Ces CHEVAUX SAUVAGES, qui tirent leur nom de l'île où ils habitent, sont aujourd'hui les seuls MAMMIFÈRES terrestres de l'ÎLE DE SABLE, à part quelques humains. Ils présentent une grande variété de tailles, de conformations et de couleurs, et ressemblent beaucoup au barbe espagnol, un petit cheval robuste originaire d'Afrique du Nord, et au cheval acadien, communément utilisé entre le XVIIe et le XIXe siècle comme cheval de trait dans les provinces de l'Atlantique. L'étalon pèse de 270 à 360 kg et mesure environ 14 mains (140 cm) au garrot (à l'épaule). La jument est légèrement plus petite et pèse en moyenne 40 kg de moins que le mâle.

Bandes familiales

La population de l'île de Sable comprend entre 40 et 50 bandes familiales. La structure de bande est variable, mais consiste généralement en un étalon dominant, une ou plusieurs femelles et leurs petits et occasionnellement un ou deux mâles matures subordonnés. Les bandes comptent de 4 à 8 individus, en moyenne, et parfois de 10 à 12. Les mâles qui ne font pas partie de bandes familiales forment des groupes de « célibataires » peu structurés ou, surtout s'ils sont âgés, vivent en solitaire. Les poulains naissent habituellement entre la fin d'avril et août.

Population
Des relevés aériens et terrestres montrent que, depuis les années 60, la population fluctue entre 175 et 450 individus. La mortalité survient surtout à la fin de l'hiver et au début du printemps, et elle est fortement corrélée à des conditions climatiques particulières. Des hivers exceptionnellement froids et humides causent une augmentation de la mortalité, particulièrement chez les individus très jeunes ou très âgés, quoique la relation entre le taux de mortalité et l'âge soit variable. Pendant les hivers doux, le taux de mortalité peut être de 5 p. 100 ou moins.

Historique

La croyance populaire veut que les ancêtres des chevaux de l'île de Sable aient été des survivants d'un naufrage. Cependant, tout semble indiquer que les chevaux actuels sont les descendants de chevaux acadiens transportés dans l'île, au milieu du XVIIIe siècle, en même temps que des bovins, des porcs et des moutons, par un marchand bostonnais qui a tenté en vain d'y établir une ferme. Des stations de sauvetage, établies sur l'île en 1801 afin de secourir les naufragés, utilisent les chevaux pour le transport et pour le trait. Ces stations subsistent jusqu'au milieu des années 1900, époque où l'on s'efforce d'améliorer la race des chevaux sauvages en introduisant de nouveaux géniteurs. Périodiquement, on rassemble les chevaux excédentaires et on les envoie sur le continent pour la vente.

Depuis 1962, les chevaux de l'île de Sable sont protégés de toute intrusion humaine par une loi fédérale. À cet égard, ils constituent une population unique dans l'Est de l'Amérique du Nord. Bien que l'on rencontre également des chevaux sauvages dans l'île française de Miquelon, au sud de Terre-Neuve, dans le Bird Shoal et le Shackleford Bank, au large de la Caroline du Nord, aux États-Unis, et dans l'île Chincoteague, en Virginie, les chevaux de l'île de Sable présentent un intérêt particulier pour l'étude de l'histoire, de la biologie et du comportement des Équidés de même que pour la conservation des ressources génétiques et d'une race à faibles effectifs. Tous les travaux de recherche en cours sur les chevaux de l'île de Sable utilisent des techniques non invasives. Les chevaux et leur habitat sont désormais officiellement protégés par la loi depuis que l'île de Sable a été désignée réserve de PARC NATIONAL en 2011.