Pollution

La pollution peut être définie comme étant la libération dans l'ENVIRONNEMENT de toute substance, de toute énergie ou de tout organisme susceptibles d'avoir sur lui des effets nocifs immédiats ou à long terme. À l'origine, on qualifiait de pollution les saletés inesthétiques ou les dommages visibles causés à l'environnement par le rejet inconsidéré de substances diverses. Le plus souvent, la pollution désignait l'écume de saletés à la surface des lacs ou des rivières, le nuage de smog gris-jaune au-dessus des villes ou les fumées des fonderies et des usines.

On considérait à l'époque que ces problèmes, bien visibles, étaient des questions d'intérêt local et qu'il suffisait, pour y remédier, d'enfouir les déchets ou de les répartir sur de grandes surfaces à l'aide des courants aériens ou aquatiques, de façon à ce que le milieu naturel absorbe et purifie ces matières. La dilution apparaissait comme une solution. Cependant, les polluants ont nuit à d'autres utilisateurs de l'environnement, et les pollueurs ont été forcés de réduire les émissions provenant des égouts, des cheminées d'usines, des procédés industriels et de la fabrication de produits en général. Dans les années 90, il est d'ores et déjà admis que l'utilisation de l'environnement en toute liberté pour éliminer des déchets constitue une pratique injuste pour les autres êtres humains et pour l'environnement.

Qu'entend-on par pollution?

La pollution peut prendre la forme d'un BRUIT excessif qui cause des troubles auditifs; de chaleur émise, par exemple, par les eaux chaudes que déversent les centrales électriques et qui occasionnent des changements dans les associations d'espèces aquatiques; de rayonnements de haute intensité produits par la désintégration de substances radioactives, qui altèrent les gènes humains; ou encore d'organismes pathogènes qui provoquent des maladies. Les scientifiques ne connaissent pas encore exactement quel degré d'exposition aux nombreux polluants modernes pose un danger pour les humains et les autres organismes vivants. Dans certains cas, le degré zéro est le seul niveau acceptable d'exposition aux polluants, ce qui a conduit à l'émergence des concepts de déversement nul et d'élimination complète des contaminants dangereux.

Les recherches scientifiques montrent de plus en plus que la pollution s'applique également à des produits chimiques inodores et incolores qui restent actifs dans le sol, l'air ou l'eau longtemps après la disparition des matériaux qui les contenaient. Désormais, la pollution comprend aussi les produits chimiques utilisés comme fertilisants et PESTICIDES pour les terres agricoles, des produits contenus dans les bombes aérosol sous pression et des produits dont on revêt les murs et les plafonds, comme l'AMIANTE ignifuge. Les problèmes peuvent mettre des dizaines d'années à se manifester, comme l'amiantose, affection pulmonaire mortelle causée par l'exposition à la poussière d'amiante.

Ampleur de la pollution

On sait maintenant que les problèmes sont très étendus. Les PLUIES ACIDES qui tuent les poissons des lacs de l'Ontario sont causées en grande partie par la POLLUTION DE L'AIR que produisent les cheminées d'usines situées à des centaines de kilomètres, dans le Sud de l'Ontario, en Ohio et ailleurs. La neige qui tombe sur l'Arctique canadien contient des produits chimiques provenant du Japon. Les eaux froides du LAC SUPÉRIEUR reçoivent des pesticides agricoles transportés dans l'atmosphère, apparemment depuis le Mexique. Quand les eaux du lac se réchauffent, elles libèrent certains de ces contaminants, qui sont à nouveau transportés jusqu'aux ÉCOSYSTÈMES arctiques, où ils s'accumulent.

La pollution augmente en raison notamment de l'accroissement rapide de la population mondiale. Chaque être humain produit inévitablement des déchets. Toutefois, les populations qui jouissent d'un niveau de vie élevé et qui utilisent des technologies qui engendrent du gaspillage et de la pollution ont un impact bien plus nocif que les populations au niveau de vie plus modeste, dont la culture est plus respectueuse de l'environnement. Pour réussir à vaincre la pollution, il faut limiter, voire enrayer la croissance des trois facteurs que sont la population, la consommation et le gaspillage qui résulte des technologies. D'ici là, de nombreux éléments du milieu naturel auront disparu à tout jamais.

