Les régions naturelles permettent de décrire les secteurs de la surface terrestre qui partagent des caractéristiques semblables. Elles peuvent comprendre la terre ou l’eau et leur taille est variable. Le terme « région naturelle » est souvent confondu avec le mot « écozone ». Le Canada est constitué de 20 grandes régions naturelles (15 régions terrestres et 5 régions marines).

Description

Les régions naturelles, ou écozones, comprennent des descriptions des organismes vivants et de l’environnement physique d’une région. Les organismes vivants peuvent inclure les plantes, les animaux, les insectes et les bactéries et l’environnement physique comprend les roches, le sol, le climat et l’eau.

Les lignes de démarcation entre les écozones sont généralement des zones de transition où les caractéristiques d'un type de zone se fondent graduellement dans celles d'un autre. Par exemple, la transition entre les écozones boréales forestières et les écozones arctiques s'effectue sur des dizaines de kilomètres.

Les écozones constituent des écosystèmes étendus qui fournissent une description globale du pays. On peut cependant les subdiviser en systèmes plus petits ayant une importance croissante aux échelons local et provincial.

Écozones terrestres

Écozone du Haut-Arctique

L’écozone du Haut-Arctique couvre la majeure partie des îles arctiques et inclut la partie nord-est des Territoires du Nord-Ouest, la majorité du Nunavut et certaines régions du nord du Québec. Cette région représente presque 15 % du Canada, soit un peu plus de 1,5 million de kilomètres carrés.

Parmi les régions circumpolaires, elle constitue le plus grand archipel arctique. Des centaines d'îles, étendues comme l'île de Baffin ou de petite taille comme l'île Garnet, lui prêtent un caractère particulier. Les sols calcaires et le substrat rocheux associés au climat froid et sec confèrent à certains secteurs des conditions rigoureuses et désertiques (voir Désert). Ce climat limite considérablement la croissance des plantes et, conséquemment, les habitats propices à la faune. Malheureusement, la plupart des localités (p. ex. Resolute Bay, Cambridge Bay et Arctic Bay) sont situées dans ces zones arides. En dehors de celles-ci se trouvent des oasis de terres humides et d'autres milieux productifs.

Relief et sols

La majeure partie de l’écozone est constituée du plus important ensemble d'îles de toute la région circumpolaire arctique. Les îles et le continent sont principalement formés de plaines et de collines onduleuses. Un grand nombre de plaines sont des basses terres côtières qui se fondent dans l'océan. Toutefois, sur l'île Devon et sur les péninsules Brodeur et Borden, la terre et la mer sont séparées par des falaises abruptes de 200 à 300 m de hauteur. Les plaines et les collines se perchent plusieurs centaines de mètres au-dessus de l'océan. Le plateau Brodeur, qui s'étend sans interruption apparente sur plus de 300 km et, est morcelé, comme les badlands du Sud, de mesas et de canyons colorés.

Une vaste partie de cette zone est couverte de dépôts morainiques laissés par les glaciers. Les sols ainsi formés sont gelés en permanence, sauf pour de minces couches de surface qui dégèlent pendant la brève période de l'été. La surface du sol est souvent « marquée » de formes linéaires ou circulaires diverses qui témoignent de l'érosion causée par les cycles répétés de gel et de dégel. Les lacs et les étangs sont peu nombreux et ne couvrent que 1 % du territoire.

Climat

Le climat est très froid et, étrangement, très sec. Les précipitations moyennes annuelles, de 100 à 250 mm, sont les plus faibles au Canada. Dans certains secteurs, sous l'influence de montagnes environnantes comme la région du Labrador, les précipitations annuelles peuvent atteindre 500 mm. La saison moyenne de croissance varie entre moins de 125 et 250 degrés-jours au-dessus de 5 °C. Les étés sont courts et frais. La température moyenne journalière s'élève au-dessus de zéro seulement en juillet et en août. Les températures moyennes journalières en hiver sont inférieures à -30 °C. Le sol est gelé en permanence et il ne dégèle qu'à de faibles profondeurs en été. Au-delà des sols minéraux typiques, le terrain renferme des lentilles de glace massives de plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur.

Végétation

La végétation est généralement basse et rabougrie en raison du climat rigoureux. L'abondance de la végétation et la couverture végétale diffèrent considérablement à l'intérieur de la région. Dans les endroits où prédominent les sols calcaires, la couverture végétale et le nombre d'espèces sont habituellement limités. Dans les secteurs où le sol provient de schistes argileux ou de grès, ils sont plus riches. Les basses terres et les terres humides mal drainées offrent normalement les milieux les plus diversifiés et les plus riches pour les plantes.

On ne dénombre qu'environ 150 espèces de plantes dans l'Arctique. Les lichens et les herbacées constituent la végétation dominante des hautes terres, tandis que la végétation des basses terres est surtout constituée de carex et de mousses. On y rencontre aussi communément la saxifrage à feuilles opposées, la dryade à feuilles entières, le Pavot d'Islande, les lichens crustacés, la Linaigrette de Scheuchzer, le Saule arctique, le Silène acaule, des carex, la Pédiculaire arctique, le Cassiope de Mertens et le Saule.

Faune

L'Écozone du Haut-Arctique abrite moins de 10 % de toutes les espèces de mammifères du Canada. Parmi les mammifères, on rencontre le Caribou de Peary, le bœuf musqué, le loup, le renard arctique, l'ours polaire, le lièvre arctique et le lemming à collerette. Les oiseaux présents comprennent le huard à gorge rousse, la bernache cravant, le Canard kakawi, le faucon gerfaut, le lagopède, le labbe, le harfang des neiges l'oie des neiges et le bruant des neiges. Les terres humides et les petits lacs de l'Arctique constituent des lieux de reproduction et de nidification de première importance pour les oiseaux aquatiques pendant l'été. Ces oiseaux font habituellement de longues migrations vers le sud où ils passent l'hiver. Les espèces typiques du milieu marin environnant sont le morse (dans l'est), les phoques (Phoque barbu, Phoque du Groenland et Phoque commun), le béluga et le narval. On ne rencontre aucune espèce de reptiles ni d'amphibiens. Par contre, les insectes, en particulier les moustiques, sont abondants.

Activités humaines

Les résidents, dont la majorité sont d’origine inuite, pratiquent la chasse, la pêche et le piégeage. Plusieurs mines sont prospères. L'Arctique recèle environ 60 % des ressources de pétrole du Canada et 50 % des ressources de gaz. Ces ressources sont exploitées en divers endroits. Des parcs nationaux comme celui d'Aulavik sur l'île Banks et celui d'Auyuittuq sur l'île de Baffin témoignent de la beauté des lieux. Les peuplements existants comprennent Cambridge Bay, Cape Dorset, Pangnirtung et Iqaluit.

Écozone de la cordillère arctique

L’écozone couvre seulement 2,5 % (250 590 km2) des terres canadiennes, bien qu’elle fasse partie d’un plus vaste écosystème qui s’étend jusqu’au Groenland. Elle est principalement constituée de glaciers, de calottes glaciaires et de montagnes. L'écozone de la cordillère arctique abrite la seule région montagneuse d'importance au Canada en dehors de la chaîne montagneuse des Rocheuses dans l'Ouest. Elle constitue en quelque sorte l'épine dorsale de l'est de l'Arctique et elle occupe la majeure partie de l'île d'Ellesmere et de l'île Axel Heiberg, les bordures orientales des îles Devon, Bylot et de Baffin ainsi qu'une partie du nord du Labrador.

L’écozone présente un profil étagé : en basse altitude se trouvent les côtes de la baie de Baffin et du détroit de Davis; plus haut, des paysages où prédominent les fjords; et, en haute altitude (c.-à-d. 1200 à 1800 m), des sommets de glace et de roche.

Relief et sols

Pendant l'époque glaciaire, une bonne partie du Canada devait ressembler à l’écozone qui est ensevelie sous un épais manteau de glace et de neige pendant toute l'année.

Les montagnes dominent le relief. Le terrain est très accidenté, ce qui est typique des régions de fjords. Le sommet des montagnes, dont l'altitude peut atteindre 2000 m, est généralement couvert de calotte glaciaire au nord et de glaciers au sud. Cette association de glaces et de montagnes forme l'un des paysages les plus fascinants du Canada. Sur l'île de Baffin, de nombreux glaciers semblent accrochés au sommet des montagnes. Ces rivières de glace s'étendent lentement, comme des racines d'arbres, des sommets jusqu'aux vallées. La base des montagnes baigne parfois dans l'océan. Les calottes glaciaires ont un aspect majestueux qui leur est propre. Elles semblent avoir la forme de monticules plats ou arrondis. La calotte glaciaire Barnes se trouve au centre de l'île de Baffin, mais la majorité des calottes renommées (Devon, Ellesmere et Grise Fjord) sont situées au nord du détroit de Lancaster.

Aux basses altitudes, le substrat rocheux et les débris de roche gélive recouvrent la base des montagnes. Les sols se forment principalement au fond des quelques vallées étroites qui fournissent les seuls habitats propices aux plantes et aux animaux. Les vallées longues, étroites et en U sont des caractéristiques typiques des côtes à fjord.

