Cantons de l'Est. Région de collines appalachiennes située entre Montréal et Québec. Les Cantons de l'Est s'étendent de Granby au Lac Mégantic, et de Drumondville à la frontière américaine. Dès la fin du XVIIe siècle, les Abénaquis s'y rendent pour chasser et pêcher. À l'exception du poste de traite aux Grandes-Fourches (Sherbrooke), la région n'est pas colonisée pendant le régime français. Peu après la fin de la guerre de l'Indépendance américaine, de nombreux loyalistes quittent leur patrie pour le Canada et s'installent dans la baie Missisquoi, au nord-est du lac Champlain. En 1791, le gouverneur britannique décide de leur concéder des cantons.

Le premier des 95 cantons concédés sera le canton Dunham, en 1796. La région prend le nom de comté (électoral) du Buckinghamshire en 1792. Ce nom change pour « Eastern Townships of Lower Canada », par opposition à « Western Townships of Upper Canada », qui sera contracté en « Eastern Townships » vers 1806. Cette expression est traduite en « Townships de l'Est » vers 1833, puis en « Cantons de l'Est » en 1858. La région administrative prend le nom officiel d'Estrie en 1981. Ce nom est toujours controversé. Les premiers colons sont des Américains, des Anglais et des Irlandais.

Après 1840, la colonisation francophone est de plus en plus importante et les francophones y deviennent majoritaires entre 1871 et 1881. Les anglophones représentent aujourd'hui moins de 10 p. 100 de la population.

Pourvue d'un excellent réseau routier depuis les années 1820, la région connaît un essor considérable avec la construction du chemin de fer du Grand Trunk Railway of Canada, qui relie Montréal et Portland (Maine) en 1853. Les réseaux routier et ferroviaire favorisent l'exploitation et la transformation des ressources naturelles dont le bois, les sapins de Noël, l'amiante, le granit, le cuivre et le calcaire. Elle est la première région minière du Canada dès le milieu du XIXe siècle avec l'ouverture de nombreuses mines de cuivre et autres minerais.Aujourd'hui, la production d'amiante à Thetford Mines et à amiante représente environ le quart de la production mondiale.

L'énergie hydraulique des nombreuses chutes de la rivière Saint-François et de ses affluents y attire scieries et moulins à farine, mais aussi, dès 1855, usines de textile, fonderies et usines de pâtes et papiers. Au XXe siècle, des industries lourdes s'installent à Sherbrooke, qui devient peu à peu la « Reine des Cantons de l'Est ». L'industrie de la motoneige prend son essor à Valcourt grâce à son inventeur J.-Armand Bombardier.

La microélectronique s'y implante grâce à la recherche universitaire et la venue d'industries de pointe. Depuis 1985, elle est la première région viticole du Québec, surtout autour de Dunham. On y compte deux universités, l'Université de Sherbrooke (francophone) et l'Université Bishop (anglophone, à Lennoxville), témoins des deux cultures qui s'y côtoient. Une curiosité du Sud de la région : de nombreuses granges rondes rappellent la croyance selon laquelle le diable se cache dans les coins des granges, et le désir d'en protéger les propriétaires. On y retrouve de grands parcs, plusieurs dizaines de musées, des centres d'interprétation de la nature et des festivals. La zone de Magog-Orford est devenu un important centre touristique international quatre-saisons.