Hydro-Québec

Doté d'un énorme potentiel hydroélectrique, le Québec a toujours été, tout au long de l'histoire industrielle, un producteur et transporteur d'énergie de premier plan en Amérique du Nord. Hydro-Québec, propriété à part entière du gouvernement québécois depuis sa fondation, est l'entreprise qui gère ce potentiel, administrant des actifs de près de 57 milliards de dollars en 1999. Elle est, depuis le 2 juin 1997, assujettie à l'approbation de la Régie de l'Énergie quant à ses tarifs et à ses conditions de fourniture et de transport d'électricité.

Hydro-Québec dispose d'une puissance installée de plus de 31 500 MW, de source essentiellement hydroélectrique, donc renouvelable. Depuis 1998, elle développe une expertise d'envergure dans le domaine de la production d'énergie éolienne, exploitant, en coopération avec des producteurs privés, deux sites en Gaspésie, à Matane et à Cap-Chat, d'une puissance totale installée de 100 MW.

Dès la fin du XIXe siècle, des entrepreneurs privés d'origines diverses commencèrent à construire des centrales sur de nombreuses rivières québécoises et sur le Saint-Laurent. Le Québec ne cessera au cours du siècle suivant d'améliorer les technologies électriques et de battre records sur records, souvent canadiens, parfois mondiaux, dans le domaine: longueur des lignes, dimensions des ouvrages de retenue des eaux ou de production d'énergie, optimisation des équipements, hausses répétées des niveaux de haute tension de transport, etc.

Plusieurs compagnies privées s'illustrèrent dans cette histoire industrielle et particulièrement les deux grands groupes que furent, dans la première moitié du siècle, la Montreal Light Heat and Power Consolidated et la compagnie Shawinigan Water and Power. Hydro-Québec naquit de la nationalisation de la première, par le gouvernement d'Adélard GODBOUT, en 1944. L'entreprise devait acquérir sa taille définitive et s'étendre sur tout le territoire québécois, à compter de 1963, après la décision du gouvernement de Jean LESAGE, à l'initiative du ministre des Ressources naturelles, René LÉVESQUE, d'acheter les actifs de la compagnie Shawinigan, ainsi que ceux des autres compagnies privées et des coopératives alors en activité. Entreprise longtemps choyée par l'opinion publique québécoise, intimement associée à l'essor et à la vitalité du génie industriel local, Hydro-Québec a connu un développement phénoménal dans les décennies 60 à 80, avec l'aménagement successif d'énormes complexes nordiques - Bersimis, Manic-Outardes, Churchill falls et la Baie James - et l'établissement d'un gigantesque réseau intégré de transport à haute tension (735 kV). Elle créait, à la fin des années 60, son Institut de Recherches, l'Ireq, situé à Varennes, qui jouera un rôle mondial majeur dans l'amélioration des techniques de transport d'électricité et contribuera à densifier le tissu industriel québécois dans le domaine des équipements électriques et du génie conseil. Dans la foulée de ces réussites, l'entreprise se dotait, à la fin des années 70, d'une filiale à vocation d'affaires hors Québec: Hydro-Québec international.

Les décennies suivantes seront moins faciles pour la société. Elles sont marquées à l'interne au coin de nécessaires rationalisations et d'incessants remaniements administratifs. À l'externe, cible fréquente des politiciens et des journalistes, Hydro-Québec a perdu de son lustre. À l'instar des autres grandes sociétés de service public, elle recentre aujourd'hui ses ambitions sur la recherche constante d'une amélioration de ses performances en réponse aux attentes de ses clientèles et de son actionnaire unique.

Le siège social d'Hydro-Québec est à Montréal. L'entreprise qui comptait, en 1999, 19 950 employés intègre toutes les dimensions d'un service public d'électricité: production, transport et distribution de l'énergie. Depuis 1997, ses activités de transport proprement dites ont été regroupées dans une entité administrative distincte, TransÉnergie, afin que son réseau réponde aux normes prônées par les réglementations nord-américaines. Ouverte au commerce avec les provinces canadiennes et les États américains voisins, Hydro-Québec a vendu 15 p. 100 de sa production, soit environ 25 000 millions de kWh, sur les marchés extérieurs en 1999. Elle enregistrait, au terme de l'exercice 1999, un bénéfice net de 906 millions de dollars dont la moitié a été versée en dividendes au gouvernement québécois.