Effets de l'urbanisation

Un regroupement d'êtres humains, comme une ville, fait venir de la nourriture, des ressources et des produits commerciaux de l'extérieur et envoie d'autres produits commerciaux et des déchets à l'extérieur. La consommation des RESSOURCES et le rejet des déchets ont tous deux des répercussions néfastes sur l'environnement, qui s'aggravent souvent du fait de leur interaction. La superficie occupée par les aménagements urbains, y compris les routes et les aéroports, est entièrement artificielle et ne procure, par conséquent, aucun avantage naturel. On appelle parfois ces zones des « empreintes ».

Pour en tirer des ressources et se débarrasser de ses déchets, toute ville exploite également une superficie supplémentaire que l'on peut appeler son « empreinte écologique ». On estime que celle de la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, est 19 fois plus grande que la région même. Si la région transformait davantage ses déchets en ressources, son empreinte écologique ne s'étendrait pas si rapidement.

Bioaccumulation

Dans les années 50, pour répondre à la demande croissante de notre société de consommation génératrice de gaspillage, les industries alimentaires et pharmaceutiques, entre autres, ont créé de nombreux produits chimiques artificiels. Or, de nombreux produits de synthèse ne peuvent se décomposer par les processus naturels comme l'action de la lumière, de la chaleur, du froid ou des BACTÉRIES.

Ces produits chimiques se diffusent dans l'environnement et s'accumulent dans le sol, dans l'air, dans l'eau, dans les végétaux et dans notre corps. Certains composés organiques contenant du chlore sont chimiquement attirés par les graisses présentes dans les organismes. Transmis des plantes aux animaux le long de la chaîne alimentaire, ils atteignent des concentrations de plus en plus élevées, parce que les organismes ne disposent d'aucun moyen efficace pour décomposer ces produits ou les éliminer. À mesure que s'accroît leur concentration dans la chaîne alimentaire, leur toxicité augmente, particulièrement pour les premiers stades de la vie.

Le pesticide DDT a fourni un des premiers exemples du danger de la bioaccumulation. Des millions de kilogrammes de DDT ont été employés en Amérique du Nord dans la lutte contre les insectes nuisibles, jusqu'à ce que des chercheurs découvrent qu'il s'accumulait dans l'organisme des oiseaux se nourrissant d'insectes et de poissons, au point d'endommager leurs oeufs. Le FAUCON PÈLERIN a ainsi frôlé l'extinction. Le DDT est interdit au Canada depuis 1971, excepté pour certaines cultures comme le tabac, qui a bénéficié d'un sursis de quelques années. Vingt-cinq ans après son interdiction partielle, les concentrations retrouvées chez les goélands, les touladis et les aigles des Grands Lacs ont chuté de façon radicale. Certaines espèces, comme les goélands, se sont reconstituées à l'excès, en partie parce que l'écosystème reste encore gravement déséquilibré.

Mesures et risques

De nos jours, on analyse et évalue la pollution sous l'angle médical en tant que cause possible du CANCER ou de déficiences physiques. On étudie également sa durée (souvent de nombreuses années) et ses concentrations (souvent infimes). Nombre de produits chimiques que les Canadiens ont acceptés, dont ils ont fait l'essai, qu'ils ont utilisés et sur lesquels ils ont compté depuis les années 50 sont désormais considérés comme étant « toxiques » ou mortels à faibles doses sur de longues périodes. Il y a quelques décennies, on louait les biphényles polychlorés (BPC) comme une merveille technique pouvant servir à de nombreux usages industriels et n'ayant pratiquement aucun effet secondaire néfaste. Bien des années plus tard, des chimistes ont trouvé comment déceler les BPC et en mesurer les quantités, même en faibles concentrations, présentes dans l'environnement et les organismes. Ces produits sont maintenant reconnus comme étant dangereux.

Jusqu'aux années 90, la recherche médicale tendait à présumer que le cancer constituait généralement le plus grand risque associé aux contaminants dangereux. Cette opinion s'appuyait sur l'hypothèse selon laquelle les effets nocifs causés aux gènes par les contaminants et conduisant au cancer étaient la principale source de tort à la santé des êtres humains. On sait maintenant que bien que certains contaminants, comme les radionucléides (atomes radioactifs), soient génotoxiques (s'attaquent aux gènes), d'autres sont surtout neurotoxiques (endommagent le système nerveux) ou perturbent le système endocrinien (en imitant les hormones ou en entravant leur production).

Le processus de la reproduction, auquel participent l'ovule, le spermatozoïde puis l'embryon, implique aussi l'apparition séquentielle des trois sous-systèmes « d'information » : génétique, neuronal et endocrinien. Les contaminants dangereux nuisent au fonctionnement de ces systèmes d'une manière analogue à un virus sournois dans un ordinateur. Un être humain ou un organisme dont un de ces systèmes d'information est affaibli ou défaillant au moment de sa formation peut présenter une ou plusieurs déficiences permanentes.

