L’Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale qui compte parmi ses membres 193 pays et qui se consacre au maintien de la sécurité et de la paix mondiales, aux enjeux humanitaires, à la promotion du patrimoine culturel et à l’administration de systèmes de droit international, de transport, de commerce et de justice. Le Canada en est l’un des pays fondateurs et continue d’y jouer un rôle important aujourd’hui.

Premiers pas dans la Deuxième Guerre mondiale

L’Organisation des Nations unies a été fondée en 1945 et constitue à ses débuts un système international plus ou moins coordonné, composé d’organes de discussions, d’agences fonctionnelles et de commissions temporaires et permanentes. L’ONU remplace ainsi la Société des Nations, mais a davantage de membres presque partout dans le monde, avec des bureaux à New York, Genève et ailleurs. Selon la charte de l’Organisation, son but est de :

  • Maintenir la paix et la sécurité internationales.
  • Développer des relations amicales entre les nations.
  • Atteindre une coopération internationale dans la résolution de problèmes de nature économique, sociale, culturelle ou humanitaire.
  • Promouvoir et encourager le respect des droits de la personne.

Le terme « Nations unies » est utilisé pour la première fois le 1er janvier 1942, lorsque 26 nations promettent de poursuivre la lutte armée contre les puissances de l’Axe que sont l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Lorsque la Deuxième Guerre mondiale se conclut, la charte des Nations unies est rédigée par plus de 50 pays, dont le Canada, à San Francisco.

L’ONU est conçue pour promouvoir la coopération entre États souverains, coopération qui implique que lesdits États doivent mettre de côté une certaine part de souveraineté pour le bien commun de toutes les nations, dans le but ultime de promouvoir la paix, la sécurité, le développement économique, la justice sociale et les droits et libertés fondamentaux. Beaucoup de travail est effectué par le truchement d’agences fonctionnelles puissantes telles que le Fonds monétaire international, l’Organisation de l’aviation civile internationale et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, qui sont déjà établies et rattachées au système de l’ONU.

L’ONU s’adapte aux conjonctures changeantes. Les 50 pays fondateurs accueillent, sur une base régulière, de plus en plus de pays au sein de l’Organisation. Les années 1960 voient l’adhésion de nombreux États africains, indépendants depuis peu, dont le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. L’État membre le plus récent est le Soudan du Sud, qui se joint aux Nations unies en 2011 après avoir obtenu son indépendance du Soudan.

Assemblée générale et Conseil de sécurité

Les organes principaux de l’ONU sont l’Assemblée générale de tous les 193 États membres (en 2013), dans laquelle chacun a un vote; le Conseil de sécurité qui compte 15 membres et au sein duquel cinq pays ont des sièges permanents ainsi que le droit de veto sur le Conseil; et le Conseil économique et social, composé de 54 membres.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les dix membres non permanents sont élus par l’Assemblée générale pour une période de deux ans. Le Canada est sélectionné à six reprises, la plus récente étant en 1999-2000. Le Canada rivalise pour tenter d’obtenir une place au Conseil en 2010, mais il ne remporte aucun siège. Il s’agit du tout premier siège refusé au Canada par l’Assemblée générale. En 2013, le gouvernement du premier ministre Stephen Harper annonce que le pays ne cherchera pas à obtenir un siège en 2014. Les critiques voient cette décision comme un signe que le Canada se désengage de telles organisations internationales.

Le Conseil de sécurité de l’ONU est son organe le plus puissant. Son objectif premier est le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Bien que le Conseil de sécurité ait plus de pouvoir et d’influence que les autres organes de l’ONU, l’habileté de tout organe des Nations unies de faire appliquer les décisions dépend d’un certain consensus parmi les membres, et de la volonté de ceux-ci à imposer des sanctions militaires ou économiques ou d’autres mesures.

Le secrétaire général de l’ONU (son plus haut fonctionnaire administratif et diplomatique) est élu par l’ensemble des membres, et est lié par les décisions des organes constitutifs.

Guerre de Corée

L’ONU tente d’imposer sa volonté sur le plan militaire pour la première fois en 1950, lorsqu’elle se joint à la Corée du Sud dans sa lutte contre la Corée du Nord à l’occasion de la Guerre de Corée. Le Conseil de sécurité est alors dominé par des pays occidentaux et boycotté par l’Union soviétique. Au même moment, le siège de la Chine représente la République de la Chine d’orientation occidentale qui se trouve à Taïwan (la République populaire de Chine communiste comble le siège en 1971). Les États-Unis sont à la tête de l’intervention armée en Corée sous l’égide de l’ONU et le Canada les appuie en envoyant plus de 26 000 troupes.