Climat

Cette zone est très peu habitée. Le climat y est très froid et aride. Les quelques stations climatiques sont généralement situées à de basses altitudes. Les précipitations moyennes annuelles atteignent seulement 200 à 300 mm. La saison de croissance annuelle varie entre 0 et 125 degrés-jours de croissance (DJC). Comme dans nombre des écozones arctiques, la période pendant laquelle la température moyenne s'élève au-dessus du point de congélation est brève (cela se produit surtout en juillet et en août), mais la période de clarté est très longue. Dans le Nord, la température moyenne annuelle est inférieure à -19,7 °C.

Végétation

La majeure partie du territoire est recouverte de roches et de glaces qui empêchent la croissance des végétaux. Le sommet des montagnes est dépourvu de végétation à cause de la neige et de la glace. Une certaine végétation recouvre le bas des versants des montagnes et celle-ci augmente considérablement dans les étroites vallées sculptées par les fjords. On rencontre surtout des lichens, des carex, des herbacées et des arbustes de faible hauteur, plus précisément des lichens crustacés, le Saxifrage à feuilles opposées, la Dryade à feuilles entières, la Linaigrette de Scheuchzer, le Saule, le Silène acaule et la Cassiopée tétragone.

Faune

Vu la couverture végétale restreinte, l’écozone abrite peu d'animaux. Les ours polaires abondent dans les zones côtières. Parmi les oiseaux, on relève le Fulmar boréal, le Pluvier grand-gravelot, le Sizerin blanchâtre et le Bruant des neiges. Les oiseaux marins les plus communs sont les guillemots de Brünnich, les guillemots noirs et les goélands arctiques (voir Goélands et mouettes). Des morses, des phoques et des baleines (Narval, Béluga et Épaulard) habitent les eaux côtières.

Activités humaines

La chasse, la pêche et le piégeage soutiennent une économie de subsistance. Les communautés côtières comme Pond Inlet, Clyde River et Qikiqtarjuaq figurent parmi les principales agglomérations. Leur population collective totalise un peu plus d’un millier d'habitants et elles constituent l'un des endroits les moins peuplés de la planète. L'industrie du tourisme est en voie de développement.

Écozone du Bas-Arctique

L'écozone du Bas-Arctique se limite principalement au continent. Elle s'étend des deux côtés de la baie d'Hudson. Plus des trois quarts de son territoire sont situés du côté ouest de la baie, dans les parties septentrionales des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Le prolongement oriental englobe des parties du Nord du Québec, à peu près au nord de Fort Chimo. L’écozone représente plus de 8 % (832 390 km2) du territoire du Canada.

Relief et sols

Le territoire est principalement formé de plaines onduleuses et de collines. On y trouve divers types de plaines, dont des plaines côtières et des plaines à drumlins (c.-à-d. régions où prédominent des monticules allongés dont l'orientation suit le parcours des anciens glaciers). Le long de la Haute rivière Back, certains drumlins sont presque plats, tandis que d'autres, à l'ouest du passage Chantrey, figurent parmi les plus spectaculaires du Canada. En plus des dépôts morainiques, on trouve de grands secteurs de dépôts marins. Le substrat rocheux peut affleurer un peu partout à l'intérieur de la zone.

Les sols sont gelés et ils dégèlent seulement en surface ou à des profondeurs moyennes pendant l'été. Les ventres de bœuf et les sols réticulés témoignent de l'action du gel. Le sous-sol gelé empêche un drainage rapide et les sols engorgés et humides sont communs. Les petits lacs sont nombreux et ils sont précieux pour les oiseaux aquatiques et les poissons. Les rivières qui coulent vers l'est comme les rivières Thelon et Back ont joué un rôle historique déterminant et on les utilise aujourd'hui pour le canotage et les loisirs en milieu sauvage.

Climat

Les hivers sont longs et froids. Les étés sont courts et frais et ils durent environ de trois à quatre mois. Les précipitations annuelles varient entre 200 et 400 mm du nord au sud. La saison moyenne de croissance annuelle atteint de 250 à 750 degrés-jours.

Végétation

Dans cette zone, nombre des caractéristiques les plus typiques de l'Arctique commencent à réagir aux températures plus chaudes et aux saisons de croissance prolongées. Les arbustes, les plantes herbacées et les espèces des milieux humides prédominent. La taille des arbustes varie de quelques centimètres, à la limite forestière près du pôle, à environ un mètre, dans le Sud. Les arbustes typiques de cette zone sont le bouleau glanduleux, le Saule, le thé du Labrador et les éricacées. Ils sont mêlés avec diverses herbacées et des lichens. Les mousses et les carex sont les principales espèces des milieux humides.

Faune

Les mammifères de cette zone comprennent le Boeuf musqué, le Loup, le Renard arctique, l'Ours polaire, le Grizzli, le Lièvre arctique, l'écureuil arctique et le Lemming. La région constitue surtout le plus important site d'estivage et de mise bas du caribou de la toundra. Près d’un million de bêtes s'y rendent, dont des troupeaux des territoires en provenance de Qaminirjuaq, Beverly, Bathurst, Bluenose et Porcupine ainsi que des troupeaux du Nord du Québec et du Labrador en provenance de la rivière George et de la rivière aux Feuilles. On y rencontre aussi des orignaux, mais ils ont tendance à se tenir le long des limites méridionales de l'écozone.

La région est également un important lieu de reproduction et de nidification pour diverses espèces de canards. Elle offre des habitats aux huards, au Cygne siffleur, à l'Oie des neiges, au Faucon gerfaut, au Lagopède des saules et au Lagopède des rochers, au Labbe, au Harfang des neiges et au Bruant des neiges. La côte arctique est habitée par le Morse et plusieurs espèces de phoques (Phoque gris, Phoque du Groenland, Phoque barbu, Phoque commun et Phoque annelé). Les baleines (Béluga, Narval, Cachalot et Baleine à bec commune) sont également des espèces marines typiques de cette zone.

Activités humaines

La chasse et la pêche sont les principales activités pratiquées sur terre. Le territoire est reconnu pour sa richesse minérale. On y exploite le pétrole, et on poursuit toujours l'exploration en vue de la découverte de nouvelles sources. Les principaux peuplements incluent Baker Lake, Rankin Inlet et Tuktoyaktuk.

Écozone de la taïga de la cordillère

Le terme taïga provient du russe et renvoie la majorité du temps à des forêts ouvertes et peu garnies. L’écozone est petite, elle ne compte que pour 3 % ou 264 840 km2 du Canada. Elle couvre le nord des Rocheuses et une partie du Yukon ainsi que le Sud-Ouest du district du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest. Plusieurs des types de reliefs présents sont remarquables et font penser aux monts tabulaires et aux cuestas (c.-à-d., formations montagneuses allongées) typiques des régions désertiques du Nouveau-Mexique et de l'Arizona. Lors de la dernière époque glaciaire, cette zone n'a pas beaucoup été touchée par l'érosion glaciaire. Elle est reconnue comme « station refuge » de nombreuses plantes.

Relief et sols

La région est montagneuse. Elle est constituée de secteurs accidentés comme les montagnes White, dans le Nord du Yukon. On trouve d'autres formes montagneuses comme des buttes (formes cylindriques) et des mesas (montagnes tabulaires aux parois escarpées). Les vallées qui séparent les crêtes montagneuses et les chaînes de montagnes sont parfois très larges. Le sol est gelé presque toute l'année. En été, il dégèle à des profondeurs moyennes. Le pergélisol est « discontinu » c'est-à-dire que sa distribution est irrégulière.

La plaine Old Crow constitue une exception dans ce paysage très accidenté. Cette vaste plaine située au nord de la rivière Porcupine est surtout formée de terres humides. Elle est célèbre pour ses lacs naturels rectangulaires et carrés qui parsèment son vaste territoire plat.

Climat

Le climat est très sec. Contrairement à la croyance populaire, il tombe peu de neige dans le Nord. Les précipitations moyennes annuelles totalisent à peine 300 mm. Les hivers sont longs et froids avec de courtes périodes de clarté, tandis que les étés sont chauds ou frais avec de très longues périodes de clarté. La saison moyenne de croissance est d'environ 70 degrés-jours, mais les gels peuvent survenir en toutes saisons.

Végétation

Au Canada, il est rare de voir des chaînes de montagnes qui ne sont pas recouvertes d'arbres. Les plantes à enracinement profond comme les arbres ne peuvent pas pousser facilement dans cette région, car la surface du sol est souvent gelée en permanence. Le sol est généralement couvert de lichens, de mousse, d'arbustes de faible hauteur, d'herbacées et de carex. Les arbres, quand il y en a, sont de petite stature et ils se limitent aux endroits les plus chauds et aux latitudes méridionales.

Faune

Les mammifères qui habitent cette région sont le Mouflon de Dall, le Caribou des bois, le Caribou de la toundra, l'Orignal, la Chèvre de montagne, l'Ours noir, le Grizzli, le Loup, la Martre, le Lynx, le Spermophile arctique, le Pika d'Amérique, la Marmotte des Rocheuses et le Lemming brun. Cette région abrite également la population de Carcajous la plus nombreuse au Canada.

Des millions d'oiseaux viennent dans le Nord pour nicher dans des endroits comme la plaine Old Crow. Ces endroits reculés leur procurent des lieux de nidification sûrs où la nourriture, en l'occurrence les insectes, abonde. Les oiseaux aquatiques présents comprennent le Fuligule à dos blanc, l'Oie des neiges et le Canard malard. La plupart des espèces migrent vers le Sud quand le temps froid arrive. Seulement quelques espèces comme le Lagopède affrontent l'hiver.

