Clark, Charles Joseph

Charles Joseph Clark, dit Joe, homme politique, premier ministre du Canada de 1979 à 1980 (High River, Alb., 5 juin 1939). Fils de rédacteur en chef d'un journal, il obtient un baccalauréat ès arts de l'Université de l'Alberta et fera plus tard une maîtrise en sciences politiques. Il est président du mouvement progressiste-conservateur national des étudiants et travaille comme responsable de l'organisation du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta. À la fin des années 1960, il fait partie de l'équipe de Davie FULTON et de Robert STANFIELD à Ottawa. En 1972, il est élu député fédéral de Rocky Mountain (Alb.). Il représente Yellowhead, dans la même province, depuis 1979. Il épouse Maureen McTeer en 1973.

Au congrès du Parti conservateur de 1976, marqué par les dissensions, Clark gagne de façon inattendue, après avoir bénéficié d'un consensus essentiellement « progressiste ». En mai 1979, les Canadiens élisent un gouvernement conservateur minoritaire et Clark devient le seizième premier ministre, le plus jeune dans l'histoire du Canada et le premier natif des provinces de l'Ouest à occuper ce poste. Il pense pouvoir gagner l'approbation de la population en gouvernant comme s'il avait un gouvernement majoritaire, mais il ne réussit pas à obtenir l'appui des autres partis, en particulier celui du NPD, sur plusieurs points de son programme, notamment en ce qui a trait à la privatisation de PETRO-CANADA, au crédit d'impôt sur les emprunts hypothécaires et au budget d'austérité. Son gouvernement est renversé en décembre de la même année, à la suite d'un vote de défiance de la Chambre contre le budget de John CROSBIE.

Après les élections de février 1980, les libéraux de Pierre TRUDEAU sont de nouveau portés au pouvoir. En tant que chef de l'opposition de 1980 à 1983, Clark retarde le plan constitutionnel de Trudeau en 1981 pour qu'on en examine la constitutionnalité et qu'un compromis fédéral-provincial soit atteint. Même si Clark reçoit à deux reprises le soutien de ses pairs dans des réunions à l'échelle nationale, et bien que son parti reste en tête des sondages Gallup jusqu'en janvier 1983, une minorité non négligeable de conservateurs le considère toujours trop « progressiste » et met en doute ses capacités de meneur. Clark décide de trancher la question à l'occasion du congrès tenu en juin 1983, mais il perd au quatrième tour du scrutin au profit de Brian MULRONEY.

Par la suite, Clark tente de régler les divergences qui existent au sein du Parti conservateur et il joue un rôle important dans l'élaboration des positions adoptées par le parti relativement au contrôle des armements à l'échelle internationale. Son statut d'ancien et de jeune premier ministre bilingue, qui a gagné le respect de nombre de Canadiens, lui confère une place unique au sein du parti et lui vaut d'être nommé secrétaire d'État aux Affaires extérieures au sein du gouvernement Mulroney. Il brille pendant tout son mandat. Beaucoup le considèrent d'ailleurs comme l'un des meilleurs secrétaires d'État dans l'histoire de ce ministère.

En avril 1991, Mulroney nomme Joe Clark ministre responsable des Affaires constitutionnelles et lui confie l'immense tâche de trouver un accord avec la province de Québec après l'échec de l'ACCORD DU LAC MEECH (voir ACCORD DU LAC MEECH : DOCUMENT). En juillet 1992, Clark et neuf premiers ministres provinciaux annoncent qu'ils sont parvenus à une entente comprenant un Sénat triple E. Cette proposition ne satisfait ni le caucus québécois, ni le premier ministre, et est accueillie avec encore moins d'enthousiasme par Robert Bourassa. Les premiers ministres se réunissent donc à nouveau à la mi-août. De la conférence naît un autre projet, l'ACCORD DE CHARLOTTETOWN. Mais à l'issue d'un référendum, celui-ci est rejeté par six provinces et un territoire (voir ACCORD DE CHARLOTTETOWN : DOCUMENT).

Invoquant son épuisement après le long débat constitutionnel, Clark annonce, en février 1993, qu'il ne se présentera pas aux prochaines élections.

Au printemps 1998, s'ennuyant de la politique, il profite du départ de Jean CHAREST qui quitte la direction du Parti conservateur fédéral pour celle du Parti libéral du Québec. Le 14 novembre 1998, au congrès d'investiture Clark est réélu chef du Parti conservateur. Son retour a lieu lors d'une période difficile pour le Parti conservateur fédéral, aux prises avec une dette de 10 millions de dollars et un statut de cinquième parti. Il ne soutient pas le mouvement d'alliance (United Alternative Movement) qui vise la création d'un partenariat au sein des partis de droite et n'assiste pas non plus au congrès du Parti réformiste du Canada en février 1999. En décembre 1998, il crée plutôt un groupe de travail national sur la réforme dans une tentative de ranimer son parti.

En septembre 2000, Clark fait un retour à la Chambre des communes, après avoir remporté l'élection partielle dans la circonscription de Kings-Hants en Nouvelle-Écosse. Il est réélu deux mois plus tard dans le cadre des élections générales fédérales en tant que membre du parlement dans la circonscription de Calgary-Centre en Alberta. À cette élection, le Parti progressiste-conservateur ne gagne pas suffisamment de sièges pour devenir l'opposition officielle. Au cours des années qui ont suivi les élections, on a vent de discussions entre Clark et les chefs Stockwell Day et Stephen Harper de l'Alliance canadienne concernant l'unification des deux partis. Or, des divergences politiques et idéologiques fondamentales les divisent rendant ainsi cette association impossible. Sans cette alliance, le vote en faveur de la droite au pays sera toujours divisé.