La branche des sciences particulièrement appropriée pour étudier ces phénomènes de « désinformation » est elle-même en pleine évolution. Les chercheurs ne s'entendent pas sur la fiabilité des nouvelles avenues de recherche, ni sur leurs premiers résultats. Il devient évident que les contaminants dangereux maintenant présents dans tous les systèmes écologiques et humains du monde nuisent considérablement aux phénomènes complexes du développement. Nous en savons déjà suffisamment pour juger, avant même que des preuves ne le démontrent clairement, que des précautions s'imposent.

Au fil des ans, un certain nombre d'incidents ont illustré la gravité potentielle des problèmes de pollution. Dans le Nord de l'Ontario, un grand nombre d'habitants du réseau des rivières English et Wabigoon ont perdu leur emploi lié à la pêche commerciale et ont vu leur communauté se déstabiliser après qu'on eut découvert la présence de MERCURE invisible et toxique dans les poissons (voir GRASSY NARROWS). Ce mercure avait été rejeté par une usine de papier locale avant 1970 et a continué pendant longtemps à représenter une menace pour la qualité de l'eau et du poisson. À Port Hope, en Ontario, on a retiré de sous les maisons, les écoles et les magasins des milliers de tonnes de déchets légèrement radioactifs enfouis des années auparavant, afin de réduire les risques de cancer pour la population. À Toronto, on a organisé des cliniques publiques dans certains quartiers pour déceler dans le sang de leurs habitants la présence de faibles quantités de PLOMB. Ce métal, qui peut entraîner des troubles nerveux et d'apprentissage, provenait d'usines dont certaines recyclaient des batteries d'automobile sans précautions suffisantes.

Priorités et perception

Beaucoup d'industries ont longtemps omis de tenir compte de la pollution manifeste qu'elles créaient. L'éthique commerciale de certains entrepreneurs leur dicte (ou leur dictait) de maximiser les profits des actionnaires. Dans cet esprit, toute activité engendrant la pollution des environnements intérieurs ou extérieurs est considérée tolérable si la loi ne l'interdit pas expressément. Comme le CONSEIL DES SCIENCES DU CANADA le soulignait en 1977 dans un rapport accablant intitulé L'ambiance et ses contaminants, les gouvernements ont trop longtemps été mal outillés pour mesurer la pollution et paralysés par la bureaucratie et les compromis politiques, de sorte qu'ils n'ont pu s'attaquer aux pollueurs. De nos jours, ils sont nettement plus proactifs, mais certains problèmes de pollution ne seront pas résolus avant une époque avancée du XXIe siècle.

Les sondages d'opinion montrent que l'environnementalisme et la lutte contre la pollution sont devenus des enjeux importants pour les Canadiens. La réponse à la pollution ne se résume plus à fermer une usine polluante et à en subir les conséquences économiques. L'assainissement et la protection de l'environnement créent de plus en plus d'emplois. En outre, les déchets sont recyclés plutôt que rejetés dans l'environnement, ce qui s'avère plus économique pour les entreprises. En effet, le coût d'une technologie « verte » et propre et de la prévention est inférieur à celui de la remise en état du milieu, des soins de santé ou de la perte irrémédiable d'une ressource environnementale. Si la facture revient en bout de ligne au pollueur, il est alors dans son intérêt économique d'internaliser ces coûts. Au Canada, à la fin du XXe siècle, seules quelques entreprises caduques, criminelles ou volontairement négligentes combattent encore cette politique dans le but de retirer quelques profits mal acquis. Certaines ont déjà constaté que le virage vers une technologie verte et propre s'est traduit par une rentabilité accrue.

Scientifiques et citoyens travaillent dans deux directions. Les premiers étudient des produits chimiques nouveaux ou existants en utilisant les approches toxicologique, épidémiologique et écosystémique afin de déceler tout effet subtil mais durable qu'ils pourraient avoir sur les organismes vivants. Les seconds créent des lois et de nouveaux codes de pratique en vue d'assurer la résolution adéquate des problèmes actuels, la prévention de nouveaux problèmes et le respect des normes de sécurité individuelle relativement aux contaminants, et ce, à tous les égards (voir ENVIRONNEMENT, DROIT DE L').

