Peuples et territoire traditionnel

Salish de la côte Nord.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Les Salish de la côte nord vivent le long de la portion nord du détroit de Georgia, au centre-est de l’île de Vancouver et dans la partie occidentale du continent. Les peuples appartenant aux Salish de la côte nord comprennent les Pentlatchs, les Comox et les Sechelts. (Voir également Territoire autochtone.)

Les Pentlatchs occupent depuis des générations la côte centrale de l’est de l’île de Vancouver, des environs de Cape Lazo à la région approximative de Parksville au sud. On les retrouve également sur les îles Denman et Hornby.

La Première Nation Comox décrit son territoire comme s’étendant « de la portion est de l’île de Vancouver jusqu’au bassin hydrographique de la rivière Salmon au nord et jusqu’au bassin de la rivière Englishman au sud ». Nation de taille considérable, les Comox sont souvent divisés en Comox insulaires (parfois désignés simplement sous le nom de Première Nation Comox) et de Comox du continent, groupe auquel appartiennent les Premières Nations Homalco, Klahoose et Tla’amin (Sliammon). Comme leur nom l’indique, les Comox insulaires vivent sur l’île de Vancouver, tandis que les Comox du continent occupent la partie continentale de la Colombie-Britannique.

Le territoire traditionnel des Sechelts se situe sur le continent, autour des divers bras de mer qui se jettent dans le chenal Agamemnon. Il inclut également la partie sud de l’île Texada dans le détroit de Georgia.

Vie traditionnelle

Tout comme les autres peuples autochtones de la côte nord-ouest, les Salish de la côte nord jouissent d’abondantes ressources naturelles, dont plusieurs espèces de saumon du Pacifique, le sébaste, le phoque, les mollusques, le cerf, la chèvre de montagne, l’ours et les oiseaux migrateurs. Des plantes fournissent le complément nécessaire au poisson et à la viande.

De nombreux peuples Salish de la côte nord construisent des maisons dotées de toits à pignons. Ces toits se composent de deux pans inclinés qui forment un triangle. (Voir également Histoire de l’architecture : Autochtones.) Les peuples Salish de la côte utilisent généralement du bois de cèdre pour construire leurs maisons et fabriquer de la corde, des tapis, des paniers, des vêtements et des costumes de cérémonie.

Société

L’organisation sociale des peuples Salish de la côte nord subit certains bouleversements au 19e siècle, période marquée par des guerres autochtones et l’arrivée des colons blancs. Les peuples Sechelts sont déplacés en nombre croissant vers des réserves, tandis que les Européens s’installent sur leur territoire traditionnel. Les maladies transmises par les Européens (en particulier la variole) contribuent également à la diminution de cette population.

Au début du 19e siècle, les Pentlatchs connaissent eux aussi une baisse de population, plusieurs d’entre eux succombant à des maladies étrangères. Ils ont de plus en plus de mal à protéger leur peuple et leur territoire des attaques d’autres groupes autochtones habitant les côtes nord et ouest de l’île de Vancouver. Les Pentlatchs sont graduellement absorbés par leurs voisins du nord, les Comox, pour former un seul et même groupe.

Les Comox eux-mêmes ne sont pas sans subir de nombreux changements sociaux et culturels durant cette période tumultueuse. Vers le milieu du 18e siècle, les Lekwiltoks (peuples Kwakwaka’wakw), voisins nordiques des Comox insulaires, chassent, dans leur expansion vers le sud, plusieurs de ceux-ci hors de leur territoire. À la suite de mariages entre membres des deux bandes, les Comox insulaires finissent par adopter les rituels et la langue des Lekwiltoks, le kwakwala. Ils conservent cependant certaines de leurs traditions, qui sont pour eux une source de fierté culturelle.

