L’Île-du-Prince-Édouard est la plus petite province canadienne, constituant à peine 0,1 % de la superficie terrestre totale du Canada. Elle est située dans le Golfe du Saint-Laurent et est séparée de la Nouvelle‑Écosse et du Nouveau-Brunswick par le détroit de Northumberland. Ses premiers habitants, les Mi’kmaq l’appellent Abegweit, ce qui signifie « berceau dans les vagues », et Jacques Cartier en 1534 dit d’elle que c’est « la terre la plus belle que l’on puisse imaginer ». Le sol rougeâtre a toujours représenté la principale caractéristique de l’Île-du-Prince-Édouard et, avec la mer, le pilier de la population depuis le début du XVIIIesiècle.

Terres et ressources

Géologie

La masse terrestre de l’Î.-P.-É. est d’origine relativement récente sur le plan géologique. Un énorme bassin sédimentaire sous-jacent au golfe du Saint-Laurent actuel est créé par des ruisseaux d’eau douce qui drainent d’anciennes régions montagneuses. Les époques glaciaires ont laissé leur trace sur les terres, surtout pendant le Pléistocène supérieur, il y a de ça entre 75 000 et 10 000 ans. Lorsque les derniers glaciers reculent, révélant ce qui est aujourd’hui l’Î.-P.-É., des débris glaciaires et les traces du raclage glaciaire sont laissés sur les terres exposées qui commencent alors à prendre leur caractère actuel. À cause des fonds marins plus bas et le sol compacté par le poids des glaciers, l’Île est reliée au continent par de basses plaines qui couvrent la grande partie de ce qui est actuellement le détroit de Northumberland. Au fur et à mesure que le niveau des océans augmente avec la fonte des glaciers, et que les terres remontent, la forme en croissant de l’Île est apparue il y a 5 000 ans.

Superficie

L’Île-du-Prince-Édouard s’étend sur une longueur de 224 km; sa largeur varie entre 4 et 60 km. La configuration du paysage actuel est presque de niveau dans l’ouest, vallonnée dans la région centrale, et présente des collines ondulantes dans l’est. La plus haute élévation est de 142 m dans le comté de Queens central.

Les sols sableux et argileux brun-rouge qui prédominent sur l’Île sont parsemés d’affleurements de roches sédimentaires, le plus souvent du grès ou de mudstone rouge. Les fortes concentrations d’oxydes de fer dans la roche et dans le sol donnent à la terre sa couleur brun-rouge distinctive.

Le littoral est fortement marqué par des goulets de marée. La côte nord de l’Île, qui fait face au golfe du Saint-Laurent, présente de vastes étendues de dunes sablonneuses. Ces sables mouvants représentent un problème pour les pêcheurs, car ils bloquent l’entrée des ports, mais offrent un paradis touristique en saison estivale.

Le littoral de l’Île alterne généralement entre des promontoires de falaises abruptes de grès et de longues plages sablonneuses. Plusieurs ports de l’Île sont créés en draguant les canaux créés par les marées, et ne sont navigables que par les navires avec un faible tirant d’eau tels que les navires de pêche côtière. Les rares ports naturels, comme ceux de Summerside, Charlottetown, Georgetown et Souris, peuvent accueillir et abriter des navires plus grands.

Il ne reste que peu des forêts primaires de l’Île, car trois siècles de défrichage pour aménager des terres agricoles et pourvoir la construction navale, ainsi que le feu et la maladie, ont transformé le paysage de façon radicale. Pendant le XIXe siècle, les hautes terres de la province sont couvertes de forêts de hêtres, de bouleaux jaunes, d’érables, de chênes et de pins blancs. Depuis l’an 2000, la plus grande partie du terrain boisé s’est appauvrie : on n’y trouve qu’un mélange d’épinette, de sapin baumier et d’érable rouge.

Climat

Le climat de l’Île est tempéré. L’hiver y est long, mais relativement doux. Le printemps, frais, arrive tard sur l’Île. L’été, également frais, est marqué par des vents dominants du sud-est. Les températures maximales moyennes se situent entre -3 °C en janvier et en février, et 23 °C en juillet. Quant aux températures minimales moyennes, elles descendent autour de -26 °C et 14 °C pendant les mêmes mois.

Il y a, toute l’année, relativement peu de brouillard sur l’Île, contrairement aux provinces voisines. Il tombe environ 1 125,8 mm de pluie annuellement, tandis que l’accumulation de neige annuelle est de 318,2 cm. Ces précipitations assurent un approvisionnement adéquat en eau souterraine. Les eaux du golfe du Saint-Laurent et du détroit de Northumberland sont plus chaudes en été que les eaux côtières de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, bien qu’en hiver, la glace recouvre les eaux du détroit et du golfe et que l’on ait besoin de brise-glace pour maintenir la circulation sur les routes maritimes. On peut trouver des glaces à la dérive dans les eaux autour de l’Île aussi tard qu’à la fin mai, ce qui cause des problèmes aux pêcheurs, en plus de retarder l’arrivée du printemps.

Conservation

La conservation est un enjeu majeur du gouvernement et des groupes d’intérêt public de la province. La surexploitation des terres, la mécanisation grandissante, la dépendance aux engrais chimiques et l’enlèvement des haies ont causé l’érosion considérable éolienne et hydrique des meilleures terres de l’Île. On estime, par exemple, que jusqu’à cinq tonnes de terre par hectare sont érodées du fait d’un champ labouré non protégé, par année. Cette érosion du sol a aussi mené à l’envasement marqué du réseau hydrographique, transformant beaucoup de ruisseaux, navigables au cours du dernier siècle, en ruisseaux peu profonds et inutilisables.

Une autre source de souci majeure est l’achat de grandes étendues de terre par des non-résidents pour une exploitation ou pour usage récréatif, et par les entreprises intégrées verticalement pour fins agricoles. Les deux problèmes ont mené à l’établissement de la Commission royale sur l’utilisation et la propriété des terres, ainsi qu’à la création, par la suite, de la Commission provinciale sur l’utilisation des terres (qui fait maintenant partie de la Commission de réglementation et d’appels de l’Île), qui régit les questions relatives au zonage, à la propriété et à l’exploitation.

