Jean J. Charest

Jean J. Charest, avocat, politicien, premier ministre du Québec de 2003 à 2013 (né à Sherbrooke (Québec) le 24 juin 1958). Il obtient ses diplômes de premier et de deuxième cycles en droit à l'Université de Sherbrooke. Il est élu pour la première fois député fédéral de la circonscription de Sherbrooke en 1984, puis est presque aussitôt nommé vice-président adjoint de la Chambre des communes, poste qu'il occupe de novembre 1984 à juin 1986. Le premier ministre Brian MULRONEY le nomme alors ministre d'État à la Jeunesse, faisant de lui le plus jeune politicien à siéger au Cabinet fédéral. Mulroney lui confie la responsabilité de la condition physique et du sport amateur en mars 1988 et le désigne leader adjoint du gouvernement à la Chambre des communes le 30 janvier 1989. Pendant qu'il se trouve en Nouvelle-Zélande lors des Jeux du Commonwealth, en janvier 1990, Charest démissionne du Cabinet pour être intervenu dans une cause juridique et avoir malencontreusement communiqué avec un juge dans une affaire concernant l'Association canadienne d'athlétisme.

Jean Charest demeure l'un des favoris du premier ministre Mulroney qui, en 1990, le nomme président d'un comité spécial chargé d'étudier une résolution devant accompagner l'accord du lac Meech. Le rapport Charest, avec ses amendements proposés à l'entente de Meech, sert de prétexte à Lucien BOUCHARD, qui quitte alors le Cabinet Mulroney. Bien que Jean Charest et Lucien Bouchard aient été proches jusqu'à ce jour, ils se sont rarement parlé depuis.

Charest revient au Cabinet en tant que ministre de l'Environnement le 21 avril 1991 et dirige la délégation canadienne au Sommet de la Terre, qui a lieu au Brésil. Il siège aussi au Comité du Cabinet chargé des priorités et de la planification, et à celui chargé de l'unité canadienne et des négociations constitutionnelles.

Charest se retrouve dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur fédéral en 1993 et finit bon deuxième derrière Kim Campbell lors du congrès d'investiture de juin, à Ottawa. Il est vice‑premier ministre et ministre de l'Industrie, des Sciences et de la Technologie pendant le court règne du gouvernement Campbell. Il est alors l'un des deux seuls Conservateurs élus au Parlement au terme de la désastreuse campagne perdue par Campbell, en 1993.

Charest devient chef intérimaire du parti le 14 décembre 1993, puis chef officiel en 1995 (le premier Canadien‑français à la tête des Conservateurs). Il passe les deux années suivantes à reconstruire le parti, menant une campagne de souscription et créant le consensus autour d'une nouvelle plateforme qui repose largement sur des thèmes économiques conservateurs. Lors des élections de 1997, les Conservateurs de Charest obtiennent 18 % du vote national et 20 sièges en tout. Le Parti réformiste, qui récolte une même proportion du vote concentrée dans l'Ouest, détient trois fois plus de sièges.

Charest joue un rôle important, voire décisif lors du référendum de 1995 au Québec. Sa popularité dans la province grandit par la suite et les sondages effectués au cours de l'été de 1997 le placent devant le premier ministre Lucien Bouchard. Quand Daniel Johnson quitte la direction du Parti libéral du Québec au début de 1998, Jean Charest est pressenti pour lui succéder. Il démissionne de son poste de chef conservateur le 3 avril et devient chef du Parti libéral du Québec en mai.

Charest, nationaliste québécois dont le programme écarte la souveraineté ou l'indépendance pour revendiquer les intérêts du Québec à l'intérieur du Canada, défait le Parti Québécois dirigé par Bernard LANDRY le 14 avril 2003. Durant sa première administration, il cherche à instaurer une réforme radicale de la prestation des services par la privatisation de quelques domaines.

Lors des élections générales du 21 février 2007, les Libéraux, qui font de la santé, de la réforme scolaire et de la réduction des impôts les enjeux principaux de leur plateforme, sont réélus minoritairement. Charest est élu de justesse dans sa propre circonscription de Sherbrooke, contre son adversaire péquiste. En novembre 2008, Charest déclenche une élection éclair, en soutenant qu'il doit obtenir une majorité pour réagir à la crise économique. Le 8 décembre 2008, les nouvelles élections donnent lieu au retour des Libéraux en position majoritaire. Leur slogan, L'économie d'abord, oui, résume bien la plateforme du parti, qui fait de la stabilité économique sa priorité pour le Québec. Il interpelle les électeurs durant une période économique plus que turbulente de l'histoire récente. Grâce à cette victoire remportée en 2008, Jean Charest devient, depuis MAURICE DUPLESSIS, le premier des premiers ministres à cumuler trois mandats consécutifs dans cette province. Le 2 février 2009, il est fait commandeur de la Légion d'honneur par le président français Sarkozy.

Lors du déclenchement des élections générales québécoises de 2012, Charest et le Parti libéral ne bénéficient plus de l'appui du public. Plusieurs politiques gouvernementales sont tombées dans l'impopularité, dont la proposition de hausse des droits de scolarité au niveau postsecondaire. Le plan du gouvernement, qui consiste à augmenter ces frais de plus de 300 dollars sur une période de cinq ans, provoque de grandes manifestations étudiantes et le boycottage des cours. Des centaines de milliers d'étudiants se mettent en grève; des membres des syndicats et des partis politiques de l'opposition, entre autres, leur offrent leur soutien. En mai 2012, le gouvernement Charest adopte le projet de loi 78, mesure d'urgence dont l'objectif consiste à assurer l'accès des étudiants à leur établissement d'enseignement. Cette loi impose des restrictions considérables à l'égard des manifestations. Alors que certains la louangent, bon nombre d'organisations la critiquent, dont la Commission des droits de la personne du Québec.

Dans le cadre des élections générales de 2012, Charest perd sa circonscription et le Parti libéral du Québec est relégué au deuxième rang. Pauline Marois, chef du Parti Québécois, devient la première femme première ministre du Québec, à la tête d'un gouvernement minoritaire. Peu après les élections, Charest démissionne de ses fonctions de dirigeant du parti, mettant fin à 28 ans de carrière politique. En janvier 2013, il reprend l'exercice du droit et devient associé à part entière du cabinet McCarthy Tétrault s.r.l.