Saint André, guérisseur spirituel, conseiller religieux (né sous le nom d’Alfred Bessette à Saint-Grégoire-d'Iberville, Canada-Est, 9 août 1845; décédé à Montréal le 6 janvier 1937). Bien qu'il soit à la fois analphabète, de petite taille et peu éloquent et qu'il ait toujours rempli les tâches les plus modestes au sein de sa congrégation, Bessette, connu comme le faiseur de miracles à Montréal, devient le personnage religieux le plus populaire du XXe siècle au Québec.

Débuts humbles

Bessette passe son enfance au sud-est de Montréal et devient orphelin à l’âge de 12 ans. Il travaille dans les usines de textile de la Nouvelle Angleterre avant de prononcer ses vœux pour devenir frère laïc de la congrégation de Sainte-Croix en 1870. Il adopte alors le nom religieux de frère André.

Doté d’une éducation très limitée, il ne progresse pas dans la hiérarchie de son ordre et se cantonne à des fonctions de porteur pour le Collège Notre Dame à Montréal. Il trouve sa vocation en réconfortant les personnes qui viennent le rencontrer parce qu’elles sont malades ou qu’elles souffrent d’autres affections, en quête de réconfort et de guérison.

Guérisons

Des dizaines de milliers de personnes déclarent avoir été guéries par André, mais lui-même rectifiait ces dires en insistant que les guérisons apparemment miraculeuses n’étaient pas de son fait mais celui de son patron, Saint Joseph, époux de la Vierge Marie.

L’œuvre d’André scandalise de nombreux prêtres, médecins et catholiques distingués. Cependant, ses admirateurs, dont bon nombre sont de familles ouvrières, l'aident dès 1904 à construire un petit oratoire en l'honneur de saint Joseph sur le versant du mont Royal. Quelques années plus tard, les autorités ecclésiastiques s'engagent dans la construction d'une basilique (1924-1955), qui demeure à ce jour le point d'intérêt le plus imposant de Montréal. L'Église y organise ensuite plusieurs pèlerinages. L’oratoire Saint-Joseph devient le centre liturgique du mouvement ouvrier catholique du Québec. Seul lieu de pèlerinage catholique romain d'importance dans une zone urbaine du Canada, il reçoit encore un demi-million de visiteurs par année.

La préoccupation première du frère André, en dépit de sa réputation de guérisseur spirituel, est de promouvoir le culte du Christ souffrant sous le patronage de saint Joseph. Affligé toute sa vie d'une mauvaise santé, le frère André encourage ses disciples les plus proches à accepter leurs souffrances plutôt que de chercher la guérison, étant donné que souffrir rapproche de Jésus sur la croix. Il est déclaré vénérable en 1978 et officiellement béatifié le 23 mai 1982.

Miracles

André est déclaré « vénérable » par le Vatican en 1978 puis est canonisé le 23 mai 1982.

Avant qu'une telle reconnaissance puisse être accordée, le Vatican doit accepter la possibilité qu'une personne soit responsable, à titre posthume, de deux miracles. Le premier attribué à André est celui concernant l'homme d'affaires new-yorkais Joseph Audino, survenu en 1958, qui déclare avoir été guéri d'un cancer en phase terminale après avoir demandé les conseils spirituels du frère André. Le deuxième miracle met en cause un jeune garçon de Québec qui, en 1999, a été heurté par une voiture alors qu'il se promenait à bicyclette. Malgré de graves blessures à la tête, le garçon s'en est sorti. La famille de la jeune victime affirme avoir prié le frère André.

Le 19 octobre 2009, le Pape Benoît XVI accepta le second miracle comme résultant d’une intercession de frère André. Le 17 octobre 2010, André était canonisé et devenait ainsi le premier saint catholique né au Canada. Le Pape Benoît déclara : « Il a fait preuve d’une charité infinie et a fait tout ce qu’il était possible de faire pour soulager le désespoir de ceux qui se sont confiés à lui ».

André repose dans une tombe de la crypte de l’oratoire.