Activités humaines

La taïga représente un environnement assez fragile. Les véhicules détruisent facilement la végétation, et elle peut prendre des décennies à se régénérer. Le pergélisol impose des conditions particulières de construction. Il faut concevoir l'installation des pipelines ou la construction des routes de manière particulière pour assurer au fil des ans la protection des habitats et des voies migratoires de la faune.

Une vaste partie de l'écozone demeure sauvage. Les principales activités qu'on y pratique sont la chasse, la pêche, le piégeage, le tourisme et les loisirs de plein air. On y fait un peu d'extraction minière. Le plus important peuplement est Old Crow. Cette région compte seulement quelques centaines d’habitants.

Écozone de la taïga des Plaines

La taïga des Plaines occupe principalement le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest, mais elle s'étend jusque dans le nord-est de la Colombie-Britannique et jusqu'à la limite nord de l'Alberta. L’écozone surtout constituée de terres humides couvre un peu plus de 6 % (570 000 km2) du territoire du Canada.

Relief et sols

La majeure partie de l’écozone est une plaine sans relief et légèrement onduleuse. Le pergélisol est distribué de façon discontinue. En été, le sol dégèle à des profondeurs moyennes. Le drainage des eaux de surface est restreint par l'absence de déclivité et par le pergélisol. De nombreux sols restent ainsi humides et engorgés. Les sols organiques et les terres humides se forment dans les dépressions basses.

Climat

Le climat est semi-aride et froid. Les précipitations annuelles atteignent environ 400 mm dans le Sud et environ 200 mm dans le Nord. La saison moyenne de croissance est de 1000 degrés-jours dans le Sud et d'environ 750 degrés-jours dans le Nord. Les hivers sont longs et froids.

Végétation

Les endroits mal drainés sont recouverts de mousses, de carex, de bouleaux glanduleux, de thé du Labrador, de saules et de raisins d'ours. Les hautes-terres sont généralement mieux drainées et elles permettent la croissance de forêts mixtes d'épinettes noires et blanches, de mélèzes, de bouleaux blancs, de trembles, de peupliers baumiers et de pins de Murray.

Faune

Les mammifères de la taïga des Plaines sont l'Orignal, le Caribou des bois, le bison, le Loup, l'ours noir, la Martre, le Lynx du Canada et le Spermophile arctique. Les oiseaux incluent le Huard à gorge rousse, la pie-grièche boréale, la Gélinotte à queue fine, le bruant fauve et le Sizerin flammé.

Activités humaines

Les principales activités pratiquées dans cette zone sont la chasse et le piégeage. On y fait également de l'exploitation minière, pétrolière et gazière. Fort Nelson, Hay River et Fort Smith figurent parmi les localités de la région.

Écozone de la taïga du Bouclier

Comme son nom l'indique, ce paysage, qui représente 14 % (ou environ 1,4 million de km2) du Canada, est associé à la formation rocheuse du Bouclier canadien. Il se caractérise par des affleurements rocheux, des forêts rachitiques et un grand nombre de lacs. Il s'étend des deux côtés de la baie d'Hudson. La partie orientale couvre le centre du Québec et du Labrador et la partie ouest occupe des sections du Nord du Manitoba et de la Saskatchewan ainsi que le sud des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut.

Relief et sols

La majeure partie de l’écozone est formée de plaines et de collines onduleuses. Au cours de la dernière glaciation continentale, les glaciers ont érodé le Bouclier canadien, laissant des affleurements de roche nue et de minces couches de débris glaciaires. La profondeur du pergélisol varie : il est très épais en certains endroits, et très mince en d'autres. Il empêche le drainage des sols, ce qui explique les dépressions généralement engorgées.

Les énormes fractures du substrat rocheux et les dépressions laissées par les glaciers sont des endroits propices à la formation de lacs naturels. On trouve ainsi de nombreux étangs et lacs. Ces nappes d'eau procurent des habitats à plusieurs espèces d'oiseaux aquatiques et de poissons.

Climat

Le climat est continental subarctique, et les précipitations moyennes annuelles sont faibles (de 175 à 200 mm). Les températures varient de fraîches à froides. La saison moyenne de croissance est de 500 degrés-jours dans le Nord et de 1000 degrés-jours dans le Sud. Les étés sont courts avec de longues périodes de clarté. Les hivers sont l'opposé.

Végétation

La lisière nord de l’écozone correspond à la limite forestière c'est-à-dire la limite jusqu'où les arbres peuvent pousser. Les peuplements forestiers sont ouverts et mélangés avec des zones de végétation de toundra arctique. Les principaux arbres rencontrés sont l'Épinette noire rabougrie, l'Aulne, le Saule et le Mélèze. Au Québec, ces essences se mêlent à l'Épinette blanche et au sapin baumier.

Faune

Les mammifères typiques de la taïga sont le Caribou des bois, le Caribou de la toundra, l'Orignal, le Loup, le Lièvre d'Amérique, le Renard arctique, l'Ours noir, le Grizzli et le Lynx du Canada. Les oiseaux comprennent le Huard à gorge rousse, la Pie-grièche boréale, le Bruant hudsonien et la grive à joues grises.

Activités humaines

Les forêts de l’écozone présentent peu d'intérêt sur le plan commercial. Elles donnent lieu à quelques activités touristiques et récréatives. Yellowknife, Labrador City et Churchill Falls (voir chutes Churchill) sont des localités de cette région.

Écozone des plaines hudsoniennes

Cette région est parfois qualifiée de « terres humides du Nord canadien ». Même si elle représente près de 4 % (353 364 km2) du territoire du pays, l’écozone est l'une des régions les moins connues et les moins visitées du Canada. Elle abrite les plus grandes étendues de terres humides du pays et, selon certaines sources, de la planète. Située au sud de la baie d'Hudson, cette plaine côtière est formée de terrains communément appelés muskegs ou marais. La majeure partie de la zone se trouve au nord de l’Ontario, mais elle s'étend le long de la côte jusqu'au Manitoba et au Québec.

Relief et sols

L’écozone est de façon générale une plaine côtière plate. Les origines du sol recouvrant la plaine proviennent de deux sources principales : d'anciens dépôts du fonds de lacs (dépôts lacustres) et de fonds marins. Dans les deux cas, ce sont des matériaux à texture fine comme le limon et l'argile. Plusieurs régions côtières de l'océan Arctique et de la baie d'Hudson libérées du poids des glaciers à la fin de la dernière glaciation, il y a 7 000 à 10 000 ans, continuent encore à se relever. La configuration des lignes de rivage des basses terres de la baie d'Hudson en témoigne de façon spectaculaire. On peut en effet voir, parallèlement à la plage et à la côte actuelles, une série de faibles crêtes marquant l'emplacement d'anciens rivages. Ces crêtes de plages sont très espacées et elles s'étendent sur des kilomètres à l'intérieur du continent. Les sols sont généralement humides et formés de matière organique. Le Canada est réputé pour ses terres humides et les habitats que celles-ci procurent aux oiseaux aquatiques.

Climat

L’écozone est profondément influencée par l'air froid et humide en provenance de l'Arctique et de la baie d'Hudson. Les précipitations annuelles atteignent entre 400 et 700 mm. La saison moyenne de croissance varie entre 500 et 1000 degrés-jours.

Végétation

L'accumulation de débris organiques et le mauvais drainage rendent les sols acides et humides. La végétation de cette zone ressemble à celle de la taïga, sauf que les terres humides prédominent. Celles-ci sont surtout occupées par diverses espèces de carex et de mousses. Dans les endroits plus secs comme les crêtes de plages, les lichens, les herbacées et les arbustes de faible hauteur sont plus abondants. Plus à l'intérieur ou dans les endroits abrités, on trouve des forêts clairsemées d'épinettes noires et de mélèzes.

Faune

L’écozone représente un habitat précieux pour les oiseaux aquatiques, particulièrement la Bernache du Canada. Des millions d'oiseaux y nichent et y élèvent leurs petits. Le long de ses limites nord, on peut apercevoir des ours polaires, des morses, des phoques annelés, des phoques communs ainsi que des bélugas et des baleines boréales. Les mammifères terrestres plus typiques de l'intérieur comprennent le Caribou des bois, l'Orignal, l'Ours noir, la Martre, le Renard arctique et le Pékan.

Activités humaines

À l'époque des toutes premières explorations de l'Amérique du Nord par les Européens, plusieurs forts ont été construits sur la côte de la baie d'Hudson. Ils servaient de points d'entrée aux explorateurs et aux trappeurs qui s'aventuraient au cœur des forêts boréales et des prairies au sud et à l'est.

Cette région est dépourvue des ressources forestières et minérales qui soutiennent habituellement les grandes localités du Nord. Les terres humides et les zones côtières permettent la pratique d'activités comme la chasse, le piégeage et le tourisme. Churchill et Moosonee font partie des localités de cette région.

Écozone de la cordillère boréale

L'Écozone de la cordillère boréale est située au centre nord des montagnes Rocheuses. Elle couvre des sections du nord de la Colombie-Britannique et du sud du Yukon et représente environ 5 % de la superficie du Canada (464 600 km2). Contrairement aux autres écozones boréales qui couvrent différentes parties des basses-terres intérieures du pays, cette zone est située entièrement dans les hautes-terres montagneuses. Elle est généralement boisée, mais elle inclut quelques secteurs alpins.

