Territoire traditionnel

Territoire traditionnel des Mi'kmaq.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Les Mi’kmaq font partie des premiers occupants de la région atlantique canadienne; ils ont habité les côtes de Gaspé et les provinces maritimes à l’est du fleuve Saint-Jean. Ce territoire traditionnel, appelé Mi’gma’gi (Mi’kma’ki), est constitué de sept zones : Unama’gi (Unama’kik), Esge’gewa’gi (Eskikewa’kik), Sugapune’gati (Sipekni’katik), Epegwitg aq Pigtug (Epekwitk aq Piktuk), Gespugwi’tg (Kespukwitk), Signigtewa’gi (Siknikt) et Gespe’gewa’gi (Kespek). Les Mi’kmaq occupent toujours ces régions, en plus de quelques communautés à Terre-Neuve et en Nouvelle-Angleterre, plus particulièrement près de Boston. Selon l’histoire orale mi’kmaq et les données archéologiques, les Mi’kmaq peuplent Mi’gma’gi depuis plus de 10 000 ans. (Voir aussi Territoire autochtone.)

Vie traditionnelle

L’histoire orale et archéologique de Mi’gma’gi, avant l’arrivée des Européens, indique un mode de vie saisonnier tant sur le plan de l’habitation que de la collecte des ressources : les étés et printemps sont passés sur la côte, et les hivers, dans les terres intérieures. Les Mi’kmaq dépendent de ressources qu’ils trouvent sur leur territoire et mettent à profit chaque élément de ce qu’ils récoltent. Les crustacés, les petits comme les grands mammifères marins et terrestres, par exemple, leur servent à se nourrir, à se vêtir et à fabriquer des outils et des habitations. Ils utilisent aussi le bois abondant pour construire, avec des peaux et des tendons d’animaux, des canots, des raquettes et des abris. Les Mi’kmaq comptent uniquement sur leur environnement pour survivre, ce qui explique leur puissante vénération dela Terre qui les nourrit.

Population

En 2015, le nombre de personnes inscrites dans les Premières Nations mi’kmaq s’élève à 58 763. De ce nombre, 23 997 sont des membres de la Première Nation terre-neuvien de Qalipu, une communauté sans territoire officiellement reconnue par le gouvernement du Canada en 2011. Si on exclut les les Qalipu, 56 % des Mi’kmaq vivent dans des réserves, selon les données de 2015. Le territoire de Mi’gma’gi est habité par 30 nations mi’kmaq, dont 29 au Canada. La bande mi’kmaq Aroostook de Presque Isle, dans le Maine, compte plus de 1 200 membres. Toutes ces communautés, sauf deux (la Première Nation mi’kmaq des Qalipu et la nation des Micmacs de Gespeg, à Fontenelle, au Québec), possèdent des terres de réserve. Un grand nombre de Mi’kmaq vit toutefois à l’extérieur des réserves, à Mi’gma’gi ou ailleurs. Enfin, il est important de noter que d’autres Mi’kmaq existent peut-être sans avoir été recensés officiellement, le statut d’Indien régulé par la Loi sur les Indiens n’étant pas octroyé à tout le monde.

Organisation politique et sociale

Historiquement, les colonies mi’kmaq se caractérisent par un ensemble d’habitations communes ou individuelles regroupées le long d’une baie ou d’un cours d’eau. Les différentes communautés se rassemblent en vertu d’alliances ou de liens du sang. Les dirigeants, élus en fonction de leur prestige plutôt que leur force, se préoccupent surtout de la bonne gestion de l’économie de subsistance, comme la chasse et la pêche.

Les Mi’kmaq entretiennent des liens étroits avec d’autres communautés locales, dont les Malécites et les Pescomodys. Ces trois peuples, avec les Penobscots et les Abénakis, forment la Confédération Wabanaki, un regroupement de nations actives au plan politique depuis leur premier contact avec les Européens jusqu’à aujourd’hui.

