Joseph-Henri-Maurice Richard, dit le « Rocket », CP, CC, OQ, joueur de hockey (né le 4 août 1921 à Montréal, QC; décédé le 27 mai 2000 à Montréal). Surnommé le « Rocket », Richard est sans doute le joueur le plus légendaire de l’histoire des Canadiens de Montréal. Huit fois membre d’une équipe concourant pour la Coupe Stanley et 14 fois sélectionné dans une équipe d’étoiles, il compte près de 20 records de la Ligue nationale de hockey à son actif au moment de sa retraite, dont un titre de meilleur buteur.

Jeunesse et carrière

Ainé de huit enfants, Richard naît dans le quartier de Bordeaux à Montréal. Il commence à jouer au hockey avec les équipes de son école et de son quartier. À 18 ans, tandis qu’il suit des cours à l’école technique de Montréal pour devenir machiniste, Richard joue avec plusieurs équipes, dont un club amateur — où il marque 133 des 144 buts de l’équipe — et aussi en junior avec les Maple Leafs de Verdun. (Richard utilise différents noms pour pouvoir jouer avec plusieurs équipes en même temps.) En 1940, il signe avec le Canadien sénior de Montréal, l’équipe-école du club. Les deux saisons qu’il passe dans ce club sont assombries par ses blessures et il joue peu, mais son talent ne passe pas inaperçu. Alors qu’il travaille à l’Atelier Angus du Chemin de fer du Canadien Pacifique (il continue ce travail pendant plusieurs étés, alors même qu’il joue dans la LNH), Richard rejoint les Canadiens de Montréal pour la saison 1942-43.

Carrière à la LNH

Pour ce qui est des buts marqués, Richard est en tête de la LNH 5 fois au cours des 18 saisons que compte sa carrière, et il est toujours le meilleur marqueur de tous les temps de la ligue quand il prend sa retraite. Il excelle sous la pression : il marque 82 buts dans les séries, dont six en prolongation ; sept coups de chapeau pendant les séries ; et marque également 18 buts décisifs dans les éliminatoires. En 1944, il marque les 5 buts qui font gagner son équipe 5–1 contre Toronto, et reçoit alors les trois étoiles du match (une première dans la ligue). Richard fait partie de huit équipes des Canadiens de Montréal qui gagnent la Coupe Stanley. Il reçoit le Trophée Hart en 1947.

Malgré ses blessures en début de carrière, Richard remporte dès le départ de nombreux succès avec la LNH. Après son 16e match, la nouvelle recrue se casse la cheville, mais il revient l’année suivante et marque 32 buts. En 1944–45, il marque 50 buts en 50 jeux — une prouesse qui est un record pendant de nombreuses années. Au même moment, la « Punch Line » — composée de Richard, Hector “Toe” Blake et Elmer Lach — devient l’un des trios les plus célèbres de tous les temps. Le fameux surnom de Richard — le « Rocket » — lui est donné par son coéquipier Raymond Getliffe car Richard passe à côté des autres joueurs à la vitesse de l’éclair pendant l’entraînement. (Son jeune frère, Henri, qui joue aussi avec les Canadiens, et lui-même un des joueurs les plus appréciés de l’équipe, est surnommé le « Pocket Rocket ».)

Bagarre, suspension, et l’émeute Richard

D’un caractère extrêmement compétitif, Richard a un tempérament fougueux et il refuse rarement un défi et ne laisse pas souvent une attaque sans réponse. En mars 1955, une bagarre éclate entre Richard et le joueur des Bruins de Boston : Hal Laycoe. Richard s’en prend à lui avec son bâton et frappe un juge de ligne qui s’interpose. Clarence Campbell, le président de la LNH, suspend Richard jusqu’à la fin de la saison, cela comprend les trois derniers matches de la saison régulière et toutes les séries éliminatoires. Ceci cause un véritable tollé au sein des supporters des Canadiens, surtout parce que Richard est sur le point de gagner son premier titre de meilleur marqueur à ce moment-là. Dans un match au Forum de Montréal le jour de la Saint Patrick, des supporters furieux attaquent Campbell et la violence se répand dans les rues jusqu’à devenir l’une des pires émeutes sportives de l’histoire canadienne. L’événement se transforme en « Émeute Richard ». Cela donne la mesure de la passion qu’inspire Richard à l’époque — on lui attribue depuis d’être l’une des premières manifestations du réveil de la conscience nationaliste au Québec. À la suite de cette suspension, Richard perd le championnat du meilleur compteur au profit de son coéquipier Bernard « Boom Boom » Geoffrion. Ce titre ne sera d’ailleurs plus jamais à sa portée, une des rares distinctions à lui échapper au cours de sa carrière. Sans sa présence lors des séries, les Canadiens sont éliminés par les Red Wings de Détroit, mais ils reviennent et remportent les cinq championnats suivants, avec Richard comme capitaine lors des quatre derniers.

Décès et Héritage

La carrière de Richard se termine en 1960 à la suite de plusieurs blessures, dont un tendon d’Achille sectionné. Au moment de sa retraite, il détient presque 20 records de la LNH. Ses 544 buts en saison régulière constituent un record de la LNH quand il se prend sa retraite, et le nombre de 50 buts en 50 matches est surpassé par Mike Bossy en 1980–81 seulement. Richard est intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1961, peu après avoir pris sa retraite, la LNH renonçant à la règle qui exige une période d’attente de trois ans de retraite afin de l’accueillir en son sein immédiatement. La même année, les Canadiens retirent le numéro « 9 » qui était le sien. En 1967, Richard est fait Officier de l’Ordre du Canada, et Compagnon en 1998. En 1999, la LNH dévoile son nouveau trophée, le Trophée Maurice « Rocket » Richard, qui est attribué chaque année au meilleur marqueur de la ligue pendant la saison régulière. Quand Richard meurt du cancer en 2000 à l’âge de 78 ans, on lui organise des funérailles nationales — les premières à être accordées à un athlète canadien.

Malgré le fait que 50 ans nous séparent du dernier match de hockey qu’il a joué en professionnel, on se souvient toujours de Maurice « Rocket » Richard comme l’un des joueurs les plus hauts en couleur et compétitifs de l’histoire du hockey. Avec son regard de feu, sa détermination et une capacité hors du commun à marquer des buts, Richard est, et restera, considéré comme un héros au Québec, un héros dont la célébrité s’étend bien au-delà des supporters du sport qu’il aimait tant.