Relief et sols

Le paysage est montagneux. On y trouve des montagnes célèbres comme les monts Mackenzie et la chaîne Selwynn. Cette zone renferme quelques-uns des plus hauts sommets du Canada. Les chaînes de montagnes sont parfois entrecoupées de larges vallées et de plaines aussi appelées « plateaux ». Comme dans la plupart des endroits montagneux, la surface du sol est recouverte de matières diverses. En haute altitude, les affleurements rocheux prédominent, tandis que sur le haut des flancs de montagnes, on trouve principalement des colluvions (c.-à-d. débris et fragments rocheux détachés de la paroi). Dans les vallées, les anciens glaciers ont laissé sous leur passage de nombreux dépôts morainiques. Les sols ont une configuration semblable : ils sont à peu près inexistants sur les crêtes montagneuses et se transforment en sols forestiers (c.-à-d. brunisols) dans les vallées.

Climat

Dans les régions montagneuses, le climat est très variable. Les sommets connaissent les conditions les plus rigoureuses, alors que les terres basses des vallées jouissent des conditions les plus clémentes. Les hivers sont cependant longs et froids en général, tandis que les étés sont courts et frais. Les précipitations et les températures moyennes sont habituellement plus élevées dans la zone boréale que dans la taïga. Les précipitations de l'Écozone de la cordillère boréale sont beaucoup plus abondantes dans les montagnes à l'ouest, qui reçoivent annuellement 500 mm de pluie aux basses altitudes comparativement à 1000 mm au-dessus de la limite forestière. Les régions de l'Ouest se trouvent à l'ombre de la pluie et elles reçoivent seulement environ 400 mm de pluie par année. La saison de croissance moyenne atteint 750 à 1500 degrés-jours.

Végétation

Les types et les communautés de végétaux existants sont surtout en fonction des types de sols et du climat. Ils se répartissent donc naturellement en couches. Aux basses altitudes où le sol et le climat sont moins difficiles, les conifères comme l'Épinette blanche prédominent et, selon les conditions des lieux, ils se mêlent à l'Épinette noire, au Pin de Murray et au Peuplier faux-tremble. À mesure qu'on s'élève en altitude, le Sapin subalpin remplace l'Épinette blanche. Ces essences sont bien adaptées aux hivers longs et froids. L’aspect des forêts aux arbres rabougris, témoigne de conditions de croissance extrêmement difficiles. Le Sapin subalpin, l'Épinette d'Engelmann et d'autres essences poussent sous des formes naines et tordues. Au-delà de la limite forestière, les communautés de toundra alpine prévalent le long des nombreuses crêtes montagneuses. La toundra est constituée de prés de carex et d'herbacées ainsi que d'arbustes de hauteur limitée et de terrains rocheux colonisés par les lichens. À haute altitude, la roche nue, la neige et la glace règnent.

Faune

Dans les écozones boréales, comme ailleurs, plus de 50 espèces d'insectes se nourrissent des conifères, dont la Tordeuse des bourgeons de l'épinette. Les forêts et les régions environnantes abritent des milliards de mouches noires, de moustiques et de tiques des bois qui rendent souvent la vie difficile aux animaux sauvages et aux humains.

Dans la forêt boréale, la vie animale abonde et la plupart des espèces pullulent pendant les mois d'été. Le milieu boréal renferme une grande variété de mammifères, et la Cordillère abrite plusieurs espèces typiques des régions montagneuses. Le Caribou des bois (dans le Nord), l'Orignal, l'Ours noir, le Grizzli, la Martre, le Lynx du Canada et le Spermophile arctique sont quelques-unes des espèces boréales les plus répandues. Le Mouflon de Dall, la Chèvre des montagnes (dans le Sud), la Marmotte des Rocheuses et le Pica d'Amérique sont plutôt associés aux conditions alpines. Les oiseaux présents comprennent le Lagopède des saules, le Lagopède des rochers et le Lagopède à queue blanche, le Geai du Canada et le Tétras du Canada. Peu d'oiseaux hivernent dans cette zone.

Activités humaines

On exploite les ressources forestières, minières et hydroélectriques à l'intérieur de l’écozone. Beaucoup d'industries et de services de soutien sont axés sur les loisirs et le tourisme. Whitehorse, Dawson et Haines Junction sont quelques-unes des localités se trouvant à l'intérieur de cette zone.

Écozone des plaines boréales

Les plaines boréales, qui correspondent à un peu plus de 7 % (737 800 km2) du territoire du Canada, s'étendent sur une large bande depuis Peace River, en Colombie-Britannique, jusqu'au sud-est du Manitoba. C'est la deuxième écozone boréale en superficie. À l'ouest se trouve la cordillère boréale, délimitée par des terrains montagneux, et à l'est se trouve le bouclier boréal rocheux et accidenté.

Relief et sols

Le relief de la région varie des terrains plats aux terrains vallonneux. La plupart de ces plaines portent des traces du passage de la dernière glaciation. La région est en effet recouverte d'un mélange de dépôts glaciaires comprenant des moraines striées, des matériaux provenant du fond d'anciens lacs (glaciolacustres) et des dépôts fluviatiles (c.-à-d. de ruisseaux ou de rivières). Le paysage est parsemé de dépressions occupées par des lacs et des terres humides formant une partie du bassin-versant de la rivière de la Paix et de la rivière Athabaska. Les sols sont en général peu altérés par le climat et ils font partie du groupe des sols appelés les brunisols et les luvisols. Ils sont profonds et passablement propices à la croissance des arbres.

Climat

Cette région est l'une des écozones boréales les plus sèches parce qu'elle se trouve sous l'influence de conditions climatiques continentales. Dans la cordillère boréale, à l'ouest, les précipitations sont plus abondantes. À l'intérieur des plaines boréales, les précipitations annuelles sont d'environ 400 mm dans le Nord et de 500 mm dans le Sud. La saison moyenne de croissance varie entre 1000 et 1250 degrés-jours.

Végétation

Les principales essences de conifères des hautes-terres sont l'Épinette blanche, l'Épinette noire et le Pin gris. Dans les basses-terres plus humides, le Mélèze laricin est plus répandu. On trouve aussi une grande variété d'essences à grandes feuilles comme le Bouleau blanc, le Peuplier faux-tremble et le Peuplier baumier. Près de la moitié de l’écozone est recouverte de terres forestières productives. Même si les insectes et les maladies affectent les peuplements forestiers, le feu constitue le principal facteur qui conditionne l'âge et la distribution des types forestiers. Le long de la limite sud de la zone, une zone de transition sépare la forêt et la prairie, parfois appelée « prairie-parc » ou « tremblaie canadienne ». Le paysage est parsemé de terres humides dans lesquelles poussent notamment diverses mousses, des saules arbustifs, des mélèzes laricins et d'autres essences.

Faune

Les mammifères des plaines boréales comprennent l'Orignal, le Caribou des bois, le cerf mulet, le Cerf de Virginie (dans le Sud), le wapiti, l'Ours noir, la Martre, le Castor, le Loup commun, le pékan, le Lynx du Canada, le coyote, et le tamia. Le Bison est surtout confiné aux réserves naturelles. Les oiseaux présents incluent la Nyctale de Tengmalm et le Grand-duc d'Amérique, le geai gris, le Huard à collier, diverses espèces de canards, le Pinson à queue blanche, le Gros-bec errant, le Gros-bec à poitrine rose, la Mouette de Franklin ainsi que le Vacher à tête brune. Les lacs et les ruisseaux sont fréquentés par le Doré jaune, le Grand brochet, la Lotte et quelques espèces de truites.

Activités humaines

La forêt boréale qui couvre une partie du territoire alimente l'industrie des pâtes et papiers. La chasse et le piégeage demeurent des activités importantes. La superficie des terres agricoles s'accroît de plus en plus, mais elles ne représentent encore que 10 % des Plaines boréales. L'endroit le plus au nord où l'on s'adonne à une agriculture à grande échelle au Canada est la région de la rivière de la Paix. Les travaux d'exploration pétrolière et gazière et les ouvrages hydroélectriques demeurent toujours des industries d'importance. Grande Prairie, Dawson Creek et Hinton figurent parmi les principales localités de la région.

Écozone du bouclier boréal

Le bouclier boréal constitue la plus étendue de toutes les écozones (20 % ou plus de 1,9 million km2) du Canada). Empruntant la forme d'un large fer à cheval, il s'étend du nord de la Saskatchewan jusqu'à Terre-Neuve, à l'est. Il passe au nord du lac Winnipeg, des Grand Lacs et du fleuve Saint-Laurent jusqu’à Terre-Neuve. Les collines rocheuses, les forêts de conifères et la multitude de lacs sont des éléments familiers de ce paysage bien connu.

Relief et sols

L’écozone a de nombreuses caractéristiques topographiques en commun avec l'Écozone de la taïga du bouclier au nord : un terrain accidenté, maints affleurements rocheux et des dépôts morainiques et fluviatiles de profondeurs variables. Les creux associés aux dépressions et aux fractures naturelles du substrat rocheux du Bouclier canadien sont transformés en innombrables lacs, étangs, terres humides, rivières et ruisseaux. Des parties appréciables des bassins hydrographiques des fleuves Churchill et Nelson et de la rivière Abitibi se trouvent dans cette zone.

