Description

Le béluga, ou baleine blanche (Delphinapterus leucas), atteint une longueur maximale d’environ 5 m. Les adultes sont blancs à l’exception du bord de leurs nageoires pectorales et des pointes de leur queue. Le béluga ne possède pas de nageoire dorsale. Le front, haut et arrondi qui se prolonge par un museau court et large. Les vertèbres du cou ne sont pas soudées, ce qui permet au béluga de tourner sa tête d’un côté à l’autre. Les baleineaux et les jeunes sont gris à bleus ou bruns, mais ressemblent sinon aux adultes. Les bélugas possèdent un répertoire vocal remarquablement varié qui leur a valu le nom de canari des mers. Leur sonar, qu’ils utilisent pour l’écholocation lorsqu’ils se déplacent ou qu’ils chassent, est l’un des plus sophistiqués du monde animal.

Distribution et habitat

Les bélugas sont très répandus dans l’Arctique et la région subarctique. Quelques populations nord-américaines ont un comportement fortement migrateur et sont associées aux territoires qu’elles fréquentent en été (p. ex, la mer de Beaufort, la région du détroit de Lancaster, du détroit de Barrows et de l’inlet Prince-Régent, et l’Est et l’Ouest de la baie d’Hudson). D’autres ont plutôt tendance à rester dans la même région toute l’année et ne se déplacent que localement (p. ex, dans l’inlet Cook, la baie Bristol, la baie Cumberland et l’estuaire du Saint-Laurent). On rencontre souvent les bélugas près de la glace ainsi que dans l’embouchure des rivières ou à proximité. Ce sont des animaux grégaires qui forment parfois des groupes de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’individus.

Alimentation

L’alimentation des bélugas dépend de la saison et de la région. Elle peut comprendre des capelans, des morues polaires, des harengs, des saumons, des éperlans, des eulakanes, des lamproies, des crevettes, des calmars et des vers marins. Les bélugas peuvent plonger régulièrement jusqu’au plancher océanique à des profondeurs allant de 300 à 600 m. On pense en fait qu’ils peuvent, le cas échéant, descendre beaucoup plus bas pour atteindre une proie.

Reproduction et développement

On ne connaît pas bien l’âge de la maturité sexuelle chez le béluga, en partie parce qu’il est difficile d’estimer l’âge de ces animaux à partir des couches de croissance de leurs dents. L’accouplement a lieu au printemps (d’avril à mai) et les jeunes naissent après plus d’un an de gestation. L’allaitement des jeunes dure 12 à 18 mois, voire plus longtemps.

Défis

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature a inscrit le béluga sur la liste des espèces quasi menacées, tandis que Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a évalué séparément un certain nombre de populations de bélugas. Selon le COSEPAC, les populations de l’Est de la baie d’Hudson et de la baie d’Ungava sont en voie de disparition, les populations de l’estuaire du Saint-Laurent et de la baie Cumberland sont menacées, les populations de l’Ouest de la baie d’Hudson et de l’Est de l’Extrême-Arctique et de la baie de Baffin sont préoccupantes et la population de l’Est de la mer de Beaufort n’est pas en danger. (Voir Animaux en voie de disparition.)

Chasse à la baleine

Les bélugas sont depuis longtemps chassés par les résidents du nord pour leur viande et leur huile et par les chasseurs commerciaux pour leur cuir et leur huile (voir baleine; chasse à la baleine). Certains pêcheurs du Saint-Laurent les ont perçus comme de sérieux concurrents pour la pêche du saumon et de la morue. Entre 1928 et 1939, le gouvernement du Québec a géré un programme d’extermination consistant à payer une prime pour chaque marsouin blanc (béluga) tué.

Aujourd’hui, la population du Saint-Laurent survit mais son effectif est bien inférieur à celui du passé et les populations de la baie Cumberland et de l’Est de la baie d'Hudson sont dans la même situation. Le stock qui se rassemblait jadis dans les estuaires des fleuves donnant sur la baie d’Ungava a été exterminé ou est proche de l’être. La chasse commerciale à la baleine a été interdite au Canada à partir de 1972 et les bélugas du Saint-Laurent bénéficient aujourd’hui d’une protection complète. Des chasses de substance perdurent néanmoins ailleurs au Canada, motivées par le fait que la peau du béluga (muktuk) est un mets traditionnel et nutritif.

Captivité

Les bélugas du Saint-Laurent qui fréquente l’embouchure de la rivière Saguenay et ses alentours attirent de nombreux touristes. Ces derniers doivent néanmoins faire appel à des bateaux spécialisés dans l’observation des baleines, ces derniers devant rester à distance des cétacés pour éviter de les perturber. Les bélugas sont également devenus des animaux de spectacle populaires dans les aquariums du monde entier. Au Canada, ils sont exhibés depuis de nombreuses années dans l’aquarium de Vancouver et dans celui du Marineland (à Niagara Falls). Dans le passé, nombre de bélugas gardés en captivité provenaient de l’Ouest de la baie d’Hudson. Cependant, depuis que le Canada a resserré la législation qui régit cette pratique, c’est la Russie qui répond à la demande mondiale croissante pour des bélugas vivants.

Préoccupations environnementales

Les contaminants présents dans l’eau sont une menace plus préoccupante pour les bélugas du Saint-Laurent que pour ceux de l’Arctique. De fortes concentrations de BPC (produits chimiques fabriqués par l’homme et utilisés dans l’industrie) ont en effet été détectées dans les tissus de la population du Saint-Laurent. (Voir Pollution de l’eau.)

Les bélugas doivent également être affectés par le changement de climat, bien que la nature et l’amplitude de ses effets demeurent incertaines et varieront probablement d’une population à l’autre. Mis à part les effets écologiques, la réduction de la glace de mer entraînera des modifications importantes au niveau des activités humaines telles que celles liées à l’exploration et à l’exploitation en mer du pétrole et du gaz naturel ainsi qu’aux développements hydroélectriques et à la pêche commerciale. Ces activités peuvent en retour avoir des impacts importants sur les bélugas et leur habitat.