Roback, Léa

Léa Roback, militante syndicale, féministe et pacifiste (Montréal, 1903-id., 28 août 2000). D'origine polonaise, Léa Roback n'a eu de cesse d'affirmer haut et fort ses convictions sociales. Organisatrice syndicale pour l'Union internationale des ouvriers du vêtement, elle dirige, en 1937, une grève de quelque 5000 midinettes à Montréal, qui obtiennent la reconnaissance de leur syndicat et une amélioration sensible de leurs conditions de travail et de salaire.

On la retrouve ces mêmes années aux côtés de Thérèse Casgrain dans la lutte pour le droit de vote aux femmes. Communiste convaincue, elle rompt avec le Parti communiste en 1958, quand sont connues les horreurs commises en URSS sous Staline. Mais son engagement social ne connaît pas de répit.

Elle est de toutes les manifestations en faveur de la paix; elle défend avec acharnement la cause de la protection de l'environnement; elle se bat avec les groupes de femmes pour la légalisation de l'avortement: elle se range du côté de la défense des droits des femmes autochtones.

En 1993, la Fondation Léa-Roback est créée pour recueillir des fonds permettant d'offrir des bourses d'études à des femmes engagées socialement. En 1998, une dizaine d'organismes féministes ouvrent la Maison Parent-Roback, un immeuble possédé et géré par ces organismes qui y ont leur siège social. La réalisatrice Sophie Bissonnette a réalisé, en 1989, un film sur sa vie: Des lumières dans la grande noirceur, A Vision in the Darkness.

Son acharnement à défendre les plus humbles et sa fidélité à leur endroit sont reconnus par les gouvernements et la société civile. En mai 2000, le gouvernement du Québec lui décerne l'Ordre du Québec. En avril 2000, le YWCA l'honore à l'occasion de son gala Femme de Mérite, en même temps qu'une camarade de lutte de longue date, Madeleine Parent. À l'occasion de la Journée internationale des personnes aînées, le 1er octobre 1999, Léa Roback est du nombre des Québécoises et Québécois dont l'action est soulignée par le Conseil des aînés.