Francophonie

Le terme « francophonie » est un terme du XXe siècle, utilisé depuis les années 50, et il a deux acceptions. Il désigne le plus souvent l'ensemble des peuples et des communautés de tous les pays dont le français constitue la langue maternelle ou la langue d'usage. Il peut également désigner le réseau de plus en plus vaste et complexe des organismes publics et privés qui favorisent l'instauration, le maintien et le resserrement de liens privilégiés entre les francophones du monde.

Exception faite des organisations internationales mises sur pied et dirigées par la France, par exemple l'Alliance française (1883), la francophonie internationale est relativement jeune. Les premières associations véritablement multilatérales qui se consacrent au rapprochement des groupes francophones ont été fondées au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale : par exemple la Fédération internationale de la presse de langue française (Paris, 1948), l'Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (Montréal, 1961) et l'Institut international de droit d'expression française (1964). Tous ces organismes sont privés, même s'ils bénéficient souvent de subventions gouvernementales. Les regroupements privés de la francophonie internationale continuent de se développer rapidement. On dénombre actuellement une cinquantaine de fédérations, de communautés, d'académies, d'associations et d'instituts francophones qui oeuvrent au renforcement des liens de coopération, et ce, dans des domaines très divers.

En 1967, des députés de quelque 20 parlements nationaux se sont réunis au Luxembourg pour créer l'Association internationale des parlementaires de langue française. Deux ans plus tard, une conférence internationale réunissait au Zaïre 20 ministres de l'éducation qui représentaient, officiellement cette fois, leurs gouvernements respectifs. En 1970, les délégués ministériels de 21 pays se sont réunis à Niamey, au Niger, pour fonder la première institution permanente : l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), un organisme international de coopération multilatérale entre gouvernements.

L'ACCT regroupe des États de langue française qui ont des objectifs communs, notamment le développement de la culture, de l'éducation, des sciences et des techniques. La première réunion à part entière de l'ACCT a eu lieu à Paris en 1986. Des délégations de membres et de non-membres se sont retrouvées à Québec en 1987 : Belgique, Bénin, Burkina Faso (Haute-Volta), Burundi, Canada, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, Djibouti, Dominique, Égypte, France, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Laos, Liban, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Mauritanie, île Maurice, Monaco, Niger, République Centrafricaine, Rwanda, Sainte-Lucie, Sénégal, Seychelles, Suisse, Tchad, Togo, Tunisie, Viêt-nam et Zaïre. Deux provinces canadiennes, le Québec et le Nouveau-Brunswick, avaient dans cette assemblée le statut de gouvernements membres. Le Canada a annoncé, dans le cadre de ce sommet, une contribution de 17 millions de dollars pour appuyer des projets actuels et futurs en Afrique francophone ainsi qu'une remise de dettes de 325 millions de dollars accordés à titre de prêts à divers pays africains. Le sommet suivant a eu lieu au Sénégal en 1989.

On établit souvent un parallèle entre la francophonie internationale et le Commonwealth et, de fait, ces deux réseaux présentent plusieurs similitudes : tous deux comptent dans leurs rangs des pays en développement et des pays industrialisés et se composent en grande partie d'anciennes colonies qui ont en général accédé à l'indépendance après la Deuxième Guerre mondiale. Enfin, tous deux se sont fixé dans l'ensemble les mêmes objectifs généraux d'entraide, de coopération et de développement dans tous les domaines. Cependant, leurs structures sont très différentes. Par exemple, et bien que cette éventualité ait été maintes et maintes fois envisagée, la Francophonie ne possède pas l'équivalent des rencontres au sommet qui réunissent les chefs d'État du Commonwealth tous les deux ans. Le Canada oeuvre activement au sein de la francophonie internationale depuis ses tout premiers débuts, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Le 30 novembre 2014, Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada, est désignée secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie lors du XVᵉ Sommet de la francophonie à Dakar (Sénégal). Elle est non seulement la première femme à diriger la Francophonie, mais également la première canadienne.