Les Nisga’a sont les premiers occupants de la vallée du fleuve Nass, au nord-ouest de la Colombie-Britannique. En 2011, 1909 Nisga’a vivent toujours sur les terres nisga’a le long du fleuve Nass, dans les villages de Gitlaxt’aamiks (auparavant New Aiyansh), de Gingolx, de Laxgalts’ap (auparavant Greenville) et de Gitwinksihlkw (auparavant Canyon City). Quatre mille cinq cents autres Nisga’a vivent dans les zones urbaines environnantes de Terrace, de Prince-Rupert et Prince-Édouard et dans le Grand Vancouver, et partout en l’Amérique du Nord.

Langue

Le nass-gitksan, la langue des Nisga’a, continue d’exister sous trois formes : le nisga’a, et le Gitksan de l’Est et de l’Ouest. Cette langue fait partie de la famille des langues Tsimshian.

Le nass-gitksan est remplacé par l’anglais de manière progressive, mais les Nisga’a ont pris des mesures pour préserver leur langue en l’enseignant dans les écoles du district nisga’a et en archivant en ligne les mots et les phrases de cette langue. Plus de 300 personnes parlent couramment le nass-gitksan dans les villages nisga’a.

Vie et culture

La vie nisga’a reflète des habitudes culturelles communes aux Autochtones de la Côte Nord-Ouest. Bien avant l’arrivée des Européens, des artistes doués avaient créé des sculptures monumentales de cèdre telles que les totems, des figures, des maisons en planches et des canoës. Bien que la tradition de sculpture nisga’a ait failli disparaître, elle a été revitalisée. Les totems nisga’a se dressent partout dans le monde, notamment sur les rives du Nass. Parmi les maîtres sculpteurs nisga’a, on retrouve Norman Tait, Roy McKay et Alver Tait.

Bon nombre des aspects traditionnels de la vie continuent d’être importants, comme la dépendance équilibrée des Nisga’a à la chasse, à la pêche et à la cueillette de plantes, et à la célébration de la fête potlatch.

Chaque Nisga’a appartient à un clan ou à une phratrie. Il existe quatre clans : Killer Whale (épaulard), Raven (corbeau), Wolf (loup) et Eagle (aigle). L’appartenance à un clan est déterminée par un système matrilinéaire. Cet héritage maternel du clan comprend aussi les droits relatifs aux noms, aux chants et aux danses.

Le secteur des ressources naturelles occupe une place importante dans la vallée du fleuve Nass, où la plupart des emplois sont liés aux industries de la pêche et de la sylviculture. Depuis 2000, les Nisga’a ont la propriété et le contrôle de toutes les ressources de leur territoire traditionnel. Ils sont impliqués dans la gestion, les contrats et la jouissance de ces industries de ressources naturelles.

Revendication territoriale historique

De tout temps, les Nisga’a ont été au premier rang des mouvements de revendications territoriales autochtones, et ils continuent de l’être. En 1907, les Nisga’a créent le Comité sur les terres des Nisga’a, qui publie des pétitions, des avis de protestation et des actions de Revendications territoriales. En 1913, une de ces pétitions, la pétition nisga’a de 1908, a été peaufinée en un document légal réclamant les terres de la vallée Nass. Ce document stipulait que les Nisga’a occupaient cette région depuis « des temps immémoriaux ». Après plusieurs décennies, ils ont porté leur revendication devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique en 1969 (voir Calder Case) pour obtenir une déclaration selon laquelle ils n’avaient jamais cédé leurs terres traditionnelles, par traités ni par autres moyens. Lorsque leur prétention a été rejetée par les cours de la Colombie-Britannique, ils l’ont portée à la Cour suprême du Canada; laquelle, dans sa décision de 1973, a soutenu la notion de titre autochtone, mais aucun accord n’a été conclu quant à l’évaluation et la suppression de ces droits.

Défis d’autogouvernance

Après des années de négociations, un accord de principe historique a été signé entre les Nisga’a et le Canada et la Colombie-Britannique le 22 mars 1996. Ce document exhaustif pose les fondements pour l’Accord définitif nisga’a, le premier accord sur des revendications territoriales modernes en Colombie-Britannique. L’Accord définitif prévoit des paiements en espèces aux Nisga’a d’environ 190 millions de dollars sur un certain nombre d’années, et reconnaît à cette nation la propriété et l’autogouvernance de près de 2000 km2 de terres nisga’a dans la vallée du fleuve Nass. L’Accord attribue aux Nisga’a les ressources de ces terres, et énonce les droits sur les saumons et les récoltes de la faune. L’Accord a été signé, et la loi provinciale votée en 1999 ratifie le traité.

Le traité est entré en vigueur le 11 mai 2000. Cet Accord est le premier en Colombie-Britannique accordant une sécurité constitutionnelle du droit des peuples autochtones à l’autogouvernance.