Nation dénée

La Nation dénée aurait habité le centre et le nord-ouest du Canada, du delta du Mackenzie jusque l'Alaska à l'ouest, le Nunavut à l'est et les Prairies au sud. Sa réserve est appelée le Denedeh, ce qui signifie « l'esprit du Créateur circule sur ces terres ». Les Dénés - terme qui signifie « les gens » - font partie du groupe des langues athapascanes, le plus grand groupe linguistique en Amérique du Nord. (Voir AUTOCHTONES, LANGUES DES). La Nation dénée comprend les PLATS-CÔTÉS-DE-CHIEN, les CHIPEWYANS ainsi que les ESCLAVES du sud et les LIÈVRES (Esclaves du nord).

La Nation dénée (avant 1978, la Fraternité des Indiens des Territoires du Nord-Ouest) est l'organisation politique créée en 1970 pour représenter les Dénés, ou les peuples nordiques de langue athapascane et leurs descendants (lesquels proviennent du Denendeh, une région comprenant la vallée du Mackenzie et les Barren Grounds des Territoires du Nord-Ouest) dans le règlement de questions non réglée avec le gouvernement du Canada concernant les terres et l'exercice des pouvoirs.

L'organisation se développe en réaction aux préoccupations de longue date au sujet du libellé de la version du gouvernement fédéral des traités no 8 et no 11 signés avec les Dénés, le premier en 1899-1900 et le second en 1921-1922. Ces préoccupations poussent cette organisation, peu après sa constitution, à déposer une opposition (ou avertissement légal aux tierces parties) alléguant un intérêt continu dans les terres décrites dans ces traités. Cette cause (appelée l'affaire Paulette) est contestée mais, en 1973, le juge W. Morrow, de la Cour suprême des Territoires du Nord-Ouest, reconnaît que certains droits ancestraux continuent d'exister. Bien que rejeté en appel pour des raisons techniques, ce jugement oblige néanmoins le gouvernement fédéral à reconnaître la nécessité d'entreprendre de nouvelles négociations avec les Dénés.

La Nation dénée soutient depuis toujours que les négociations relatives aux DROITS DES AUTOCHTONES portent essentiellement sur l'établissement de relations politiques entre les Dénés et l'État canadien. Cette prétention est accentuée par le libellé sur l'autodétermination dans la Déclaration des Dénés (1975), dans le préambule d'un projet d'entente de principe (1976) et dans les preuves présentées lors des audiences de la commission Berger sur le projet du PIPELINE DE LA VALLÉE DU MACKENZIE (1975-1977). Depuis lors, l'incompatibilité entre cette position et celle du gouvernement fédéral continue d'être une source de préoccupations.

Questions foncières
En 1981, le gouvernement fédéral et les Dénés s'emploient à négocier une entente sur les aspects non politiques des questions foncières non résolues. Toutefois, le gouvernement suspend les négociations avec les Dénés à la suite de l'adoption, lors de l'assemblée annuelle des Dénés en 1990, d'une résolution exigeant que les droits ancestraux et issus de traités soient affirmés dans l'entente définitive. Par la suite, on parvient à conclure avec certaines régions du Denendeh une entente comportant des clauses semblables à celles négociées dans cette entente définitive.

La Nation dénée s'occupe également de programmes qui lui sont destinés et qui ont trait à la santé, à l'éducation, au développement communautaire, aux questions juridiques, à l'exploitation des terres et des ressources ainsi qu'aux communications. Le premier président (maintenant appelé chef national) de la Nation dénée est Mona Jacobs, de Fort Smith dans les Territoires du Nord-Ouest. Ce poste de directeur de l'exécutif est par la suite occupé par Roy Daniells, James Wah-Shee, Georges ERASMUS, Stephen Kakfwi et Bill Erasmus.

Voir aussi REVENDICATIONS TERRITORIALES, AUTOCHTONES, ORGANISATIONS ET ACTIVISME POLITIQUES DES.