Selkirk, Thomas Douglas, 5e comte de

Thomas Douglas Selkirk, 5e comte de, colonisateur (St. Mary's Isle, Écosse, 20 juin 1771 -- Pau, France, 8 avril 1820). Le plus jeune fils d'une famille nombreuse, il devient inopinément le second prétendant au titre et, à la mort de son père (1799), il cherche à se faire un nom dans le monde. Il trouve sa voie dans le parrainage de Highlanders déplacés qui veulent s'établir en Amérique du Nord britannique. En 1803, il établit 800 Highlanders sur des terres qu'il achète à l'Île-du-Prince-Édouard et, en 1804, il établit une colonie à BALDOON (Haut-Canada). Il est motivé autant par ses sentiments humanitaires que par son ambition personnelle et le désir d'améliorer les terres. En 1806, il fait partie des 16 pairs écossais élus à la Chambre des lords et, en 1807, il est nommé vice-roi de Kirkcudbright.

Étant donné le peu de succès qu'il remporte dans sa vie publique et politique, Selkirk se rabat sur la colonisation. Sa famille et lui-même ayant investi dans la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON (CBH), il reçoit, en 1811, une importante concession de terre de l'ASSINIBOIA, dans ce qui est aujourd'hui le Manitoba. Un groupe de reconnaissance, envoyé sous la direction de Miles MACDONELL en 1811, y établit la RED RIVER COLONY en 1812. Des conflits avec la COMPAGNIE DU NORD-OUEST (CNO) et avec des Métis du lieu entraînent la dispersion de la colonie en 1815. Selkirk vient au Canada pour superviser en personne les opérations.

En route vers la rivière Rouge avec un groupe de soldats suisses en 1816, il apprend que le gouverneur Robert SEMPLE et plusieurs colons ont été tués à SEVEN OAKS. En réaction, il occupe l'entrepôt de la CNO à Fort William. Il est alors mêlé à un litige complexe qui l'oppose à la CNO et aux Canadiens qui condamnent la fondation de la colonie. Il visite la rivière Rouge en 1817 avant de retourner au Canada pour combattre ses adversaires devant les tribunaux. Incapable de convaincre les autorités canadiennes ou le gouvernement britannique que les conflits qui ont lieu dans l'Ouest résultent d'une conspiration contre lui et la CBH, il considère que cet échec nuit à son honneur. Atteint de tuberculose, il s'embarque pour l'Angleterre en 1818. Sa maladie l'empêche de se défendre et il meurt en France, en route vers un climat plus clément.

Bien que ses entreprises aient été de coûteux échecs, il laisse le souvenir d'un défenseur sincère et éloquent du droit des minorités culturelles de préserver leur mode de vie par leur ré-établissement en Amérique du Nord britannique, et d'un homme qui fut l'un des premiers à s'opposer aux efforts déployés par le gouvernement britannique pour limiter l'émigration dans le but d'améliorer le niveau de vie des populations.