Grève de l'amiante

Cette grève débute le 14 février 1949 et, pendant quatre mois, paralyse les principales mines d'amiante du Québec, dont les plus importantes appartiennent à des entreprises américaines. Dès le départ, la grève des 5000 mineurs affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), devenue depuis la Confédération des syndicats nationaux, pose un problème à l'ensemble du mouvement syndical, au patronat anglophone du Québec, au pouvoir politique de la province et à l'Église catholique, et détruit les rapports qu'ils entretenaient. Déclenchée illégalement, cette grève rompt la longue tradition de collaboration du CTCC avec le patronat. Le conflit de l'amiante engendre également une solidarité intersyndicale sans précédent.

Réunis plus tôt en front commun pour combattre un projet antisyndical du gouvernement de l'Union nationale, la CTCC, la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ), qui fera plus tard partie de la FTQ, et les syndicats affiliés au CCT et à la CIO organisent, dans tout le Québec, des assemblées d'appui aux mineurs. L'Église aussi accorde son soutien aux grévistes, ce qui oppose l'évêché au premier ministre Maurice Duplessis, dont les policiers, installés dans les bureaux des compagnies minières, sont en conflit avec les grévistes. La grève de l'amiante devient un événement historique et politique à grande portée symbolique. Elle marque, au Québec, le début d'une époque caractérisée par l'aggravation des conflits de travail et présage la Révolution tranquille.