Les sols, lorsqu'ils sont présents, sont d'une épaisseur variable et ont une texture généralement grossière. Ils font partie d'un groupe (brunisols) de matières modérément altérées et courants dans les forêts des hautes latitudes. Du point de vue teneur en éléments nutritifs, ces sols sont de qualité moyenne. La présence de roches affleurantes et de sols peu profonds limite la superficie des terres forestières productives.

Climat

Les hivers sont longs et froids et les étés sont courts et chauds. Le climat est généralement continental, mais il est influencé par les masses d'air froid de la baie d'Hudson. Le taux de précipitations annuel est assez élevé : 400 mm dans l'Ouest et 1000 mm dans l'Est. La saison de croissance annuelle moyenne varie de 1000 degrés-jours dans le Nord à plus de 1500 degrés-jours dans le Sud.

Végétation

Les forêts sont composées d'essences résistantes telles que l'Épinette noire, l'Épinette blanche, le Pin gris et le Sapin baumier. Les sols à texture grossière, les zones rocheuses et les étés chauds contribuent tous ensemble à l'assèchement des forêts, ce qui les rend vulnérables aux feux. Les forêts de cette zone ont souvent, du haut des airs, l'aspect d'un damier de secteurs récemment dévastés par le feu entremêlés de secteurs de peuplements en cours de maturation. Les feux détruisent une ressource précieuse, mais ils ont aussi un effet bénéfique. Ils débarrassent la forêt des insectes, de la maladie et des débris au sol. Ils stimulent en plus la croissance d'autres essences, et ils diversifient les habitats. Bien que les conifères prédominent, le Bouleau jaune, l'Érable à sucre et le Frêne noir commencent à apparaître dans le sud-est de l'écozone, où la zone se mêle aux forêts mixtes des Plaines. Dans les secteurs d'affleurements rocheux, on relève un éventail coloré de lichens et d'arbustes de faible hauteur. La végétation des terres humides est composée de carex, de mousses, d'herbes ou d'arbres selon le type de terres humides.

Faune

Les mammifères du bouclier boréal comprennent l'Orignal, le Loup, le Caribou des bois, le Cerf de Virginie, l'Ours noir, le porc-épic, la chauve-souris, le raton laveur, la Martre, le Pékan, la moufette, le Lynx du Canada, le lynx roux et le Tamia rayé. Les étangs de la région pullulent de tortues, de serpents, de nectures tachetés, de grenouilles, de salamandres et de crapauds. Les terres humides et les ruisseaux abritent des castors, des rats musqués et des visons.

Chaque printemps, l'abondance d'eau attire des milliers de canards (Canard noir, Petit Garrot, Morillon à collier), de huards, de bernaches et d'autres oiseaux. Certaines espèces passent l'été dans la région. D'autres utilisent les habitats aquatiques comme aires de repos pendant leur migration vers des lieux de nidification plus au nord. On rencontre également la Nyctale de Tengmalm, le Bruant à gorge blanche, le grand héron, le martin-pêcheur et parfois l'urubu à tête rouge. Parmi les espèces de poissons présentes, notons le Touladi, le Corégone, la Lotte et le grand brochet.

Activités humaines

Cette région est reconnue pour ses ressources forestières, minières et hydroélectriques en plus des possibilités de loisirs qu'elle offre, soit tous des secteurs vitaux de l'économie canadienne. En présence d'une concurrence intense vis-à-vis de l'utilisation des ressources, il devient essentiel d'assurer un aménagement et une planification adéquats du territoire. Les industries forestières du Québec et de l'Ontario reposent en majeure partie sur les ressources du bouclier boréal. Sudbury, Chicoutimi et St. John's constituent quelques-unes des villes de cette région.

Écozone maritime du Pacifique

L’écozone est généralement associée aux montagnes côtières de la Colombie-Britannique ou aux terres adjacentes à la côte du Pacifique. Malgré son étendue assez restreinte (environ 2 % ou 218 980 km2 du Canada), elle est reconnue pour ses forêts majestueuses, ses paysages montagneux spectaculaires et son littoral découpé de fjords impressionnants.

Relief et sols

Les chaînes montagneuses côtières représentent la caractéristique la plus saisissante de la région. Elles font partie des montagnes de la ceinture de feu du Pacifique, une formation en demi-cercle qui entoure l'océan Pacifique et reconnue pour ses éruptions volcaniques et ses tremblements de terre. Les montagnes côtières s'élèvent abruptement depuis les fjords et le rivage du Pacifique. Ses pentes abruptes sont boisées et ses sommets sont couverts de glaciers. Le mont Waddington compte parmi les plus hauts sommets du Canada. Les principales matières qui recouvrent le sol sont généralement étagées : roche nue et champs de glace au sommet, débris colluviaux sur les flancs des montagnes, et dépôts morainiques et fluviatiles au bas des pentes et dans les vallées. Les sols qui recouvrent les versants sont des sols forestiers productifs (comme les podzols). Une grande vallée et plaine d'inondation débouche sur la côte : la vallée du fleuve Fraser.

Climat

L’écozone bénéficie des températures les plus chaudes et les plus humides du Canada. La proximité de courants océaniques chauds contribue énormément à tempérer le climat tout au long de l'année. L'ensemble de la région reçoit jusqu'à 3000 mm de précipitations par année. Par contraste, certaines régions à l'ombre de la pluie et dans les îles du bas du golfe peuvent ne recevoir que 600 mm de pluie par année. Les températures mensuelles varient peu comparativement au reste du Canada. Les moyennes en juillet se situent entre 12 et 18 °C et en janvier, entre 4 et 6 °C. La saison de croissance moyenne atteint jusqu'à 2000 degrés-jours dans les vallées du sud et 1500 à 1700 degrés-jours dans les régions montagneuses, qui sont prédominantes.

Végétation

Les températures chaudes qui prévalent pendant presque toute l'année et les fortes pluies soutiennent la croissance de quelques-unes des forêts les plus spectaculaires du Canada. Ces forêts côtières abritent certains des arbres les plus âgés, les plus grands et les plus productifs du pays. Les conifères atteignent des tailles de 80 à 95 m. La forêt côtière de l'Ouest est principalement composée de thuyas géants, de pruches occidentales et subalpines, de Douglas taxifoliés, d'épinettes de Sitka, de cyprès jaunes et d'aulnes. Le Douglas taxifolié se limite surtout à la partie la plus méridionale de l'écozone alors que le Sapin gracieux est plus fréquent dans le Nord. À haute altitude, les forêts côtières sont remplacées par des forêts de pruches subalpines et, finalement, par des communautés alpines sans arbres. Dans îles du Sud du golfe, près de Victoria et de Nanaïmo, poussent les rares chênes de Garry et arbousiers Madrono.

Faune

Les mammifères de cette zone comprennent le Cerf à queue noire, l'Ours noir, le Grizzli, le Couguar, le Pékan, le Raton laveur et le Pica d'Amérique. Les oiseaux uniques à cette zone sont l'Huîtrier de Bachman, le Colin de Californie, le Colin des montagnes, le Macareux huppé et la Mésange à dos marron. Les autres espèces présentes sont la Chouette naine, le Geai de Steller, l'Aigle à tête blanche, l'Aigle royal et la Corneille du Nord-Ouest. Le saumon fraie dans les cours d'eau partout à l'intérieur de l'écozone.

Activités humaines

La majeure partie du territoire dans cet écozone est recouverte d'une forêt très productive qui alimente les scieries et les usines de pâtes et papiers. Une petite partie de l’écozone (les basses-terres du fleuve Fraser et la pointe sud de l'île de Vancouver) jouit de sols agricoles riches, mais la plupart des terres ont été sacrifiées à l'expansion tentaculaire et à l'urbanisation. Les cours d'eau côtiers sont réputés pour la pêche sportive et commerciale. Ils servent aussi de principal port d'attache aux flottes de pêche côtières. La plus grande ville de la région est Vancouver. Victoria, Powell River, Prince Rupert et Ocean Falls figurent parmi les autres communautés de cette région.

Écozone de la cordillère montagnarde

Cette région du sud de la Colombie-Britannique et du sud-ouest de l'Alberta est très montagneuse et présente des visages diversifiés et étagés : sommets enneigés, prés alpins et vallées fluviales spectaculaires densément couvertes d'arbres. Ces milieux contrastés dessinent des paysages saisissants et offrent des conditions propices à diverses utilisations des terres. La région couvre environ 5 % (492 110 km2) du Canada.

Relief et sols

La chaîne de montagnes des Rocheuses est formée de plus petites chaînes telles que les chaînes Selkirk, Purcell et Columbia-Monashee. On a inclus une bonne partie des paysages montagneux les plus spectaculaires de la région dans les parcs nationaux tels que Banff, Jasper et Wells Gray. Les crêtes montagneuses ont une orientation nord-ouest qu'adoptent souvent aussi les vallées parallèles infiniment longues. On appelle communément ces vallées « vallées en auge des Rocheuses » à cause de leur forme en U. Le lac Kootenay et les lacs Arrow, qui font de 100 à 200 km de longueur, se sont formés dans ces vallées. Dans le Nord-Ouest de l’écozone, le relief montagneux s'atténue, et les vallées s'élargissent. La glaciation a eu des effets marqués dans ce secteur : les basses-terres ont été érodées et remodelées. Elles sont couvertes d'un manteau morainique. À haute altitude, on trouve des matières colluviales, puis de la roche nue et des champs de glace. Les nombreux lacs et rivières à l'intérieur de l’écozone sont importants pour la pêche, les loisirs et la production d'énergie hydroélectrique. De grandes parties des bassins hydrographiques des fleuves Fraser et Columbia font partie de l’écozone.