Pour les Comox du continent vivant le long de la rive est de la portion nord du détroit de Georgia, le 19e siècle amène son lot de changements sociaux. Jadis, les Homalcos et les Klahooses occupaient respectivement les eaux protégées des bras de mer Bute et Toba ainsi que les îles adjacentes. À la fin du 19e siècle, à l’avènement des Européens dans la région, le principal village des Homalcos se situe à Church House, près de l’embouchure du bras de mer Bute (aujourd’hui abandonné). Squirrel Cove, dans l’île de Cortes, était (et demeure) le territoire des Klahooses.

Culture

Le potlatch est à l’époque (et demeure aujourd’hui) une cérémonie culturelle importante pour les peuples Salish de la côte nord comme pour plusieurs autres peuples autochtones de la côte nord-ouest. Pendant le potlatch, on distribue des cadeaux de tous types aux convives. De même, le découpage de planches de maisons et d’autres objets en bois de cèdre demeure important dans les cultures des Salish de la côte nord.

Alors que certaines pratiques sont communes à différents peuples Salish – c’est le cas, notamment, des cérémonies de baptême, d’une grande complexité, et des danses du masque –, chaque Nation possède des traditions et des coutumes qui lui sont propres.

Religion et spiritualité

Les récits oraux des peuples Salish de la côte nord racontent leur histoire et expliquent leurs croyances spirituelles. On croit notamment en un grand esprit qui aurait créé le monde, et on vénère les premiers ancêtres à avoir foulé le territoire traditionnel. Certains récits des Salish de la côte évoquent également l’existence d’êtres transformateurs, comme le corbeau, qui ont la capacité de se métamorphoser et de rétablir l’ordre dans le monde humain.

Langue

Les langues parlées par les Pentlatchs, les Comox et les Sechelts appartiennent à la branche des Salish de la côte et à la famille linguistique salish. La plupart des langues parlées par les Comox et les Sechelts sont menacées : la branche linguistique des Comox insulaires s’est éteinte, tout comme la langue pentlatch. Le dernier autochtone parlant cette langue meurt en 1940. Les peuples Salish de la côte nord tentent de préserver leurs langues en établissant des programmes scolaires, en publiant des dictionnaires et en déployant certains autres efforts de revitalisation. (Voir également Langues autochtones au Canada.)

Contact avec les Européens

Aux 18e et 19e siècles, les peuples Salish de la côte nord ont leurs premiers contacts avec des explorateurs et commerçants de fourrures européens, dont le capitaine James Cook et George Vancouver. Au milieu du 19e siècle, le territoire traditionnel de ces peuples voit également l’arrivée de missionnaires chrétiens. Des maladies introduites du continent européen viennent diminuer de manière considérable les populations autochtones, poussées en nombre croissant vers les réserves.

Certains programmes et politiques du gouvernement fédéral à vocation d’assimilation, comme le système des pensionnats indiens et la Loi sur les Indiens, ont pour effet d’éroder les cultures et les langues autochtones. À l’instar de nombreux autres peuples autochtones du Canada, les Salish de la côte nord s’efforcent de protéger et de promouvoir les traditions et coutumes qui leur restent.

Traités

Les Sechelts obtiennent leur autonomie gouvernementale en 1986; celle des Tla’amin suit trente ans plus tard en 2016.

Les Comox, eux aussi désireux d’obtenir cette autonomie, entreprennent en 1922 un processus de conclusion de traités modernes en Colombie-Britannique, processus qui se poursuit aujourd’hui. La Première Nation en est à la cinquième étape d’un processus qui en compte six. Quant aux Homalcos et aux Klahooses, ils se trouvent tous deux à la quatrième étape de ce même processus, négociant des ententes de principe avec les gouvernements fédéral et provinciaux.

Communautés modernes

Les Salish de la côte nord s’emploient à la pêche commerciale et prennent part à différents programmes de mise en valeur du saumon. La coupe du bois et la récolte de fruits de mer, de même que le tourisme, créent aussi des emplois dans leur région. La Première Nation Comox exploite avec succès une galerie d’art du nom de I-Hos, qui se consacre à l’art autochtone de la côte nord-ouest du Pacifique.