Des groupes comme le Nature Trust de l’Île-du-Prince-Édouard essaient d’attirer l’attention de l’opinion publique sur plusieurs des sites naturels menacés de l’Île, mais la plupart des propriétés sont privées et donc susceptibles d’être victimes de développement inapproprié, mauvaise utilisation ou de grossière négligence.

Histoire

Les premiers habitants de l’Île-du-Prince-Édouard sont les ancêtres des Mi’kmaqs. Il existe des preuves de leur installation sur l’Île il y a de cela 10 000 ans, après avoir traversé les basses plaines maintenant recouvertes par le détroit de Northumberland. Depuis ce temps, l’Île aurait été occupée de façon continue bien qu’il existe des indications sur de possibles migrations saisonnières à des fins de chasse et de pêche sur l’Île aussi. Les Mi’kmaqs habitent cette région depuis les deux derniers millénaires.

Exploration

Le premier Européen rapportant avoir vu l’Île est Jacques Cartier qui, à plusieurs endroits, accoste la rive nord pendant ses explorations du golfe au cours de l’été 1534. Bien qu’aucune population ne s’installe de façon permanente pendant près de 200 ans, les pêcheurs français et Basques connaissaient les havres et les baies de l’Île, mais il n’existe aucune trace de leur passage.

Colonisation

La colonisation des Français sur l’Île, alors connue sous le nom de l’Île St-Jean, commence dans les années 1720. Au départ, la colonie dépend de l’Île Royale, bien qu’une petite garnison soit installée près de ce qui est aujourd’hui Charlottetown. L’installation est lente avec une population dépassant à peine 700 habitants en 1748. Cependant, la population s’accroît de manière considérable avec la décision d’expulser les Acadiens de la Nouvelle-Écosse en 1755, résultat de la recrudescence des pressions exercées sur eux par les Britanniques. À la chute de Louisbourg en 1758, quelque 4 500 colons s’installent sur l’Île, mais très vite les Britanniques les forcent tous, à l’exception de quelques centaines, à quitter l’Île même si la colonie ne leur est cédée qu’à la signature du Traite de Paris en 1763.

Sous l’administration britannique, le nom de l’Île est anglicisé en Island of Saint John. L’île est la première des nouvelles possessions à profiter d’un plan visant à étudier l’ensemble du territoire en Amérique du Nord. L’arpenteur général, Samuel Holland est en mesure de fournir des plans détaillés de l’Île en 1765. Il la divise en 67 cantons de 20 000 hectares chacun. Sur tirage au sort organisé en 1767, la quasi-totalité de ces cantons est attribuée à des officiers militaires et à d’autres personnes à qui le gouvernement doit des faveurs.

La Couronne n’y a pas de terres, à l’exception de petites zones aux alentours des terrains alloués pour les villes. Les propriétaires doivent gérer leurs terres afin de respecter les termes de l’attribution, mais peu se donnent la peine de le faire. Par conséquent, l’Île compte de vastes étendues non exploitées, pourtant ceux qui aimeraient y bâtir des fermes doivent souvent débourser des loyers ou des frais d’acquisition exorbitants.

Certains propriétaires refusent tout simplement de vendre leurs terres et tous les colons trouvent qu’ils ne bénéficient plus de la sécurité d’occupation qu‘ils avaient en tant que locataires en Angleterre et en Écosse. En outre, le financement des coûts de l’administration de l’Île s’effectue grâce à une taxe que les propriétaires doivent payer sur les terres qu’ils possèdent. Mais, collecter cet argent s’avère impossible et les efforts déployés par le gouvernement local pour faire respecter les conditions des attributions sont en général annihilés par le gouvernement britannique sous l’influence des propriétaires terriens, qui pour la plupart n’ont jamais posé le pied dans la colonie.

La Question fonciere est la préoccupation politique dominante de 1767 jusqu’à la Confédération. Les confrontations entre les représentants des propriétaires et les locataires mènent souvent à des violences, et toute tentative visant à changer le système est bloquée en Angleterre. Pendant les années 1840, le gouvernement réussit à racheter certains titres fonciers afin de permettre aux locataires de les racheter, mais les fonds alloués à cet effet s’épuisent très vite.

Malgré toutes ces difficultés, la population augmente sur l’Île et passe d’un peu plus de 4 000 habitants en 1798 à 62 000 vers 1850. Bien que les loyalistes affluent après la Révolution américaine, la majorité des nouveaux arrivants proviennent des Îles britanniques. Plusieurs grands groupes de personnes sont amenés d’Écosse à la fin des années 1700 et au début des années 1800 par des propriétaires terriens comme le capitaine John MacDonald et lord Selkirk, et en 1850 les Irlandais représentent une proportion importante des immigrants récents.

Gouvernement colonial

Après 1758, l’Île est administrée à partir de la Nouvelle-Écosse et plus tard, en 1763, elle fait partie de cette province. Cependant, en 1769, suite à des représentations organisées par les propriétaires, une administration indépendante est mise en place avec à sa tête, un gouverneur, un lieutenant-gouverneur, un conseil et une assemblée. En 1799, la colonie est rebaptisée Île-du-Prince-Édouard par l’assemblée pour honorer un des fils du roi George III en poste avec l’armée à Halifax à cette époque.

Le besoin d’un contrôle plus efficace des affaires de la colonie par une assemblée élue se fait ressentir avec la croissance rapide du deuxième quart du XIXe siècle. Bien que le concept de gouvernement représentatif soit accepté depuis 1773, l’administration est toujours dominée par un conseil exécutif nommé. En 1851, le gouvernement responsable est octroyé à la colonie et la première administration élue entre en fonction, dirigée par George Coles. Ce n’est pas une période politique stable, toutefois, au cours des 22 années suivantes, jusqu’à 12 gouvernements ont été au pouvoir. La question foncière reste préoccupante et d’autres, comme le soutien aux écoles religieuses, divisent la population.

