Malécites

Les Malécites ont toujours habité la région du FLEUVE SAINT-JEAN, au Nouveau-Brunswick et au Maine, et ils ont étendu très tôt leur territoire jusqu'au Saint-Laurent. Parlant la langue algonquienne, ils se nommaient eux-mêmes Welustuk (« de la belle rivière »). Leurs terres et leurs ressources sont délimitées à l'est par celles des MICMACS et à l'ouest par celles des Passamaquoddys et des Penobscots. Leurs histoires locales font état de nombreuses rencontres avec les IROQUOIS et les MONTAGNAIS. Ils établissent des relations stables qui dureront à peu près 100 ans avec les pêcheurs et commerçants européens au début du XVIIe siècle et avec les commerçants de fourrures spécialisés. Même si leur population est fortement décimée par des maladies apportées par les Européens, ces chasseurs de l'Atlantique conservent leurs territoires de chasse, de pêche et de cueillette le long de la côte ou des rivières et pratiquent le piégeage dans les vallées fluviales.

À cause de l'agitation générale provoquée par les hostilités des Européens entre Québec et PORT-ROYAL et de la recrudescence des batailles et des raids sporadiques sur le cours inférieur du fleuve Saint-Jean (Anglais contre Français), le commerce des fourrures de l'Est du pays décline. Les femmes malécites assument une plus large part du fardeau économique et se lancent dans la culture de plantes indigènes qui jusqu'alors n'étaient cultivées qu'au sud de leur territoire. Les hommes continuent de chasser, avec moins de succès cependant, mais ils s'avèrent utiles aux Français dans leur lutte contre les Anglais. Pendant une courte période à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, ils forment une véritable organisation militaire.

L'arrêt graduel des hostilités dans le premier quart du XVIIIe siècle et la diminution importante de la population de castors rendent impossible le retour au mode de vie traditionnel. L'arrivée des colons blancs met fin à l'agriculture dans les régions riveraines et toutes les terres que les Malécites occupent alors le long du fleuve Saint-Jean sont confisquées, faisant d'eux de véritables personnes déplacées. La menace de se voir aux prises avec une population affamée et errante pousse les administrateurs à créer les premières RÉSERVES INDIENNES au XIXe siècle, à Oromocto, à Fredericton, à Kingsclear, à Woodstock et à Tobique.

Au XIXe siècle, les Malécites pratiquent encore certaines activités artisanales traditionnelles comme la construction de WIGWAMS et de CANOTS EN ÉCORCE. Cependant, des changements importants ont eu lieu au cours des deux siècles précédents au fur et à mesure que les Malécites recevaient des Européens des outils tranchants, des récipients, des mousquets, de l'alcool, des denrées et des vêtements. Lorsqu'ils fabriquent des objets en bois et en écorce ou de la vannerie, et lorsqu'ils guident, piègent ou chassent, les Malécites se disent occupés à des « travaux indiens ». L'exploitation croissante de la pomme de terre au Maine et au Nouveau-Brunswick crée un débouché pour les paniers et les récipients qu'ils fabriquent. D'autres travaillent dans les secteurs de la papeterie, de la construction, de la santé, de l'enseignement et des affaires.

Les Malécites du Nouveau-Brunswick connaissent les mêmes problèmes de chômage et de pauvreté que les autres autochtones du Canada, mais ils se sont donné un système complexe et perfectionné de prises de décision et de distribution des ressources, en particulier à Tobique, où ils gèrent des entreprises communautaires de développement économique, d'exploration et de sports. Certains poursuivent des carrières fructueuses dans l'enseignement secondaire et supérieur et occupent des postes importants dans les milieux professionnels et commerciaux. Individus et familles jouent un rôle important dans la promotion des droits des autochtones et des femmes. D'autres encore travaillent au sein d'associations autochtones provinciales et fédérales, au gouvernement et dans des entreprises de développement communautaire. Au recensement de 1996, les Malécites étaient au nombre de 4659.

Voir aussi AUTOCHTONES : LES FORÊTS DE L'EST et les articles généraux sous la rubrique AUTOCHTONES.