Les Beothuks (« le peuple » ou « vrai peuple »), maintenant éteints, étaient des autochtones qui vivaient à Terre-Neuve. Des listes de mots, transcrites au XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle, laissent croire à un lien linguistique avec l'algonquien. À l'époque de leur contact avec les Européens, les Beothuks occupaient à tout le moins les côtes sud et nord-est de Terre-Neuve. Leur nombre aurait été de 500 à 1000 personnes, mais il est difficile de l'évaluer en raison du rétrécissement de leurs territoires lors des premiers contacts et de l'absence de documents de l'époque.

D'après la preuve archéologique, les Beothuks auraient habité Terre-Neuve longtemps avant la colonisation européenne et descendraient peut-être d'un premier peuple qui a occupé l'île pendant plusieurs milliers d'années. Dans les temps préhistoriques, ils étaient, semble-t-il, un peuple côtier organisé en petites bandes dispersées dans les diverses baies, vivant de la pêche et de la chasse aux phoques et autres mammifères marins et oiseaux. Ils allaient aussi probablement dans l'intérieur des terres pour capturer le caribou aux gués des rivières, mais, après les premiers contacts, ils auraient cessé d'occuper l'intérieur durant l'hiver.

Autant dans l'ère historique que dans l'ère préhistorique, les Beothuks logeaient dans des tentes couvertes de peaux ou d'écorce pendant l'été et dans des maisons semi-souterraines en hiver. Pour chasser, ils utilisaient arcs, flèches, harpons et lances, et la chasse se faisait souvent à bord de canots d'écorce, à proue et poupes relevées, qui étaient assez hauts au milieu et pouvaient tenir la mer. Os sculptés, colliers en bois de cervidés et en ivoire, ornés de gravures aux dessins complexes, sont les artefacts qui les distinguent le plus. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, on a recueilli plusieurs de ces objets dans des cavernes ou des abris sous roche servant de lieux de sépulture.

Une autre caractéristique notoire de la culture des Beothuks est l'utilisation abondante qu'ils faisaient de la poudre d'hématite, ou ocre rouge, avec laquelle ils peignent leurs canots, divers objets et même leur corps. Comme ces gens sont les premiers autochtones d'Amérique du Nord que les Européens rencontrent, il est possible que leur emploi de l'ocre rouge soit à l'origine du sobriquet « Peaux Rouges » que leur donnent les Européens et qui s'appliquera plus tard à tous les Premières Nations du continent.

Les empiétements, les massacres et les maladies des Européens contre lesquelles ils n'avaient aucune résistance décimèrent rapidement les Beothuks. Shawnadithit, la dernière Beothuk connue, meurt de la tuberculose, à St. John's, en juin 1829.