Climat

La cordillère montagnarde connaît des hivers moyennement longs et froids, et les étés sont courts et chauds. Les précipitations moyennes annuelles atteignent 800 mm dans le Nord et de 2000 mm dans le Sud. Cependant, dans certains secteurs localisés comme la vallée de l'Okanagan, les précipitations peuvent être très inférieures à 500 mm dans les endroits où le climat est chaud et aride. La saison de croissance annuelle moyenne atteint jusqu'à 2000 degrés-jours dans le Sud et environ 1000 à 1250 degrés-jours dans le Nord.

Végétation

La végétation varie selon l'altitude et le climat. Juste au-dessous des sommets glacés, la végétation est alpine : herbacées, lichens, mousses et plantes de faible hauteur règnent. Les forêts constituent cependant le type de végétation dominant partout à l'intérieur de l'écozone. Entre 1200 et 2300 m d'altitude pousse la ceinture forestière où l'Épinette bleue et le sapin subalpin sont communs. Le pin de Murray croît à une altitude inférieure et dans les secteurs décimés par les feux de forêt. Les autres essences d'arbres présentes incluent l'Épinette blanche, le Douglas taxifolié de l'intérieur et la Pruche occidentale. Dans certains secteurs déterminés, les types de végétation existants témoignent de conditions climatiques sèches et chaudes. Le Pin ponderosa, qui pénètre dans les prairies et les déserts à proximité de ces secteurs, est un indicateur de ces conditions locales. Les fonds des vallées des rivières haut Fraser, Thompson, Okanagan et Kootenay et du cours supérieur du fleuve Fraser présentent de telles conditions. Ces secteurs coïncidant avec des centres de loisirs populaires et d'importantes autoroutes, on y aperçoit fréquemment des plantes de prairie sèche et de désert, comme l'armoise et le cactus.

Faune

Les régions alpines abritent plusieurs espèces fauniques adaptées à la montagne. La Chèvre de montagne, avec ses sabots semblables à des ventouses, est très acrobatique et peut grimper sur les plus hauts sommets. Le Mouflon de Dall est aussi un excellent grimpeur. Le Couguar, qui se nourrit de ces espèces, est presque aussi habile. Le Pica d'Amérique est unique aux régions subalpines. La faune est très diversifiée dans les régions boisées. Les mammifères les plus communs sont l'Orignal, le Wapiti, le Cerf mulet, le Mouflon d'Amérique, le Castor, le Couguar, le Grizzli, l'Ours noir, le Loup, le Carcajou, le Lynx du Canada, le Lynx roux, le Coyote et le blaireau. Les oiseaux typiques de la région comprennent le Tétras sombre, le Geai de Steller et la Pie bavarde.

Activités humaines

Des installations hydroélectriques importantes ont été aménagées sur les grands cours d'eau. L'exploitation forestière représente une industrie de première importance dans toute l'écozone. Dans certains secteurs le long du fleuve Fraser et de la rivière Okanagan, on fait l'élevage de bovins et on exploite des vergers et des vignobles. Les villes les plus connues sont Kelowna, Kamloops et Prince George.

Écozone des Prairies

Elle occupe un territoire qui s'étend du centre sud de l'Alberta jusqu'au sud-est du Manitoba. Une infime partie de l’écozone demeure intacte. Les humains ont modifié plus des 90 % du paysage à des fins agricoles. Bien qu’elle représente actuellement le plus grand territoire agricole du Canada, cette région compte parmi les plus petites écozones du pays (presque 5 % du Canada ou 478 110 km2).

Relief et sols

Le terme « prairies » est presque devenu synonyme du relief qui prédomine dans ce paysage : le terrain plat et les plaines onduleuses. Beaucoup de régions au relief plat constituaient jadis le fond des grands lacs glaciaires comme le lac Agassiz. Les lacs Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis sont des vestiges de ces anciens lacs. Les « ondulations » du paysage sont plus étroitement associées aux moraines glaciaires. Certains secteurs peuvent présenter un relief bosselé et rempli de cuvettes qui procure des dépressions propices à l'établissement de terres humides, d'étangs et de petits lacs. On qualifie généralement les sols de cette région de « sols de prairie », « brunizems » ou « sols tchernozémiques ». Ces sols représentatifs des taux de précipitations généraux comprennent les chernozems bruns des régions sèches du Sud et les chernozems noirs plus humides et plus productifs du Nord. Sous la surface se dissimulent des couches horizontales étendues de roches sédimentaires. Les poches et les fissures à l'intérieur de ces roches représentent des réservoirs naturels de pétrole et de gaz.

Climat

Les étés sont chauds et relativement courts, et les hivers sont froids et longs. Les Prairies reçoivent moins d'humidité que l'Écozone des plaines boréales au nord et elles sont périodiquement touchées par des sécheresses. À l'ouest, les Rocheuses retiennent les vents chargés d'humidité en provenance du Pacifique et elles contribuent à l'aridité de ce régime climatique. Les précipitations moyennes annuelles sont supérieures à 500 mm dans le Nord et inférieures à 300 mm dans le Sud. La température moyenne hivernale pendant les mois les plus froids varie entre -9,4 °C à Lethbridge et -18,3 °C à Winnipeg. Par contraste, la température moyenne pendant le mois le plus chaud à Winnipeg est de 19,7 °C. La saison moyenne de croissance atteint 1000 à 1250 degrés-jours dans le Nord et 1900 degrés-jours dans le Sud.

Végétation

graminées indigènes sont bien adaptées à la sécheresse et leur distribution est en fonction de l'humidité présente. La prairie basse du Sud se transforme graduellement, au fur et à mesure que le taux d'humidité augmente en allant vers le Nord, en prairie mixte, puis en haute prairie. Les herbes ont généralement de longues racines qui pénètrent profondément dans le sol, où elles peuvent trouver de l'humidité, bien que la majorité des graminées indigènes aient été remplacées par des cultures. L'établissement du Parc national des Prairies, dans le sud de la Saskatchewan, visait à conserver une petite partie des prairies d'origine. La limite nord de l’écozone est parsemée de bocages de peupliers faux-trembles et de peupliers baumiers. Ces prairies-parcs marquent le début d'une transition de la prairie et la forêt. Les feuillus et les conifères sont peu nombreux sauf dans les endroits abrités comme le long des cours d'eau ou sur les terrains surélevés.

Faune

Avant l'établissement des colonies agricoles à la fin du XIXe siècle, des millions de bisons habitaient l'écozone des prairies. Ils sont désormais confinés dans des parcs nationaux plus au nord. De nos jours, les mammifères de l’écozone englobent le Cerf mulet, le Cerf de Virginie, le Coyote, l'Antilope Pronghorn (centre sud), le Blaireau d'Amérique, le Lapin de Townsend, le Spermophile de Richardson, le Gaufre gris et le Chien de prairie. Les espèces d'oiseaux particuliers à la région comprennent la Buse rouilleuse, la Grande poule-des-prairies, la Gélinotte à queue fine, l'Avocette d’Amérique, la Chevêche des terriers, le Grand héron, la Pie bavarde et l'Oriole de Baltimore. L’écozone est aussi une aire de repos, de nidification et de reproduction très importante pour les oiseaux aquatiques qui empruntent la voie migratoire centrale d'Amérique du Nord. On croit que plus de la moitié des canards nord-américains naissent dans les marais de l’écozone. L'agriculture à grande échelle a entraîné la disparition d'un grand nombre des habitats traditionnels de ces animaux ainsi que d'espèces, entre autres l'Ours brun des plaines, le Renard véloce et la Grande poule-des-prairies. D'autres espèce d'oiseaux et leurs habitats sont menacés, notamment la Chevêche des terriers, la Grue blanche d'Amérique et le Pluvier siffleur.

Activités humaines

Les Prairies figurent parmi les plus grands territoires agricoles au monde. Leurs sols riches et leur relief favorable encouragent tout un éventail d'activités agricoles, depuis l'élevage du bétail jusqu'à la culture des céréales. La majorité des terres sont occupées par des plantes de grande culture (céréales, fèves oléagineuses et légumineuses à graines) et des cultures fourragères. Certaines cultures comme celle du canola ont connu des hausses marquées et la superficie ensemencée dépasse actuellement celle consacrée au blé. Les prairies fournissent également des grands pâturages libres pour le bétail et des ressources minérales importantes, plus particulièrement des combustibles fossiles. Calgary, Saskatoon, Regina et Winnipeg font partie des grands centres urbanisés de la région.

Écozone des Plaines à forêts mixtes

L'Écozone des Plaines à forêts mixtes est la plus méridionale en même temps que l'une des plus petites écozones (2 % ou 194 430 km2 du territoire) du Canada. Elle constitue le coeur industriel et économique du pays. La diversité et l'ampleur de son activité économique lui ont valu le titre de « triangle d'or ». Elle bénéficie d'une saison de croissance chaude et de sols productifs. C'est la région la plus intensément exploitée et la plus peuplée du Canada.

