À la différence de la majorité des immigrants au Canada, les Juifs ne viennent pas d'un endroit où ils constituent le groupe culturel majoritaire. Les Juifs ont été dispersés de par le monde à l'époque de l'ancien Empire romain, et après s'être révoltés en vain contre cet état de choses, ils ont perdu la souveraineté dans leur ancienne patrie. Par la suite, les Juifs ont vécu, parfois pendant de nombreux siècles, comme minorités au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe.

Mode de peuplement

Les Juifs de l'Europe de l'Ouest prennent part dès le début à la colonisation européenne des Amériques, mais ils sont légalement interdits de résidence en Nouvelle-France, où l'immigration est limitée aux catholiques. Les Juifs s'installent donc dans les colonies britanniques, au sud, puis après l'intégration de la Nouvelle-France dans l'Empire britannique, commencent aussi à s'installer dans le Bas-Canada. En 1768, le nombre de Juifs a tellement augmenté à Montréal qu'ils décident de fonder la première synagogue du Canada, Shearit Israel. À la fin du XVIIIe siècle, les Juifs sont aussi installés dans la ville de Québec et ailleurs au Bas-Canada. La famille Hart est influente dans la région de Trois-Rivières; Ezekiel Hart est élu membre de l'Assemblée législative du Bas-Canada en 1807, mais se voit refuser son siège en raison de sa religion. Les Juifs participent à la colonisation du Haut-Canada, érigeant en 1856 la première synagogue de Toronto qui deviendra plus tard le Holy Blossom Temple.

Au recensement de 1871, le premier après la Confédération, on dénombre 1115 Juifs au Canada, répartis comme suit : 409 à Montréal, 157 à Toronto, 131 à Hamilton et de plus petits groupes à Québec, Saint John, London, Kingston et Brantford. Une communauté de plus d'une centaine de personnes est aussi établie en Colombie-Britannique au moment de l'entrée de cette province dans la Confédération. La première délégation de la Colombie-Britannique à la Chambre des communes comptait Henry Nathan, le premier député juif du Canada.

Migration de masse

À la fin du XIXe siècle, 80 p. 100 des 10 millions que compte la population juive mondiale vit dans les empires russe, austro-hongrois et germanique. La possibilité de trouver de meilleures conditions ailleurs, les préjugés, la discrimination légale et la violence incitent les Juifs à émigrer. Dans l'Empire russe, en 1881, commencent les pogroms, de violentes attaques collectives contre les quartiers juifs, marquées par les viols, les blessures, les meurtres, le pillage et la destruction. À partir des années 1880 jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, les Juifs quittent l'Europe de l'Est pour gagner divers pays, dont le Canada. D'autres, installés aux États-Unis, émigrent vers le nord, s'inscrivant ainsi dans le mouvement de migration transfrontalière qui a marqué une bonne partie de l'histoire du Canada.

Au moment de la déclaration de la Première Guerre mondiale, qui met un frein à l'immigration, il y a plus de 100 000 Juifs au Canada. Ensemble, les villes de Montréal et de Toronto comptent environ les trois quarts de la population juive canadienne, mais on trouve des Juifs dans presque toutes les villes importantes et dans bien des petites localités. Ils sont dans le commerce de détail ou de gros, beaucoup débutant comme colporteurs pour ensuite grimper dans la hiérarchie des entreprises établies. Les Juifs constituent aussi une grande partie de la main-d'oeuvre des ateliers de misère de la nouvelle industrie du vêtement prêt-à-porter. Les commerçants juifs se dispersent dans les petites villes, ajoutant des synagogues aux lieux de culte du Canada rural. Onze colonies agricoles juives sont fondées en Saskatchewan et au Manitoba, soutenues par l'Association de colonisation juive du Canada.

Organisation et identité

Conformément à des traditions religieuses millénaires (voir Judaïsme), des lieux de culte sont habituellement établis peu après l'arrivée de quelques familles à un nouvel endroit. Souvent, le besoin de créer un cimetière juif est à l'origine de la première organisation juive. Des synagogues et des écoles suivent peu après.