Confédération

La Conférence de Charlottetown de 1864, la première d’une série de réunions ayant conduit à la Confédération, a lieu dans la colonie et marque le début d’une période de changements politiques qui laisseront une empreinte profonde. La réunion est convoquée pour discuter de l’union maritime, mais lorsque les représentants du Canada en visite commencent à promouvoir une union plus large, la proposition initiale ne réussit pas à captiver l’imagination des insulaires.

Lorsque les autres colonies britanniques d’Amérique du Nord rejoignent la nouvelle fédération en 1867, peu de gens de l’Î.-P.-É. regrettent de ne pas faire partie de cette union. La réticence des insulaires ne peut, toutefois, durer longtemps. L’énorme dette encourue par les habitants de l’Île pour construire un chemin de fer reliant un bout de la colonie à l’autre, ajoutée aux pressions du gouvernement britannique et aux promesses canadiennes, poussent l’Île à entrer dans la Confédération en 1873. (Voir aussi L'Île-du-Prince-Édouard et la Confédération.)

Les incitations offertes par le Canada comprennent l’absorption de la dette de la colonie, l’accès au continent pendant toute l’année et l’octroi de fonds permettant à la colonie de racheter les terres aux propriétaires et mettre ainsi fin à la question foncière. Bien que peu d’insulaires affichent de l’enthousiasme, la plupart acceptent l’union comme un mariage de nécessité.

L’après-Confédération

La période postérieure à la Confédération engendre des répercussions sur l’économie et la population de l’Île pour le moins affligeantes alors que les nouvelles technologies, la politique nationale et d’autres facteurs réunis contribuent à réduire la prospérité de l’Île. Bien que la province ait atteint une population de 109 000 habitants en 1891, l’attrait des emplois dans l’ouest et le centre du Canada et aux États-Unis entraîne une baisse de la population qui chute à 88 000 habitants lors de la Grand Depression. Les relations entre le Dominion et les provinces dominent la vie politique alors que l’Île cherche à obtenir plus de subventions d’Ottawa, à conserver le niveau de représentation politique dont elle jouissait à la confédération, et à établir enfin la communication continue avec le continent promise en 1873.

Tout au long de la première moitié du XXe siècle, l’économie de la province reste stable avec seulement quelques légers changements au niveau de la pêche et de l’agriculture, à l’exception notable de l’industrie de l’élevage du renard entre 1890 et 1939. Cependant, vers le milieu des années 1960, la situation change de manière considérable. Le nombre de pêcheurs et d’agriculteurs chute et l’économie, qui a pris du retard sur le reste du Canada, connaît de sérieuses difficultés.

Grâce à l’essor récent des industries des ressources naturelles de l’Î.-P.-É., la province connaît plusieurs décennies de stabilité relative. Cependant, d’importants efforts continuent d’être déployés pour attirer de nouvelles industries tout en conservant les éléments de l’histoire et du patrimoine de la province.

Population

Tout comme l’Arctique de l’est du Canada, l’Î.-P.-É. est l’une des régions les plus homogènes du point de vue culturel au Canada. La population provient en majorité des Îles britanniques, bien qu’un grand nombre de résidents revendiquent un certain degré d’origines française ou acadienne.

Les micmacs ont des racines ancestrales sur l’Île depuis 10 000 ans. À l’arrivée des Européens, ils se retrouvent avec de petites parcelles de terrain de mauvaise qualité et sont confrontés à la maladie et à un taux élevé de chômage. À la fin du XXe siècle et au début du XXIe, la population autochtone sur l’Î.-P.-É. commence tranquillement à augmenter. Ils comptent pour 0,7 % de la population en 1996, 1 % en 2001 et près de 1,3 % en 2006.

La majorité de la population acadienne tire ses origines de quelques centaines d’Acadiens qui ont échappé à la déportation lors de l’occupation britannique sur l’Île à la suite de la chute de Louisbourg en 1758. Aujourd’hui, près de 2,4 % de la population de l’Î.-P.-É. dit avoir des ancêtres acadiens.

Les Anglais, des Écossais et des Irlandais arrivent à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe. En 1861, la population de l’Île dépasse les 80 000 personnes. Ensuite, le nombre d’habitants augmente plus lentement et après 1891, l’accroissement naturel ne peut compenser pour le nombre de départs d’insulaires, surtout vers la Nouvelle-Angleterre.

La plupart des autres groupes ethniques sur l’Î.-P.-É. proviennent de vagues d’immigration au cours des 50 dernières années. Les décennies de 1950 et de 1960 sont des périodes de faible croissance démographique puisque les habitants continuent de quitter la province en quête de possibilités économiques ailleurs. L’immigration des années 1990 et la croissance naturelle font passer le nombre d’habitants de l’Île à 136 200 en 1996. En 2011, la population de l’Î.-P.-É. atteint 145 700 personnes, ce qui représente une augmentation de 3,2 % par rapport à 2006. Malgré cette croissance, la population de la province ne représente que 0,4 % de la population canadienne.

Bien que la majorité de la population en 2011 soit âgée entre 15 et 64 ans (67,3 %), le pourcentage des personnes de 65 ans ou plus augmente constamment au cours des deux dernières décennies. En 2011, par exemple, 16,3 % de la population est âgée de plus de 65 ans, ce qui dépasse la moyenne nationale qui est de 14,8 %. Ce pourcentage s’est accru par rapport à celui de 2006, où la population âgée de plus de 65 ans compte pour seulement 14,9 %. Le gouvernement est préoccupé par ce changement en matière de démographie.

Centres urbains

Tout comme dans les autres provinces, la population urbaine de l’Î.-P.-É. augmente continuellement au cours des XIXe, XXe et XXIe siècles, mais à un rythme beaucoup plus lent que dans la plupart des autres provinces. Entre 2001 et 2006, la population urbaine de l’Île n’augmente que de 0,8 % alors que sa population rurale diminue de 12,8 %. Néanmoins, en date de 2011, 47 % de la population de l’Î.-P.-É. réside dans des secteurs urbains.

La capitale de l’Î.-P.-É, Charlottetown est aussi la plus grande ville de la province. Sa population atteint 34 562 personnes en 2011. Bien que la croissance de la population dans la région de la capitale soit plus marquée dans les banlieues, la population de la ville augmente de 7,4 % entre 2006 et 2011.