Le Sante Mawiomi est le grand conseil qui fait office de gouvernement traditionnel pour le peuple mi’kmaq au Canada, en plus d’être considéré comme leur autorité spirituelle. Créé avant l’arrivée des premiers Européens, le Grand Conseil existe encore aujourd’hui, bien que ses pouvoirs politiques sont restreints par la législation fédérale, notamment la Loi sur les Indiens. Dans les années 1600 et 1700, le Grand Conseil a débattu d’enjeux politiques et négocié des traités avec les Britanniques. Aujourd’hui, les membres du Sante Mawiomi luttent pour la préservation et la promotion du peuple mi’kmaq, de leur langue et de leur culture.

Des représentants des quatre coins du territoire mi’kmaq siègent au Conseil. À l’époque, c’est le Grand Chef (Kji Sagamaw ou Kji Sagmaw) qui défend le mandat de chef d’État pour l’organe politique collectif des Mi’kmaq, lui-même constitué de capitaines (keptins ou kji’keptan), qui dirigent le conseil, de lecteurs de wampums (putu’s ou putus), qui maintiennent les traités et les lois traditionnelles, et de soldats (smagn’is), qui protègent le peuple. Aujourd’hui, le chef, les capitaines et les lecteurs dirigent encore le conseil, mais leur rôle, sous l’égide du gouvernement fédéral, est réduit à des considérations principalement spirituelles et culturelles. D’autres organisations, comme l’Initiative sur les droits des Mi’kmaq (Kwilmu’kw Maw-klusuaqn), défendent la reconnaissance et l’application des droits issus des traités sur la scène politique. (Voir aussi Traités autochtones.)

Culture

À l’instar des autres peuples autochtones de la région des forêts de l’Est, les Mi’kmaq créent des œuvres artistiques qui sont intimement liées au monde naturel. De nombreux artistes mi’kmaq contemporains comme Alan Syliboy réinterprètent les traditions artistiques mi’kmaq, notamment la peinture rupestre et l’art à base de piquants de porc-épic. (Voir aussi Art autochtone au Canada.)

La musique est un autre élément important de la culture mi’kmaq. Une foule de chansons et de chants traditionnels sont encore interprétés aujourd’hui dans le cadre de rituels spirituels, de festins, de mawiomi (rassemblements), de cérémonies culturelles et de pow-wow. Dans certains cas, les chants mi’kmaq sont composés de syllabes plutôt que de mots ayant un sens précis, pour exprimer des émotions.

Langue

Le mi’kmaq fait partie de la famille Wabanaki des langues algonquiennes de l’est, qui inclut les différents dialectes abénakis et les langues penobscots et malécites-pescomodys. Dans l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, quelque 8 935 personnes affirment parler la langue mi’kmaq. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)

Le mi’kmaq possède un alphabet écrit, composé de consonnes individuelles et doubles ainsi que de cinq voyelles qui peuvent être longues ou courtes. Historiquement, les Mi’kmaq utilisaient des pictogrammes, mais le système d’écriture a changé au contact des missionnaires qui ont appris la langue pour enseigner le catholicisme au 17e siècle. À une époque, les Mi’kmaq comptent plus de 17 dialectes différents, dont le restigouche, un dialecte unique au Québec. Le contact linguistique avec les locuteurs du français et de l’anglais, toutefois, a érodé la prévalence du mi’kmaq et effacé la plupart de ses différences dialectales.

Malgré de multiples défis, des programmes linguistiques, notamment les programmes d’immersion à l’école secondaire, aident à revitaliser la langue mi’kmaq. En 1970, on comptait environ 6 000 locuteurs du mi’kmaq, contre près de 9 000 en 2011. Ces chiffres, toutefois, peuvent être trompeurs. En effet, l’Enquête nationale auprès des ménages demande aux personnes d’auto-évaluer leur « compréhension » de la langue, tandis que les linguistes mesurent la santé d’une langue selon le nombre de locuteurs qui la parlent couramment. En 1999, un rapport publié par le Centre d’excellence en formation linguistique mi’kmaq de Nouvelle-Écosse mentionne que moins de 3 000 personnes sont capables de parler couramment le mi’kmaq.

