Gwich'in

De tous les peuples indiens d'Amérique du Nord, les Gwich'in [Kutchins] vivaient le plus au nord du continent, occupant un vaste territoire situé principalement au nord du cercle arctique et qui traversait le bassin du fleuve Mackenzie et les affluents nord du fleuve Yukon jusque dans le Nord-Ouest de l'Alaska. La limite septentrionale de leur territoire est contiguë au territoire des Inuits. Ils parlent un dialecte athapaskan, inintelligible pour tous les autres peuples athapaskans, sauf peut-être pour les Hans (voir Langues des Autochtones).

Économie

Selon qu'elles vivaient dans les hautes ou les basses-terres, les 9 à 10 bandes régionales se concentraient sur la chasse à l'orignal ou sur la pêche au saumon, quoique le caribou, capturé dans d'imposants corrals, était accessible à toutes les bandes. Si le gros gibier leur procurait la plus grande part de leur nourriture et les peaux avec lesquelles ils confectionnaient leurs vêtements et leurs abris, les Gwich'in pêchaient aussi le corégone, piégeaient le lièvre et le petit gibier. Ils avaient une très grande connaissance de leur environnement. Un anthropologue a d'ailleurs enregistré 400 noms gwich'in de plantes et d'animaux. Leur technologie était semblable à celle des autres peuples athapaskans subarctiques, mais se distinguait par des éléments de l'Ouest comme de grands couteaux en métal à double manche recourbé, des traîneaux, des porte-bébés en forme de chaise faits d'écorce de bouleau, des kayaks-canots partiellement pontés et des tentes portatives en forme de dôme faites de peaux de caribou. En été, adultes comme enfants portaient des chemises à queue en V ornées d'ocre rouge, de colliers de dentales (mollusques à coquille en forme de cornet) et de piquants de porcs-épics teints. Les femmes se tatouaient le menton et, lors des cérémonies, les hommes s'enduisaient les cheveux d'ocre rouge mélangé à de la graisse et saupoudré de duvet.

Système social

Traditionnellement, deux individus de même sexe et issus de parents communs formaient un ménage avec leur famille nucléaire respective. Plusieurs ménages apparentés à une personne âgée ou à un « chef » constituaient une bande locale, dont les membres travaillaient ensemble à construire des enclos et de grands pièges à poissons, mais ils se réunissaient parfois en groupes plus nombreux pour chasser. Plusieurs bandes locales formaient une bande régionale unie par mariages mixtes et autres interactions entre les familles constituantes à l'intérieur d'une même région géographique. Les bandes régionales se rassemblaient lors des cérémonies et des fêtes annuelles. L'identité gwich'in s'acquérait par la langue. La structure d'une bande était divisée en trois clans matrilinéaires qui régissaient les mariages.

Religion

Leur vision du monde comprenait des croyances à l'âme des animaux, aux esprits, aux hommes des bois (des Indiens sauvages dotés d'attributs surnaturels) ainsi qu'à la culture du Corbeau héro-filou (corneille), enregistrée dans les cycles de contes sur les héros et les mythes sur les corbeaux.

C'est Alexander Mackenzie qui, le premier, établit des contacts avec les Gwich'in en 1789, au sud du delta du Mackenzie. En moins de 20 ans, ils commercent en dehors de leur territoire avec des postes établis sur le fleuve MacKenzie et, en 1840, on construit Fort McPherson sur la rivière Peel. En 1847, la Compagnie de la Baie d'Hudson établit Fort Yukon, en Alaska. Les Gwich'in deviennent alors des intermédiaires commerciaux entre les Inuits de la côte et les groupes vivant à l'intérieur et entre le Mackenzie et le Yukon, et l'établissement des postes de traite des Européens sur leur territoire les contrarie. En 1996, leur population est de 2758 personnes, dont un peu plus de la moitié vit à Old Crow, à Fort McPherson et à Tsiigehtchic (autrefois Arctic Red River) ou dans les communautés à population mixte (Inuits, Indiens et Blancs) d'Aklavik et d'Inuvik. Les autres vivent en Alaska.

Voir aussi Autochtones : la région subarctique et les articles généraux sous la rubrique Autochtones.