Au tournant du XXe siècle, les Juifs immigrants viennent presque tous des empires multiethniques d'Europe de l'Est, car des mouvements nationalistes (voir Nationalisme) au sein de ces empires s'organisent pour obtenir une plus grande autonomie et éventuellement l'indépendance nationale. Le nationalisme moderne favorise la réanimation de l'identité nationale juive, qui prend deux formes jouissant toutes deux d'un soutien massif en Europe de l'Est. La première est le mouvement de reconstruction de la vie moderne juive autour de droits de minorité garantis à l'intérieur d'États-nations modernes, d'institutions sociales civiles dirigées par la minorité juive et la reconnaissance du yiddish comme langue première de la vie culturelle juive moderne, soit la langue usuelle des Juifs de l'Europe de l'Est. La deuxième forme de nationalisme juif moderne, le sionisme, vise le rétablissement d'un État national indépendant dans l'ancien territoire juif.

Les immigrants juifs qui arrivent au Canada en provenance de l'Europe de l'Est sont sympathiques à ces deux mouvements. La bibliothèque publique juive de Montréal, l'une des principales institutions de cette communauté, les théâtres et la créativité littéraire yiddish trouvent leur assise sociale dans l'attachement à la culture yiddish. La génération de Juifs qui sont devenus des travailleurs d'usines urbains forme un groupe qui appuie tout particulièrement la culture yiddish laïque. La langue de leurs syndicats et de leurs associations fraternelles étant le yiddish, c'est à travers celle-ci qu'ils partagent et interprètent leurs expériences dans la nouvelle patrie.

L'enthousiasme croissant pour le sionisme en Europe de l'Est se retrouve au Canada. La Federation of Canadian Zionist Societies, fondée en 1899, deux ans après le premier World Zionist Congress, devient la première association juive du Canada d'envergure nationale. Le mouvement sioniste s'attire un soutien important, y compris celui de nombreux Juifs fortunés qui suivent l'exemple de Clarence de Sola, le dirigeant de la Federation of Canadian Zionist Societies, en se joignant au mouvement. Ce mouvement constitue un cadre important dans lequel on encourage les talents des femmes. Les associations de femmes sionistes prennent en charge des projets distincts et ont leurs propres dirigeants. Dans les premières décennies du XXe siècle, le mouvement sioniste canadien, à l'instar du sionisme mondial, compte également des associations aux philosophies concurrentes. Mizrachi mélange le sionisme à l'orthodoxie religieuse. Poalei Zion (les travailleurs de Sion) compte ses adeptes surtout dans la classe ouvrière juive.

Les immigrants juifs implantent également ici leur tradition de fonder un organisme collectif, appelé « kehillah », pour combler leurs besoins en matière d'aide sociale. Au Canada, le premier organisme juif d'aide sociale est la Young Men's Hebrew Benevolent Society, fondée à Montréal en 1863, pour assister les immigrants juifs (en 1900, l'organisme change de nom pour adopter celui d'Institut Baron de Hirsch, en reconnaissance d'un soutien financier). À Montréal et à Toronto, villes aux populations importantes, une vaste gamme d'institutions collectives se développent : hôpitaux, organismes de travail social, résidences pour personnes âgées, bibliothèques et autres. Un mouvement graduel se dessine également vers la formation d'organismes pour coordonner la collecte de fonds dans les communautés locales. Les immigrants juifs fondent aussi les « landsmenschaften », littéralement, associations de personnes originaires du même endroit. Les « landsmenschaften » soutiennent parfois les synagogues, mais ce sont surtout des associations au sein desquelles les immigrants s'entraident et qui peuvent répondre, en tant que groupe, aux appels à l'aide de ceux qui sont dans le besoin.

