Le litige des frontières de l’Alaska, qui oppose le Canada et les États-Unis, porte sur la ligne de démarcation entre l’enclave de l’Alaska la côte de la Colombie-Britannique. L’affaire a été résolue par un tribunal international, en 1903.

Historique

Lorsque les États-Unis achètent l’Alaska de la Russie, en 1867, ils héritent de la limite établie en 1825 par le traité conclu entre l’Angleterre et la Russie. Les États-Unis revendiquent une bande côtière continue, non interrompue par les fjords profonds de la région. Le Canada veut avoir le contrôle des extrémités en amont de certains fjords, en particulier celui du canal Lynn, qui donne accès au Yukon. La ruée vers l’or du Klondike, qui commence à l’automne 1897, fait éclater le différend au grand jour. Une commission mixte a tenté de régler la dispute de 1898 à 1899, mais en vain. L’affaire est alors portée devant un tribunal international en 1903. Celui-ci se compose de trois Américains, de deux Canadiens (A. B. Aylesworth et sir Louis Jetté) et de Lord Alverstone, juge en chef de l’Angleterre. Ce dernier épouse la cause des Américains en faveur d’une ligne passant derrière l’extrémité en amont des bras de mer, mais souscrit au partage équitable des quatre îles situées à l’embouchure du canal Portland. En guise de protestation, les juges canadiens refusent de signer la décision rendue le 20 octobre 1903, et un violent sentiment antibritannique prend naissance au Canada.

Irrité par cette décision, le premier ministre du Canada, sir Wilfrid Laurier, proteste que l’incapacité juridique du Canada de négocier des accords internationaux (droit de traiter) rend la défense de ses droits difficile sur la scène internationale; pourtant, il ne prend aucune mesure immédiate. Avec le temps, la colère du Canada s’estompe, mais les soupçons à l’endroit des Américains, provoqués par la décision rendue en 1903, jouent peut-être un rôle dans le rejet du libre-échange par le Canada lors des « élections de la réciprocité », en 1911. Néanmoins, le règlement de la question des frontières de l’Alaska permet aux États-Unis et à l’Angleterre de mieux s’entendre, ce qui servira les intérêts du Canada durant la Première Guerre mondiale.