Dunkelman, Benjamin

Benjamin Dunkelman, officier de l'armée, homme d'affaires, marin, protecteur des arts (Toronto, 26 juin 1913 - Toronto, 11 juin 1997). Benjamin Dunkelman est le fils d'immigrants juifs polonais qui créent Tip Top Tailors, une importante entreprise de confection pour hommes de Toronto. Ben Dunkelman grandit avec ses frères et sœurs dans le luxe relatif de leur domaine situé au nord-est de Toronto. Il fréquente le Upper Canada College, où il se distingue au football, et passe une grande partie de son temps à avoir des activités sociales, à faire de la voile et à pratiquer du sport. Cependant, en raison de la crise, sa famille connaît des difficultés économiques et son père est obligé de vendre leur domaine, Sunnybrook Farm, actuel emplacement du Sunnybrook Medical Centre. Ben Dunkelman décide alors de revoir sa façon de vivre et d'y apporter des améliorations, dont l'une d'elles est inspirée par sa mère. En fait, ce changement bouleverse le cours de sa vie.

Fils d'une sioniste engagée, Ben Dunkelman part à 18 ans travailler dans un kibboutz en Palestine, encore sous mandat britannique géré par la SOCIÉTÉ DES NATIONS. Il était employé une partie du temps comme shomer, ou vigile, dans les patrouilles armées qui empêchent les maraudeurs et les voleurs de pénétrer dans le kibboutz. Il retourne à Toronto en 1932 pour aider son père, mais repart en Palestine à la fin des années 1930 pour mettre sur pied de nouvelles colonies avec des collègues américains, britanniques et sud-africains.

De retour à Toronto lorsque la DEUXIÈME GUERRE MONDIALE éclate, Ben Dunkelman essaie de s'enrôler dans la Marine royale du Canada mais, à cette époque, il règne à la MRC un certain sentiment d'antisémitisme qui l'empêche d'entreprendre une carrière navale. Enrôlé dans l'Armée de terre, il rejoint alors les rangs du Queen's Own Rifles of Canada où il monte en grade, passant de simple soldat à major à la fin de la campagne en Europe. Il fait partie de la deuxième vague qui attaque la tête de plage en Normandie le 6 juin 1944 (voir INVASION DE LA NORMANDIE) et reçoit de nombreuses mentions élogieuses ainsi que la médaille de l'Ordre du service distingué pour les services rendus lors de la bataille de Hochwald. Il combat également dans les difficiles campagnes du nord de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne, et prend même part aux batailles sanglantes de Falaise Gap et de l'estuaire Scheldt pour libérer l'important port d'Anvers.

Après la guerre, Ben Dunkelman se voit proposer le commandement du Queen's Own Rifles, mais il décline l'offre pour s'occuper des affaires de l'entreprise familiale de Toronto et parce qu'il s'inquiète de l'agitation qui monte en Palestine à cette époque. Il y part en 1947 et prend le commandement d'une unité de mortier dans le Mahal, la légion des volontaires étrangers- juifs et chrétiens - qui se bat pour la création de l'État d'Israël contre les forces nettement supérieures de six pays arabes.

En raison de son habileté à utiliser le mortier, Ben Dunkelman attire l'attention du haut commandement israélien, et joue un rôle-clé dans la levée du siège de Jérusalem, un véritable enjeu moral et stratégique pour ce nouvel État. Avec la septième brigade sous ses ordres, il prend la Galilée et Nazareth, l'un des centres les plus précieux politiquement de la région.

Fatigué, souffrant de malaria et nouvellement marié à une camarade volontaire, Ben Dunkelman refuse d'être promu officier dans l'armée israélienne du temps de paix. Il préfère rentrer à Toronto où il reprend son poste dans l'entreprise familiale qui ne cesse de prospérer jusqu'à ce qu'il la vende à Dylex Limited en 1967. Il fait ensuite construire le Cloverdale Mall ainsi que le Constellation Hotel et, des années 1960 aux années 1980, en compagnie de Yael, son épouse, il dirige plusieurs restaurants ainsi que la Galerie Dunkelman, qui devient un lieu d'exposition bien connu d'artistes canadiens et internationaux.

À 70 ans, Ben Dunkelman prend une retraite confortable à Toronto. Il ne cesse cependant pas de soutenir des causes artistiques et politiques, dont celle des Anciens Combattants Juifs du Canada, et de naviguer dès qu'il en a l'occasion du Island Yacht Club, une organisation qu'il a créée pour contrecarrer les pratiques racistes et antisémites qui existent encore au sein de ces clubs.