La chèvre de montagne (Oreamnos americanus) est un mammifère ongulé artiodactyle de la famille des bovidés. Elle a évolué à partir des chèvres-antilopes d'Asie primitives au cours des époques glaciaires et est passée de Sibérie en Amérique du Nord durant la dernière époque glaciaire. La chèvre de montagne n'est pas une chèvre véritable, mais elle est issue d'une lignée d'ancêtres des moutons et des chèvres. Parmi les membres de cette lignée, elle est l'espèce la plus grande et la plus résistante au froid. Elle se répartit largement dans les montagnes de l'Ouest canadien, au sud du cercle polaire arctique. Adaptée à la vie sur des falaises abruptes, dont les aspérités sont souvent recouvertes de neige ou de glace, c'est une grimpeuse lente et méthodique qui préfère se déplacer pendant le jour, quand la visibilité est bonne. Elle choisit parfois dès l'après-midi l'endroit où elle passera la nuit. Ses yeux sont plus petits et moins écartés que ceux des moutons de montagne. Elle compense la préférence pour un habitat très restreint par un régime alimentaire varié.

Description
Le mâle peut peser plus de 125 kg et la femelle environ 15 p. 100 de moins. Les individus des deux sexes ont des cornes courtes, recourbées, en forme de poignard, qui peuvent infliger de sérieuses blessures lors de rares, mais violents combats. Le mâle est protégé par une peau exceptionnellement épaisse qui, pendant la saison de reproduction, enfle sur l'arrière-train pour atteindre une épaisseur allant parfois jusqu'à plus de 2 cm. Les chèvres ont un crâne mince et fragile et ne chargent pas tête première. Le mâle adulte évite les combats autant que possible et mise plutôt sur des parades de dominance élaborées. Habituellement, il s'éloigne des femelles agressives.

Une femelle adulte qui a des petits domine toutes les autres chèvres, y compris les plus grands mâles. Lorsque l'hiver est rude, elle chasse les autres chèvres des habitats de choix. S'il est doux, les animaux restent grégaires et, en été, ils forment des groupes dispersés. Le mâle est dominant seulement pendant la saison du rut. Après, il quitte le territoire de la femelle ou en est expulsé. La femelle donne naissance à un (rarement deux) chevreau en juin et le défend avec le plus grand soin.

Importance biologique
Parmi ses prédateurs, on compte l'aigle royal, le cougar, le loup et, rarement, l'ours. Il est déjà arrivé qu'un chasseur se fasse attaquer par une chèvre de montagne blessée ou se sentant acculée. La viande du mâle devient immangeable deux semaines avant la saison du rut. Chez les Premières Nations côtières, il n'y avait que quelques familles qui pouvaient chasser cette chèvre. Sa chasse était accompagnée d'un cérémonial commençant et se terminant par des danses et des chants rituels. La longue fourrure de cet animal était fort prisée et tissée avec de la laine de chien et des fibres de cèdre en couvertures très artistiques. La grande demande pour ces couvertures a presque mené l'espèce à l'extinction, mais elle a été sauvée par l'arrivée de la couverture de la Compagnie de la Baie d'Hudson. La chèvre de montagne est sensible aux perturbations de son habitat et à la chasse excessive. L'espèce connaît plus de succès en l'absence d'hélicoptères, de motoneiges, de véhicules tout-terrain et de valeur monétaire de sa carcasse.