Le mouvement visant à mettre sur pied le Congrès juif canadien par la tenue d'élections à la grandeur du pays montre l'importance des intérêts communs de ce groupe diversifié de Juifs qui se perçoivent sous l'angle de la religion, de la culture et de la collectivité. Le Congrès juif canadien est établi en 1919, au moment même de la rédaction du Traité de Versailles, qui met fin à la Première Guerre mondiale. Le traitement des minorités ethniques en vertu des nouveaux accords d'après-guerre est de grand intérêt pour les Juifs canadiens, car ils sont nombreux à avoir des parents qui deviennent citoyens de la Pologne, un pays nouvellement indépendant. Le Congrès fait aussi partie de la vague de fond d'appui au sionisme, qui est endossé par le gouvernement britannique pendant la Première Guerre mondiale et, plus tard, par la nouvelle Société des Nations. En prévision de la reprise de l'immigration juive après la fin de la guerre, le Congrès fonde la Jewish Immigrant Aid Society, qui existe encore comme organisme national de l'association des Juifs Canadiens.

La Crise des années 30 et la Deuxième Guerre mondiale

En 1930, le gouvernement canadien réagit au problème du chômage, causé par le début de la Crise des années 30, en imposant de sévères restrictions à l'immigration. Bien que le Cabinet détienne le pouvoir d'approuver l'admission de certaines catégories d'immigrants et l'exerce effectivement dans certains cas, il n'accorde presque jamais la permission d'entrer à des Juifs. L'intolérance religieuse caractérise encore la société canadienne. L'antisémitisme, qui allie l'intolérance religieuse à la nouvelle « science » du racisme, s'affiche aussi parmi les dirigeants politiques et culturels (voir Préjugés et discrimination).

Face à la forte opposition à l'admission de Juifs, qui se manifeste tant au Cabinet qu'aux niveaux supérieurs de la fonction publique, le Congrès juif canadien se réorganise sous la direction de Samuel Bronfman et cherche à procurer un havre de sécurité au Canada à certains Juifs d'Europe, de plus en plus désespérés. Malgré des protestations de masse et des pressions continuelles exercées par les dirigeants communautaires et politiques tout au long de la Crise et des années de guerre, les plaidoyers en faveur des Juifs d'Europe, pris au piège, sont ignorés. Le Canada accueille, en proportion, moins de Juifs que n'importe quel pays occidental. Pendant ce temps, 17 000 Canadiens d'origine juive répondent à la mobilisation au cours de la Deuxième Guerre mondiale et servent dans les forces armées.

La dure période économique de la Crise rend les gens plus conscients de la nécessité de coordonner les collectes de fonds pour les organismes communautaires. Le niveau de coordination augmente à Toronto, avec la mise sur pied du United Jewish Welfare Fund, en 1937, et à Montréal, avec l'instauration de la Combined Jewish Appeal Campaign, en 1941.

L'après-Deuxième Guerre mondiale

Bénéficiant d'un essor économique, le Canada qui a besoin de travailleurs, ouvre ses portes aux immigrants peu après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Environ 40 000 survivants de l'Holocauste arrivent à la fin des années 40, en quête d'un pays pacifique, d'un endroit pour refaire leur vie, ou tout simplement pour venir rejoindre les parents qu'ils ont au pays. Dans les années 50, des Juifs fuyant le climat d'hostilité qui règne dans les pays nouvellement indépendants d'Afrique du Nord immigrent au Canada et s'établissent surtout à Montréal, où le fait qu'ils parlent français représente un atout.

Pendant la période d'après-guerre, les Juifs s'intègrent davantage à la vie canadienne. La législation sur les droits de l'homme, que l'on commence à introduire au Canada à la fin des années 40, élimine les pratiques discriminatoires qui avaient cours jusqu'alors. En 1971, l'instauration de la politique fédérale du multiculturalisme (plus tard complétée par les politiques provinciales et l'incorporation du multiculturalisme dans la constitution canadienne) met en lumière la légitimité du pluralisme culturel au sein de la mosaïque canadienne.