Relief et sols

La majeure partie de l’écozone est une plaine presque plate ou légèrement onduleuse. Au cours de l'époque glaciaire, il y a environ 9000 ans, une grande partie de ce territoire baignait au fond de l'ancienne mer de Champlain. Les épais dépôts d'argile qui recouvrent le sud-est de l'Ontario et le sud-ouest du Québec révèlent où se trouvait cette ancienne mer. Les secteurs plus vallonneux de la plaine de l’écozone sont liés à la présence de dépôts morainiques. La nature onduleuse du paysage est souvent due à des formations de drumlins, une série de monticules en forme de cigares orientés dans le sens du déplacement des nappes glaciaires. Les sols sont généralement des sols forestiers (brunisols et luvisols), mais on a depuis longtemps transformé une bonne partie du paysage à des fins agricoles et urbaines. L’écozone abrite quatre des Grands Lacs (les lacs Huron, Érié, St. Clair et Ontario) ainsi que la baie Georgienne. Les lacs représentent des voies de transport importantes en même temps que des régions propices aux loisirs.

Climat

Cette région connaît un climat continental marqué par des étés chauds et des hivers frais. La météo est très variable parce que la région est située dans une des principales trajectoires de tempêtes d'Amérique du Nord. Les précipitations annuelles varient entre 720 et 1000 mm. La saison de croissance annuelle atteint 1750 degrés-jours dans le Nord et 2500 degrés-jours dans le Sud.

Végétation

Cette zone a déjà été densément boisée, mais il n'y reste aujourd'hui qu'une infime portion de la forêt d'origine. Moins de 10 % de la zone est maintenant boisée et une vaste part de cette forêt est disséminée en îlots isolés. Les plaines à forêts mixtes abritent des essences telles que le Pin blanc, le Pin rouge, la Pruche de l'Est, le Bouleau jaune, l'Érable à sucre, le Chêne rouge et le Tilleul d'Amérique. Les arbres à feuilles caduques sont plus répandus dans le Sud. Ce qui reste de la région de la forêt feuillue carolinienne abrite des essences uniques. Contrairement aux conifères, les feuillus perdent leurs feuilles l'automne, en produisant un magnifique spectacle de couleurs familier à la plupart des Canadiens. Le climat chaud et les sols abondants favorisent la croissance de plus d'essences d'arbres que dans toute autre écozone du Canada.

Noyer, le Chêne, L'Érable et le Caryer. La maladie hollandaise de l'Orme, introduite au Canada en 1944, a détruit un grand nombre d'ormes qui bordaient jadis les rues urbaines partout en Ontario. Les arbres les plus rares du Canada, comme le Sassafras officinal, le Tulipier d'Amérique, le Platane occidental et le Magnolier acuminé, sont des arbres indigènes dans la partie la plus au sud de cette région.

Faune

Les grands mammifères comme le Cerf de Virginie et l'Ours noir, autrefois abondants dans cette région, ont presque disparu. Les petits mammifères comme l'Écureuil noir, l'Écureuil gris, le Raton laveur, la Mouffette, le Campagnol et la Marmotte d'Amérique y sont encore passablement répandus. Les espèces d'oiseaux courantes dans les espaces verts urbains comprennent le Geai bleu, l'Engoulevent bois-pourri, l'Oriole de Baltimore et le Pic à tête rouge. On rencontre aussi d'autres espèces comme le Cardinal rouge, le Troglodyte de Caroline et le Héron vert. Les Grands Lacs abritent de nombreuses espèces de poissons. Le Touladi, le Corégone et l'Esturgeon constituaient autrefois les principales espèces de fond, mais la pêche commerciale est concentrée sur l'Éperlan, la Lamproie marine et la Moule zébrée. Diverses espèces exotiques et extrêmement indésirables sont également apparues dans les Grands lacs, entre autres la Lamproie et la Moule zébrée.

Activités humaines

Les sols riches y ont été intensément utilisés pour l'agriculture. La plupart des régions forestières ont été déboisées pour l'aménagement d'exploitations agricoles, de vergers, d'autoroutes et de villes. Les villes de Toronto, Hamilton et Montréal sont situées à l'intérieur de l’écozone.

Écozone maritime de l'Atlantique

L'Écozone maritime de l'Atlantique (2 % ou 203 750 km2 du Canada) s'étend vers l'est à partir de l'embouchure du Saint-Laurent et englobe le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard. Le golfe du Saint-Laurent, la baie de Fundy et l'océan Atlantique ont énormément influencé le caractère et l'économie de cette région.

Relief et sols

La région est surtout constituée de hautes-terres et de collines, un relief qui prédomine au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse. Les collines sont les vestiges d'une ancienne chaîne de montagnes appelée les Appalaches. Le littoral est formé d'un ensemble d'îles et de péninsules. Certaines parties de l'Île-du-Prince-Éouard et de vallées continentales sont des plaines côtières. Les collines présentent souvent des formations de roche nue et elles sont généralement couvertes de dépôts morainiques glaciaires. Plus près de la côte, les sols sont plus profonds et ils sont habituellement formés de dépôts marins. Les sols forestiers (podzols et luvisols) sont courants.

Climat

L'océan Atlantique tempère le climat, qui est frais et humide. Les hivers sont doux et les étés sont frais. Les précipitations moyennes varient entre 1000 mm à l'intérieur et 1425 mm le long de la côte. La saison de croissance moyenne atteint de 1500 à 1750 degrés-jours. À la fin du printemps et au début de l'été, le mélange du courant froid du Labrador et du courant chaud du Gulf Stream produit de grandes quantités de brouillard marin qui enveloppe les régions côtières.

Végétation

Plus de 70 % du territoire terrestre sont boisés. Une bonne partie de la végétation a les caractéristiques de la forêt acadienne. La lisière du rivage se distingue par ses grandes étendues d'épinettes et de sapins baumiers rabougris. Les embruns salins tendent à limiter la croissance des arbres et à les déformer. Les forêts mixtes couvrent les sols relativement peu profonds des hautes-terres d'épinettes rouges, de pruches de l'Est, de pins blancs, de sapins baumiers, de bouleaux jaunes, de hêtres à grandes feuilles et d'érables à sucre. Bien que ce soit rare, les vallées des basses-terres telles que les basses-terres d'Annapolis peuvent se trouver très à l'abri des influences côtières directes. Certains endroits bénéficient alors de conditions plus chaudes propices aux vergers.

Faune

Les mammifères communs de cette zone sont le Cerf de Virginie, l'Orignal, l'Ours noir, le Raton laveur, la Mouffette rayée, le Lynx du Canada, le Polatouche, le Coyote et le Tamia rayé. Les oiseaux des hautes-terres englobent l'Engoulevent bois-pourri, le Geai bleu, le Merle-bleu de l'Est et le Cardinal à poitrine rose. Le Huard, la Bernache du Canada et les canards d'eau douce, comme la Sarcelle à ailes bleues et le Morillon à collier, figurent parmi les quelque 20 espèces fréquentant les lacs et les étangs qui parsèment le paysage.

Activités humaines

La foresterie est la principale activité des hautes-terres, tandis que l'agriculture se pratique surtout dans les vallées et les basses-terres côtières. La beauté, la richesse historique et la diversité des paysages côtiers prêtent à l’écozone un caractère unique recherché par les touristes et les amateurs de loisirs. La pêche commerciale est aussi importante. La majorité de la population et la totalité des activités agricoles sont confinés aux quelques plaines côtières. Halifax, Moncton et Charlottetown sont quelques-unes des villes de cette région.

Écozones marines

Écozone marine de l'Atlantique

L’écozone englobe le golfe du Saint-Laurent, les Grands Bancs de Terre-Neuve, la baie de Fundy et les eaux au large de la Nouvelle-Écosse. À certains endroits, le plateau continental s'étend sur plus de 400 km et incorpore les Grands Bancs. Les eaux sont relativement peu profondes. Des secteurs étendus ont moins de 200 m de profondeur. La baie de Fundy connaît des marées pouvant atteindre 16 m, tandis qu'elles atteignent en moyenne 1 à 2 m ailleurs à l'intérieur de l'écozone. Les plus faibles marées balaient la partie sud-ouest du golfe du Saint-Laurent où leur amplitude moyenne est inférieure à un mètre.

Les eaux sont généralement tempérées en raison de la présence du courant côtier qui se dirige vers le nord ainsi qu'à cause du Gulf Stream, plus au large. Des secteurs localisés dans la région de la baie de Fundy (sauf en amont) et le long de la côte continentale de la Nouvelle-Écosse sont essentiellement libres de glaces toute l'année. Les glaces saisonnières peuvent toutefois être abondantes dans le golfe du Saint-Laurent et dans le détroit de Cabot. Vers la fin de l'hiver et au début du printemps, des icebergs dérivent au large de Terre-Neuve jusqu'aux Grands Bancs.

Faune

Le courant du Labrador et le Gulf Stream convergent au-dessus des Grands Bancs pour créer l'une des régions marines les plus productives au monde. On y trouve des populations abondantes de plies, de limandes, de capelans, de turbots, de maquereaux, de harengs, de merlus argentés et de flétans. Cette région abrite en outre des colonies de nidification de plusieurs espèces d'oiseaux marins, dont le Grand cormoran, le Cormoran à aigrettes, le Macareux moine, le Guillemot de Troïl, le Guillemot de Brünnick, le Guillemot à miroir et le Petit Pingouin. Les mammifères marins les plus communs sont le Phoque du Groenland, le Phoque à capuchon, le Phoque gris, la Baleine à bec commune, le Rorqual bleu, le Béluga, le Globicéphale noir de l'Atlantique, le Petit rorqual, le Rorqual à bosse, le Marsouin commun et le Dauphin.

