Sherbrooke

   Sherbrooke, ville du Qc, située à 147 km à l'est de Montréal, est la principale ville des CANTONS DE L'EST. Sise au coeur d'une région de lacs et de montagnes, à proximité du parc provincial du MONT-ORFORD, elle est pendant de nombreuses années un carrefour commercial, industriel et ferroviaire. Depuis les années 60, elle est aussi un centre de services. Siège d'un archidiocèse catholique et du district judiciaire de Saint-François.

Peuplement et croissance

Établie sur des terres appartenant aux ABÉNAQUIS, à l'emplacement d'un portage au pied des chutes de la rivière Magog, Sherbrooke est d'abord connue sous le nom de « Ktinékétolékouac », ou Grandes Fourches. Des Américains du Vermont créent la première colonie permanente en 1802 lorsqu'ils y construisent plusieurs scieries. Le village emprunte le nom du gouverneur général John Coape SHERBROOKE en 1818. Sa croissance est amorcée par l'industrialisation, qui se produit par phases à partir des années 1840. L'industrie textile s'y installe avec la construction de la première filature de coton du Canada en 1844 et celle d'une grande filature de laine en 1867.

 Au XIXe siècle, la ville doit son essor aussi bien à des hommes d'affaires anglophones, qui fondent une banque régionale et encouragent l'implantation du chemin de fer et de nouvelles industries, qu'à sa population francophone, qui constitue la majeure partie de la main-d'oeuvre industrielle.

Les progrès de l'agriculture et de l'exploitation minière dans la région lui confèrent un rôle plus important dans le commerce de gros et les services. Depuis les années 50, Sherbrooke a peine à attirer de nouvelles industries, et le secteur du textile et du vêtement connaît des difficultés. La fondation de l'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE en 1954 ainsi que la décentralisation de l'administration de la province contribuent à rendre à la ville son dynamisme d'antan.

Paysage urbain

 Bâtie au confluent des rivières Magog et SAINT-FRANÇOIS, Sherbrooke a l'aspect d'une cuvette dont les côtés seraient tapissés de quartiers résidentiels. Après 1950, l'urbanisation suit un axe est-ouest en raison de l'influence de l'université et des centres commerciaux de la périphérie. Le centre de la ville, zone commerciale traditionnelle, connaît un regain de vie dans les années 70. Plusieurs quartiers résidentiels situés près du centre abritent un grand nombre de bâtiments de bois d'architecture victorienne et américaine du XIXe siècle. De nombreux espaces verts, un lac situé en pleine ville ainsi qu'une montagne skiable offrent aux habitants une variété de loisirs de plein air.

Population et économie

Comme l'activité industrielle est plutôt fluctuante, la population augmente lentement au XIXe siècle. Sherbrooke compte 3000 habitants en 1852, 10 000 en 1891 et plus de 50 000 en 1951. Dans les années 70, la population décroît, et on enregistre à une faible croissance depuis. Bon nombre de gens ont emménagé dans des villes de banlieue comme FLEURIMONT, Ascot et Rock Forest. Le pourcentage de francophones, qui était de 50 p. 100 en 1871, atteint 92 p. 100 en 1996. La ville compte quelque 2300 anglophones.

Économie
L'activité industrielle sherbrookoise repose toujours sur le vêtement, le textile et la machinerie, des spécialités auxquelles est venue s'ajouter celle des pièces électroniques. Cependant, depuis les années 60, la majeure partie de la population active travaille dans les secteurs tertiaires du commerce, de l'enseignement, des services de santé et de l'administration régionale.

Administration
Constituée en tant que ville en 1852, Sherbrooke est administrée par un maire et des conseillers représentant quatre quartiers. De 1890 à 1952, un représentant de chacun des deux groupes linguistiques occupe en alternance le poste de maire. De nos jours, la politique municipale fait rarement l'objet de débats passionnés, et la ville met davantage l'accent sur une bonne gestion et sur la création de nouvelles industries. Depuis 1908, Sherbrooke possède son propre réseau de distribution d'électricité, alimenté par plusieurs barrages hydroélectriques.

Transport
Pendant près d'un siècle, Sherbrooke demeure un grand carrefour de réseaux ferroviaires qui la relient à Montréal, Québec, Halifax, Portland (Maine) et Boston (Massachusetts). Les premiers trains de voyageurs sont mis en service par la ST. LAWRENCE AND ATLANTIC RAILROAD, en 1852. Ils cessent leurs activités en 1981, mais offriront à nouveau des services entre 1985 et 1994. La ville se trouve à la croisée de l'autoroute Transquébécoise, qui s'étend vers le nord jusqu'à TROIS-RIVIÈRES et vers le sud jusqu'aux États-Unis, et de l'autoroute des Cantons-de-l'Est, qui la relie à Montréal. Des tramways la desservent à partir de 1897, jusqu'à leur remplacement par des autobus en 1931.

Vie culturelle
Située au centre d'une région qui attire de nombreux artistes, Sherbrooke possède une vie culturelle intense grâce au centre culturel de l'université, à l'orchestre symphonique et à plusieurs troupes de théâtre. On y trouve également le Musée des beaux-arts (1982) et le Musée du séminaire de Sherbrooke (1879), ainsi que le nouveau Centre d'interprétation de l'histoire de Sherbrooke (1992). La ville compte quatre stations de télévision et cinq stations de radio (dont une de langue anglaise) et deux quotidiens, La Tribune (français) et The Record (anglais).