Les habitudes sociales changent aussi quand la deuxième ou la troisième génération née au Canada s'intègre davantage à la communauté. Les enfants des immigrants, hommes d'affaires et ouvriers, poursuivent des études universitaires, rejoignant les rangs des personnes instruites : médecins, dentistes, comptables, avocats et professeurs. La croissance des villes canadiennes dans la période d'après-guerre s'accompagne du déménagement des Juifs vers les nouvelles banlieues. Plutôt que de se disperser, les Juifs canadiens de la deuxième et de la troisième générations déménagent en se regroupant. Synagogues, écoles, centres communautaires et autres institutions sont relocalisés dans les nouveaux quartiers choisis.

Il existe une migration juive interne continuelle pendant l'après-guerre. Les populations juives de Toronto, Calgary, Edmonton et Vancouver augmentent durant les périodes de croissance économique. Au contraire, la population juive des petites villes et des zones rurales disparaît presque, à l'exception de celle des petites agglomérations qui ne sont pas trop éloignées des grands centres.

Communauté contemporaine

Le Canada est le cinquième foyer en importance de la communauté juive de par le monde, après les États-Unis, Israël, l'ancienne URSS et la France. D'après les données du recensement de 1991, le bureau canadien du Council of Jewish Federations estimait à environ 356 000 la population juive canadienne. Ce chiffre englobe ceux qui répondent « juif » à la question du recensement portant sur la religion, plus ceux qui répondent « sans religion », mais indiquent « juif » pour l'origine ethnique. Au recensement de 1996, on dénombrait 351 705 personnes juives, dont le plus grand nombre se trouve à Toronto qui en compte environ 156 300. Bien qu'on parle beaucoup d'« exode » juif, la population juive de Montréal n'a que légèrement baissé pour s'établir à environ 90 000 personnes. Entre 1981 et 1996, la communauté juive de Vancouver a augmenté du tiers, pour atteindre plus de 22 000 personnes.

Les chiffres les plus récents dont nous disposons indiquent qu'il y a toujours une importante immigration juive. Les données du recensement de 1991 montrent que près de 30 000 Juifs ont immigré au Canada entre 1981 et 1991. Ces immigrants représentent plus de 8 p. 100 de la population juive canadienne, ce qui correspond à peu près au pourcentage d'immigrants dans l'ensemble de la population canadienne pour la même période. Les immigrants juifs de cette période viennent principalement de l'ancienne URSS, d'Israël, d'Afrique du Sud et des États-Unis. La communauté s'enrichit en outre régulièrement de quelques convertis au judaïsme. Mais il se pourrait que ces apports à la communauté juive soient contrebalancés par la désaffiliation de certains Canadiens de descendance partiellement juive dont le nombre augmente.

La génération des survivants de l'Holocauste est maintenant âgée, mais la difficulté de vivre avec le souvenir d'avoir été les victimes d'un génocide, n'a pas encore été complètement surmontée. Les efforts déployés pour traduire en justice les criminels de guerre qui ont trouvé refuge au Canada deviennent un enjeu important dans les années 80 et le demeurent. Le souvenir de l'Holocauste et le combat mené contre ses séquelles revêtent non seulement une connotation personnelle pour les enfants et les arrière-petits-enfants des survivants, mais s'insèrent dans la trame de la vie communautaire des Juifs canadiens. Musées, conférences et autres activités sont autant de ressources à la disposition de la jeune génération de Juifs et des autres Canadiens qui sont perturbés par la menace d'un autre génocide.

En 1948, la création de l'État d'Israël marque le succès du mouvement sioniste et le commencement d'une période de resserrement graduel des liens entre les Israéliens et les Juifs canadiens. Les fédérations juives entretiennent des relations étroites avec Israël, tout comme le font les organismes de chacune des branches du judaïsme. Le Comité Canada-Israël a été créé pour mettre sur pied une organisation qui parlerait d'Israël au nom des Juifs au Canada. Des organisations spécialisées mettent en contact des Juifs canadiens avec des éléments particuliers de la société israélienne : universités, hôpitaux, programmes d'aide sociale. Les visites en Israël sont devenues plus fréquentes et prennent souvent la forme de visites parrainées par des organisations. La majorité des Juifs canadiens adultes ont visité Israël et beaucoup d'entre eux s'y sont même rendus plusieurs fois. Le nombre de Juifs canadiens qui peuvent parler l'hébreu augmente.

