Jean Pelletier, O.C., O.Q., journaliste et homme politique (né le 21 janvier 1935 à Chicoutimi, Québec; décédé le 10 janvier 2009 à Québec). Maire de Québec de 1977 à 1989, Jean Pelletier a été le chef de cabinet de Jean Chrétien de 1991 à 2001.

Éducation et début de carrière

Élève au Collège des Jésuites de Québec, Jean Pelletier se retrouve ensuite au Séminaire de Trois-Rivières. C’est là qu’il fait la connaissance de celui qui sera son grand ami et son allié en politique, Jean Chrétien. Il étudie ensuite le droit et les sciences sociales à l'Université Laval.

Il débute comme journaliste radio pour divers postes de la région de Québec. Il est notamment à l'antenne de CFCM (filiale de Radio-Canada à Québec).

Toutefois, le monde de la politique l'interpelle et il entre à l'emploi de la fonction publique entre 1959 et 1964. Il occupe le poste de secrétaire de presse de Maurice Duplessis, tâche qu'il poursuit pour Paul Sauvé et Antonio Barrette. Il est ensuite nommé à la Commission des monuments historiques, fonction dont la Ville de Québec saura profiter dans l'avenir.

Politique municipale

Jean Pelletier change de cap et travaille, de 1964 à 1976, comme courtier en valeurs mobilières, tout en siégeant comme administrateur à divers organismes et institutions. La vie politique n'est jamais bien loin et en 1962, il participe à la fondation du parti municipal Progrès civique de Québec. En 1976, il devient conseiller municipal et un an plus tard, en novembre 1977, il est élu maire de Québec.

Pendant 12 ans, Jean Pelletier sert comme maire la Ville de Québec. Dévitalisée et souffrant de l'exode de la population, Québec s'enrichit d'un dynamisme certain grâce à l'Office municipal de développement et au Bureau des relations internationales mis sur pied par monsieur Pelletier.

Avec Jacques Chirac, alors maire de Paris, il fonde en 1979 l'Association internationale des maires francophones (AIMF). Cette amitié se solidifie entre les deux hommes et se poursuit lors des années de présidence de Jacques Chirac. Plus tard, Jean Pelletier sert d’intermédiaire entre la France et le Canada, principalement lors des sommets de la Francophonie et du G8.

C’est aussi lors de son mandat comme maire que l’arrondissement historique du Vieux-Québec est désigné joyau du Patrimoine mondial de l'UNESCO (1985), lui accordant ainsi un souffle nouveau et international. En 1984, Québec est l’hôte des grands voiliers, événement qui marque le 450e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada. La construction de la bibliothèque Gabrielle-Roy dans le quartier Saint-Roch accompagnée de la mise en réseau des bibliothèques de Québec est une autre de ses réalisations marquantes. En 1989, Jean Pelletier quitte son poste de maire de la ville de Québec.

Politique fédérale

Le 19 juin 1991, Jean Chrétien chef du Parti libéral du Canada, parti officiel de l'Opposition nomme Jean Pelletier au poste de chef de cabinet, coup particulièrement réussi et qui permet au chef d'accroître le nombre de Québécois dans son équipe immédiate. Lors des élections de l'automne 1993, Jean Pelletier se présente sous la bannière fédérale dans la conscription de Québec; il est défait et c’est la bloquiste Christiane Gagnon qui remporte l’élection. Toutefois, Jean Chrétien élu premier ministre s'empresse de le nommer chef de cabinet. Pelletier occupe cette fonction jusqu'en mai 2001.

Vie publique et controverses

Le premier septembre 2001, Jean Pelletier accède à la présidence du conseil d'administration de Via Rail Canada. Cependant, en 2004, lors d'une conférence de presse très médiatisée, la championne olympique Myriam Bédard, alors à l'emploi de Via Rail au service des communications, affirme qu'elle a été forcée de démissionner suite à son refus de se joindre à Groupaction, société qui se retrouvait au cœur du scandale des commandites. Suite à cette affaire, Jean Pelletier tient des propos malheureux sur Myriam Bédard, propos qui lui valent, dans un tollé général, son congédiement par Paul Martin. Il s’en suit un long et difficile parcours judiciaire. En novembre 2007, la Cour supérieure du Québec condamne le gouvernement fédéral et Via Rail à verser 335 000 $ à Jean Pelletier pour l'avoir destitué de ses fonctions.

Renommé à son poste, il est à nouveau congédié, fait confirmé (avec compensation) par la cour en janvier 2008. Parallèlement, Jean Pelletier doit subir les nombreux soubresauts de la Commission Gomery, pendant laquelle il est blâmé par le juge John Gomery pour son rôle dans le scandale des commandites. Néanmoins, en juin 2008, le juge Max Teitelbaum, de la Cour fédérale, statue que le juge Gomery aurait fait preuve de partialité à l'endroit de Jean Chrétien et de Jean Pelletier lors de la commission. En septembre 2008, le gouvernement conservateur de Stephen Harper décide d'aller en appel de la décision. L’entourage de Jean Pelletier est choqué d'autant plus que ce dernier, atteint d'un cancer, se retrouve dans une impasse, et ce, à la fin de ses jours.

Il s'éteint le 10 janvier 2009, sans avoir eu la chance de clore ce débat. En juillet 2014, la Ville de Québec a nommé la Place Jean-Pelletier devant la gare du Palais en son nom et érigé une stèle à sa mémoire.

Prix et distinctions

Officier de l’Ordre du Canada (1985)

Officier de l’Ordre national du Québec (1990)

Commandeur de la Légion d’honneur, Gouvernement de la France (1998)

Grands Québécois (2003)

Médaille Gloire de l’Escolle, Association des anciens diplômés de l’Université Laval (2003)

Médaille de la Ville de Québec (2008)