Stephen Joseph Harper, c.p., premier ministre du Canada de 2006 à 2015, politicien, auteur et économiste (né le 30 avril 1959 à Toronto, en Ontario). Stephen Harper est le premier ministre conservateur qui est resté le plus longtemps au pouvoir depuis sir John A. Macdonald. Après avoir aidé à fonder le Parti réformiste et avoir été à la tête de la National Citizens Coalition et de l’Alliance canadienne, il transforme le paysage politique du Canada en ralliant la droite, auparavant divisée et moribonde, au Parti conservateur du Canada. À titre de chef de ce parti, il gagne trois élections consécutives avant d’être finalement défait en 2015 et, conséquemment, de démissionner. L’adhérence obstinée du politicien à une branche du conservatisme idéologiquement pure pousse le Globe and Mail à parler du règne d’Harper comme du « tout premier gouvernement réellement conservateur au Canada ».

Jeunesse et vie personnelle

Stephen Harper grandit dans le quartier torontois de Leaside, puis en banlieue d’Etobicoke. Il est l’aîné d’une fratrie de trois garçons, nés de l’union entre Margaret et Joe Harper, un comptable de profession. Stephen Harper fréquente le Richview Collegiate Institute, où il est membre du club libéral et participe à l’émission Reach for the Top. À l’obtention de son diplôme en 1978, il entreprend des études au Trinity College de l’Université de Toronto. Il abandonne toutefois ses études après deux mois et part travailler en Alberta pour le compte de la Compagnie Pétrolière Impériale, entre autres à titre de commis du centre des postes. Trois ans plus tard, il s’inscrit à l’Université de Calgary et y obtient un baccalauréat et une maîtrise en économie, respectivement en 1985 et en 1991.

Amateur des patinoires, Stephen Harper est membre de la Société internationale de recherche sur le hockey. Il publie même un ouvrage non romanesque, Un sport légendaire : les Maple Leafs d'autrefois et l'essor du hockey professionnel (2013, Les Éditions de l'Homme), portant sur les premières décennies du hockey professionnel en Amérique du Nord. Stephen Harper joue également du piano dans un groupe rock qui s’est produit plusieurs fois en public, principalement dans le cadre d’événements du Parti conservateur.

En 1993, il épouse Laureen Teskey (née en 1963), une Albertaine diplômée en graphisme et en photographie très impliquée dans la communauté et dans les programmes s’adressant aux enfants. Deux enfants naissent de leur union : Benjamin, en 1996, et Rachel, en 1999.

Parti réformiste

Bien qu’il ait d’abord été un partisan des libéraux, Stephen Harper finit par s’opposer aux actions et politiques de ce parti. En 1981, il commence à travailler pour Jim Hawkes, député fédéral conservateur de Calgary. Après la victoire du premier ministre Brian Mulroney en 1984, Stephen Harper suit Jim Hawkes à Ottawa. Il démissionne cependant après un an, désillusionné par le conservatisme de Mulroney.

De retour à Calgary, Stephen Harper joue un rôle clé dans la création du Parti réformiste, un mouvement politique populiste de droite de l’ouest du Canada qui cherche à briser le règne centriste des Libéraux et des conservateurs à Ottawa. Son éloquence et sa compréhension des enjeux au pays lui permettent de décrocher le poste d’agent principal des politiques sous l’autorité du chef Preston Manning. C’est aussi lui qui rédige la plateforme et l’énoncé de principes du parti, documents qui servent plus tard de base au « Livre bleu », la bible politique des réformistes.

En 1988, Stephen Harper brigue un siège à la Chambre des communes contre son ancien patron Jim Hawkes. Sa défaite est cependant cuisante. Il garde donc son poste d’agent des politiques tout en agissant à titre d’adjoint législatif et de conseiller politique pour Deborah Grey, première députée réformiste élue du Canada.

