Fondation et croissance de l’organisation

Le 3 octobre 1969, 16 chefs s’unissent pour s’opposer au Livre blanc du gouvernement Trudeau et fondent la Fraternité des Indiens des Territoires du Nord-Ouest. Le Livre blanc propose de transférer la responsabilité des peuples autochtones du gouvernement fédéral aux provinces et territoires. Depuis ce temps, la Fraternité des Indiens des Territoires du Nord-Ouest défend les droits et les intérêts des Denés du Canada.

L’organisation se développe en réponse à des différends de longue date concernant des termes inscrits dans la version du gouvernement fédéral des Traités no 8 et no 11, signés avec les Dénés en 1899-1900 et 1921-1922 respectivement. Le gouvernement maintient que les Dénés ont éteint leurs droits sur la terre (c.-à-d. y ont renoncé) en signant les traités ; les Dénés affirment que leurs ancêtres n’ont jamais eu cette intention (voir Territoire autochtone). Après avoir mené des recherches et rencontré les communautés dénées dans les Territoires du Nord-Ouest, le juge président, W.G. Morrow, tranche que les Dénés ont en fait des droits sur la terre et ses ressources. Cependant, la Cour suprême du Canada infirme le jugement, appelé l’affaire Paulette, sur des points techniques. Les conclusions du juge Morrow sur les droits ancestraux n’en demeurent pas moins valides, ce qui amène le gouvernement à reconnaître la nécessité de nouvelles négociations sur les intérêts des Dénés.

Autonomie gouvernementale et revendications territoriales

En 1976, la Fraternité des Indiens des Territoires du Nord-Ouest publie le document « Déclaration et Manifeste des Dénés » qui réclame l’autonomie gouvernementale pour les Dénés dans la vallée de la Mackenzie (voir Rivière Mackenzie). C’est dans cette région que le pipeline de la vallée du Mackenzie doit être construit. Cependant, des incompatibilités entre la position des Dénés et celle du gouvernement fédéral concernant les droits et les titres des terres et des ressources de la vallée du Mackenzie en font un problème persistant.

En 1978, la Fraternité change officiellement de nom, devenant la Nation dénée, afin d’inclure « toutes les personnes qui se sont officiellement déclarées dans le registre déné. » L’organisation continue à militer pour les droits et les intérêts du peuple déné.

En 1981, le gouvernement fédéral et les Dénés négocient une revendication territoriale globale en ce qui a trait aux aspects non-politiques des différends territoriaux restants. Le gouvernement suspend les négociations après que l’Assemblée dénée vote une résolution, en 1990, insistant pour que les droits ancestraux et ceux des traités soient réaffirmés dans l’entente finale. Un an plus tard, la Commission canadienne des droits de la personne appuie les revendications des Dénés aux droits ancestraux et appelle le gouvernement canadien à réviser sa politique fondée sur l’extinction des droits.

Pendant les décennies suivantes, les Dénés obtiennent certains succès quant à leurs revendications territoriales et leur autonomie gouvernementale. En juillet 1993, les Dénés et Métis du Sahtu approuvent avec une forte majorité une entente de revendication territoriale globale négociée avec les gouvernements fédéral et territorial. Les Dénés et Métis du Sahtu reçoivent les titres de 41 437 km2 de terres, un paiement de 75 millions de dollars, le droit de chasse et pêche sur le territoire et une garantie que les Dénés seront consultés sur certaines questions comme l’utilisation de la terre et des ressources dans la zone d’établissement. Le 1er septembre 2016, les Dénés de Deline (bénéficiaires de la revendication territoriale du Sahtu) obtiennent le droit à l’autonomie gouvernementale. Le gouvernement Deline Go’tine devient le premier gouvernement autonome d’une Première Nation dans les Territoires du Nord-Ouest.

Structure organisationnelle

La Nation dénée est composée de conseils exécutifs et régionaux qui représentent les Dénésulines (Chipewyans), les Tlichos (Plats-Côtés-de-Chien), les Deh Gah Got’ine (Esclaves), les K’ashot’ine (Lièvres) et les Dinjii Zhuh (Gwich’in, autrefois appelés Loucheux).

Ses membres se rencontrent chaque année dans l’Assemblée nationale, où ils débattent des questions politiques, juridiques, sociales et culturelles touchant le peuple déné.

Le premier président de l’organisation (aujourd’hui appelé chef national) est Morris Lafferty de Fort Smith, dans les Territoires du Nord-Ouest. Par la suite, Mona Jacobs, Roy Daniels, James Wah-Shee, Georges Erasmus, Stephen Kakfwi et Bill Erasmus occupent le poste de premier dirigeant.

Activités actuelles

La Nation denée est engagée dans des programmes pour la santé et l’éducation des Dénés, le développement communautaire, les questions juridiques, le développement des terres et des ressources et les communications. L’organisation continue à œuvrer pour l’autonomie gouvernementale et la reconnaissance des droits et des territoires autochtones au Canada.