C’est à Charlottetown qu’on trouve le plus de bureaux gouvernementaux, l’université de la province, le Centre des arts de la Confédération et la galerie des beaux-arts. À un certain moment, la ville possède un des importants ports du pays, mais le nombre de bateaux qui y entrent diminue beaucoup au cours des dernières années, bien que les efforts déployés par de nombreux organismes mènent à des visites régulières de la part de bateaux de croisière au cours de l’été. En 1984 le ministère fédéral des Anciens combattants est transféré dans la ville, ce qui engendre une augmentation du nombre d’employés gouvernementaux dans la région.

Summerside est le deuxième plus important centre urbain de la province. L’industrie des services agricoles et les bureaux gouvernementaux sont fondamentaux pour son économie.

Population active

En 2012, environ 72 800 personnes ont un emploi sur l’Î.-P.-É. et la grande majorité de celles-ci travaillent dans le secteur des services (76 %). Dans ce secteur, le commerce, la santé et l’assistance sociale ainsi que l’administration publique sont les trois principaux employeurs.

Le taux d’emploi pour les hommes et les femmes est à peu près le même. Par contre, le taux de chômage au sein de la province est un problème chronique. Le taux moyen de chômage annuel dans l’Île n’a pas baissé en dessous de 10 % depuis 1978 et, à 11,3 %, demeure un des taux les plus élevés au Canada en 2013.

Les taux de rémunération et le revenu par habitant sont les plus bas au Canada et le revenu personnel est plus bas que la moyenne nationale. Les travailleurs de l’Î.-P.-É. gagnent le tarif horaire le plus bas au Canada, soit en moyenne 18,62 $ en 2012. De même, le revenu personnel et familial moyen des habitants de l’Île est parmi les plus bas au Canada. La majorité des familles gagnent un salaire de 63 610 $ et la majorité des gens gagnent près de 27 130 $ en 2010.

Langue et ethnicité

Une majorité écrasante de la population de l’Île (92,2 %) déclare l’anglais comme langue maternelle en 2011, tandis que seulement 3,8 % de la population totale déclare le français.

Malgré ce chiffre relativement bas, des efforts sont faits pour conserver la langue française dans la province : l’un des trois arrondissements scolaires est d’expression française, et la Société Saint-Thomas-d’Aquin, un groupe culturel influent, est engagée dans la promotion de la langue et de la culture acadiennes. Le gaélique (la langue maternelle de la plupart des Écossais originaires des Highlands qui sont venus à l’Île aux XVIIIe et XIXe siècles) a obtenu moins de soutien. Cette langue est pratiquement disparue parce que les systèmes scolaires récompensent ceux qui parlent l’anglais.

Religion

Le christianisme est la religion principale de l’Île-du-Prince-Édouard, car environ 93 % des résidents s’identifient à des confessions chrétiennes, selon le recensement de 2001. Jusqu’à une époque récente, la religion jouait un rôle important dans la vie de l’Île.

Économie

La géographie domine l’histoire économique de l’Î.-P.É. Aux XVIIIe et XIXe siècles, son insularité s’avère un avantage. Les produits agricoles et manufacturés voyagent seulement sur de courtes distances avant d’être chargés à bord de bateaux bon marché. Les forêts de l’Île offrent les ressources nécessaires à la construction de bateaux, qui est une industrie importante au milieu du XVIIIe siècle. La prospérité de l’Île est renforcée encore plus par le traité de Reciprocite de 1854, qui mène à l’augmentation de l’exportation de produits agricoles vers les États-Unis.

Au moment de la Confédération, les liens commerciaux sont bien établis le long du littoral de l’Atlantique et avec le Royaume-Uni. Cependant, après 1873, la réorientation vers le centre du Canada, l’expansion de l’Ouest et l’évolution de la technologie laissent l’Île, qui s’avère à ce moment un partenaire économique assez important pour la Confédération, dans un état affaibli qui persiste de nos jours.

L’Î.-P.-É. n’est pas prête pour l’ère industrielle. Elle n’a pas les ressources en eau et en charbon essentielles au développement industriel et le coût et la disponibilité du transport s’avèrent un problème difficile à surmonter. Les compagnies établies sur l’Île sont rapidement remplacées par des usines plus grandes et plus efficaces au centre du Canada, mais en même temps la Politique Nationale n’offre pas de protection ou de marché pour les produits naturels de l’Île.

L’évolution de la technologie est surtout ressentie dans l’industrie de la construction des bateaux. Alors que le voilier en bois est remplacé par le bateau à vapeur construit en fer et en acier, l’industrie disparaît complètement. L’île n’a pas les matières premières et le capital nécessaires pour une réorientation d’une telle envergure.

Les renardières s’avèrent l’industrie pour laquelle l’Île est à l’avant-garde. Débutant en 1890, grâce au travail des pionniers de l’industrie, Charles Dalton et Robert Oulton, la province devient le centre d’une industrie lucrative de peaux de renard argenté. L’élevage de renards se répand chez plusieurs fermiers de l’Île ce qui ajoute à leur revenu limité provenant de l’agriculture traditionnelle.

À la fin des années 1930, les nouvelles technologies, l’évolution de la mode et la Grande Crise engendrent un déclin rapide de l’industrie. De nombreuses renardières survivent jusqu’à la période d’après-guerre, mais sont en déclin depuis. Bien qu’il s’agisse davantage d’une stagnation économique que d’un véritable déclin, au début des années 1950, le revenu par personne sur l’Î.-P.-É. est à peine supérieur à la moitié de la moyenne nationale et l’avenir paraît sombre.

L’élaboration de nouvelles politiques nationales au cours de la période après la Deuxième guerre mondiale a une profonde incidence sur l’Île. Les programmes de soutien du revenu, de services individualisés et les nouvelles politiques fiscales fédérales et provinciales ont considérablement transformé le mode de vie des insulaires. Les tentatives d’atténuer les disparités régionales en forçant la croissance économique mènent à une révolution sociale. Bien que les revenus des personnes demeurent en dessous de la moyenne nationale, ces programmes gouvernementaux contribuent à les augmenter et offrent de bien meilleures installations pour la santé et l’éducation. Le Plan fédéral-provincial de développement global commence en 1969 et est au cœur de la majorité de ces développements.