Aux élections de 1993, Stephen Harper défait Jim Hawkes et devient le député de Calgary-Ouest. Il est nommé porte-parole des finances et de l’unité nationale du Parti réformiste et attire rapidement l’attention grâce à sa vivacité d’esprit, ses capacités d’analyse politique et son bilinguisme. En 1997, il abandonne la politique, bien qu’il en soit à peine à sa quatrième année comme député (et pas encore admissible à la pension parlementaire). Peu de temps après, il devient chef de la National Citizens Coalition (NCC), un groupe de réflexion et de défense de l’intérêt public conservateur.

NCC et Alliance canadienne

Une des plus grandes préoccupations de Harper au sein de la NCC est le manque de respect qu’il perçoit du gouvernement fédéral envers la riche province pétrolière de l’Alberta. Cette école de pensée, la « Calgary School », est partagée et stimulée par un groupe d’intellectuels conservateurs de l’Université de Calgary. En 2001, courroucés par l’intrusion du gouvernement fédéral dans les secteurs de compétence provinciale, Stephen Harper et cinq membres du groupe signent un article dans le National Post dans lequel ils arguent que l’Alberta devrait « bâtir des pare-feu » autour de son territoire pour la protéger contre « un gouvernement fédéral hostile et agressif ».

Durant les quatre années de Stephen Harper à la NCC, le Parti réformiste, renommé Alliance canadienne, devient l’opposition officielle à Ottawa. Au même moment, une rumeur court selon laquelle le retour de Stephen Harper en politique serait imminent. Le printemps de 2002 confirme les doutes de plusieurs : Stephen Harper est élu chef de l’Alliance canadienne au premier tour, s’emparant du poste titulaire occupé par Stockwell Day. À la suite d’une élection partielle, il effectue aussi son retour en Chambre, remplaçant Preston Manning dans son comté de Calgary-Sud-Ouest.

Unification de la droite

Depuis 1993, les libéraux accumulent les gouvernements majoritaires, une situation partiellement tributaire de la division de la droite politique entre l’Alliance et les ruines du Parti progressiste‑conservateur. En tant que chef de l’Alliance, Stephen Harper se donne pour mission de réparer les pots cassés. En 2003, il convainc Peter MacKay, le chef des progressistes‑conservateurs, d’unir ses forces au sein d’un nouveau parti : le Parti conservateur. Aux élections de 2004, Stephen Harper est à la tête des nouveaux conservateurs et gagne 99 sièges, ne cédant aux libéraux qu’un gouvernement minoritaire. Le Parti conservateur remporte également un nombre important de voix en Ontario, un exploit que ni le parti réformiste ni l’Alliance n’avaient su relever.

En tant que chef de l’opposition officielle, Stephen Harper inspire d’abord le doute ; peu sont enclins à croire qu’il soit capable de s’attirer la confiance des Canadiens et de devenir premier ministre. En effet, on questionne l’attrait et la personnalité du politicien et sa capacité à maintenir l’union entre les éléments disparates du parti. Enfin, on craint que certaines de ses politiques ne soient trop à droite pour les électeurs. Stephen Harper fait taire les sceptiques en créant une coalition à même le parti qui inclut les réformistes de l’Ouest, les traditionnels « conservateurs sociaux » et, de façon plus importante pour les élections, les partisans banlieusards ontariens prônant la « Révolution du bon sens » qui avaient, en 1995, propulsé le premier ministre Mike Harris au pouvoir.

Premier gouvernement minoritaire (2006‑2008)

Aux élections du 23 janvier 2006, Stephen Harper profite du soutien de la coalition de la droite politique et de la précarité du gouvernement libéral de Paul Martin, dans l’eau chaude depuis le scandale des commandites. Le politicien devient ainsi le premier Canadien de l’ouest à devenir premier ministre depuis Joe Clark en 1979. Bien qu’il n’obtienne pas la majorité avec seulement 36,3 % des votes et 124 sièges sur 308, sa victoire marque la fin d’un règne libéral de 13 années. Immédiatement après son assermentation à titre de 22e premier ministre du Canada le 6 février 2006, Stephen Harper dépouille le Cabinet fédéral, choisissant 27 ministres plutôt que 33, dont les plus importants sont des Albertains ou d’anciens ministres de l’Ontario provenant du régime de Mike Harris.

