Formation et début de carrière

Issu d’une famille de politiciens, il est le fils de Reine Gagné et de Daniel Johnson, premier ministre du Québec de 1966 à 1968, et le frère aîné du premier ministre du Québec, Pierre-Marc Johnson. Il étudie à l’Université de Montréal, à l’Université de Londres en Angleterre, et à la Harvard Business School de Boston dont il est diplômé d’un MBA en 1973. Il entre ensuite à Power Corporation du Canada comme secrétaire et en devient le vice-président en 1978. De 1974 à 1981, il siège à plusieurs conseils d’administration et comités exécutifs dont le CRSSS du Montréal métropolitain, le centre Marie-Vincent, l’Institut de cardiologie de Montréal, Les Grands Ballets canadiens et la Chambre de commerce du district de Montréal.

Ministre dans le gouvernement Bourassa

Il est élu député libéral à l’Assemblée nationale en 1981 pour la circonscription de Vaudreuil-Soulanges. En octobre 1983, il brigue la direction du Parti libéral du Québec laissée vacante par Claude Ryan, arrivant en troisième place après Pierre Paradis et Robert Bourassa. Johnson est réélu aux élections de 1985 qui portent Bourassa et les libéraux au pouvoir. Le nouveau premier ministre le nomme ministre de l’Industrie et du Commerce ainsi que leader parlementaire adjoint, un poste qu’il occupe jusqu’en 1993. En 1988, il troque son poste de ministre à l’Industrie et du Commerce pour celui de ministre délégué à l’Administration (poste qu’il conserve jusqu’en octobre 1989) et de président du Conseil du Trésor (jusqu’en janvier 1994). Réélu en 1989, il devient ministre délégué à l’Administration et à la Fonction publique.

Premier ministre du Québec

Après la démission de Bourassa le 14 septembre 1993, il est élu chef du Parti libéral du Québec par acclamation le 14 décembre et assermenté premier ministre le 11 janvier 1994. Bourassa laisse un parti devancé dans les sondages par le Parti québécois (PQ) et des élections doivent avoir lieu avant la fin de l’année. Johnson s’avère compétent comme premier ministre, mais il perd le pouvoir aux mains de Jacques Parizeau, chef du PQ, aux élections du 12 septembre 1994. Il conserve son siège de député, demeure chef de l’opposition et devient le chef du Camp du « Non » qui remporte une mince victoire dans le référendum sur la souveraineté du Québec, le 30 octobre 1995. Une fois Lucien Bouchard aux commandes du PQ, le Parti libéral de Johnson stagne et a peu d’espoir de reprendre le pouvoir. Le 2 mars 1998, il annonce son intention de quitter ses fonctions de chef de l’opposition officielle et de député, ce qu’il fait le 12 mai 1998. Jean Charest lui succède à la tête de la formation libérale.

La vie après la politique

En juin 1998, Johnson se joint au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault à titre d’avocat-conseil. Au fil des ans, il est appelé à siéger à de nombreux conseils d’administration d’entreprises et d’institutions financières, notamment Bombardier Inc., le Groupe Investors, la Société financière IGM, Mackenzie Inc. et Ezeflow Inc. À partir de novembre 2003, il est nommé par le gouvernement québécois avec Brian Mulroney, à la coprésidence de la Commission d’analyse des projets d’implantation du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

De 2008 à 2013, il est l’un des administrateurs de la Banque du Canada. Il est négociateur pour le gouvernement du Québec dans le contentieux entre le Canadien National et le Canadien Pacifique de novembre 2011 à juin 2013. À partir de février 2015, il devient président du cabinet de campagne du CHUM et depuis 2016, il est président du conseil d’administration de CSeries de Bombardier. Il est actuellement consul honoraire de Suède à Montréal, fonction qu’il occupe depuis 2002.

Prix et distinctions

Grand officier de l’Ordre de la Pléiade, Assemblée des parlementaires de la Francophonie (2000)

Grand officier de l’Ordre national du Québec (2008)

Grand-Croix de l’Ordre de la Pléiade, Assemblée des parlementaires de la Francophonie (2010)