Les fédérations juives ont dépassé le stade de la satisfaction des besoins en matière d'aide sociale, pour développer des relations de coopération avec d'autres groupes de la communauté et pour défendre les Juifs contre la discrimination et l'antisémitisme par des activités directement reliées à la promotion de l'identité juive et à sa protection. À Montréal, un nouvel organisme rassembleur est fondé en 1965 : les Services communautaires juifs de Montréal. La section de Toronto du Congrès juif canadien fusionne avec l'United Jewish Welfare Fund en 1976 pour devenir la Jewish Federation of Greater Toronto. Les compressions gouvernementales récentes dans les services sociaux ont amené organismes et particuliers à se tourner davantage vers les services d'aide sociale soutenus par les fédérations juives pour obtenir de l'aide. Les 12 communautés juives affiliées au bureau canadien du Council of Jewish Federations partagent la responsabilité du Congrès juif canadien, des services aux étudiants dans les universités canadiennes, d'une commission sur la continuité, du Comité Canada-Israël , des Services canadiens d'assistance aux immigrants juifs, d'une analyse détaillée des données de recensement au sujet des Juifs et d'autres activités. Le bureau canadien est reconnu comme un organisme régional au sein de l'organisme nord-américain qui le chapeaute : le Council of Jewish Federations.

Le Juifs contribuent de façon significative à la culture canadienne : (voir en littérature, Littérature juive au Canada : Leonard Cohen, A.M. Klein, Henry Kreisel, Irving Layton, Eli Mandel, Mordecai Richler, Adele Wiseman, Miriam Waddington, Joseph Rosenblatt, Naim Kattan, Stuart Rosenberg, W. Gunther Plaut; en musique : Louis Applebaum, Milton Barnes, Alexander Brott, Harry Freedman, Srul Glick, Oskar Morawetz, John Weinzweig; dans les arts de la scène : Lloyd Bochner, Pauline Donalda, Lorne Greene, John Hirsch, Wayne and Shuster; en journalisme : Barbara Frum, Peter C. Newman) . Certains ont aussi occupé des postes de responsabilité dans les affaires publiques : (voir David Barrett, David Croll, Herb Gray, Bora Laskin, David Lewis, Stephen Lewis) et dans la vie économique (voir Famille Bronfman; Famille Reichmann; Sam Steinberg). La génération actuelle de Juifs canadiens compte des écrivains, des cinéastes, des musiciens, des journalistes, des gens d'affaires, des politiciens, des fonctionnaires et des chercheurs de premier plan.

Selon des théories actuelles sur l'identité ethnique, les groupes ethniques sont soit des diasporas soit des minorités en voie d'assimilation. Les diasporas sont constituées de groupes culturellement distincts éparpillés dans des pays éloignés, mais qui restent en contact avec leur mère patrie et les uns avec les autres. Voilà qui aide à comprendre la diversité ethnique canadienne en général et les Juifs canadiens en particulier. Historiquement, les Juifs sont des pionniers dans le développement de longue date d'un mode de vie continu de diaspora. Quand les sociétés modernes commencent à penser que les différences ethniques ou religieuses sont des questions de préférence personnelle, bien des Juifs décident de faire leur vie avec des amis et des conjoints n'appartenant pas à leur communauté d'origine. Avec l'importance des frontières nationales qui s'estompe, les différences culturelles et les communications internationales sont redevenues plus importantes. Aussi, certains Juifs, en réaction au relativisme culturel de la société moderne, comme d'autres personnes à la fin du XXe siècle, se tournent vers ce que leurs traditions leur enseignent au sujet des valeurs. Comme les membres des autres diasporas canadiennes, les Juifs font face au défi de mettre au point des stratégies pour vivre dans un Canada qui cherche à s'arrimer de plus en plus à un monde marqué par le pluralisme culturel, la globalisation et l'incertitude.