Fervent défenseur du laissez-faire capitaliste et d’un gouvernement fédéral petit et décentralisé, Stephen Harper réduit la taxe sur les produits et services (TPS), la faisant passer de 7 à 5 % sur deux ans. Cette décision prive le gouvernement fédéral d’environ 13 milliards de dollars par année, un avantage selon les conservateurs qui arguent que l’argent des Canadiens est plus utile dans leurs poches quand dans les nouveaux programmes gouvernementaux.

Sur le plan de la politique étrangère, Stephen Harper défend fermement Israël dans le conflit palestino‑israélien, réservant de sévères critiques à tous ceux qui ne partagent pas son opinion. En 2006, il met fin à l’aide que le Canada donne à la Palestine en protestation contre l’élection du Hamas, ce mouvement politique et militaire anti‑Israël de la Palestine.

En 2003, Stephen Harper, alors chef de l’opposition officielle, milite en faveur de la participation du Canada dans l’invasion de l’Irak par les États-Unis. En 2006, le nouveau premier ministre se positionne fermement pour la guerre en Afghanistan. C’est d’ailleurs dans ce pays du Moyen-Orient qu’il effectue sa première visite à l’étranger en tant que premier ministre, en mars 2006. Il devient également, en mai 2007, le premier dirigeant canadien à visiter les premières lignes d’une opération de combat en se rendant à Ma’sum Ghar, en Afghanistan. De février 2009 à décembre 2011, le gouvernement Harper étend le mandat du Canada en Afghanistan, qui désormais participe davantage aux efforts de reconstruction du pays et entraîne les soldats et les policiers afghans.

La lutte contre le terrorisme et le crime deviennent rapidement les maîtres mots du gouvernement Harper. Le Code criminel est renforcé : les peines d’emprisonnement minimales sont augmentées et deviennent obligatoires dans le cas de certains crimes, et le budget des prisons fédérales est augmenté, doublant presque durant les cinq premières années du règne conservateur.

Deuxième gouvernement minoritaire (2008‑2011)

Stephen Harper se bâtit une bonne réputation de gestionnaire de l’économie grâce à deux budgets équilibrés et un déficit minime lors de ses trois premières années au pouvoir. Lorsqu’éclate la crise financière mondiale de 2008, Stephen Harper fait déclencher des élections anticipées, contournant ce faisant la Loi parlementaire de 2007, en vertu de laquelle les élections doivent avoir lieu à des dates fixes. Il justifie ce choix controversé en invoquant la gravité de la crise : selon lui, le Canada a besoin d’un leadership économique plus fort. Cette campagne électorale soudaine lui assure un retour au pouvoir et une hausse de son nombre de sièges (143), mais pas la majorité.

À la veille de sa victoire, Stephen Harper présente une mise à jour économique qui, bien qu’elle respecte son engagement à limiter les dépenses du gouvernement, ne prévoit aucune mesure de relance économique et inclut des requêtes pour suspendre le droit de manifester des fonctionnaires fédéraux et pour mettre un terme au financement public des partis politiques. Cette mise à jour soudaine s’attire de féroces opposants au sein du Parti libéral, du Nouveau Parti démocratique (NPD) et du Bloc québécois. Ces derniers menacent d’ailleurs de former une coalition pour renverser le gouvernement conservateur. Stephen Harper évite la défaite en persuadant le gouverneur général de proroger (soit d’ajourner) les séances du Parlement du 4 décembre 2008 au 26 janvier 2009. Lorsque le Parlement se réunit à nouveau, la coalition d’opposition a déjà échoué, à cause de la désapprobation du public. Le pouvoir reste ainsi fermement entre les mains des conservateurs.