Le mi’kmaq est néanmoins la seule langue autochtone encore en usage à Mi’gma’gi (le malécite n’étant parlé que par 800 locuteurs en 2011). En tant que tel, il demeure un symbole important de la vigueur culturelle et de la persévérance de la communauté mi’kmaq.

Religion et spiritualité

La spiritualité mi’kmaq est fermement ancrée dans le monde naturel. En effet, les Mi’kmaq croient que le secret d’une vie équilibrée réside dans le respect et la protection de l’environnement et dans l’harmonie entre les peuples et les créatures qui vivent sur la planète. L’analyse de la langue mi’kmaq accroît encore davantage l’importance fondamentale de cette vision du monde. Plutôt que d’utiliser une structure séquentielle basée sur des temps de verbe (comme l’anglais et le français), la langue mi’kmaq se fonde sur l’expérience du locuteur pour créer du sens.

La culture et la religion traditionnelles des Mi’kmaq reposent sur des personnages légendaires comme Glooscap, qui aurait formé la vallée de l’Annapolis en se couchant sur la Nouvelle-Écosse et en utilisant l’Île-du-Prince-Édouard comme oreiller. Le Grand Esprit est pour eux le créateur du monde et de tous ses habitants, une croyance que les colons et les missionnaires catholiques n’ont pas réussi à déloger lorsqu’ils ont commencé à influencer la spiritualité et la religion des Mi’kmaq au cours du 17e siècle (voir aussi Religion des Autochtones).

Histoires de la création

Les Mi’kmaq, comme la plupart des peuples autochtones, racontent leur passé et leur spiritualité à l’aide d’histoires. Selon une tradition orale mi’kmaq, le monde a été créé par le Grand Esprit en sept étapes : le ciel, le Soleil, la Terre nourricière, puis les premiers humains, Glooscap, sa grand-mère, son neveu et sa mère. Des étincelles de feu que Glooscap a créé de toute pièce sont nés sept hommes et sept femmes, les fondateurs des sept régions de Mi’gma’gi. Il existe toutefois de nombreuses histoires expliquant les origines du monde et la manière de bien y vivre.

Vistas – Petit Tonnerre, Nance Ackerman et Alan Syliboy, Office national du film du Canada

Christianisme

En 1610, le chef mi’kmaq Henri Membertou (sagamo ou sagamore) devient le premier Autochtone à recevoir un baptême catholique en Nouvelle-France, donnant ainsi le coup d’envoi à un mouvement de conversion intense et à un mélange des coutumes. Les peuples mi’kmaq, qui se sont rapidement adaptés aux marchandises importées d’Europe, sont réceptifs aux nouvelles pratiques religieuses.

En 1610, un concordat – une entente formelle entre les Mi’kmaq et le Vatican marquée par la création d’un wampum – est signé pour réguler les affaires commerciales, politiques et religieuses entre les Mi’kmaq et les Français. En faisant des Mi’kmaq des sujets catholiques français, le concordat légalise le commerce et les autres relations entre les colons et les peuples autochtones à Mi’gma’gi et en Acadie. Si les Mi’kmaq continuent de pratiquer leurs propres coutumes, ils intègrent aussi les enseignements des prêtres qui ont appris leur langue, liant ainsi le catholicisme à leur identité spirituelle.

La religion des Mi’maq demeure, encore aujourd’hui, solidement teintée de catholicisme. Au début des années 1990, des Mi’kmaq un peu partout à Mi’gma’gi commencent à célébrer le Jour anniversaire du traité (le 1er octobre) en incorporant des rituels traditionnels tels que l’utilisation de tambours et la combustion d’herbes sacrées durant la messe catholique. Malgré tout, grâce à un travail consciencieux de la part du peuple autochtone pour conserver ses coutumes et croyances, la spiritualité mi’kmaq traditionnelle est encore pratiquée aujourd’hui.

