Sir Alexander Tilloch Galt commence sa vie professionnelle au Canada en s’engageant avec la British American Land Company dans les Cantons de l’Est du Bas-Canada. Frustré par l’impasse politique de la législature unie du Canada-Est (Québec) et du Canada-Ouest (Ontario), sir Alexander Tilloch Galt prône d’abord l’annexion aux États-Unis, mais plus tard, il travaille sur la création d’une union fédérale des colonies britanniques de l’Amérique du Nord. Après la création de la Confédération, sir Alexander Tilloch Galt passe de la politique électorale à la diplomatie en continuant en même temps de faire des efforts pour la promotion du développement des Cantons de l’Est et plus tard du sud de l’Alberta.

Enfance et carrière

Alexander Tilloch Galt est le troisième fils de John Galt et Elizabeth Tilloch. John Galt quitte l’Écosse pour Londres où Alexander est né. Quand John Galt fait des voyages d’affaires en Amérique du Nord britannique pour la Canada Company qu’il fonde en 1824, il inscrit ses fils au nouveau séminaire anglican à Chambly au Bas-Canada. En 1829, on le fait venir à Londres, pour qu’il fasse un rapport sur les dépenses de sa compagnie, où il est emprisonné pour avoir omis de payer les frais d’éducation de ses fils. John Galt est un écrivain d’histoire et de fiction à succès, donc il commence à écrire pour payer ses dettes. Il se remet sur pied suffisamment pour aider à fonder British American Land Company au début des années 1830.

En 1835, Alexander Galt déménage à Sherbrooke dans les Cantons de l’Est, où il travaille comme comptable pour la British American Land Company. Il passe une partie des années 1842-1843 à diriger le bureau de cette compagnie à Londres, en Angleterre, et quand il revient à Sherbrooke, il devient assez vite directeur de la compagnie au Canada. Alexander Galt investit les bénéfices de son entreprise au développement de Sherbrooke comme centre industriel et à la promotion des chemins de fer pour relier les Cantons de l’Est à Montréal et à la frontière maritime des États-Unis. Étant le fondateur du St. Lawrence and Atlantic Railroad, il en devient le président en 1849. Il est aussi partenaire dans la construction de chemin de fer de la firme C. S. Gzowski and Company, qui construit des sections du Grand Trunk Railway.

Alexander Galt épouse une jeune fille d’une famille influente de Montréal, du marchand John Torrance, en 1848. Son épouse, Elliott Torrance, meurt l’année suivante après avoir accouché d’un fils, qu’on appelle Elliott. Alexander Galt se marie alors avec sa belle-sœur, Amy Gordon Torrance. Le couple a deux fils et huit filles.

Alexander Galt s’engage dans la politique en 1849 comme représentant de Sherbrooke en remportant un siège à l’Assemblée législative par acclamation à la suite du décès du représentant précédent. Alexander Galt affirme son indépendance politique. Il accorde de l’appui aux marchands de Montréal qui demandent l’annexion aux États-Unis, à la consternation de quelques officiers de la British American Land Company à Londres. Quand Toronto devient la capitale de la Province du Canada en 1850, Alexander Galt démissionne de son poste. Il retourne à la politique dans le cadre d’élections en 1853 et il y demeure jusqu’en 1872. Son appui pour des politiques favorables au développement le rapproche aux parlementaires rouges ou réformistes, surtout quant à la résolution des problèmes comme l’abolition du régime seigneurial. Mais les tentatives pour obtenir des subventions du gouvernement pour des activités commerciales, surtout pour des chemins de fer, le rapprochent aux conservateurs. En 1858, Alexander Galt accepte le poste de ministre des Finances au gouvernement formé par John A. Macdonald and George-Étienne Cartier (voir Double remaniement).

Confédération

En tant que membre du gouvernement, Alexander Tilloch Galt insiste sur la création d’une union fédérale des colonies britanniques de l’Amérique du Nord qui terminerait une organisation politique maladroite et qui permettrait à l’Ontario et au Québec d’avoir leurs législatures séparées (voir Gouvernement provincial). En 1864, le gouvernement entre en polémique à cause de la décision d’Alexander Galt, qu’il prend en tant que ministre des Finances, d’accorder 100 000 $ au développement du Grand Trunk Railway. Il contribue à former le gouvernement de coalition dirigé par John A. Macdonald et George Brown pour faire progresser le plan de l’union fédérale. Alexander Galt participe à la conférence de Québec en 1864 et il fait partie de la délégation canadienne envoyée en Angleterre en 1865 et en 1866 pour négocier les conditions finales de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867. À la suite de la Confédération, Alexander Galt se joint au premier Cabinet fédéral en tant que ministre des Finances, mais il démissionne avant la fin de l’année quand le gouvernement refuse sa recommandation d’accorder une assistance financière de 500 000 $ à une banque en difficulté qui fait faillite peu de temps après. Incapable d’appuyer ni les conservateurs, ni les libéraux avec Alexander Mackenzie en tête, Alexander Galt démissionne de son poste au Parlement en 1872.

Vie et carrière après la Confédération

En 1871, la Grande-Bretagne et le Canada concluent le traité de Washington qui traite d’un certain nombre de problèmes causant de l’irritation, comme l’accès américain aux pêches côtières du Canada et de Terre-Neuve (voir Histoire de la pêche commerciale). Les autorités britanniques choisissent Alexander Tilloch Galt comme représentant du Canada dans la Commission d’arbitrage créée par le traité pour déterminer quelle compensation le gouvernement américain payerait pour le privilège d’avoir accès aux pêches côtières. Sir John A. Macdonald nomme Alexander Galt premier haut-commissaire du Canada à Londres, où il occupe ce poste de 1880 à 1883 en promouvant le Canada comme un pays plein de potentiel pour les investisseurs et les émigrants. À Londres, il lève des capitaux pour le développement du secteur du charbon dans la région où est située l’Alberta du Sud actuelle. Il travaille avec son fils Elliott qui est aide-commissionnaire des Affaires autochtones de la région. Le gouvernement cède un million d’acres de terres avec lequel le père et le fils font construire l’infrastructure du transport et mettent en œuvre de grands projets d’irrigation dans la région de Lethbridge, qui est nommée en l’honneur d’un des investisseurs britanniques.

Alexander Galt meurt à Montréal en 1893.

Héritage

Sir Alexander Tilloch Galt commence sa carrière comme entrepreneur et politicien dans un pays qui a besoin d’immigrants et de capitaux. C’est un pays où les gens qui risquent l’argent d’autres personnes peuvent faire faillite ou réaliser de grandes choses pour eux et pour leurs communautés. Alexander Tilloch Galt a réussi. Un penseur flexible et prometteur, il ajuste ses convictions politiques et sa visée entrepreneuriale pour saisir des occasions provenant des circonstances changeables. Comme avocat de l’union fédérale, il joue un rôle significatif quant aux arrangements financiers qui persuadent la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick de joindre l’union nommée le Dominion du Canada. Avant et après la création de la Confédération, son appui à l’immigration, des subventions de l’État pour la construction du chemin de fer et des tarifs protecteurs élevés contribuent à l’avancement de ses affaires et font évoluer ses intérêts commerciaux, ainsi que les intérêts d’une colonie en développement.

Voir aussi Pères de la Confédération.