La nouvelle période de développement possible grâce à l’intervention du gouvernement a pourtant aussi des conséquences négatives. Une dépendance accrue en est le coût le plus important. Récemment, les initiatives gouvernementales se concentrent sur le développement des ressources naturelles de l’Î.-P.-É. et le tourisme, en plus de tenter de diversifier l’économie de l’Île en incluant de nouvelles industries plus axées sur les technologies.

Agriculture

L’agriculture est l’une des ressources les plus importantes de la province. Les pommes de terre constituent sa récolte la plus importante.

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, d’importants changements sont apportés à l’agriculture dans la province. En 1951, plus de 90 % de toutes les fermes sur l’Île ont des chevaux, pour un total de 21 000 animaux. En 2011, seuls 1 481 chevaux et poneys se trouvent sur l’Île et les champs utilisés autrefois pour leur nourriture sont utilisés à autre chose.

Le nombre de fermes diminue de façon continue au cours des 60 dernières années. Entre 1951 et 1996, le nombre de fermes est passé de 10 137 à 2 217. En 2011, ce nombre passe à 1 495. Bien que le nombre de fermes ait diminué, entre 1987 et 2007, la taille d’une ferme moyenne augmente de 53 %, soit de 238 à 365 acres. Malgré la taille des propriétés, le revenu net des fermiers (soit environ 3,1 millions de dollars en 2012) devient une plus petite partie de leur revenu total. En 2006, par exemple, 43 % des fermiers déclarent un revenu non agricole.

Les recettes monétaires agricoles totales s’élève à 467 millions de dollars en 2012, ce qui représente une augmentation de 26 % depuis 2002. De ce total, la récolte de pommes de terre s’avère la plus rentable avec des recettes de plus de 246 millions de dollars. Les pommes de terre poussent en abondance grâce au sol riche et aux conditions climatiques de l’Î.-P.-.É. La province est le plus grand fournisseur de pommes de terre au Canada et le deuxième plus important fournisseur de pommes de terre de semence. Les pommes de terre de consommation sont vendues fraîches dans l’est du Canada et aux États-Unis ou sont transformées en frites et autres produits de pommes de terre. Les fermes laitières et la production bovine représentent aussi une importante partie du secteur agricole de l’Île.

Les gouvernements provincial et fédéral ont mis en place un grand nombre de programmes pour arrêter l’exode des fermiers et augmenter le revenu de ces derniers. Ils ont connu un certain succès, mais le coût élevé lié à l’entrée dans l’industrie demeure un problème. En même temps, l’âge moyen des fermiers est passé de 48 ans, en 1997, à 51 ans en 2007. Les deux paliers de gouvernement participent à la recherche agricole et Agriculture Canada possède une importante installation de recherche à Charlottetown. Le Collège vétérinaire de l’Atlantique situé sur le campus de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard a une grande incidence sur la recherche animale et aquatique ce qui avantage l’industrie de la pêche.

Industrie

Le tourisme, la construction, les manufacturiers du secteur primaire et les services sont les principales industries de l’Î.-P.-É. Depuis 1945, grâce à l’exploitation des paysages intacts et des plages sablonneuses de l’Île, le tourisme est devenu une importante industrie, connaissant un essor considérable au cours des 30 dernières années. Cela dit, l’industrie engendre parfois des développements aléatoires, une dépendance aux bas salaires saisonniers et la perte de terres au profit de propriétaires à l’extérieur de la province. En 2000, l’Île attire près de 1,2 million de touristes qui dépensent plus de 301 millions de dollars. En 2010, ce nombre passe à plus de 1,3 million de touristes, qui génèrent 370 millions de dollars en recettes. L’achèvement du pont de la Confédération en 1997 augmente grandement le nombre de touristes.

Depuis les années 1960, le gouvernement s’investit grandement dans la construction et l’exploitation d’attractions et de lieux d’hébergement. Toutefois, les chaude plages de sable fin qui longent les 1 107 km de l’Île demeurent la principale attraction. Le golf, la pêche en haute mer et les courses de chevaux font partie des sports que peuvent pratiquer les touristes. Le golf est tout particulièrement bien établi et a récemment reçu beaucoup d’attention grâce au Golf Channel. Au cours de la dernière décennie, le gouvernement et des promoteurs du secteur privé établissent un certain nombre d’attractions patrimoniales, y compris des sites gérés par le Musée de l’Île-du-Prince-Édouard et la Fondation du patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard. Les nouvelles gares maritimes pour les bateaux de croisière, les systèmes de réservation en ligne, les améliorations aux parcs provinciaux et les campagnes de marketing actives ont tous contribué à la croissance du tourisme dans l’Île au cours des dernières années. On tente d’attirer les touristes dans l’est et dans l’ouest de la province, hors de la partie centrale de l’Île dominée par le Parc National de l’Île-du-Prince-Édouard, pour que ces régions bénéficient davantage de tourisme. Un des grands problèmes est la courte durée de la saison, qui n’est que de huit à dix semaines, en juillet et en août.

Exploitation minière

Les ressources minérales découvertes sur l’Île ne sont pas en quantité commerciale, bien qu’il y ait des dépôts de charbon, d’uranium, de vanadium et d’autres minéraux. Depuis 1940, le forage révèle la présence de gaz naturel sous le plancher océanique au large du nord-est de la province, mais la quantité totale de gaz demeure inconnue puisque seuls des puits d’exploration ont été forés. Jusqu’à présent, l’exploitation minière se restreint à l’enlèvement de gravier à ciel ouvert, mais ce dernier est de piètre qualité et en quantité insuffisante pour répondre même à la demande locale. L’extraction du sable est courante le long des plages de l’Île jusqu’en 2009, lorsque le ministère de l’Environnement, de l’Énergie et des Forêts cesse de délivrer des permis d’extraction de sable. Une étude liant cette dernière à l’érosion des plages côtières mène à cette décision. En 2008, l’Î.-P.-É. décide d’élaborer des initiatives en matière d’énergie plutôt que de se concentrer sur le secteur de l’exploitation minière.