Histoire coloniale

Étant proches de la côte Atlantique, les Mi’kmaq font partie des premiers peuples nord-américains à interagir avec les explorateurs, les pêcheurs et les commerçants européens. Ils subissent donc très tôt une dépopulation et des bouleversements socioculturels. Certains historiens estiment même que les maladies européennes ont décimé près de la moitié de la population mi’kmaq entre les années 1500 et 1600.

En raison de contacts et d’échanges commerciaux sporadiques avec les pêcheurs européens, les Mi’kmaq qui entrent en contact avec les premiers villages européens sur le territoire que l’on appelle aujourd’hui le Canada connaissent déjà les colons, leurs marchandises et leurs habitudes commerciales. De plus, on retrouve dans l’histoire orale des Mi’kmaq la prémonition d’une Mi’kmaq selon laquelle des gens arriveraient à Mi’gma’gi sur des îles flottantes. La femme a aussi prédit l’arrivée d’un esprit légendaire qui aurait traversé l’océan à la recherche de « gens aux yeux bleus ». Ces prédictions font en sorte que les Mi’kmaq sont déjà préparés lorsqu’ils rencontrent les pêcheurs pour la première fois sur leur littoral.

À mesure que les populations d’animaux à fourrure diminuent rapidement à cause de la forte demande, les Mi’kmaq participent à la traite des fourrures en servant d’intermédiaires entre les Européens et les bandes vivant plus à l’ouest. Ces circonstances modifient profondément le mode de vie des Mi’kmaq, qui se consacrent de plus en plus au piégeage et à la vente des fourrures plutôt qu’à la chasse et à la cueillette de subsistance.

Traités

Le conflit prolongé entre les puissances coloniales françaises et anglaises force souvent les Mi’kmaq à se mêler aux batailles. De façon générale, les Mi’kmaq sont des alliés des Français, qui ont établi leurs colonies à travers l’Acadie jusqu’au 18e siècle. Au cours de ce siècle, toutefois, ils signent des traités de paix avec l’Angleterre en 1726, 1749, 1752 et 1760-1761, suivis par deux traités d’amitié concrétisant des alliances scellées durant la Révolution américaine. Le traité de 1726 sert de base aux traités ultérieurs. (Voir aussi Traités autochtones.)

Ces traités entre nations souveraines reconnaissent les droits ancestraux inhérents des Mi’kmaq et servent de référence aux traités modernes de revendications territoriales globales et aux renégociations. La Proclamation royale de 1763, si elle définit les droits des Autochtones dans la majorité du Canada, ne fait aucune mention des colonies des Maritimes. C’est pour cette raison que la plupart des colons européens ou loyalistes arrivés après les traités ignorent ou choisissent d’ignorer les droits des Mi’kmaq.

En 1985, la Cour suprême du Canada reconnaît que la relation entre les Mi’kmaq et la Couronne date des traités signés au 18e siècle et que, ce faisant, les Mi’kmaq ont des droits ancestraux en ce qui a trait aux territoires décrits dans ces traités. Depuis le 1er octobre 1986, le Jour anniversaire du traité commémore en Nouvelle-Écosse et dans d’autres régions du Canada atlantique la signature et la valeur des traités de paix et d’amitié des Mi’kmaq.

Luttes des 19e et 20e siècles

La vie des Mi’kmaq est loin d’être aisée sous les gouvernances britannique puis canadienne. En effet, ces gouvernements cherchent par tous les moyens à modifier leur style de vie. La plupart des tentatives visant à faire des Mi’kmaq des agriculteurs échouent à cause de programmes mal conçus et de l’empiétement des terres de réserve. Le contexte économique, qui privilégie l’emploi de travailleurs journaliers, provoque des changements irréversibles : les artisanats, la tonnellerie, la pêche des marsouins et les travaux routiers, ferroviaires et forestiers permettent aux Mi’kmaq de mieux s’intégrer dans l’économie des 19e et 20e siècles, mais les laissent néanmoins isolés sur le plan social.

