John Edward Broadbent, théoricien politique, politicien, chef du Nouveau Parti démocratique 1975-1989 (Oshawa, Ontario, 21 mars 1936). Issu d'une famille de travailleurs de l'industrie automobile dans une ville patronale, E.Broadbent fait ses études à l'Université de Toronto (Ph. D. en 1966) ainsi qu'à la London School of Economics puis se joint au département de science politique de l'Université York en 1965. En 1968, c'est par une très faible majorité qu'il est élu député du Nouveau Parti Démocratique (NPD) à la Chambre des communes dans la circonscription d'Oshawa-Whitby.

Au cours de ses premières années comme député, E.Broadbent est associé à l'aile gauche du parti. En 1971, il perd sa première course à la chefferie du parti mais, en 1974, il devient un candidat sérieux lorsque David Lewis, le chef du parti, perd son siège et que E.Broadbent devient largement majoritaire dans sa circonscription. Ce n'est pas sans hésitation qu'il se présente à nouveau pour être finalement élu en juillet 1975. En tant que chef, il met l'accent sur les questions économiques et aide le parti à se relever de sa désastreuse défaite de 1974.

E.Broadbent est élu vice-président de l'Internationale socialiste en 1978. En 1980-1981, il affronte un soulèvement de son caucus (centré en Saskatchewan) en réaction à son appui au rapatriement de la Constitution canadienne. À l'issue de son congrès de 1981, le parti adhère à sa position, mais un certain mécontentement persiste et, lors du congrès de 1983, les délégués des Prairies font circuler un manifeste critiquant implicitement le leadership de leur chef.

Bien que l'appui au NPD semble en déclin avant les élections de 1984, Broadbent mène une brillante campagne en mettant l'accent sur la réforme fiscale, la diminution des taux d'intérêt et l'égalité pour les femmes. Le NPD réussit à aller chercher 30 sièges (seulement 10 de moins que le Parti Libéral) dont 13 sièges en Ontario. Après cette élection, la popularité de Broadbent dans les sondages est de beaucoup supérieure à celle du chef libéral John Turner et du premier ministre Brian Mulroney.

Lors de l'élection de 1988, est à la tête du NPD et fait élire 43 députés, un record. Les libéraux font cependant des gains encore plus importants et le Parti Conservateur remporte un second mandat. On a critiqué Broadbent de ne pas avoir pris l'initiative de faire opposition à l'accord de libre-échange des Conservateurs. Son appui à l'Accord du lac Meech sème la dissension au sein du parti. Broadbent démissionne et Audrey McLaughlin lui succède à la tête du parti en décembre 1989. En janvier 1990, E. Broadbent est nommé président du Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, un poste qu'il occupera durant six ans. En 1993, il est nommé Officier de l'Ordre du Canada et, en 2001, il devient Compagnon de l'Ordre.

En 2004, le chef du NPD fédéral incite E. Broadbent à faire un retour en politique et à briguer un siège de député lors de l'élection fédérale. Il a vaincu le candidat du Parti libéral, Richard Mahoney, un proche de Paul Martin, dans le comté Ottawa Centre. En tant que membre du cabinet fantôme du NPD, il est le porte-parole de l'opposition en matière de démocratie (Réforme parlementaire et électorale, responsabilisation ministérielle et pauvreté de l'enfance). En 2005, il annonce qu'il ne tentera pas d'obtenir un autre mandat.