La guerre se termine dans une impasse en 1953. Depuis, le Conseil de sécurité tente plutôt de résoudre les autres conflits dans le monde de façon pacifique, entre autres avec l’arrivée des forces de maintien de la paix, dans laquelle les Canadiens et les Canadiennes jouent un rôle important.

Lester B. Pearson, premier ministre du Canada de 1963 à 1968, est président de l’Assemblée générale de l’ONU en 1952. En 1956, il propose la création d’une force de maintien de la paix sous l’égide de l’ONU, qu’il aidera à créer en vue de résoudre de façon diplomatique la Crise de Suez en Égypte. Lester B. Pearson reçoit en 1957 le prix Nobel de la paix pour le succès de sa solution de maintien de la paix.

Organismes à grande visibilité

Bien que la sécurité mondiale soit la principale raison derrière la création de l’ONU, les enjeux économiques et sociaux partagent aussi l’avant-scène. Les organismes spécialisés de l’ONU comme l’Organisation mondiale de la santé et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés font un travail de grande visibilité dans des régions du monde pauvres et touchées par un conflit, alors que la Cour internationale de justice de l’ONU a un mandat qui va bien au-delà de l’arbitrage des conflits politiques.

À partir de 1945, d’importants changements dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’industrie et du commerce mondial nécessitent l’adoption et l’application par l’ONU de nouvelles conventions, lois et infrastructures internationales dans certains secteurs comme le droit de l’espace, le commerce, les voyages, l’exploitation minière des fonds marins et la communication par satellite.

Diplomatie plutôt que gouvernement mondial

Aujourd’hui, l’ONU n’est pas un gouvernement mondial, mais plutôt essentiellement un réseau d’institutions pour la diplomatie multilatérale. Par conséquent, sa réussite dépend des efforts collectifs et de l’entente de ses membres. Voilà pourquoi l’ONU lutte pour résoudre les problèmes liés à l’intensification de la course aux armements, aux réfugiés, aux conflits régionaux dans le Moyen-Orient, au Cambodge, à Chypre, au Rwanda et dans les Balkans et à l’écart grandissant entre les riches et les pauvres.

Les années 1980 laissent paraître des signes de graves tensions au sein de l’organisation. Il y a des années où d’importants États membres retiennent des fonds réservés aux programmes de l’ONU qui ne répondent pas à leurs attentes. Cette situation, en plus de la gestion financière inefficace et du dédoublement, compromet la poursuite des activités de l’ONU. Les États-Unis et la Grande-Bretagne choisissent même de se retirer d’agences telles que l’UNESCO, l’organisme des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

Le Canada préfère travailler à l’interne pour tenter de réformer l’organisation plutôt que de devenir un critique désengagé. Malgré les restrictions budgétaires subséquentes auxquelles fait face l’organisation, cette dernière enregistre d’importants succès qui renforcent la confiance à l’égard du système de l’ONU : une déclaration sur le terrorisme international, un imposant programme de lutte contre la famine en Afrique et le recours, par les superpuissances, à l’ONU comme forum pour connaître l’opinion mondiale concernant le contrôle des armes et la résolution de la guerre du Golfe (Iran-Irak).

Forum pour la paix

Le Canada a toujours cru que collaborer avec d’autres nations offre la meilleure occasion de résoudre les problèmes mondiaux comme la pollution, la discrimination raciale, la famine, la discrimination sexuelle et d’autres enjeux qui préoccupent et touchent en fin de compte la population canadienne.

Aux dires des critiques, l’ONU est inefficace et incapable de résoudre des problèmes comme la faim dans le monde ou d’empêcher les atrocités commises lors des conflits. Les forces de maintien de la paix de l’ONU n’ont pu, par exemple, empêcher le génocide au Rwanda en 1994, ou protéger les civils tués lors du massacre de Srebrenica en 1995, pendant la guerre de Bosnie.

Néanmoins, les partisans de l’organisation soulignent que bien que le système de l’ONU soit loin d’être parfait, son objectif premier est atteint, puisqu’elle agit à titre de forum principal pour discuter des enjeux liés aux conflits et à la sécurité des personnes. Tant et aussi longtemps qu’elle aidera à empêcher les efforts centenaires de création d’un ordre mondial par la conquête violente, l’ONU aura atteint son objectif.

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