Entre 2009 et 2012, le gouvernement Harper met en branle un plan de relance économique évalué à 45 milliards de dollars, créant par le fait même le premier déficit budgétaire des 10 dernières années. Le plan permet toutefois au Canada de sortir de la crise financière en meilleur état économique que la plupart des pays occidentaux.

Gouvernement majoritaire (2011‑2015)

Le 25 mars 2011, le Parlement fait un vote de confiance. Au total, ce sont plus de 156 députés qui votent contre le gouvernement Harper et lui refusent leur confiance, contre 145 en faveur. Le gouvernement Harper est également cité en outrage au Parlement parce qu’il refuse de divulguer les coûts liés à sa politique de loi et d’ordre, à la réduction de l’impôt des sociétés et à l’acquisition d’avions de chasse. Il s’agit de la première fois, dans l’histoire du Canada, qu’un gouvernement fédéral est trouvé coupable d’un tel affront au Parlement. Malgré tout, aux élections du 2 mai 2011, Stephen Harper et les conservateurs obtiennent la majorité en Chambre, glanant 39,6 % du vote populaire et 166 sièges sur 308.

Le gouvernement Harper poursuit son soutien envers Israël en coupant ses ponts diplomatiques avec l’Iran en septembre 2012 et en désignant officiellement ce pays comme un État qui soutient le terrorisme. En novembre 2012, le Canada est un des neuf pays à voter contre la résolution des Nations unies accordant à la Palestine le titre symbolique d’État. Également à l’international, Stephen Harper critique haut et fort l’agression de la Russie envers l’Ukraine et engage le Canada à jouer un rôle aérien limité dans les efforts militaires contre le groupe terroriste État islamique.

Dans les domaines de la criminalité et de la sécurité nationale, Stephen Harper et son gouvernement s’opposent vivement au retour au Canada de l’enfant-soldat Omar Khadr, jusque-là emprisonné dans la prison américaine de Guantanamo Bay. À la suite de la fusillade sur la Colline du Parlement le 22 octobre 2014, il modifie la Loi C-51afin de donner aux policiers et aux agences de renseignement de nouveaux pouvoirs de surveillance et de détention.

Harper profite de sa majorité en Chambre pour réduire davantage la portée et les dépenses du gouvernement fédéral en éliminant la version longue du formulaire de recensement et le système fédéral d’allocations aux partis enregistrés. Son gouvernement abolit également le registre des armes d’épaule, se départit de la Commission canadienne du blé et réduit les pensions de tous les députés fédéraux, y compris la sienne.

Élections de 2015

Immédiatement après l’annonce d’une campagne électorale de 11 semaines, Stephen Harper émet une variété de mesures d’allègement d’impôts et met de l’avant son bilan économique et son expérience au sein du gouvernement. Les premières semaines de la campagne sont toutefois difficiles : les médias ne cessent de publier des articles sur le procès de fraude intenté contre le sénateur Mike Duffy. Les journalistes s’interrogent en effet sur l’implication de Harper dans la signature par le chef du personnel conservateur Nigel Wright d’un chèque de 90 172 dollars devant couvrir les dépenses indûment réclamées du sénateur. Le port du niqab devient une question électorale centrale de la campagne après que Stephen Harper se soit opposé à ce qu’une femme porte le vêtement à une cérémonie de citoyenneté. La question nuit également aux chances du NPD, alors favori dans la course au Québec, en plus de soulever des critiques selon lesquelles Stephen Harper ferait de la politique identitaire pour gagner des votes. Le désir criant de changement au Canada a éventuellement raison de Harper, au profit du charismatique chef libéral Justin Trudeau, dont le parti obtient la majorité avec 184 sièges. Les conservateurs gardent néanmoins 99 sièges et deviennent l’opposition officielle. Harper, premier politicien à avoir occupé le mandat de chef du Parti conservateur, démissionne et quitte le parti qu’il a largement aidé à fonder.

