Refus global

Refus global est un manifeste dont l'essai principal, contresigné par 15 membres du mouvement AUTOMATISTE, est rédigé par Paul-Émile BORDUAS. Cet essai est accompagné de textes de Bruno Cormier, poète (plus tard psychanaliste), Claude GAUVREAU, peintre, Fernand LEDUC et Françoise SULLIVAN, (alors danseuse) et illustré d'oeuvres des membres du groupe. Publié à 400 exemplaires, il est lancé à la Librairie Tranquille le 9 août 1948.

Non seulement Refus global met en question les valeurs traditionnelles (foi catholique et attachement aux valeurs ancestrales ), mais il propose aussi le « refus » de toute idée de repliement sur soi (« Au diable le goupillon et la tuque! ») et se fait le champion d'une idéologie d'ouverture sur la pensée universelle pour la société québécoise. Exprimant un profond besoin de libération, le manifeste va jusqu'à souhaiter sinon l' « anarchie resplendissante » du moins la naissance d'un nouvel « espoir collectif ». Ces idées scandalisent les autorités et Borduas perd son emploi à l'École du meuble, où il enseignait depuis 1937. La presse québécoise appuie le gouvernement et censure en grande partie le manifeste. Plus d'une centaine d'articles de journaux et de revues condamnant le manifeste sont publiés.