Forêts

L’industrie forestière est peu développée sur l’Île à cause de l’état d’épuisement des forêts et le manque d’une gestion efficace des ressources restantes. C’est la principale industrie dans les années 1800 lorsque la plupart des meilleurs bois sont récoltés. Depuis lors, les forêts se sont régénérées en produisant des espèces de peu de valeur commerciale. De nos jours, les forêts sont à nouveau considérées comme une source de combustible et de bois à usage provincial. Beaucoup de maisons de l’Île sont désormais chauffées, du moins en partie, au bois. De récentes exonérations fiscales et des incitatifs financiers pour les systèmes de chauffage au bois contribuent à rétablir le bois et les granulés de bois comme étant des systèmes de chauffage viables sur l’Île.

Pêche

La pêche constitue l’une des plus importantes ressources de l’Île. La valeur totale des débarquements de poissons (p. ex. attrapés et ramenés à terre) a augmenté d’environ 37 % de 2009 à 2012, de 124,6 millions de dollars à 170,4 millions de dollars.

Le homard est de loin l’espèce la plus lucrative. En 2012, la valeur du homard au débarquement est de 113,8 millions de dollars, plus du double de la valeur de tout autre crustacé, y compris les pétoncles et les huîtres, qui représentent 45,4 millions de dollars en 2012. On capture aussi des poissons pélagiques et estuariens (par exemple, l’omble chevalier) ainsi que les poissons de fond comme la morue dans les eaux de l’Île.

Par le passé, dans l’ouest de l’Île on retrouvait une autre industrie importante, la récolte de la mousse d'Irlande, une plante aquatique dont on tire la carraghénane, un agent émulsifiant et stabilisant utilisé dans plusieurs produits alimentaires. Or, cette industrie est en déclin constant.

Transport

Le transport à destination et en provenance de l’Île est actuellement géré par deux compagnies de traversiers. Northumberland Ferries Ltd, une compagnie privée largement subventionnée par le gouvernement fédéral, couvre la région entre Wood Islands, Î.-P.É., et Caribou, Nouvelle-Écosse, de mai à décembre. Elle cesse ses activités à l’arrivée de la glace et des conditions météorologiques sévères. La deuxième compagnie, C.T.M.A, couvre la région entre Cap-aux-Meules, Îles-de-la-Madeleine et Souris, Î.-P.-É.

On peut aussi accéder à l’Île par le pont de la Confédération qui relie l’Î.-P.-É. et le Nouveau-Brunswick. Il est inauguré en mai 1997 et avec ses 12,9 km, il constitue le plus long pont surplombant des eaux couvertes de glace au monde. Le pont est courbé pour que les conducteurs demeurent alertes et réduire le nombre d’accidents et il prend environ 10 minutes à traverser. Les discussions entourant sa construction commencent sérieusement dès 1987, lorsque le gouvernement fédéral et des entrepreneurs privés proposent de construire une structure fixe sous la forme d’un pont ou d’un tunnel. En janvier 1988, le gouvernement provincial du ministre Joe Ghiz organise un plébiscite à cet égard. Dans ce vote controversé, 59 % des habitants de l’Île sont partisans de la structure fixe. La construction prend quatre ans et coûte 1 milliard de dollars.

Au cours des années, le réseau routier dans la province est grandement amélioré et maintenant, presque toutes les routes principales et secondaires sont pavées, ce qui accroît grandement l’utilisation du transport routier pour l’expédition de produits primaires et manufacturés. En outre, la province est reliée aux importants centres canadiens grâce à des vols quotidiens de West Jet et d’Air Canada.

Énergie

L’un des problèmes les plus graves auquel l’Île-du-Prince-Édouard doit faire face est le coût énergétique. Puisque l’Île ne dispose que de petits étangs, de peu de rivières importantes et est généralement de faible altitude, l’énergie hydroélectrique est peu utilisée. Au cours du siècle dernier, de nombreux moulins à grain et scieries utilisent le peu d’énergie hydroélectrique) disponible, mais peu survivent aujourd’hui. Faute de possibilité d’aménagement hydroélectrique, l’Île doit recourir aux combustibles fossiles pour produire de l’énergie et à la puissance électrique transmise du Nouveau-Brunswick par câbles sous-marins. En 2012, 76 % de l’approvisionnement en énergie de l’Île provient de pétrole importé et près d’un demi-milliard de dollars sont dépensés chaque année pour les sources d’énergie importées.

Étant donné qu’il n’existe aucune possibilité d’aménagement hydroélectrique à grande échelle, on étudie la possibilité de recourir à des sources d’énergie de substitution telles que des génératrices éoliennes, solaires et alimentées au bois. En 2012, l’énergie éolienne représentait environ 18 % de la production d’énergie de l’Île tandis que la biomasse représentait un autre 10 %.

Administration et politique

Gouvernement provincial

C’est en 1769, par l’entremise d’un décret, qu’on établit un gouvernement à l’Île-du-Prince-Édouard. Toutefois, ce n’est qu’après la Confédération que la structure et les pratiques modernes du gouvernement font leur apparition. Un lieutenant-gouverneur, nommé par le gouverneur général y exerce un mandat de cinq ans. Le conseil exécutif, ou Cabinet, est habituellement formé de dix députés responsables d’un ou de plusieurs ministères. Il est présidé par le premier ministre. L’Assemblée législative a des représentants provenant de vingt-sept circonscriptions électorales. En raison de leur taille, Charlottetown élit cinq députés et Summerside deux. La plupart des circonscriptions sont rurales et de petite taille, certaines comptant à peine 2 000 électeurs.

