Saturday Night

Saturday Night fait ses débuts en 1887 sous le nom de Toronto Saturday Night et sous la direction du rédacteur en chef E.E. Sheppard. C'est d'abord un journal hebdomadaire qui se vend, comme son nom l'indique, tous les samedis à 18 h. Il fait preuve de snobisme en cherchant à recruter ses lecteurs principalement parmi les gens de la haute bourgeoisie de Toronto. Cependant, le désir d'accroître son tirage et ses encarts de PUBLICITÉ le pousse à réorienter son snobisme vers l'analyse critique et dogmatique de la vie tout en présentant un contenu fortement canadien.

Pendant les années 20, surtout avec Hector Charlesworth comme rédacteur de la revue, le message véhiculé en est un d'optimisme et de conservatisme, fidèle reflet de l'état d'esprit canadien.

 La revue connaît vraiment une réussite déterminante sous la houlette de B.K. SANDWELL comme rédacteur en chef de 1932 jusqu'en 1951. Celui-ci s'intéresse vivement à toutes sortes de questions, et plus particulièrement aux libertés civiles. Il fait de Saturday Night une force en lui trouvant de bons collaborateurs qui couvrent la politique et les arts, en dressant des profils de chefs de file canadiens des domaines gouvernemental et artistique, et en publiant de superbes portraits photographiques. Saturday Night devient ainsi, vers la fin des années 30, la troisième revue en importance en Amérique du Nord.

À la suite du départ de Sandwell, Saturday Night connaît un long passage à vide. Après 1958, Arnold Edinborough devient rédacteur en chef pour une dizaine d'années. Ce n'est qu'en 1968, lorsque Robert FULFORD en assume la rédaction, que Saturday Night commence à se dénicher un créneau porteur. Sous la direction de FULFORD, cette revue accorde beaucoup d'importance aux arts (en particulier, aux critiques de films que Fulford publie sous le pseudonyme de Marshall Delaney), et publie de longs et quelquefois exceptionnels reportages politiques qui sont souvent signés par Christina McCall. Au cours des années, Saturday Night présente des nouvelles et de la poésie. C'est grâce à elle que des auteurs tels que Dennis LEE et Margaret ATWOOD se font connaître partout au Canada.

Pendant les années 70, la revue connaît de graves problèmes financiers, qui sont finalement résolus en 1979 lorsque la famille Webster, menée par Norman Webster (futur rédacteur en chef du journal The Globe and Mail), l'achète et lui apporte son tout premier soutien financier solide depuis le début des années 50. En 1987, le financier Conrad BLACK acquiert Saturday Night. Fulford donne sa démission et John FRASER, du journal The Globe and Mail, le remplace. Kenneth Whyte succède à Fraser en 1994. Dans le meilleur des cas, l'existence d'une revue d'orientation générale est périlleuse au Canada. Malgré tout, en 1987, Saturday Night célèbre son centenaire et devient ainsi la revue la plus âgée dans l'histoire du pays. En raison de son tirage, 400 000 exemplaires en 1994, Saturday Night demeure l'une des tribunes d'opinions les plus lues au pays.