Selon la légende, la marmotte sort de son terrier le 2 février à midi pour chercher son ombre. Si elle la voit, elle prend peur, rentre dormir et l'hiver dure encore six semaines. Si elle ne la voit pas, elle reste dehors, car le pire de l'hiver est passé et un temps plus chaud approche.

Les origines du jour de la marmotte

Les origines du jour de la marmotte remontent à l'Europe médiévale. Ce jour-là s'appelait alors la Chandeleur et il s'agissait d'une fête chrétienne pendant laquelle on allumait des chandelles (d'où le nom de Chandeleur). Selon une légende européenne, les hérissons prédisaient l'arrivée du printemps suivant le temps qu'il faisait le jour de la Chandeleur. Les colons européens emportent en Amérique du Nord la légende du 2 février et, en l'absence de hérissons, ils confient à la marmotte le soin de prédire l'arrivée du printemps.

Les premiers colons attendent anxieusement, lorsque les réserves hivernales diminuent, l'arrivée d'un printemps précoce pour semer et récolter de bonne heure. Toutefois, ils ne se rendent pas compte que la marmotte s'éveille plus tard que le hérisson européen et qu'il est moins probable qu'elle remue, même durant les jours chauds de l'hiver. Le 2 février, le pire de l'hiver est habituellement chose du passé en Europe occidentale, mais les hivers canadiens sont généralement plus longs : il fera encore plus froid et il neigera encore davantage après cette date. Au début de février, les ouvertures des terriers des marmottes sont habituellement recouvertes d'épaisses couches de neige et de glace.

L'ombre dans la légende est en partie vraie. En hiver, les jours ensoleillés sont généralement associés à l'air arctique, plus froid et plus sec; quant aux jours nuageux, ils sont associés à l'air maritime, plus humide et plus doux. Comme les conditions météorologiques persistent habituellement plusieurs jours, les conditions du 2 février peuvent se maintenir durant quelques jours, mais pas nécessairement plus longtemps. Toutefois, il est peu probable que Wiarton Willie, de Wiarton, en Ontario, près de la baie Georgienne, sorte de son terrier avant le début de mars, voire la mi-mars, de six à huit semaines après le 2 février. Brandon Bob, du Manitoba, dort jusqu'à la fin mars ou jusqu'au début d'avril.

Les archives météorologiques

Les organisateurs du jour de la marmotte affirment que les prévisions des rongeurs sont précises dans 75 à 90 p. 100 des cas. Cependant, les archives météorologiques prouvent que le taux de succès de la marmotte est très faible. Les données météorologiques des 30 à 40 dernières années pour 13 villes du Canada révèlent qu'il y a autant de jours ensoleillés le 2 février que de jours couverts. Durant cette période, les prévisions de la marmotte ne se sont avérées justes que dans 37 p. 100 des cas, c'est-à-dire que les hivers sont demeurés froids pendant plusieurs semaines après l'apparition d'une ombre nette le 2 février, ou qu'ils sont devenus beaucoup plus doux que d'habitude alors que ce jour-là était trop nuageux pour que l'on puisse voir une ombre. Les prévisions de la marmotte sont cependant erronées près des deux tiers des années : soit qu'elles sont contraires à ce qu'elles auraient dû être, soit que l'hiver se prolonge normalement. Dans ce cas, un taux de précision de 33 p. cent peut être le fruit du hasard. Un résultat de 37 p. 100 n'est donc pas significatif.

La deuxième colonne du tableau ci-dessous représente la probabilité (en pourcentage) pour que la marmotte voie son ombre; la troisième, le pourcentage de prévisions exactes.

St John's 53 41
Charlottetown 50 41
Halifax 50 42
Fredericton 48 34
Montréal 52 36
Toronto 54 29
Ottawa 48 42
Winnipeg 78 30
Regina 63 38
Edmonton 60 26
Vancouver 23 35
Whitehorse 43 42
Yellowknife 50 50

* Taux de prévisions justes pouvant être le fruit du hasard: 33 p. 100.