Lorsque l’Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération, elle possède un système bicaméral : une Chambre haute ou conseil dont les membres sont élus par les propriétaires, et une assemblée, dont les députés sont élus par les citoyens de sexe masculin. Alors que les provinces s’engagent, à la fin du XIXe siècle, dans un mouvement d’abolition des Chambres hautes, un compromis exceptionnel prend forme à l’Île-du-Prince-Édouard. Une assemblée législative unique est créée en 1893, mais chaque circonscription y envoie un candidat désigné, un conseiller et un député. Les propriétaires élisent le conseiller, et les tous les hommes pour leur part choisissent le député. Les gens qui possèdent une propriété dans plus d’une circonscription peuvent voter dans chacune d’elles. Ce système conduit inévitablement à toutes sortes d’abus évidents. Ce privilège dévolu aux propriétaires est maintenu jusqu’en 1963. L’élection d’un conseiller et d’un député dans chacune des circonscriptions a toujours lieu aujourd’hui. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1922. À cause de la quasi-égalité du nombre de protestants et de catholiques au sein de la population, pendant longtemps l’usage veut que l’on s’assure, au cours d’une élection provinciale, d’opposer à un candidat un de ses coreligionnaires, mais, au cours des dernières années, cette tradition semble s’atténuer.

L’émergence de la stabilité qui caractérise généralement les partis politiques à l’Île-du-Prince-Édouard remonte aux années 1870. Depuis ce temps et jusqu’à aujourd’hui, le Parti libéral et le Parti conservateur dominent la scène électorale. Malgré l’existence d’une aile provinciale du NPD, et quoique, depuis les années 1940, le CCF-NPD ait présenté des candidats aux élections tant fédérales que provinciales, aucun candidat d’un tiers parti n’a jamais obtenu ni même failli gagner un siège à l’Assemblée législative. En raison de la petitesse des circonscriptions et du partage en groupes presque égaux des appartenances politiques de chacun, la victoire ne tient souvent qu’à quelques voix. Voir Premiers ministres de l'Île-du-Prince-Édouard.

Judiciaire

L’appareil judiciaire comprend la Cour suprême, qui regroupe les chambres des biens immobiliers et de la famille, ainsi qu’une section de première instance qui entend les appels en assemblée plénière (p. ex. quand une affaire est présentée à un collège de juges dans un district), les cours provinciales et le Tribunal des petites créances. La province ne compte aucune cour de comté.

Finances publiques

Le gouvernement provincial dépend largement des fonds fédéraux. En 2012-2013, la province a reçu 509 millions de dollars en importants transferts, équivalant à 34 % de ses revenus, soit un pourcentage plus haut que toute autre province canadienne, excluant les territoires. En avril 2013, l’Île‑du‑Prince‑Édouard établit une taxe de vente harmonisée (TVH) remplaçant la taxe de vente provinciale, et la taxe fédérale sur les produits et les services (TVP et TPS). À 14 %, la taxe de vente de l’Île se révèle la plus élevée au Canada.

Représentation fédérale

L’Île est représentée par quatre membres du Parlement, élus dans les circonscriptions d’Egmont, de Malpeque, de Hillsborough et de Cardigan, ainsi que par quatre sénateurs. Lorsque l’Île‑du‑Prince‑Édouard se joint à la Confédération en 1873, on lui accorde le droit d’avoir six députés. Toutefois, comme la proportion de sa population par rapport à celle du reste du pays diminue, on ramène ce nombre à cinq en 1892 et à quatre en 1904. En 1911, elle n’a plus droit qu’à trois députés. À la suite de vigoureuses protestations, en 1915 on amende l’Acte de l’Amérique du Nord britannique stipulant qu’aucune province ne doit disposer de moins de députés au Parlement qu’elle ne compte de sénateurs. L’Île-du-Prince-Édouard se voit donc dorénavant garantir ses quatre sièges actuels.

Administration municipale

La province compte trois ordres de gouvernement municipal, soit celui de la ville, de la municipalité et du village. Charlottetown et Summerside sont les seules villes de l’Île. Elles sont dirigées par un maire et des conseillers, élus pour des mandats de quatre ans. Les sept municipalités sont aussi administrées par un maire et des conseillers, tandis que les 64 villages sont administrés par un président et des conseillers.

Santé

L’île est assez bien desservie par des hôpitaux et autres établissements de santé, surtout depuis la mise en place du régime provincial de soins de santé à la fin des années 1960, et qui permet d’offrir des services médicaux et hospitaliers sans prime. Il y a sept hôpitaux dans la province, le plus grand étant l’Hôpital Queen Elizabeth à Charlottetown. Comme dans les autres provinces, les coûts liés à la santé ont augmenté de manière considérable. En 2006, un système complet de transport terrestre par ambulance est créé et deux unités d’intervention rapide viennent de voir le jour afin de mieux servir les insulaires vivant dans les régions rurales. Un service d’ambulance aérien est offert par la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick lorsque les patients ont besoin d’être transportés d’urgence.

Éducation

Le système d’écoles publiques naît lors de l’adoption, en 1852, de laLoi sur l’enseignement gratuit. Cette loi autorise la création de districts scolaires autonomes dans les localités. Chacun des 475 districts se voit accorder le droit d’y avoir une école à classe unique, dispensant habituellement l’enseignement aux élèves de la première à la dixième année. Les districts scolaires sont administrés par des commissions locales qui prélèvent des taxes, engagent les enseignants et organisent les services de bénévolat. L’école, tout comme l’église et le magasin général, devient un pôle d’attraction dans chaque collectivité.

Au cours du XIXe siècle et au début du XXesiècle, ce système répond bien aux besoins des insulaires. Dans les années 1920 et 1930, cependant, de sérieuses lacunes font surface. Des locaux inadéquats, la quasi-impossibilité de poursuivre des études au-delà de la dixièmeannée (sauf pour quelques privilégiés, qui peuvent se permettre de poursuivre leurs études secondaires à Charlottetown), les salaires dérisoires des enseignants et leur manque de formation sont autant d’éléments qui finissent par attirer l’attention de l’opinion publique. En 1956, les dépenses par habitant relatives à l’enseignement primaire et secondaire sont les plus faibles au Canada, soit 92 dollars comparativement à la moyenne canadienne de 279 dollars. Dans les années 1960, les écoles locales, bien qu’elles constituent toujours une facette essentielle de la vie communautaire, ne répondent plus aux normes canadiennes en matière d’éducation.