Activités humaine

L’écozone soutient depuis longtemps les plus importantes pêches du Canada et elle constitue le pilier économique des provinces atlantiques. L'effondrement des stocks de poissons de fond, plus particulièrement de la Morue, a entraîné des coupes radicales dans l'industrie de la pêche et dans celle de la transformation du poisson.

Écozone marine de l'Atlantique nord-ouest

L’écozone jouit de températures plus élevées que les deux écozones marines arctiques (Archipel arctique et Bassin arctique). À l'instar de l'Écozone marine du Pacifique, elle constitue une zone de transition entre les eaux polaires et les eaux plus tempérées du Sud. On y relève une différence de température de plus de 20 °C entre les eaux polaires et les eaux sous l'influence du Gulf Stream à proximité du plateau néo-écossais.

Les glaces commencent à se former au large du Labrador septentrional vers novembre et décembre. Elles s'étendent graduellement vers le sud et atteignent les Grands Bancs vers février ou mars. Le danger de collision avec les nombreux icebergs a amené les navigateurs à surnommer ces eaux le « corridor des icebergs ». La fonte des glaces commence en mai et la côte du Labrador est libre de glaces vers la mi-juillet. Les icebergs sont nombreux. Une vaste partie de la côte continentale se caractérise par ses fjords érodés par les glaciers. On dénombre plus de 400 000 îles côtières. Les eaux marines baignent sous l'influence du courant froid du Labrador qui se dirige vers le sud et qui se mélange au Gulf Stream, un courant plus chaud, dans le secteur des Grands Bancs.

Faune

Le plateau continental est habité par une grande diversité de mammifères marins. On compte 22 espèces de baleines sur la côte canadienne de l'Atlantique et six espèces de phoques. Les grandes concentrations de rorquals à bosse, de rorquals bleus et de petits rorquals sont fréquentes dans l’écozone. L'Épaulard, le Marsouin et le Dauphin sont moins répandus. On rencontre des cachalots au large. Les colonies d'oiseaux marins présentes comprennent l'Océanite, le Cormoran et le Guillemot de Brünnick. Les espèces de poissons les plus communes sont le Flétan, la Morue, le Sébaste et la Plie, près de la côte.

Écozone de l'archipel arctique

Les eaux océaniques de l'écozone marine de l'archipel arctique sont assez particulières. Elles s'étalent autour d'un immense enchevêtrement d'îles et ne deviennent jamais un océan ouvert formé de grandes étendues d'eau. La baie d'Hudson fait exception. La plupart des hautes terres entourées par ces eaux font partie de l'écozone du Haut-Arctique.

Les eaux marines de l'écozone de l'archipel arctique englobent un grand nombre de chenaux, de baies, de détroits, de golfes, de bras de mer et de fjords. Les noms de ces endroits (baie Norwegian, golfe Amundsen et chenal McClintock) évoquent la riche histoire de l'exploration. Les eaux plus méridionales de cette zone sont en grande partie libres de glaces pendant deux à trois mois l'été, mais au nord du détroit de Parry, la glace marine se fragmente souvent en d'énormes morceaux qui ne peuvent toutefois se déplacer que localement. Lorsque la glace se fracture en été, les figures formées par les passages dans les glaces et par les énormes morceaux flottants sont impressionnantes. Les glaces marines détachées se font parfois pousser par de forts vents de surface et elles forment des amoncellements spectaculaires le long de la côte. Pendant l'hiver, les glaces marines forment une banquise côtière presque continue. Certaines polynies (des clairières formées par des remontées d'eaux profondes) restent ouvertes pendant tout l'hiver. À l'instar des oasis au milieu du désert, ces clairières constituent des zones de productivité biologique intense. Dans l'est de l'écozone, le relief côtier est élevé tandis que dans le Sud et dans l'Ouest, il est plutôt émoussé.

Climat

Le climat se caractérise par des hivers longs et froids et des étés courts et frais. Les longues périodes de clarté embellissent la brève période estivale. Les températures moyennes journalières en juillet se maintiennent toutefois à 10 °C seulement. Les températures moyennes hivernales sont variables, mais elles oscillent autour de -30 °C.

Faune

L’écozone marine est intensément fréquentée par les oiseaux migrateurs et les mammifères marins quand les eaux sont libres de glace en été. Elle constitue un secteur d'alimentation important pour les oiseaux marins qui nichent dans les falaises côtières et pour les oiseaux aquatiques des marais côtiers. On retrouve également le morse et divers phoques (le Phoque annelé, le Phoque du Groenland et le Phoque commun). Comme de nombreuses espèces de mammifères marins, les phoques utilisent les eaux arctiques comme aire de reproduction et d'élevage des petits. La faune marine compte plusieurs espèces de baleines, dont des bandes de baleines blanches (bélugas), de narvals, d'épaulards, de cachalots et de baleines boréales.

Activités humaines

Le mode de vie traditionnel et la culture des Autochtones gravitent autour de la chasse aux mammifères marins et de la pêche. L'omble chevalier est l'une des principales espèces pêchées. Le Béluga, la Baleine boréale, le Morse et les Phoques soutiennent une chasse de subsistance. Les eaux marines permettent le transport des produits de consommation vers les peuplements du Nord, en plus de l'expédition par bateau du minerai, du pétrole et d'autres produits vers les marchés du Sud.

Écozone du bassin arctique

L’écozone marine est le prolongement de l'immense calotte du pôle Nord. Elle fait officiellement partie de l'océan Arctique et est recouverte de glace en permanence. Dans l'Arctique, la glace de mer tourne dans le sens antihoraire autour du pôle, ce qui forme un courant de surface gigantesque. La profondeur de l'eau dépasse généralement les 2000 m. L'apport d'eau douce des terres environnantes est restreint, mais le fleuve Mackenzie fait exception. La faible productivité biologique de l’écozone s'explique par la présence d'une couverture de glace permanente.

Climat

Le climat est sec et froid. Les précipitations annuelles atteignent 100 à 200 mm. La température journalière moyenne en janvier fluctue entre -30 °C et -35 °C. En été, elle se situe autour de 5 °C.

Faune

La faune est en général peu abondante et peu diversifiée. La couverture permanente de glace crée des conditions désertiques peu attrayantes pour la plupart des mammifères marins. Quelques espèces se tiennent à la limite de la couverture de glace, notamment l'Ours polaire, le Béluga, le Narval, le Phoque barbu et le Phoque du Groenland.

Écozone marine du Pacifique

Le détroit de Béring limite l'échange d'eau entre les océans Arctique et Pacifique. Cette circulation réduite a contribué à l'apparition de conditions particulières dans les eaux du Pacifique, qui sont plus chaudes et plus salées que celles de l'océan Arctique. La présence saisonnière de glace à la limite nord du détroit de Béring et de la mer d'Okhotsk modifie également les propriétés de la colonne d'eau et influence le biote.

Faune

Les mammifères marins uniques à l’écozone à l'intérieur du Canada sont la Loutre de mer, l'Otarie de Steller, l'Otarie de Californie, l'Otarie à fourrure du Nord, le Marsouin de Dall, le Dauphin à flancs blancs et des baleines dont, la Grande baleine à bec, la Baleine à bec de Stejneger, la Baleine noire, le Globicéphale du Pacifique et la Baleine grise. Cinq espèces de saumons anadromes, le hareng du Pacifique, le Flétan et d'autres espèces de poissons de fond alimentent l'industrie de la pêche commerciale. À l'intérieur du Canada, l’écozone procure un habitat à environ 3800 espèces d'invertébrés marins, dont 300 espèces indigènes représentant environ 3,5 % des invertébrés du monde.

Les oiseaux nicheurs particuliers à cette zone comprennent L'Océanite à queue fourchue, le Cormoran de Brandt et le Cormoran pélagique, le Guillemot du Pacifique, l'Alque marbrée et l'Alque à cou blanc, l'Alque de Cassin, l'Alque à bec cornu, le Macareux huppé et le Macareux cornu.

Activités humaines

La foresterie, la pêche, l'agriculture, les transports et l'urbanisation à l'intérieur de l'écozone marine du Pacifique alimentent l'économie de la Colombie-Britannique depuis un siècle. Ces activités ont transformé beaucoup de régions côtières. L'urbanisation et l'industrialisation ont causé des problèmes de pollution et d'envasement près des côtes et à de nombreux kilomètres à l'intérieur des terres, ce qui a affecté la vie marine. Les changements apportés aux cours d'eau et aux régions côtières, conjugués à l'expansion de l'industrie de la pêche, ont été d'autres facteurs qui ont affecté les écosystèmes marins. Certaines espèces de poissons comme le Meunier de Salish figurent sur la liste des espèces menacées. L'abondance des espèces prisées telles que le Saumon et le Hareng a connu d'énormes variations. Le piégeage intensif de la Loutre de mer l'avait déjà complètement fait disparaître des côtes de la Colombie-Britannique en 1929. On a réintroduit l'espèce avec succès, mais elle est encore menacée.

Voir aussi Animaux en voie de disparition; Plantes en voie de disparition.