Principaux types de pollution

Pollution des eaux
La pollution des eaux peut anéantir les activités lucratives des PÊCHES commerciale et sportive, rendre impropres à la consommation humaine et animale les ressources vitales en eau potable et endommager une ressource récréative et esthétique d'une valeur inestimable pour les Canadiens (voir POLLUTION DE L'EAU; EAU, TRAITEMENT DE L').

Il existe divers degrés de traitement des eaux usées allant du traitement primaire, qui consiste à retirer seulement les matériaux solides du mélange des eaux usées et à ajouter des désinfectants pour tuer les organismes pathogènes, à un traitement tertiaire, grâce auquel la qualité des effluents de l'usine d'épuration peut dépasser celle des eaux naturelles où ils sont déversés. Au Canada, à la fin des années 90, le niveau d'épuration des eaux usées peut varier selon l'ampleur des courants naturels des eaux réceptrices et le degré d'isolement de la ville par rapport aux autres villes en aval.

Dans les GRANDS LACS, en vertu d'un accord binational conclu en 1978, les eaux usées font l'objet d'un traitement tertiaire. Dans les années 80, toutes les grandes usines d'épuration se sont conformées à cet accord, et la plupart des usines de moindre envergure ont emboîté le pas au cours de la décennie suivante. Jusqu'aux années 90, Montréal comptait sur l'important débit du Saint-Laurent pour diluer et assimiler ses déchets. À Victoria (Colombie-Britannique) et à Halifax (Nouvelle-Écosse), à la fin des années 90, la majeure partie des eaux usées sont déversées sans traitement dans l'océan, et leur dispersion est assurée par les courants de marée et les courants littoraux. Halifax projette, depuis les années 70, de prendre des mesures pour nettoyer son port envahi par les eaux usées. Un plan élaboré à la fin des années 80 prévoyait le traitement primaire et la désinfection d'environ 75 p. 100 des eaux d'égout brutes et de ruissellement déversées dans le port. À la fin des années 90, ce plan n'a toujours pas de financement.

Dans les années 60, l'écosystème du LAC ÉRIÉ s'est transformé, et le lac a pris des allures de vaste étang d'eaux usées. En raison des odeurs nauséabondes dégagées par les déchets en décomposition, on a décrit la condition du lac comme une sorte de « mort » d'un écosystème. Des polluants complexes, comme les ions métalliques dissous (par exemple le mercure et le cadmium), les organochlorés (par exemple le DDT et les BPC) et les phosphates (provenant des détergents ménagers et des fertilisants agricoles), conjugués à la surpêche ainsi qu'à la restructuration et au dragage inappropriés des berges ont provoqué cette transformation. Dans les baies peu profondes des autres Grands Lacs, les écosystèmes subissent des transformations similaires à celle du lac Érié. Après des décennies de mesures correctives et de restauration qui ont absorbé des milliards de dollars, on commence à renverser certains de ces processus de dégradation, en partie du moins. Toutefois, ces baies ne pourront jamais retrouver un état proche de leur état originel.

En 1981, des chercheurs canadiens ont pour la première fois décelé dans les Grands Lacs de faibles quantités de l'un des produits chimiques de synthèse les plus nocifs, soit la 2, 3, 7, 8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD). Le groupe des DIOXINES contient des produits, dont le TCDD, dérivés des procédés industriels qui font appel au chlore et à des matériaux organiques. Les produits chimiques entrant dans la composition de ce produit servant d'herbicide ont été fabriqués à Niagara Falls (État de New York) et à Elmira (Ontario). Ces deux localités continueront de subir les conséquences de la contamination par la dioxine pendant de nombreuses années. Des barrières coûteuses destinées à empêcher les fuites provenant des sites d'entreposage des déchets chimiques ainsi que les efforts pour extraire les contaminants des sols et les détruire réduisent les risques, mais ne peuvent les éliminer complètement, car le coût de ces méthodes en décourage l'utilisation.

Pollution des sols

Le déversement des déchets industriels et urbains, les pratiques inadéquates de l'agriculture et de l'exploitation minière produisent des polluants qui réduisent ou détruisent la capacité des sols de soutenir une végétation saine. Beaucoup de ces polluants aboutissent dans les nappes d'eau et peuvent provoquer sur leur passage la stérilité, la contamination et l'érosion des sols (voir DÉCHETS SOLIDES; DÉCHETS, ÉLIMINATION DES).