Accomplissements

Sur le plan économique, Stephen Harper et le ministre des Finances Jim Flaherty ont reçu des éloges pour avoir aidé le Canada à se sortir de la récession mondiale de 2008. On salue aussi le fait que Stephen Harper a tissé des rapports commerciaux avec une foule de nouveaux partenaires, dont un accord avec la Corée du Sud et plusieurs projets de libre‑échange avec l’Union européenne et les pays du Pacifique. À l’échelle nationale, il a défendu la souveraineté du Canada dans l’Arctique et a été un pivot important dans la renaissance d’un parti conservateur durable et fort.

Le soutien que Stephen Harper offre aux Canadiens prend majoritairement la forme de réductions d’impôts ciblées plutôt que la création de nouveaux programmes. En 2015, le fardeau fiscal fédéral au Canada est à son niveau le plus bas depuis 50 ans. L’imposition des sociétés chute également, passant de 2,6 % du produit intérieur brut (PIB) à seulement 2 % entre 2006 et 2015 ; l’imposition sur le revenu subit un allègement semblable, passant de 7,4 % du PIB à 6,9 %.

Stephen Harper évite le bourbier constitutionnel dans lequel nombre de ses prédécesseurs s’étaient enlisés en préconisant une approche plus conciliante en ce qui a trait à l’unité nationale. Il a fait des excuses officielles aux Sino‑Canadiens pour la taxe d’entrée et la subséquente exclusion des immigrants chinois au Canada entre 1923 et 1947. Il reconnaît également le peuple québécois comme « nation » à part entière au sein du Canada et fait des excuses aux peuples autochtones pour le rôle du gouvernement fédéral dans la création des pensionnats indiens.

Critiques

Si l’économie du Canada, basée sur les ressources premières, se remet de la crise de 2008, elle souffre à nouveau au tournant de l’année 2014 à cause de la chute mondiale des prix du pétrole et des marchandises. En effet, la situation entraîne une baisse importante de la valeur du dollar canadien, en plus de coûter de nombreux emplois dans l’ouest du Canada, particulièrement en Alberta. Stephen Harper essuie ainsi les critiques de plusieurs pour avoir mis tous les œufs du Canada dans un même panier, celui de l’extraction des ressources. Il est également critiqué pour sa relative inactivité dans le dossier des changements climatiques, pour n’avoir pas atteint les objectifs préalables du Canada en matière de réduction des gaz à effets de serre et, plus précisément, pour avoir retiré la signature du Canada du protocole de Kyoto.

Tout au long de son mandat, Stephen Harper est accusé de faire voter de larges lois omnibus (constituées d’une foule d’autres lois sans lien entre elles), de centraliser un pouvoir sans précédent au Bureau du premier ministre et de manquer de transparence et de responsabilité. Sa seconde prorogation du Parlement en 2009, par exemple, est largement perçue comme une tentative d’éviter toute enquête sur le rôle du Canada dans le traitement des détenus afghans.

De nombreux groupes autochtones blâment le gouvernement Harper pour avoir coupé les vivres à une foule de programmes et organisations autochtones et pour avoir refusé de fournir à la Commission de vérité et de réconciliation du Canada ses dossiers liés aux pensionnats autochtones. La colère entourant la Loi de 2012 sur les emplois et la croissance a d’ailleurs directement inspiré la création du mouvement Idle No More. Un bon nombre des lois plus sévères contre la criminalité instaurées par Stephen Harper sont rejetées par la Cour suprême parce qu’elles sont jugées contraires à la Charte des droits et libertés. L’allocation par Harper de sommes record à la lutte contre le crime et à la construction de prisons est également remise en question, surtout dans un contexte où le taux de criminalité est en baisse.

Prix et distinctions

Membre du Conseil privé de la Reine pour le Canada (2006)

Vedette des médias de l’année au Canada, Time Magazine (2006)

Prix Woodrow Wilson, Woodrow Wilson International Center for Scholars, Smithsonian Institution (2006)

Médaillon d’or du Président pour l’humanitarisme, Conseil international B’nai B’rith (2008)

Doctorat honorifique, Université de Tel-Aviv (2014)