Le 21 février 2011, Charles Sirois et François Legault, ancien député et ministre au sein du cabinet du Parti québécois, mettent sur pied un organisme sans but lucratif, la Coalition pour l'avenir du Québec. L’objectif est de relancer le Québec, qu'ils jugent inerte et ancré dans les vieilles querelles de partis. La Coalition entreprend alors une tournée des 17 régions administratives de la province afin de promouvoir ses idées.

Fondation de la Coalition Avenir Québec

Le 4 novembre 2011, la Coalition devient un parti politique autorisé par le Directeur général des élections du Québec en vertu de la Loi électorale. Elle prend le nom de Coalition Avenir Québec (CAQ). Quelques semaines plus tard, l’exécutif de l’Action démocratique du Québec décide de fusionner avec la CAQ. Cette décision est entérinée par un référendum tenu auprès des membres en janvier 2012. La fusion entre les deux formations politiques est effective le 14 février 2012. Entretemps, quatre députés indépendants décident de rallier la CAQ. Il s’agit des ex-adéquistes Éric Caire et Marc Picard, ainsi que des ex-péquistes Daniel Rattée et Benoît Charrette. Au début de l’année 2012, un député du Parti québécois, François Rebello, quitte également son caucus afin de rejoindre la CAQ.

La plateforme du parti compte cinq priorités : la valorisation de l'éducation, l'accessibilité à un système de santé fiable, le développement d'une économie de propriétaires, le rayonnement de la culture québécoise et l'intégrité de la vie publique. Le cinquième objectif fait bien entendu référence aux allégations de collusion dans le milieu de la construction et aux liens possibles entre cette industrie, le crime organisé et le financement des partis politiques. Ce dossier explosif conduit d’ailleurs à la formation d’une Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (plus communément appelée la Commission Charbonneau) le 19 octobre 2011.

Élections provinciales du 4 septembre 2012

Lors de la campagne électorale de l’été 2012, François Legault affirme que son parti ne fera la promotion d'aucune position constitutionnelle, qu'elle soit souverainiste (un changement de cap majeur pour Legault qui s'affichait comme un ardent souverainiste) ou fédéraliste, et ce, parce qu’il considère que le Québec fait face à des défis beaucoup plus urgents, tels que la santé, l’éducation et le développement économique (voir Séparatisme).

Venant s'interposer entre les deux routiers politiques que sont Jean Charest et Pauline Marois, Legault présente une équipe de 125 candidats. Il propose aux électeurs québécois de faire « un grand ménage » dans le but de vaincre la corruption et de favoriser la transparence des institutions publiques. La CAQ compte d’ailleurs sur un candidat vedette, l’ex-policier Jacques Duchesneau, afin de rallier l’électorat sur le thème de l’intégrité. Aux élections du 4 septembre, la vague caquiste annoncée par les médias n'a pas lieu et le parti ne fait élire que 19 députés sur les 125 que compte l’Assemblée nationale. En revanche, la CAQ récolte 27 % des suffrages, soit quelques points derrière le Parti libéral du Québec (31,2 %) appelé à former l’Opposition officielle face au gouvernement péquiste élu.

Controverses

À l’automne 2013, la CAQ se voit contrainte de défendre l’héritage politique de Mario Dumont et de l’ADQ à la suite d’allégations de financement illégal. En effet, une enquête du Directeur général des élections montre que l’ADQ, comme les autres partis politiques québécois, a possiblement eu recours à la stratégie des prête-noms pour financer ses activités politiques. Afin de contrer cette révélation, qui a pour effet de jeter un doute sur l’intégrité d’un parti qui a fait de cette question son cheval de bataille, la CAQ propose, au début octobre 2013, de rembourser au nom de l’ADQ toute somme acquise par l'entremise de prête-noms qui contrevient à la loi sur le financement des partis politiques.

Au même moment, le Québec est divisé par le projet d’une Charte des valeurs québécoises proposée par le gouvernement de Pauline Marois. Le Projet de loi 60 déposé à l’Assemblée nationale le 7 novembre 2013, par le ministre Bernard Drainville, propose d’interdire le port de tout signe religieux visible et à caractère démonstratif chez les fonctionnaires de l’État québécois. En réponse à ce débat, la CAQ et le Parti libéral du Québec font une proposition surprenante aux yeux de plusieurs observateurs politiques, soit celle d’accueillir des candidates qui portent le tchador au sein de leur formation politique respective. Les deux partis nuancent cependant cette position dans les semaines qui suivent.

Héritage : le projet Saint-Laurent

En octobre 2013, le chef du parti, François Legault publie un ouvrage intitulé Cap sur un Québec gagnant : Le Projet Saint-Laurent.Dans celui-ci, il invite les Québécois à faire de la vallée du Saint-Laurent un lieu d’innovation, d’éducation de haut niveau et d’entrepreneuriat. Legault y propose de reproduire en quelque sorte le modèle de la Silicon Valley en Californie et de faire du fleuve, et de la voie maritime du Saint-Laurent, la pierre angulaire du développement économique du Québec.

Le Projet Saint-Laurent sert d’ailleurs de plateforme lors de la campagne électorale du printemps 2014. Bien que la CAQ récolte des suffrages moins importants que lors de l’élection précédente (23 % contre 27 % en 2012) et qu’elle perd quatre circonscriptions dans la région de Québec, elle fait élire 22 députés (soit trois députés de plus qu’en 2012) et réussit une percée dans la couronne de l’île de Montréal aux dépens du Parti québécois. Alors que le Parti libéral dirigé par Philippe Couillard est appelé à former le nouveau gouvernement, le Parti québécois est relégué au rang d’Opposition officielle. La CAQ demeure le troisième parti en importance à l’Assemblée nationale.