On constate des progrès dans la réduction des effets engendrés par l'élimination des déchets. L'incinération des ordures peut produire de l'énergie utile, particulièrement dans les fours à ciment, et réduire considérablement le volume à enfouir, mais elle risque de contribuer à la pollution de l'air. On peut, par un procédé de réduction chimique, séparer les ions de chlore des substances organochlorées dangereuses telles que les BPC, afin d'obtenir des sels inoffensifs et des combustibles organiques utiles. Les activités de RECYCLAGE et de réduction des déchets à la source, par exemple des emballages superflus, gagnent en importance, et les déchets ménagers deviennent une ressource prisée. Certains constructeurs d'automobiles choisissent leurs métaux et leurs plastiques de façon à faciliter le démontage et le recyclage une fois le véhicule hors d'usage.

Il existe d'autres sources de pollution des sols, entre autres de mauvaises PRATIQUES AGRICOLES DES SOLS et d'exploitation forestière qui mettent à nu la couche arable du sol et l'exposent à l'ÉROSION éolienne et hydrique, ou encore l'utilisation excessive de fertilisants et de pesticides chimiques qui s'accumulent peu à peu et ralentissent la croissance des récoltes ou les rendent impropres à la consommation humaine. Les sols pollués, dépourvus des minéraux et des micro-organismes essentiels à leur cohésion, sont également plus sujets à l'érosion. Celle-ci peut entraîner une sédimentation importante dans les rivières et les ruisseaux, qui entrave l'écoulement de l'eau et augmente les risques d'inondation ou de grave érosion des berges, dans un processus qu'on pourrait qualifier de rétroaction positive.

Aucun site d'enfouissement de déchets industriels à toxicité élevée n'est absolument sûr (voir DÉCHETS DANGEREUX). Ainsi, il n'existe toujours pas de moyen d'entreposer ou d'éliminer sans aucun danger les déchets provenant des centrales nucléaires, bien qu'il y ait trois ou quatre décennies qu'elles ont généré leurs premiers déchets (voir ÉNERGIE NUCLÉAIRE). Certains secteurs de ces centrales sont eux-mêmes devenus radioactifs, et l'on ignore toujours ce qu'il en adviendra.

Pollution atmosphérique

L'air contient un large éventail de substances produites par la nature ou par l'activité humaine. La plupart n'ont pas atteint des niveaux d'accumulation manifestement nuisibles. Les polluants atmosphériques proviennent surtout de la combustion de carburants fossiles, comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel, qui produit des substances invisibles pouvant être nocives. Ces substances peuvent, seules ou combinées à d'autres, entraîner des problèmes de pollution à l'échelle locale, régionale ou mondiale.

Le smog, par exemple, est causé par la combinaison d'oxydes d'azote, d'hydrocarbures et d'oxydes de carbone qui, sous l'action de la lumière et de l'eau, se transforment en polluants. Les particules et l'ozone qui en résultent irritent les tissus pulmonaires humains et endommagent la végétation, les aldéhydes irritent les yeux et la peau et les acides s'attaquent aux tissus humains et aux bâtiments. En 1952, une semaine de smog à Londres a provoqué la mort de plus de 4000 personnes et incité le gouvernement à imposer de nouveaux seuils pour la combustion de charbon dans les usines et les habitations urbaines. À Toronto, les jours de smog, le taux de mortalité humaine augmente de plusieurs points.

Au Canada, on a réduit la pollution par les matières en suspension grâce à l'installation de filtres sur les cheminées d'usines, à la modification des procédés industriels et à un meilleur réglage des automobiles. Dans le Sud de l'Ontario, au smog produit localement s'ajoute le smog provenant du Midwest américain, que des systèmes atmosphériques de basse pression transportent vers le nord-est. Quand les conditions météorologiques favorisent l'accumulation de smog, les industries locales doivent ralentir leurs opérations jusqu'à ce que le temps s'améliore, c'est-à-dire jusqu'à ce que des vents frais dispersent le smog.

En matière de pollution, les perspectives s'avèrent plutôt sombres pour les Canadiens au cours des 20 prochaines années. Des villes comme Sudbury, Hamilton, Toronto et Montréal sont maintenant moins polluées qu'il y a quelques décennies, tout comme le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Toutefois, la pollution augmente dans le cas des agents polluants transportés par des phénomènes planétaires, tels le dioxyde de carbone, qui provoque le RÉCHAUFFEMENT PLANÉTAIRE, et les chlorofluorocarbones (CFC), qui causent l'APPAUVRISSEMENT DE L'OZONE. Les graves problèmes qu'elle suscite pourraient bien persister, au moins pendant un autre siècle. Aucun de nos petits-enfants ni de nos arrière-arrière-petits-enfants n'échappera totalement aux effets de la pollution que nous causons.