Basses-terres de la rivière de la Paix

  Les basses-terres de la rivière de la Paix, une contrée ondulante plus ou moins délimitée, s'étendent à l'est des ROCHEUSES de part et d'autre de la RIVIÈRE DE LA PAIX, s'inclinant vers le nord et vers l'est. Bien que l'on parle souvent de « basses terres », au plan topographique, cette région s'inscrit dans les hautes plaines de l'ouest de l'Alberta. Les collines les plus hautes sur les contreforts orientaux des Rocheuses dans la partie nord-est de la Colombie-Britannique ont une altitude d'environ 1000 m, tandis que la plaine à l'ouest du LAC ATHABASCA se situe à quelque 300 m au-dessus du niveau de la mer. La topographie locale, un relief d'érosion, se caractérise par de nombreuses collines au sommet plat qui dominent de quelques centaines de mètres les larges vallées en pente douce. Au contraire, la rivière de la Paix et ses affluents immédiats suivent un cours encaissé à une profondeur d'environ 200 m dans la partie basse de la section ouest, ce qui pose de sérieux obstacles au transport. Toutefois, dans la plaine inondable à l'est, la hauteur des berges escarpées de la rivière de la Paix diminue à environ 70 m à l'ouest de FORT VERMILION. Lors de la fonte de la nappe glaciaire qui recouvrait la majeure partie du continent et de la formation du lac glaciaire Peace, il y a 10 000 à 15 000 ans, l'eau recouvrant les basses terres a été drainée par la rivière de la Paix et ses affluents.

À l'époque où les CASTORS (Athapaskans) occupent la région, avant les explorations et la colonisation par les Européens au 19 siècle, la plus grande partie des basses-terres de la rivière de la Paix est recouverte d'une forêt de peupliers faux-trembles. Les épinettes poussent alors en haut des pentes, tapissées d'un sol gris forestier moins fertile. Dans plusieurs des vallées étendues, surtout dans la partie occidentale, le sol de couleur plus foncée et plus fertile fait pousser les hautes herbes des prairies. Les agriculteurs qui viennent s'établir dans la région au début du 20e siècle sont portés à s'installer dans les zones herbeuses où il y a moins d'arbres à abattre avant la mise en culture.

Le climat des basses terres est un peu plus propice à l'agriculture que les autres régions du centre-nord de l'Alberta. Les montagnes Rocheuses étant moins élevées dans la partie occidentale de la région, les masses d'air en provenance du Pacifique peuvent les franchir avec moins de perturbations, d'où des précipitations annuelles de 350 à 600 mm environ, ce qui est plus que dans le centre-est de la province. Cependant, les masses d'air froid venues du nord-ouest peuvent envahir la zone n'importe quand, de sorte que la moyenne annuelle des journées sans gel varie considérablement selon les années et les endroits. Dans les districts agricoles près de la frontière entre Grande Prairie et Peace River, on enregistre en moyenne entre 115 et 125 journées sans gel durant l'année.

À la fin du 18e siècle, les trafiquants de fourrure s'aventurent dans ce milieu forestier et poussent les Amérindiens à piéger les animaux à fourrure. On ouvre des postes de traite un peu partout dans la région, notamment à Fort Vermilion (1788), Dunvegan (1805) (voir VIEUX DUNVEGAN) et à FORT ST JOHN (1806). Les commerçants et plus tard les missionnaires cultivent leurs jardins, et au début du XXe siècle, Sheridan LAWRENCE exploite une ferme lucrative et un ranch près de Fort Vermilion. Les premiers colons agriculteurs faisant partie du peuplement d'ensemble des bordures nord des prairies et des forêts-parcs des Plaines intérieures sont encouragés par le succès de Sheridan Lawrence et arrivent dans les plaines du sud. La colonisation s'accélère après l'ouverture d'un bureau des terres du Dominion à GROUARD en 1909; les arpenteurs divisent les terres des prairies en quarts de section pour le PEUPLEMENT DES TERRES. Les chemins de fer d'Edmonton, de Dungevan et de la Colombie-Britannique rejoignent l'est de la région de HIGH PRAIRIE et ensuite GRANDE PRAIRIE ainsi que PEACE RIVER en 1916. Les pionniers y trouvent un environnement plus intéressant que celui du sud des prairies canadiennes. Malgré une culture des céréales abondantes, la distance entre la région et les acheteurs potentiels nuit à leurs efforts.

Aujourd'hui, la superficie des terres de culture mixtes totalise 25 000 km2 en Alberta et 9000 km2 en Colombie-Britannique. Bien que la plus grande partie de la région demeure couverte de forêts, dont une partie est exploitée par des entreprises forestières et papetières, la prospection et la mise en valeur des gisements souterrains de pétrole et de gaz naturel occupent une place croissante.