population estimée à plus de 10 000 individus vers la fin du XVIIIe siècle, leur nombre diminue de façon catastrophique à seulement 2 600 individus en 1890.

Traités modernes

Dans les années 1870, le gouvernement fédéral commence à négocier des traités modernes entre la Couronne et les Premières Nations. Les commissaires aux traités promettent des paiements périodiques (entre 5 $ et 25 $), des soins médicaux, de l’éducation et de l’aide agricole et économique en échange du transfert de terres et de ressources aux colons blancs. Dans les années 1880, vu que leur ressource principale, le bison, est réduite à une fraction de sa population de naguère, les Assiniboines acceptent, malgré leur réticence, de vivre dans des réserves.

Au Canada, les bandes White Bear et Carry the Kettle sont signataires du Traité no 4 (1874) et les Mosquito-Grizzly Bear’s Head du Traité no 6 (1876), tandis que les bandes d’Assiniboines habitant aux États-Unis signent le traité de Judith River (1855). À la suite de ces traités, la situation des peuples assiniboines n’est pas des plus favorables. Beaucoup d’entre eux souffrent des conditions de logements pauvres, d’une détérioration de la santé, d’un taux de chômage élevé, de discrimination systématique, de l’abus fréquent et du déracinement culturel dans les pensionnats, d’une éducation et d’une formation limitées et de restrictions gouvernementales sur leurs cérémonies religieuses et leurs activités politiques (voir Conditions sociales des Autochtones).

En 1951, l’adoption d’une Loi sur les Indiens modifiée enlève les restrictions sur les cérémonies religieuses et les activités politiques, et aboutit à un activisme et des initiatives communautaires de plus en plus efficaces pour les Assiniboines. Par exemple, en ce qui concerne la saisie frauduleuse des terres et l’intégration forcée à la bande White Bear par les officiers gouvernementaux en 1901, les membres des bandes Ocean Man et Pheasant Rump ont déposé avec succès un recours pour rétablir le statut de leurs bandes et de leurs réserves respectives au cours des années 1980 et au début des années 1990.

Vie contemporaine

Aujourd’hui, les Assiniboines exercent leur autonomie gouvernementale à des degrés variés par le biais de conseils de bande élus (composés d’un chef et de conseillers), mais toujours dans le cadre des contraintes de la Loi sur les Indiens, de la Constitution canadienne de 1982, des décisions judiciaires et sous l’autorité du ministre des Affaires autochtones. Bien que des initiatives communautaires dans les domaines des soins de santé, de l’éducation, des services de garderie et du développement des ressources sont bien réussies dans les communautés d’Assiniboines, leur langue, dont il ne reste qu’environ 150 locuteurs, est presque oubliée.

Bien que les terres traditionnelles des Assiniboines s’étendent à travers les prairies, la plupart de leurs réserves se trouvent en Saskatchewan. L’Alberta a également plusieurs réserves qui comptent des populations d’Assiniboines importantes, y compris celles de leurs parents proches, les Stoneys-Nakodas, mais il n’y a aucune réserve assiniboine au Manitoba. Les Assiniboines qui habitent hors réserve peuvent se trouver partout au Canada et même à travers le monde.

En Saskatchewan, la réserve de la bande nakota Carry the Kettle se situe à 11 km au sud de Sintaluta (à l’est de Régina), avec de bonnes terres agricoles d’une superficie d’à peu près 16 500 hectares. En 2014, la population de la bande dénombre 2 714 individus, dont à peu près 900 vivent dans la réserve.

La réserve Head Lean Man de la bande Mosquito-Grizzly Bear se situe à environ 27 km au sud de North Battleford et comprend approximativement 12 750 hectares de terres agricoles mixtes. En 2014, la population de la bande est de 1 324 individus, dont environ 700 membres vivent dans la réserve.

La réserve de la bande White Bear, partagée avec quelques Ojibwés, Cris et Dakotas, est située à 13 km au nord de Carlyle et comprend 17 192 hectares de terre agricole. En 2014, la bande compte 2 579 membres, dont environ 900 vivent dans la réserve. La bande tire profit de l’exploitation pétrolière et gazière communautaire et de terres de loisirs acquises en vertu des droits fonciers issus des traités.

La réserve de la bande Ocean Man se situe à environ 20 km au nord-est de Stoughton, avec des avoirs immobiliers de 4 512,1 hectares. En 2014, elle compte une population de 500 membres inscrits, dont 100 qui vivent dans la réserve Ocean Man et 50 dans d’autres réserves.

La réserve de la bande nakota Pheasant’s Rump se situe à 10 km au nord de Kisbey et comprend 7 966,5 hectares. En 2014, sa population comprend 407 membres inscrits, dont environ 150 habitent dans la réserve.

En Alberta, il existe aussi deux réserves Assiniboine-Stoney dans le territoire du Traité no 6 à l’ouest d’Edmonton. La réserve Paul Band no 133 A, B et C englobe plus de 7 300 hectares et a une population de plus de 2 000 membres en 2014, dont plus de 1 200 vivent dans la réserve. La réserve Alexis Band no 133 englobe 6 175 hectares, avec une population de plus de 1 800 membres en 2014, dont plus de 1 000 vivent dans la réserve.

Voir aussi Autochtones : les Plaines et les articles généraux sous Peuples autochtones.