Au moment de leur rencontre avec des Européens dans les années 1790, les habitants de la côte de la Colombie-Britannique dans la région nord duDÉTROIT DE GEORGIAsont les Pentlatchs, les Comox et les Sechelts. Ces noms désignent aussi la langue de chacune de ces bandes. Ces langues appartiennent à la branche des Salish de la côte et à la famille linguistique salish. Au début des années 1800, les Pentlatchs, qui habitent le long de la côte Est de l'île de Vancouver aux environs de la baie Kye, au nord, jusqu'à la région de Parksville, au sud, sont durement frappés par la maladie et les attaques des groupes indiens habitant la côte Ouest de l'île. Les Pentlatchs sont graduellement absorbés par leurs voisins du Nord, les Comox. Le dernier autochtone parlant la langue pentlatch meurt en 1940.

Au début des années 1880, les Comox de l'île de Vancouver sont également victimes des hostilités entre bandes. Dans leur expansion vers le sud, leurs voisins du Nord, les Lekwiltoks, chassent les Comox insulaires de leur territoire, qui s'étend depuis les alentours de la rivière Salmon à la baie Kye (voir KWAKIUTLS).

Descendants

Les quelques descendants des Comox insulaires vivent dans la réserve indienne de Comox. En 1996, leur bande compte 258 personnes, dont 114 habitent la réserve. À la suite de mariages entre membres des deux bandes, les habitants de Comox adoptent les rituels et la langue des Lekwiltoks, le kwakwala. Le dialecte des Comox de l'île est presque entièrement éteint. Ils ont cependant conservé certaines de leurs traditions qui sont pour eux une source de fierté culturelle.

Les Salish de la côte qui parlent le comox et qui habitent le long de la côte Est du détroit de Georgia connaissent un meilleur sort. Appelés parfois les Comox du continent, ils sont formés des Homalcos, des Klahooses et des Sliammons, et vivent dans la région allant du bras de mer Bute, au nord, jusqu'à Stillwater, au sud. Jadis, les Homalcos et les Klahooses occupaient respectivement les eaux protégées des bras de mer Bute et Toba ainsi que les îles adjacentes. À la fin des années 1800, lors de la création desRÉSERVES INDIENNES, leurs principaux villages sont situés à Church House, près de l'embouchure du bras de mer Bute (le village des Homalcos est aujourd'hui abandonné), et à Squirrel Cove, dans l'île de Cortes, où vivent quelque 270 Klahooses.

Le principal village des Homalcos est maintenant une réserve de 366 habitants établie dans la ville de Campbell River, dans l'île de Vancouver. De nombreux Homalcos, Klahooses et Sliammons vivent dans la réserve située à l'embouchure du ruisseau Sliammon (au nord de la rivière Powell), autrefois un village traditionnel sliammon et aujourd'hui un village moderne d'environ 812 habitants. Les Sechelts, qui occupaient anciennement le bras de mer Jervis, les deux côtés de la péninsule de Sechelt et les îles adjacentes, sont au nombre de 961 (1996), dont 524 vivent dans des réserves à proximité du village de Sechelt. La bande des Sechelts est la première au Canada à recevoir l'autorisation de gérer son propre territoire en vertu des dispositions de laLOI SUR LES INDIENS.

Ressources naturelles

Tout comme les autres Indiens de la côte du Nord-Ouest, les Salish de la côte Nord du détroit de Georgia jouissent alors d'abondantes ressources naturelles, dont cinq espèces deSAUMONS DU PACIFIQUE, le sébaste, le phoque, les fruits de mer, le cerf, la chèvre de montagne, l'ours et les oiseaux migrateurs. Des plantes fournissent le complément nécessaire au poisson et à la viande. Un inventaire de leurs maisons traditionnelles (voirHABITATION) montrerait que le thuya géant est le matériel végétal au plus grand nombre d'usages. Ils utilisent son bois robuste et facile à fendre pour fabriquer des planches de construction, desPIROGUES, des boîtes, des bâtons pour la cuisson, des supports pour le séchage et des bols. L'intérieur de l'écorce du thuya géant, une fois pilonné jusqu'à ce qu'il soit tendre, sert à fabriquer nattes, cordes, vêtements et costumes de cérémonie. Quelques femmes pratiquent encore l'art de fabriquer des paniers au moyen de racines de thuya.

Tous les Salish de la côte Nord du détroit de Georgia s'emploient à la pêche commerciale et à des programmes de mise en valeur du saumon. La coupe du bois et la récolte de fruits de mer fournissent aussi des emplois. La bande des Comox exploite avec succès une galerie d'art qui se consacre à l'art autochtone de la région.

Voir aussi AUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUESTet les articles généraux sous la rubriqueAUTOCHTONES.