Le Plan de développement global, qui contient les éléments voulus pour la transformation du système d’éducation, en devient l’instrument privilégié. Dès 1972, on remplace les nombreux petits arrondissements scolaires par cinq conseils régionaux. On amorce la fermeture des anciennes écoles et la construction de nouvelles institutions consolidées. Alors que l’on compte 189 écoles en 1971, ce chiffre est réduit à 70 en 1994. On instaure de nouvelles normes qui imposent aux enseignants l’obtention d’un diplôme universitaire, et leur rémunération passe de 5 724 dollars en moyenne, en 1971, à 41 199 dollars en 1994. En 2011, la plupart des enseignants de l’Île peuvent s’attendre à gagner entre 47 135 dollars et 76 289 dollars annuellement.

Pendant l’année scolaire 2011-2012, 20 831 étudiants sont inscrits dans le système scolaire public. Ceci représente une diminution de plus de 10 % par rapport aux dix dernières années, alors que 23 449 étaient inscrits en 2001-2002. Cela ne constitue pas une nouvelle tendance : les inscriptions ont décliné depuis le milieu des années 1970, et ce fait est attribuable en grande partie au taux de naissance peu élevé et au vieillissement de la population.

Même si les inscriptions déclinent, les dépenses augmentent. En 2009-2010, 10 425 dollars étaient dépensés par étudiant de la première à la douzième année, une augmentation de 7 607 dollars en 2004-2005, soit une augmentation de 37 %. De plus, la maternelle à temps plein est instaurée en 2010; et en 2011-2012, l’Île compte le nombre d’élèves par enseignant le plus bas au Canada.

À l’Île-du-Prince-Édouard, l’enseignement supérieur remonte à la création, en 1834, du Collège Prince of Wales et de l’Université de St-Dunstan en 1855. Ces deux établissements étaient petits et séparés en vertu de leur appartenance religieuse. En 1969, elles sont fusionnées pour former : l’Université de l’Île‑du‑Prince‑Édouard située à Charlottetown. Le Collège Holland est le collège communautaire de l’Île.

Vie culturelle

Le riche patrimoine culturel de l‘Î.-P.-É. se développe comme une partie intégrante de la communauté en partie en raison de l’isolement relatif de la province. Même à l’intérieur de la province, il y a peu de communication entre les communautés acadiennes de la partie ouest de l’Île et les communautés à prédominance écossaise dans le sud-est. Bien que la langue française et la culture acadienne aient été renforcées au cours des dernières années, la langue gaélique a presque complètement disparu. Pour faire face aux menaces qui pèsent sur la vie culturelle de la province, de nombreux groupes soutiennent activement les aspects du patrimoine culturel de l’Île.

Le gouvernement provincial soutient ces groupes et finance une grande variété d’activités. Le Musée de l’Île-du-Prince-Édouard et la Fondation du patrimoine, par exemple, ne gère pas seulement les sites historiques, mais est actif dans la collecte et l’interprétation de la culture matérielle.

Le Conseil des Arts de l’Île-du-Price-Édouard soutient et encourage aussi le développement culturel local. Le Collège Holland et l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard sont des contributeurs essentiels à la vie culturelle contemporaine de l’Île.

Arts

Le Centre des arts de la Confédération est construit en 1964 en mémoire des Père de la Confédération pour marquer le 100e anniversaire de la Conférence de Charlottetown. Le Centre est un grand complexe artistique abritant trois théâtres, une galerie d’art et une bibliothèque publique. La galerie possède une belle collection d’art canadien et exhibe une large collection des œuvres de Robert HARRIS, un portraitiste de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, dont l’œuvre la plus remarquable est le portrait de groupe des Père de la Confédération. La scène principale du théâtre d’une capacité de 1 100 places accueille le Festival d'été Charlottetown, une vitrine du théâtre musical canadien.

À l’heure actuelle, il y a une communauté artistique active sur l’Île et en plus de la galerie du Centre de la confédération, il existe plusieurs autres galeries publiques et privées. Si la province est le lieu de naissance de bon nombre d’écrivains populaires et universitaires, aucun n’est aussi bien connu que Lucy Maud Montgomery, auteure d’Anne... la maison aux pignons verts. La plupart des histoires de Montgomery se déroulent sur l’Île et chaque année, des milliers de visiteurs viennent voir les lieux mentionnés dans ses livres ou associés à sa vie.

La guilde de l’art de l‘Île-du-Prince-Édouard ouvre officiellement ses portes en 1994. L’édifice est le siège social de nombreuses organisations artistiques de l’Île, y compris le Conseil des arts de l’Î.-P.-É.

Communications

L’Î.-P.-É. est desservie par le réseau anglais de CBC radio et par la télévision SRC-CBC. Le réseau de télévision CTV diffuse également sur l’Île, mais n’est pas produit localement. Quatre stations privées radiodiffusent à Charlottetown, puis une autre à Summerside. Des réseaux de câblodistribution opèrent dans tous les centres de population de l’Île, offrant une gamme variée d’émissions, dont la plupart sont d’origine américaine.

Deux journaux quotidiens sont publiés dans la province : le Guardian à Charlottetown et le Journal-Pioneer à Summerside. Il y a également trois journaux hebdomadaires : l’Eastern Graphic, publié à Montague; le West Prince Graphic d’Alberton; et La Voix Acadienne, un journal de langue française, publié à Summerside.

Sites historiques

L’Île-du-Prince-Édouard compte de nombreux sites historiques importants, dont le plus connu est Province House, le lieu de la Conférence de Charlottetown de 1864. Government House, la résidence du lieutenant-gouverneur, est un bâtiment du début du XIXe siècle rénové avec soin. D’autres sites, dont Green Gables, la maison L.M. Montgomery à Cavendish et les sites patrimoniaux gérés par le Musée et la Fondation du patrimoine à Charlottetown, Summerside, Elmira, Port Hill, Basin Head et Orwell Corner. Tout visiteur peut apprécier une grande partie du patrimoine architectural de l’Île tout simplement en marchant dans les vieux quartiers de Charlottetown ou de Summerside, ou en conduisant le long des routes de campagne. Beaucoup de beaux exemples de bâtiments ruraux et urbains du siècle dernier sont toujours intacts et fonctionnels.