Comme c’est le cas pour de nombreux peuples autochtones au Canada, les Mi’kmaq ressentent toujours le traumatisme infligé par le système des pensionnats. Dans les années 1940, le ministère des Affaires indiennes exacerbe cette dislocation culturelle, générationnelle et économique en forçant plus de 2 000 Mi’kmaq vivant dans de petites communautés à déménager dans des réserves désignées par le gouvernement. Ces déplacements, mis en œuvre dans le seul but de simplifier l’administration gouvernementale, témoignent d’une mauvaise gestion et de stratégies expérimentales. Ils ont par conséquent des répercussions désastreuses sur les communautés concernées. Les maisons, les églises et les usines sont abandonnées et remplacées par des lieux de vie où les conditions sont misérables et où les Mi’kmaq deviennent dépendants sur le plan économique.

Vie contemporaine et activisme

Selon les données de 2015, on compte 13 nations mi’kmaq en Nouvelle-Écosse pour une population totale de 16 268 inscrits. Le nombre de Mi’kmaq dans les neufs nations du Nouveau-Brunswick s’élève à 8 210 inscrits, tandis que les deux nations vivant sur l’Île-du-Prince-Édouard et les deux nations de Terre-Neuve-et-Labrador comptent respectivement 1 294 et 26 966 inscrits. Les trois nations du Québec, pour leur part, représentent une population totale de 6 025 inscrits. Avant 2011, la population des Mi’kmaq inscrits à Terre-Neuve-et-Labrador était bien moins nombreuse; en effet, cette année-là, le gouvernement fédéral a reconnu le statut de plus de 23 000 Mi’kmaq, qui ont formé la Première Nation mi`kmaq des Qalipu.

La formation de la nation qalipu est un exemple de l’activisme qui perdure au sein des Mi’kmaq. En 1999, la Cour suprême du Canada confirme le droit de Donald Marshall fils, et par extension de tous les Mi’kmaq, de pouvoir s’assurer une « subsistance convenable » grâce à l’exercice de la chasse et de la pêche. Ce jugement fait suite à la condamnation, en 1996, de Donald Marshall qui avait pêché en dehors de la période autorisée. La cour a jugé que les traités de paix et d’amitié signés en 1760 et 1761 garantissaient aux Mi’kmaq le droit de pêcher.

Cette décision déclenche la crise de Burnt Church, un conflit au cours duquel les tensions entre les Mi’kmaq et les pêcheurs non autochtones deviennent explosives. En effet, les pêcheurs font valoir qu’une récolte non contrôlée de homards entraînerait l’effondrement des stocks. Malgré la campagne de lobbying pacifiste menée par des organisations comme Bay of Fundy Inshore Fishermen’s Association auprès de ses propres membres, quelques pêcheurs non autochtones détruisent les pièges et d’autres équipements appartenant aux Mi’kmaq. La situation menace de dégénérer en scènes de violence avant que le gouvernement fédéral y mette un point final, ou presque, en rachetant les permis et l’équipement de quelques pêcheurs non autochtones et en concluant des ententes avec plusieurs communautés mi’kmaq pour réglementer une pêcherie commerciale. D’autres communautés mi’kmaq ne parviennent toutefois pas à une entente et continuent de réclamer du gouvernement fédéral qu’il reconnaisse leurs droits issus des traités.

En octobre 2013, des membres de la Première Nation Elsipogtog, au Nouveau-Brunswick, organisent une manifestation contre l’extraction du gaz naturel par fracturation hydraulique sur les terres publiques voisines de leur communauté. Les protestations sont centrées sur des arguments environnementaux contre la fracturation hydraulique et le fait que le territoire en question n’a jamais été cédé. Dans le cadre de la manifestation, on érige des barricades sur la route 11 et plusieurs organisateurs sont arrêtés. Les scènes montrant des manifestants non violents qui font face aux agents de la GRC sont immortalisées dans des images devenues iconiques et relancent le débat sur les titres fonciers autochtones ainsi que la politique de la gérance environnementale dans une économie industrielle.